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  • il y a 3 ans
L’entreprise montpelliéraine IAGE, fondée en 2017, est un laboratoire d'analyses génétiques. Depuis plusieurs mois, les scientifiques travaillent sur la pyriculariose, un champignon qui ravage les stades de foot.
La pelouse du complexe de la Mosson se trouve régulièrement infestée par cette maladie du gazon, qui provoque des tâches brunes sur le terrain.
Le laboratoire a donc développé la première solution d’analyse qui permet d’identifier la présence de la pyriculariose avant même l’apparition des premiers symptômes.
Pour Olivier Courot, directeur scientifique d'IAGE, était l'invité de l'Eco d'Ici ce mardi matin.

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Transcription
00:00 Yager, je sais pas si c'est comme ça qu'on prononce, en tout cas bonjour !
00:02 - Bonjour ! - Bonjour, on va parler avec vous de ces champignons
00:05 parce que l'autre jour on a voulu jouer au foot, il y avait des coprins sur le terrain
00:08 donc là ça va pas du tout.
00:09 Est-ce que c'est des coprins ? - Pas du tout, c'est quoi ?
00:11 - C'est le champignon blanc qui monte comme ça, c'est pas du tout discret !
00:14 - Vous exagérez peut-être un petit peu là quand même là !
00:16 - Évidemment j'exagère un petit peu ! Alors évidemment il faut analyser tout ça, détecter
00:19 la maladie, on va en parler dans un instant.
00:21 Vous venez d'où vous ? - Moi j'habite à Assas.
00:24 - Ah vous êtes surpris par la première question, elle est pas évidente !
00:30 Vous n'avez peut-être pas l'habitude de venir tous les matins non plus à Montpellier
00:32 pour participer à une émission de radio, merci en tout cas d'être là et de nous expliquer
00:35 parce que là nous avons un spécialiste pour le coup Guillaume.
00:38 - Absolument, alors Olivier Couraud vous êtes donc directeur scientifique, on dit IAGE
00:42 en fait.
00:43 - Un acronyme oui.
00:44 - Un laboratoire qui existe depuis, une entreprise qui existe depuis 2017, c'est ça donc une
00:48 jeune entreprise ? - Ah oui, jeune entreprise, on a commencé,
00:51 on était cinq associés donc on a commencé à héberger dans un sous-sol du CIRAD, avec
00:57 nos premiers laboratoires.
00:58 - Là on est en plein dans le cliché des scientifiques qui bossent comme ça dans un
01:02 sous-sol quoi ! - Alors nous c'était pas un garage, c'était
01:04 un sous-sol, mais on était déjà bien content d'avoir notre premier labo là-bas et ensuite
01:09 hébergement sur la pépinière de la région au Cap-Gamart avant d'avoir enfin nos propres
01:13 locaux depuis deux ans.
01:15 - Et au début c'était quoi l'esprit de création de ce laboratoire ? Parce qu'il
01:18 y a beaucoup de labos sur Montpellier, c'est une ville à la pointe dans ce domaine.
01:21 - Complètement, au départ on était une société d'appui à la recherche en fait,
01:25 on travaillait vraiment avec toutes les équipes de recherche de Montpellier et on sait qu'on
01:28 a un écosystème très riche, plus spécialement dans le secteur de l'agronomie.
01:32 - D'accord, aujourd'hui vous vous focalisez sur l'analyse génétique, c'est bien ça ?
01:36 - Tout à fait, en fait nous on est spécialistes de l'ADN environnemental, on est un laboratoire
01:41 qui développe des méthodes d'analyse de l'ADN environnemental, la seule limite qu'on
01:44 s'est posée c'est de ne pas travailler sur l'être humain.
01:46 - Covid, c'était pas votre affaire par exemple ?
01:49 - Si, pour le coup on travaille pas sur l'être humain mais ça nous a pas empêché de travailler
01:53 au fait sur des pathogènes humains.
01:54 Alors on a été une des sociétés qui suivait le SARS-CoV-2 dans les eaux usées.
01:58 - Et aujourd'hui vos recherches se focalisent sur ce qu'on appelle, allez, je me suis entraîné,
02:03 ça fait une heure que je m'entraîne, vous êtes concentré sur la pyriculariose, c'est
02:07 ça ? J'ai bien prononcé ?
