00:00 - Culture Média sur Europe, jusqu'à 11h on parle cinéma, l'événement c'est la sortie du nouveau Toledano-Nakash, c'est comme ça qu'on dit maintenant.
00:07 Ça s'appelle "Une année difficile" et on en parle avec Eric Toledano et Pio Marmaille à l'affiche d'une année difficile en salle demain partout en France.
00:14 - Oui, et alors je le disais avant la réclame, je me mets à jour pour Pio Marmaille, il y a besoin de vieux François.
00:21 Vous avez enquêté sur le monde du militantisme écolo pour être au plus proche de la vérité, vous êtes même inscrit dans une association écolo ?
00:29 - Oui, de toute façon à chaque fois qu'on aborde un sujet, on pense à ceux qui sont dans le sujet, qui vont aller au cinéma et qui vont se dire
00:36 "enfin les gars, on n'est même pas à la décence de se renseigner".
00:39 Donc on lit, on regarde les documentaires, puis à un moment ça passe par une immersion, on l'a toujours fait avec les films précédents,
00:45 et là c'est Extinction Rebellion qui nous a accueillis. Dans un premier temps on est allé s'inscrire parce que c'est ouvert à tous,
00:51 puis après on s'est déclaré là pour d'autres raisons que du militantisme pur.
00:56 - On vous l'a expliqué que c'était pour un film.
00:58 - On a expliqué que c'était pour un film, on a rencontré beaucoup de...
01:00 Il n'y a pas de dirigeance, c'est horizontal, il n'y a pas d'hierarchie, donc on a rencontré ceux qui étaient les formateurs, etc.
01:06 et ils nous ont dit "ben venez avec nous dans les actions".
01:08 On a fait ça pendant un certain temps, puis après nous on leur a dit "ben venez avec nous dans le film".
01:12 Et donc ils jouent dans le film.
01:13 - Donc il y a des militants qui sont dans le film.
01:15 - Absolument.
01:16 - J'imagine que vous avez eu quelques discussions avec eux, puis au Marmaille, est-ce que c'est une cause à laquelle vous étiez sensibilisés avant,
01:22 ou est-ce qu'ils vous ont convaincus de changer peut-être dans votre vie ?
01:25 - Moi je pense qu'effectivement il y avait une sensibilisation de mon côté,
01:28 mais il est évident que travailler pendant 12 semaines avec des activistes,
01:31 de parler avec eux, d'être en permanence je dirais 12 heures par jour à leur côté,
01:37 je pense que ça m'a questionné moi en tant qu'humain sur mon rapport à la consommation, ça c'est évident.
01:41 Je pense qu'il y a un avant et un après.
01:43 C'est pas quelque chose qui est passé par le message ou quelque chose de violent, au contraire,
01:48 je pense que c'est passé par le débat.
01:49 Et je pense que c'est aussi l'idée du film.
01:51 Le film en lui-même il est là pour ça aussi, il est là pour générer du débat.
01:53 Simplement, on rit, on se marre, et en même temps à l'intérieur,
01:56 si on peut en profiter pour parler un petit peu de notre rapport aussi ensemble,
01:59 collectivement, de leur rapport à la consommation,
02:02 je pense que c'est un plus, c'est un peu l'idée.
02:05 - Est-ce que ça vous a fait changer votre regard sur eux aussi, sur ces militants ?
02:09 - J'avais un regard, je pense que c'était assez obscur,
02:12 je connaissais pas particulièrement parce que je pensais le hasard,
02:16 mais oui en tout cas, j'étais très sensible surtout aussi à la présentation de leur travail,
02:22 en tout cas de leurs actions.
02:24 Il y a un vrai travail quasi artistique,
02:27 enfin en tout cas un truc qui marque en termes d'image.
02:29 Et ça c'est une chose qui me parle aussi moi particulièrement en tant qu'artiste, je dirais.
02:32 - Et ce qui est assez fort, c'est que vous jouez une personne qui est sur-endettée,
02:35 qui vit à la rue, enfin à l'aéroport,
02:38 sa situation est quand même très triste,
02:40 et vous arrivez à rendre le personnage comique.
02:42 Et ça c'est quand même pas évident ça.
02:44 - Mais je pense que l'un n'empêche pas l'autre, en tout cas.
02:46 Moi je pars toujours du principe que j'incarne au premier degré
02:49 tous les personnages qu'on me propose.
02:51 - Mais c'est jamais triste quoi.
02:53 - Non, après je pense qu'il faut se méfier du pathos,
02:56 en tout cas je pense qu'il y a une question de...
02:58 Moi je défends pas quelqu'un qui se laisse abattre,
03:01 je pense que c'est quelqu'un qui avance et qui est une espèce de...
