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  • il y a 2 ans

Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Aujourd’hui le 40ème anniversaire de la mort de Tino Rossi.

Vous voulez réagir ? Appelez-le 01.80.20.39.21 (numéro non surtaxé) ou rendez-vous sur les réseaux sociaux d’Europe 1 pour livrer votre opinion et débattre sur grandes thématiques développées dans l'émission du jour.
Retrouvez "Pascal Praud et vous" sur : http://www.europe1.fr/emissions/pascal-praud-et-vous

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Transcription
00:00 - Europain - Pascal Praud et vous.
00:02 - Merci de nous rejoindre sur Europain, vous écoutez Pascal Praud jusqu'à 13h, vous réagissez au 01.80.20.39.21
00:08 et nous parlons d'avortement puisque le nombre d'avortements en France au plus haut depuis 1990, Pascal.
00:13 - C'est extrêmement intéressant et effectivement 234 000 interruptions volontaires de grossesse ont été réalisées en France l'an dernier.
00:20 L'allongement de deux semaines de 12 à 14 du délai légal de recours ne suffit pas à expliquer cette augmentation selon la direction des statistiques.
00:27 Alors quelles sont les raisons de cette forte hausse ?
00:30 C'est parmi les femmes âgées de 20 à 29 ans que les IVG restent les plus fréquentes avec un taux de recours de 26,9 IVG pour 1000 femmes entre 20 et 24 ans.
00:44 Nous sommes avec Alix. Alix, bonjour, vous avez quel âge ?
00:48 - Bonjour Pascal, j'ai 27 ans.
00:50 - Bon, vous avez 27 ans. D'abord je vous remercie de témoigner parce que je disais tout à l'heure
00:55 c'est pas facile de prendre la parole sur un sujet comme celui-là et vous l'avez accepté, vous l'avez fait.
01:02 Dans quelles conditions avez-vous avorté ?
01:06 - Alors il faut savoir que moi au départ j'étais plutôt quelqu'un qui n'était pas contre l'avortement
01:15 mais je m'étais toujours dit que si ça m'arrivait, voilà, je n'en subirai pas, même si ça m'arrivait jeune, j'assumerai.
01:21 Mais malgré tout, la vie est faite d'événements qui fait qu'on est parfois dans des situations où on n'a pas le choix.
01:28 Moi c'était dans un contexte de violence conjugale, voilà, que j'ai avorté.
01:34 Et malgré tout, on est quand même encore dans un pays qui est très moralisateur au niveau des institutions.
01:42 Déjà en termes de démarche médicale, c'est vraiment très compliqué pour une femme aujourd'hui.
01:52 On doit d'abord passer par son médecin traitant, généralement qui est très compréhensif et plutôt doux.
01:59 Et après quand on arrive pour faire les démarches auprès de l'hôpital, là ça commence à prendre une tournure plus compliquée, très dans le jugement.
02:08 - Mais précisément, parce que ça nous intéresse toujours, qui vous avez vu à l'hôpital qui a été dans le jugement ?
02:15 - Alors déjà la prise de rendez-vous au téléphone.
02:18 Si vous voulez, quand vous devez subir un avortement, vous devez prendre un rendez-vous au prélab avec votre médecin traitant pour qu'il vous fasse une ordonnance.
02:25 Et une fois que vous appelez le numéro spécialisé à l'hôpital, déjà on vous reçoit comme si vous avez pris un rendez-vous, vous vous y prenez tard.
02:37 Des fois on n'a pas le choix, on s'en rend compte...
02:41 Moi je m'en suis rendue compte heureusement assez tôt, donc je n'ai pas eu à subir une intervention chirurgicale, mais quand même qui nécessitait des placements à l'hôpital.
02:50 Et quand vous faites des rendez-vous, après vous passez plusieurs rendez-vous pour voir si vous êtes aptes, si on vous force pas, etc.
02:58 - Quand vous dites plusieurs rendez-vous, c'est combien ? Parce que moi je vous écoute, je pensais pas...
03:02 - Moi j'en ai deux. - Ah oui, deux rendez-vous, d'accord.
03:04 Et c'est un homme ou une femme qui vous reçoit ?
03:06 - Alors moi c'était une femme. - Et vous avez trouvé que cette femme était dans le jugement ?
03:11 - Oui, tout à fait. - Et ça s'est matérialisé sous quelle forme ?
03:16 - C'était des questions très culpabilisantes, "est-ce que vous l'avez passé exprès ?"
03:21 Parce que moi j'étais en plus sous contraceptif quand je suis tombée enceinte, donc c'était vraiment pas voulu du tout.
03:29 Et quand on arrive effectivement pour expliquer le problème, que j'étais vraiment dans un contexte de violence conjugale,
03:36 avec des procédures judiciaires en cours aussi, on attend quand même un peu plus d'empathie et de compréhension.
03:42 Mais encore ça c'était pas le but.
03:44 - Pardonnez-moi, j'essaie toujours de poser des questions, tant que je comprends pas toujours la situation.
03:50 Vous parlez de violence conjugale, mais vous êtes enceinte par définition, vous êtes enceinte depuis très peu de temps.
03:56 - Tout à fait. - Donc ces violences conjugales existent en même temps que vous continuez d'avoir un lien intime avec celui qui produit ces violences conjugales ?
04:05 - Non, pas du tout, pas du tout. Je mentionne, j'avais quitté cet homme.
04:10 - Mais vous vouliez le quitter à l'instant alors, puisque vous étiez...
04:13 - Ah non, non, non, ça faisait trois semaines que j'avais reçu.