02:08 - C'est ça, c'est la pyriculariose, ce petit champignon qui du coup pose pas mal de problèmes
02:12 au fait dans les stades, notamment Stade de Liguin, effectivement on a beaucoup entendu
02:16 parler ces derniers temps, spécialement à la moçon.
02:19 - Alors, c'est bien la pyriculariose à la moçon ?
02:21 - La pyriculariose alors...
02:22 - C'est quoi ? C'est un champignon donc ?
02:24 - C'est un champignon, c'est un champignon en fait, c'est un pathogène émergent, donc
02:27 émergent ça veut dire qu'il arrive en Europe.
02:29 Au départ on s'est intéressé à ces thématiques parce que justement c'est un pathogène qui
02:33 n'existe pas, enfin qui n'existait pas en Europe.
02:35 - Et qui est arrivé sur notre territoire par le biais des céréales, c'est ça ?
02:40 - Il y a pas mal d'hypothèses mais c'est vraisemblablement la plus probable effectivement.
02:44 - Quelle céréale en particulier ? On sait ça ou pas ?
02:46 - Plutôt du blé, suivant les informations qu'on a, mais disons qu'on a aucune vraie
02:52 certitude là-dessus, c'est un pathogène au fait qui attaque toutes les graminées.
02:55 Donc, les graminées qu'on mange, blé et riz, mais aussi des graminées qui effectivement
03:02 sont présentes sur les stades.
03:03 - Et alors votre labo, IAGE, a mis au point un test un peu comme un test PCR, si on veut
03:08 revenir au Covid.
03:09 - C'est complètement un test PCR.
03:10 - Pour détecter la présence de cette ou de ce Pyriculariose dans l'herbe, du gazon,
03:16 des pelouses, des stératocytes ?
03:18 - Tout à fait, on s'est intéressé à ce pathogène pour justement faire la détection
03:24 précoce, c'est-à-dire qu'on a développé un test PCR comme exactement celui qui avait
03:27 été fait pour le SARS-CoV-2.
03:28 Là au fait, au lieu de viser le SARS-CoV-2, on vise la Pyriculariose.
03:31 - Et au lieu de mettre un truc, évidemment c'est pas humain, un truc dans le nez, là
03:34 vous avez mis au point un système de lingette, je crois, c'est ça ?
03:37 - C'est ça, au fait, on fait souvent le lien entre des travaux de recherche et une application
03:43 concrète.
03:44 Et au fait, pour qu'une application puisse marcher, il faut que ça soit simple d'utilisation
03:48 et surtout pour la logistique et l'analyse.
03:52 - Alors comment ça marche ? Vous passez une lingette sur la pelouse, c'est ça ?
03:54 - On passe tout simplement, alors non pas sur la pelouse, sur les tondeuses.
03:57 - Ah les tondeuses, sur la lame de tondeuse.
03:59 - Exactement, en fait la lame de tondeuse va être justement l'outil qui va être en
04:02 contact direct avec l'herbe et donc du coup, si le pathogène est présent dans l'herbe,
04:07 nous on va pouvoir le détecter le plus tôt possible et notre créneau c'est toujours
04:11 de détecter le pathogène avant que la maladie arrive.
04:13 - Et oui, avant, il vaut mieux prévenir que guérir, comme on dit.
04:16 - Exactement.
04:17 - Mais une fois que vous avez enclenché cette analyse, combien de temps il faut pour avoir
04:20 le diagnostic ? C'est assez rapide, je crois, non ?
04:22 - Alors effectivement, l'innovation qu'on a voulu apporter, c'est la rapidité du résultat.
04:25 48 heures à réception de l'échantillon dans notre laboratoire, c'est pour ça qu'on
04:31 travaille plus préférentiellement avec la Mosson parce qu'on accède directement à
04:34 notre laboratoire qui a un niveau millénaire.
04:35 - Et pour la Mosson, ça a matché tout de suite ?
04:37 - On a développé, en fait, on a pu exemplifier et valider l'efficacité de notre diagnostic
04:43 justement sur le stade de la Mosson, effectivement.
