00:00 Ridley Scott, le grand réalisateur américain, sort un film sur Napoléon.
00:03 Immédiatement, ça ravive de vieilles passions pour ou contre Napoléon.
00:07 On va se poser la question, peut-on être vraiment fier de Napoléon ?
00:11 Un destin exceptionnel.
00:12 Il est né en 1769 en Corse, dans une petite famille de vieilles noblesses désargentées.
00:17 La Révolution française est en guerre contre toute l'Europe.
00:19 Et il décide de se faire un destin dans l'armée.
00:21 C'est un grand stratège.
00:22 Il devient un général adulé par tout le monde.
00:24 Il est tellement populaire que le gouvernement à Paris, qu'on appelle le Directoire,
00:28 décide de l'éloigner.
00:29 On va l'envoyer en disant "tu vas les conquérir l'Egypte".
00:31 Alors sur le terrain, c'est pas très brillant l'Egypte,
00:33 mais il a un tel sens de la propagande, de la publicité.
00:36 Et quand il revient en France, il est le plus populaire des généraux français.
00:39 Il décide que désormais le pouvoir va lui revenir.
00:42 Il va faire un coup d'État.
00:43 Il se fait nommer consul.
00:44 Il décide de monter un cran au-dessus.
00:46 Et là, il se fait sacrer empereur.
00:48 Il continue ses conquêtes.
00:49 Et en 1812, il va aller contre l'ennemi le plus vaste, qui est la Russie.
00:54 Et c'est pour Napoléon le commencement de la fin, comme on dit.
00:58 Il y a le pire des généraux face à lui, qu'on appelle le général hiver.
01:01 Napoléon est obligé de revenir.
01:03 C'est la déroute, la défaite, la retraite de Russie.
01:06 Il rentre en France.
01:07 Et là, les ennemis de la France se reprennent, réussissent à le battre.
01:10 Et lui, on décide de lui donner un petit hochet.
01:13 On l'envoie comme roi de l'île d'Elbe.
01:14 Oui, il n'aime pas être dans l'île d'Elbe.
01:16 C'est tout petit, c'est en face de l'Italie.
01:17 Qu'est-ce qu'il fait là ?
01:18 Réussi à revenir en mars 1815, pour 100 jours.
01:21 C'est le baroud d'honneur.
01:22 Il dit, ça y est, je vais reconquérir l'Europe.
01:24 Il repart à la bataille.
01:25 Et puis là, dans ce qu'est aujourd'hui la Belgique,
01:27 la célèbre ville de Waterloo, le 18 juin 1815, il est vaincu.
01:31 Les Anglais décident d'en finir avec Napoléon.
01:34 On le prend, on le met dans un bateau et on l'envoie dans une île
01:36 qui est au milieu de l'Atlantique et qui s'appelle l'île de Saint-Hélène,
01:40 là où il meurt en 1821.
01:42 Bâtisseur ou dictateur ?
01:44 Les défenseurs de Napoléon disent,
01:46 mais c'est quand même l'homme qui a ramené la paix en France.
01:48 Pendant la Révolution française, le pays était très divisé,
01:51 en particulier entre les gens qui étaient pour la République
01:53 et qui étaient contre l'Église catholique
01:55 et les catholiques qui étaient contre la République.
01:58 Eh bien lui, quand il arrive au pouvoir, il signe un concordat avec le pape.
02:01 Ça veut dire qu'il fait une entente avec l'Église catholique
02:03 et il recrée la paix à l'intérieur.
02:05 Donc, au moins, on ne se tue plus entre Français grâce à Napoléon.
02:08 Et puis surtout, Napoléon, c'est l'homme qui a bâti l'État.
02:11 Il a donné des institutions qui sont tellement puissantes qu'elles existent toujours.
02:15 Dans un discours, il a dit qu'il voulait donner à la France
02:17 un socle sur des masses de granit, tellement c'est solide.
