00:00 Yager, je sais pas si c'est comme ça qu'on prononce, en tout cas bonjour !
00:02 - Bonjour ! - Bonjour, on va parler avec vous de ces champignons
00:05 parce que l'autre jour on a voulu jouer au foot, il y avait des coprins sur le terrain
00:08 donc là ça va pas du tout.
00:09 Est-ce que c'est des coprins ? - Pas du tout, c'est quoi ?
00:11 - C'est le champignon blanc qui monte comme ça, c'est pas du tout discret !
00:14 - Vous exagérez peut-être un petit peu là quand même là !
00:16 - Évidemment j'exagère un petit peu ! Alors évidemment il faut analyser tout ça, détecter
00:19 la maladie, on va en parler dans un instant.
00:21 Vous venez d'où vous ? - Moi j'habite à Assas.
00:24 - Ah vous êtes surpris par la première question, elle est pas évidente !
00:30 Vous n'avez peut-être pas l'habitude de venir tous les matins non plus à Montpellier
00:32 pour participer à une émission de radio, merci en tout cas d'être là et de nous expliquer
00:35 parce que là nous avons un spécialiste pour le coup Guillaume.
00:38 - Absolument, alors Olivier Couraud vous êtes donc directeur scientifique, on dit IAGE
00:42 en fait.
00:43 - Un acronyme oui.
00:44 - Un laboratoire qui existe depuis, une entreprise qui existe depuis 2017, c'est ça donc une
00:48 jeune entreprise ? - Ah oui, jeune entreprise, on a commencé,
00:51 on était cinq associés donc on a commencé à héberger dans un sous-sol du CIRAD, avec
00:57 nos premiers laboratoires.
00:58 - Là on est en plein dans le cliché des scientifiques qui bossent comme ça dans un
01:02 sous-sol quoi ! - Alors nous c'était pas un garage, c'était
01:04 un sous-sol, mais on était déjà bien content d'avoir notre premier labo là-bas et ensuite
01:09 hébergement sur la pépinière de la région au Cap-Gamart avant d'avoir enfin nos propres
01:13 locaux depuis deux ans.
01:15 - Et au début c'était quoi l'esprit de création de ce laboratoire ? Parce qu'il
01:18 y a beaucoup de labos sur Montpellier, c'est une ville à la pointe dans ce domaine.
01:21 - Complètement, au départ on était une société d'appui à la recherche en fait,
01:25 on travaillait vraiment avec toutes les équipes de recherche de Montpellier et on sait qu'on
01:28 a un écosystème très riche, plus spécialement dans le secteur de l'agronomie.
01:32 - D'accord, aujourd'hui vous vous focalisez sur l'analyse génétique, c'est bien ça ?
01:36 - Tout à fait, en fait nous on est spécialistes de l'ADN environnemental, on est un laboratoire
01:41 qui développe des méthodes d'analyse de l'ADN environnemental, la seule limite qu'on
01:44 s'est posée c'est de ne pas travailler sur l'être humain.
01:46 - Covid, c'était pas votre affaire par exemple ?
01:49 - Si, pour le coup on travaille pas sur l'être humain mais ça nous a pas empêché de travailler
01:53 au fait sur des pathogènes humains.
01:54 Alors on a été une des sociétés qui suivait le SARS-CoV-2 dans les eaux usées.
01:58 - Et aujourd'hui vos recherches se focalisent sur ce qu'on appelle, allez, je me suis entraîné,
02:03 ça fait une heure que je m'entraîne, vous êtes concentré sur la pyriculariose, c'est
02:07 ça ? J'ai bien prononcé ?
02:08 - C'est ça, c'est la pyriculariose, ce petit champignon qui du coup pose pas mal de problèmes
02:12 au fait dans les stades, notamment Stade de Liguin, effectivement on a beaucoup entendu
02:16 parler ces derniers temps, spécialement à la moçon.
02:19 - Alors, c'est bien la pyriculariose à la moçon ?
