00:00 Il y a un vrai travail pédagogique à faire aujourd'hui pour réintéresser les gens au vin de sucre.
00:07 Il y a eu des défenseurs qui ont vraiment travaillé sur cette question et qui ont un peu pointé des problèmes,
00:12 notamment Patrick Vaudoin en en joue.
00:15 Le sucre était rare avant le 20e siècle, au 19e siècle.
00:20 C'était vraiment une denrée qu'il fallait trouver, préserver, qui coûtait cher.
00:25 Le 20e siècle, avec l'arrivée du sucre industriel, de grosses productions,
00:28 ça a permis d'améliorer le sucre dans la vie quotidienne avec vraiment des bas coûts.
00:32 Ça a un impact sur les vins.
00:34 Alors, c'est un impact sur les vins parce qu'à un moment donné, il y a le problème de la chaptalisation.
00:37 Parce que faire ces vins de sucre, où le sucre vient seulement de la concentration naturelle,
00:41 c'est des vins de travail incroyable, c'est des vins de patience, c'est des vins d'attente,
00:45 où on risque toute sa vendange parce qu'il faut vraiment que le sucre se concentre.
00:48 À un moment donné, il y a une tentation, et on peut la comprendre,
00:51 de vouloir prendre des raccourcis et d'avoir un peu plus de récolte et de mettre du sucre à la place.
00:56 La chaptalisation fait beaucoup de mal.
00:58 Elle a été portée à de tels excès qu'effectivement, il y a eu un désamour par rapport à ces vins
01:04 qui, au départ, avaient vraiment cette onctuosité, cette densité, ces arômes incroyables qui étaient portés.
01:12 Subitement, on a eu quelque chose d'insipide, de pâteux, très souffré, qui n'était pas bon.
01:17 Et donc, il y a eu un désamour par rapport à ça.
01:20 Des choses moins rares, du sucre un petit peu plus dans l'alimentation quotidienne,
01:24 et des vins qui avaient des problèmes qualitatifs.
01:26 Mais ce qu'on goûte là aujourd'hui, et ce qu'on a goûté lors des exhibitions,
01:30 on est dans un autre monde.
01:31 Et ça, aujourd'hui, je pense que la qualité globale, elle est incroyable.
01:34 Les niveaux de soufre réfléchissent beaucoup par rapport à l'FRBC,
01:37 donc ça donne aussi des vins beaucoup plus buvables.
01:39 Et on est sur des nouveaux systèmes de filtration qui permettent aussi de préserver les vins.
01:43 Un des très grands vins qu'on a goûté aujourd'hui, c'est un vin de l'allemand Willy Schaeffer,
01:49 donc des Riesling, de la Moselle.
01:51 C'est un vin incroyablement cristallin, on a l'impression que c'est éthéré.
01:54 Il y a du sucre, mais qui est presque évanescent.
01:57 Ce sont vraiment des vins absolument incroyables, presque,
02:00 pour faire découvrir cela à des gens, c'est des Osch-les-Eux,
02:03 parce que la finale, elle est saline, elle est extrêmement appétante.
02:06 A l'inverse, on peut aller en Tokaï, on peut aller en Hongrie,
02:10 sur des choses qui sont beaucoup plus toniennes, terreuses,
02:12 avec des amères céréaliées, avec des notes presque fumées tourbées.
02:17 C'est presque des choses que je conseillerais à des gens qui aiment certains types de whisky,
02:20 par exemple, sur des bourbons, on pourrait aller là-dedans, on peut retourner en Loire.
02:24 Là, par contre, c'est des expressions de pâte de fruits, de coins, c'est extrêmement floral,
02:28 ça donne des tensions de bouche avec des acidités superbes.
02:32 L'Alsace est un terroir de jeux fantastiques pour ça,
02:35 parce qu'entre les terroirs et les cépages qu'ils utilisent pour leur sélection de grains nobles,
02:39 on a vraiment un spectre à jouer.
02:41 En fonction de ce que les gens peuvent aimer ou apprécier globalement,
02:47 on peut vraiment trouver aujourd'hui des expressions particulières de vin botrytisé
02:51 qui vont correspondre à ce qu'ils aiment.
02:53 [Musique]
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