02:20 Eh bien, ces masses de granit, c'est le code civil, les lycées,
02:23 la Légion d'honneur, la Cour des comptes.
02:25 Oui, disent les opposants à Napoléon,
02:28 mais à quel prix il a fait tout ça ?
02:29 Au prix de nos libertés.
02:31 La Révolution française, elle avait aboli l'esclavage
02:34 qui existait dans les colonies, en particulier aux Antilles.
02:37 Eh bien lui, quand il arrive au pouvoir, il rétablit l'esclavage.
02:40 Et puis, par ailleurs, la France est baïonnée.
02:42 Il n'y a pas de presse d'opposition, il n'y a pas de partis d'opposition.
02:45 Tout le monde doit être dans le sens de l'empereur.
02:47 Il fait rédiger ce qu'on appelle le "catechisme impérial",
02:49 un livre qui sert aux enfants pour apprendre la religion.
02:52 Eh bien, quand on apprend la religion à cette époque-là,
02:54 on doit aussi apprendre qu'il faut obéissance à l'empereur.
02:57 Et puis, par ailleurs, dans la France napoléonienne,
03:00 il y a officiellement des élections, ce qu'on appelle des plébiscites,
03:03 c'est-à-dire qu'ils posent des questions, est-ce que vous êtes pour ou contre ça ?
03:06 Mais ces élections sont truquées, elles se font à livre ouvert,
03:09 il n'y a pas de bulletin secret.
03:10 Donc, évidemment, si on vote contre lui,
03:11 on va être embêté par la police de Napoléon.
03:13 Donc, Napoléon, c'est un bâtisseur d'État, mais c'est aussi un dictateur,
03:17 un conquérant qu'on appelle aussi un ogre.
03:19 Il y a eu beaucoup de victoires de Napoléon, la plus célèbre, c'est Austerlitz.
03:23 Là, il se bat contre les Autrichiens et les Russes.
03:26 L'armée française est moins importante,
03:27 il réussit à écraser en une journée les deux plus puissantes armées qui sont face à lui.
03:32 Des victoires de Napoléon, il y en a plein d'autres.
03:34 Les grandes avenues de Paris, elle les chante encore,
03:36 l'avenue d'Hiena, l'avenue de Friedland ou bien l'Arc de Triomphe.
03:39 Mais, répondent les détracteurs de Napoléon,
03:41 après sa défaite de Russie, il a commencé à tout perdre.
03:43 Si vous regardez la carte de la France avant l'arrivée de Bonaparte ou de Napoléon,
03:48 elle est plus grande, elle ne devient en 1815.
03:51 Et puis, l'autre chose, c'est de voir à quel coup humain ont été faites toutes ces victoires.
03:56 À la fin de son règne, on l'appelait l'ogre parce qu'il y avait tellement plus de soldats
04:00 pour aller dans l'armée qu'on prenait des garçons de plus en plus jeunes,
04:02 des garçons de 16 ou 17 ans.
04:04 Napoléon, il n'avait rien à faire de la vie humaine.
04:07 On dit qu'il a dit un jour, sur une bataille, il y avait des cadavres partout,
04:10 "Une nuit de Paris repeuplera tout ça".
04:12 Ça voulait dire, on fera l'amour, on aura de nouveaux bébés.
04:14 Vous vous rendez compte de ce que ça représente comme mépris de la vie humaine.
04:17 Le pire, ça a été la campagne de Russie 1812.
04:20 Là, il est parti avec ce qu'on appelait la Grande Armée.
04:22 C'est 400 000 hommes.
04:24 Le retour, la retraite de Russie, il reste 40 000 hommes.
04:27 Il y en a 1 sur 10 qui sont rentrés et 9 sur 10 qui sont morts.
04:31 Ils sont morts pourquoi ?
04:32 Pour la seule gloire de Napoléon, c'est cher payé.
04:34 [Musique]
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