02:21 - La pyriculariose alors...
02:22 - C'est quoi ? C'est un champignon donc ?
02:24 - C'est un champignon, c'est un champignon en fait, c'est un pathogène émergent, donc
02:27 émergent ça veut dire qu'il arrive en Europe.
02:29 Au départ on s'est intéressé à ces thématiques parce que justement c'est un pathogène qui
02:33 n'existe pas, enfin qui n'existait pas en Europe.
02:35 - Et qui est arrivé sur notre territoire par le biais des céréales, c'est ça ?
02:40 - Il y a pas mal d'hypothèses mais c'est vraisemblablement la plus probable effectivement.
02:44 - Quelle céréale en particulier ? On sait ça ou pas ?
02:46 - Plutôt du blé, suivant les informations qu'on a, mais disons qu'on a aucune vraie
02:52 certitude là-dessus, c'est un pathogène au fait qui attaque toutes les graminées.
02:55 Donc, les graminées qu'on mange, blé et riz, mais aussi des graminées qui effectivement
03:02 sont présentes sur les stades.
03:03 - Et alors votre labo, IAGE, a mis au point un test un peu comme un test PCR, si on veut
03:08 revenir au Covid.
03:09 - C'est complètement un test PCR.
03:10 - Pour détecter la présence de cette ou de ce Pyriculariose dans l'herbe, du gazon,
03:16 des pelouses, des stératocytes ?
03:18 - Tout à fait, on s'est intéressé à ce pathogène pour justement faire la détection
03:24 précoce, c'est-à-dire qu'on a développé un test PCR comme exactement celui qui avait
03:27 été fait pour le SARS-CoV-2.
03:28 Là au fait, au lieu de viser le SARS-CoV-2, on vise la Pyriculariose.
03:31 - Et au lieu de mettre un truc, évidemment c'est pas humain, un truc dans le nez, là
03:34 vous avez mis au point un système de lingette, je crois, c'est ça ?
03:37 - C'est ça, au fait, on fait souvent le lien entre des travaux de recherche et une application
03:43 concrète.
03:44 Et au fait, pour qu'une application puisse marcher, il faut que ça soit simple d'utilisation
03:48 et surtout pour la logistique et l'analyse.
03:52 - Alors comment ça marche ? Vous passez une lingette sur la pelouse, c'est ça ?
03:54 - On passe tout simplement, alors non pas sur la pelouse, sur les tondeuses.
03:57 - Ah les tondeuses, sur la lame de tondeuse.
03:59 - Exactement, en fait la lame de tondeuse va être justement l'outil qui va être en
04:02 contact direct avec l'herbe et donc du coup, si le pathogène est présent dans l'herbe,
04:07 nous on va pouvoir le détecter le plus tôt possible et notre créneau c'est toujours
04:11 de détecter le pathogène avant que la maladie arrive.
04:13 - Et oui, avant, il vaut mieux prévenir que guérir, comme on dit.
04:16 - Exactement.
04:17 - Mais une fois que vous avez enclenché cette analyse, combien de temps il faut pour avoir
04:20 le diagnostic ? C'est assez rapide, je crois, non ?
04:22 - Alors effectivement, l'innovation qu'on a voulu apporter, c'est la rapidité du résultat.
04:25 48 heures à réception de l'échantillon dans notre laboratoire, c'est pour ça qu'on
04:31 travaille plus préférentiellement avec la Mosson parce qu'on accède directement à
04:34 notre laboratoire qui a un niveau millénaire.
04:35 - Et pour la Mosson, ça a matché tout de suite ?
04:37 - On a développé, en fait, on a pu exemplifier et valider l'efficacité de notre diagnostic
04:43 justement sur le stade de la Mosson, effectivement.
04:45 Ça a été notre terrain d'essai.
04:46 - Alors maintenant que cette pyriculariose est bien identifiée, vous, est-ce que vous
04:50 intervenez sur l'aspect curatif des choses ?