03:03 J'en parlais tout à l'heure, une sorte de locomotive,
03:05 une sorte de type qui refuse de s'effondrer.
03:07 Donc c'est ça que je trouve beau en fait dans ce personnage.
03:09 Et en même temps, il y a l'énergie que je peux aussi avoir,
03:12 parce que je pense que c'est une chose qui a parlé aussi à Éric Olivier,
03:15 j'ai toujours été quelqu'un de dynamique, de focus.
03:19 - C'est ça ce que vous êtes allé chercher.
03:21 - C'est ce qu'il faut faire, c'est ce qu'il faut faire.
03:23 - C'est ce que je lui disais, sa perlipopette,
03:25 qu'est-ce que tu es cocasse !
03:27 C'est souvent ce que je lui disais le matin.
03:29 - Il fait un duo formidable avec Jonathan Cohen,
03:31 c'était la première fois que vous jouiez ensemble ?
03:33 - Oui, c'est la première fois, j'espère que c'est pas la dernière.
03:35 - Vous vous connaissiez avant ou pas ?
03:37 - On s'était croisés une fois, mais il était relativement tard je pense.
03:39 - Donc on se connaissait pas totalement.
03:41 Mais c'est assez rare au cinéma, Éric Toledano,
03:43 de faire un duo de personnages qui se ressemblent autant.
03:45 Ils sont endettés tous les deux,
03:47 ils sont de la même génération,
03:49 même rapport à l'écologiste, ça les intéresse pas.
03:51 Une certaine bogossitude aussi dans ces deux personnages.
03:55 - Ça fait plaisir à Jonathan ce que vous dites.
03:57 Autant Joe est habitué à ce genre de compliments,
03:59 autant Joe, si tu nous écoutes Joe,
04:01 tu es un peu bogosse ce matin.
04:03 - Comment ça s'est fait ce duo ?
04:05 Pourquoi eux ?
04:07 - C'est compliqué parce qu'en réalité,
04:09 il y a eu un accident de parcours,
04:11 mais tous les accidents sont heureux au cinéma.
04:13 Le film avait été écrit et conçu
04:15 pour faire un duo entre Pio, qu'on a rencontré sur En Thérapie,
04:17 avec qui on s'est très bien entendus.
04:19 En fait on s'est rencontrés dans un voyage Unifrance,
04:21 les voyages où on emmène le cinéma
04:23 faire la promotion à l'étranger.
04:25 Et il se trouve que c'était à
04:27 Rio de Janeiro, ça fait classe de dire ça aujourd'hui,
04:29 mais c'était à Rio,
04:31 on était une semaine de cinéma français au Brésil.
04:33 Et j'ai tout de suite repéré,
04:35 parce qu'il avait que des t-shirts,
04:37 il avait une collection de t-shirts,
04:39 que de bâtiments.
04:41 C'était que des marques de bâtiments.
04:43 Le roi quelque chose,
04:45 Bati quelque chose,
04:47 c'était un passion de bricolage.
04:49 - C'était assez farfelu, on peut le dire.
04:51 - C'était cocasse.
04:53 - En tout cas on le repère, puisque tout le monde essaye de sortir ses beaux habits
04:55 quand il va représenter la France.
04:57 Lui en tout cas il s'est dit "je vais représenter toutes les marques de construction
04:59 qui existent dans les zones industrielles".
05:03 - On est parti très loin de la question de départ.
05:05 - C'est vrai, mais c'est pas grave, c'est important aussi.
05:07 - On autorise en nous quelques digressions.
05:09 En thérapie,
05:11 a été une super expérience avec Pio,
05:13 et on avait décidé de faire un film avec Alban Ivanov,
05:15 qu'on aime beaucoup et qui en avait fait le sens de la fête.
05:17 - Qui devait jouer le rôle de Jonathan Caine.
05:19 - Les deux étaient prévus pour le film,
05:21 mais Alban a eu un souci,
05:23 il en a parlé
05:25 notamment dans une émission de télé,
05:27 il a eu un problème de santé,
05:29 il va mieux, il va bien, mais il pouvait plus faire le film.
05:31 Donc on était allé voir Jonathan,
05:33 et ce qui est drôle c'est que Jonathan nous a dit
05:35 "mais j'en rêve, mais je finis mon flambeau,
05:37 j'ai vraiment une serpillère", et on lui a dit "change rien,
05:39 le personnage n'est pas en forme".
05:41 - Très bien, allez, restez avec nous.
05:43 Dans un instant, la première indispensable.
05:45 - Oui, on va parler d'une série
05:47 sortie en 4i mini, avec un casting
05:49 de dingue, c'est la nouvelle série
05:51 de Nicolas Bedos sur Europe 1
05:53 avec Héloïse Goy. A tout de suite.
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