04:45 Ça a été notre terrain d'essai.
04:46 - Alors maintenant que cette pyriculariose est bien identifiée, vous, est-ce que vous
04:50 intervenez sur l'aspect curatif des choses ?
04:53 - Non, parce qu'on ne peut pas lutter contre.
04:54 - Nous, on travaille avec l'ensemble des acteurs qui travaillent avec la Mosson et c'est eux
04:59 qui vont faire du conseil sur la base de notre diagnostic.
05:01 Mais en fait, l'objectif, c'est surtout d'identifier le plus tôt possible et de savoir précisément
05:05 quel est le champignon.
05:06 - Est-ce que le fait de l'identifier bien en amont avant que ça ait fait des ravages,
05:11 ça permet de lutter plus facilement contre le champignon ?
05:14 - En fait, à l'heure actuelle, les jardiniers sont assez démunis.
05:18 Alors, moi, je tiens à souligner qu'ils ont quand même un niveau d'expertise très élevé.
05:21 Je veux dire, on parle de jardiniers, mais ce n'est pas du tout dans un sens péjoratif.
05:25 C'est des gens qui ont un niveau d'expertise vraiment très poussé.
05:28 - Ils ont du visuel, notamment, ils savent reconnaître les symptômes.
05:30 - Mais dans un sens, quand il y a les symptômes, c'est déjà trop tard.
05:32 C'est-à-dire que le champignon est déjà là et qu'en fait, il a fructifié.
05:36 Et quand il a fructifié, c'est la fin de son cycle.
05:38 En fait, il est en train de disséminer, il est en train de se propager dans le stade.
05:40 - Et c'est déjà presque trop tard.
05:42 Dernière chose, il y a la Mosson, mais il n'y a pas que la Mosson.
05:45 J'imagine que plein d'autres stades sont intéressés par votre plan de CD.
05:47 - Plein de stades sont touchés par la piriculario.
05:50 C'est un peu un tabou dans le monde du football.
05:54 Et ce que je trouve intéressant, c'est que la Métropole de Montpellier ne clashe pas le problème.
05:59 Et on l'attaque plutôt de front.
06:01 Et donc, du coup, on a eu une réunion il n'y a pas longtemps
06:03 pour se coordonner entre tous les acteurs et agir de manière efficace.
06:07 - J'imagine que ça touche aussi les stades de rugby ?
06:09 - Ça touche aussi les stades de rugby.
06:11 - Mais c'est pas réservé au foot ?
06:12 - Non, c'est vraiment toutes les pelouses qu'ils vont utiliser, c'est le raminé là.
06:15 Alors, certains stades de rugby ont des contraintes différentes
06:18 et n'ont pas les mêmes enjeux au niveau de la qualité du lason.
06:21 Et donc, du coup, on n'utilise pas forcément les mêmes raminés
06:24 qui peuvent potentiellement les sauver.
06:25 - Merci d'être revenu en tout cas ce matin sur France Bleu Europe.
06:28 Pour nous expliquer tout ça, les codiciens, on retrouve tout ça sur francebleu.fr.
06:32 - Avec la vidéo. Merci Olivier Courreau, directeur scientifique du laboratoire IAGE de Montpellier.
06:37 - Merci à vous. - Merci.
06:39 - On va rester sur le terrain, on va parler de rugby.
06:40 Justement, dans quelques minutes, on va rejoindre l'école de rugby du Pic Saint-Loup à Saint-Clément-en-Rivière.
06:45 On est en immersion cette semaine avec Virginie Vivès au cœur du club.
06:48 C'est dans trois minutes, mais d'abord, je vous l'avais promis,
06:50 on va écouter Edith Piaf.
06:52 Elle nous a quitté le 10 octobre 1963, il y a donc tout juste 60 ans aujourd'hui.
06:56 Alors, j'ai hésité pour la chanson, et puis finalement, je me suis dit,
06:59 bon, effectivement, on la connaît bien, cette chanson, mais elle nous permet de chanter encore.
07:04 Elle nous fait tourner la tête, elle a plus de 60 ans, et c'est mon manège à moi.
07:07 Sur France Bleu Europe, voici Edith Piaf.
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