04:53 - Non, parce qu'on ne peut pas lutter contre.
04:54 - Nous, on travaille avec l'ensemble des acteurs qui travaillent avec la Mosson et c'est eux
04:59 qui vont faire du conseil sur la base de notre diagnostic.
05:01 Mais en fait, l'objectif, c'est surtout d'identifier le plus tôt possible et de savoir précisément
05:05 quel est le champignon.
05:06 - Est-ce que le fait de l'identifier bien en amont avant que ça ait fait des ravages,
05:11 ça permet de lutter plus facilement contre le champignon ?
05:14 - En fait, à l'heure actuelle, les jardiniers sont assez démunis.
05:18 Alors, moi, je tiens à souligner qu'ils ont quand même un niveau d'expertise très élevé.
05:21 Je veux dire, on parle de jardiniers, mais ce n'est pas du tout dans un sens péjoratif.
05:25 C'est des gens qui ont un niveau d'expertise vraiment très poussé.
05:28 - Ils ont du visuel, notamment, ils savent reconnaître les symptômes.
05:30 - Mais dans un sens, quand il y a les symptômes, c'est déjà trop tard.
05:32 C'est-à-dire que le champignon est déjà là et qu'en fait, il a fructifié.
05:36 Et quand il a fructifié, c'est la fin de son cycle.
05:38 En fait, il est en train de disséminer, il est en train de se propager dans le stade.
05:40 - Et c'est déjà presque trop tard.
05:42 Dernière chose, il y a la Mosson, mais il n'y a pas que la Mosson.
05:45 J'imagine que plein d'autres stades sont intéressés par votre plan de CD.
05:47 - Plein de stades sont touchés par la piriculario.
05:50 C'est un peu un tabou dans le monde du football.
05:54 Et ce que je trouve intéressant, c'est que la Métropole de Montpellier ne clashe pas le problème.
05:59 Et on l'attaque plutôt de front.
06:01 Et donc, du coup, on a eu une réunion il n'y a pas longtemps
06:03 pour se coordonner entre tous les acteurs et agir de manière efficace.
06:07 - J'imagine que ça touche aussi les stades de rugby ?
06:09 - Ça touche aussi les stades de rugby.
06:11 - Mais c'est pas réservé au foot ?
06:12 - Non, c'est vraiment toutes les pelouses qu'ils vont utiliser, c'est le raminé là.
06:15 Alors, certains stades de rugby ont des contraintes différentes
06:18 et n'ont pas les mêmes enjeux au niveau de la qualité du lason.
06:21 Et donc, du coup, on n'utilise pas forcément les mêmes raminés
06:24 qui peuvent potentiellement les sauver.
06:25 - Merci d'être revenu en tout cas ce matin sur France Bleu Europe.
06:28 Pour nous expliquer tout ça, les codiciens, on retrouve tout ça sur francebleu.fr.
06:32 - Avec la vidéo. Merci Olivier Courreau, directeur scientifique du laboratoire IAGE de Montpellier.
06:37 - Merci à vous. - Merci.
06:39 - On va rester sur le terrain, on va parler de rugby.
06:40 Justement, dans quelques minutes, on va rejoindre l'école de rugby du Pic Saint-Loup à Saint-Clément-en-Rivière.
06:45 On est en immersion cette semaine avec Virginie Vivès au cœur du club.
06:48 C'est dans trois minutes, mais d'abord, je vous l'avais promis,
06:50 on va écouter Edith Piaf.
06:52 Elle nous a quitté le 10 octobre 1963, il y a donc tout juste 60 ans aujourd'hui.
06:56 Alors, j'ai hésité pour la chanson, et puis finalement, je me suis dit,
06:59 bon, effectivement, on la connaît bien, cette chanson, mais elle nous permet de chanter encore.
07:04 Elle nous fait tourner la tête, elle a plus de 60 ans, et c'est mon manège à moi.
07:07 Sur France Bleu Europe, voici Edith Piaf.
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