04:18 - Trois semaines, c'est convenu, quand je dis à l'instant, c'était très très récent.
04:22 - Bien sûr. - Voilà, c'était très récent.
04:24 - Donc vous l'avez quitté à la première violence conjugale, si je comprends bien.
04:29 - Tout à fait. - D'accord, et je pense que vous avez raison.
04:32 Modestement, moi j'ai passé mon temps à dire ça, je peux le dire d'ailleurs notamment à mes filles,
04:40 parce que généralement les hommes s'excusent après, et demandent pardon, etc.
04:46 Un homme qui vous touche, vous partez en courant.
04:49 - Tout de suite, la première fois. - Tout de suite la première fois.
04:51 - Parce qu'il y aura une deuxième et il y aura une troisième.
04:54 Donc vous prenez votre jambe à vos cous, et vous partez vite.
04:59 C'est indiscret de vous demander d'ailleurs sous quelle forme s'était passée cette violence conjugale ?
05:05 - Ça a commencé par des violences verbales, beaucoup de ravessements, d'humiliation.
05:12 Après ça a été de ne plus vouloir que je fréquente qui que ce soit.
05:16 Au début les hommes, et puis après même les femmes.
05:19 Je ne pouvais plus avoir de contact avec des collègues de travail, avec des amis.
05:24 - Mais vous étiez avec lui depuis combien de temps ?
05:27 - Ça faisait quelques mois. Au début ça se passait très bien,
05:30 et à partir du moment où on a emménagé ensemble, j'étais devenue sa propriété.
05:34 - Bah écoutez, vous êtes forte en tout cas, parce que vous avez pu vous sortir de ces griffes-là.
05:38 Il y a un film formidable que j'ai vu avec Virginie Eifirac,
05:41 c'est "L'amour et les forêts" je crois, qui raconte cette histoire.
05:44 Vous l'avez peut-être vu d'ailleurs, Alice, puisque ça nous parle.
05:48 On marque une pause, et on revient parce que ce témoignage est passionnant,
05:52 au-delà même de l'avortement.
05:54 - Il vous continue à témoigner au 01.80.20.39.21, il est midi 21 sur Europe 1.
05:58 - Pour réagir et donner votre avis sur Europe 1, rendez-vous sur la page Facebook de Pascal Praud et vous.
06:03 Europe 1, Pascal Praud.
06:05 - Merci de nous rejoindre sur Europe 1, vous écoutez Pascal Praud jusqu'à 13h,
06:08 et vous réagissez au 01.80.20.39.21, comme l'a fait Alice que nous avons au téléphone, Pascal.
06:13 - Donc Alice nous racontait son parcours, elle s'est fait avorter, en plus vous étiez sous contraception.
06:20 C'est ça qui est étonnant, moi je...
06:23 La probabilité dans ces cas-là...
06:26 - C'est petit, mais ça peut arriver.
06:28 - Oui, effectivement, ça peut arriver, et manifestement c'est arrivé.
06:33 Donc vous nous avez raconté que les personnes que vous rencontriez
06:38 étaient plutôt culpabilisatrices, c'est ce que vous nous disiez.
06:42 - Oui, oui, oui, tout à fait, et puis on n'est pas du tout dans l'empathie,
06:48 on est vraiment dans le jugement, c'est-à-dire que même si, admettons,
06:53 l'erreur est humaine, on a passé attention, etc., je trouve qu'on n'a pas à recevoir ça comme ça.
07:00 - Je suis d'accord avec vous, c'est pas des professeurs de morale, un médecin n'est pas un professeur de morale.
07:05 - Exactement, et quand je suis allée à l'hôpital pour réaliser l'intervention,
07:10 c'est un change, pour vous dire, on est même accueillis dans des conditions
07:14 qui sont vraiment pires que moralisatrices, c'est-à-dire que moi,
07:18 quand vous avez une intervention qui n'est pas chirurgicale, qui ne nécessite pas d'anesthésie,
07:22 vous passez la journée à l'hôpital pour subir votre avortement qu'on appelle médicamenteux.
07:28 Et moi, je m'attendais à être quand même dans une chambre seule, pas du tout.
07:32 On m'a mis dans une chambre avec une femme qui, à côté de moi, venait de subir une fausse couche.
07:37 Donc vous vous rendez compte dans l'état moral dans lequel on est, c'est-à-dire que vous, vous êtes là
07:41 parce que vous ne voulez pas de cet enfant, et vous avez à côté de vous, à 50 cm,
07:46 une femme qui pleure toute la journée parce qu'elle a perdu son enfant.
07:49 Et vous, vous êtes là parce que vous enlevez, entre guillemets, le chéri et le vôtre.
07:54 C'est terrible. Qu'on puisse aujourd'hui subir des avortements dans ces conditions-là, c'est affreux.
08:01 - Je suis d'accord avec vous. Est-ce que vous diriez que vous avez eu des conséquences psychologiques de cet avortement ?
08:06 - Oui, oui, parce que par la suite, cet avortement, si vous voulez, on m'a demandé de le cacher.
08:16 Comme j'étais en procédure, parce que j'avais déposé plainte pour les violences,
08:20 même à la gendarmerie, on m'a dit "Ah, si vous avez avorté, surtout ne le dites pas.
08:26 Parce que si vous tombez sur un magistrat un jour, si votre procédure va plus loin,
08:30 si vous tombez sur un magistrat qui est un peu conservateur et si c'est un homme,
08:34 il va le prendre en compte que vous avez avorté, ça ne va pas lui plaire.
08:38 - Oui. C'était il y a combien de temps, ça ?
08:42 - C'était il y a cinq ans.
08:44 - Il y a cinq ans. Vous avez aujourd'hui 27 ans, donc vous en aviez 22 à l'époque.
08:48 Et aujourd'hui, est-ce indiscret de vous demander votre vie personnelle, votre vie affective,
08:55 si elle a repris un cours plus classique ?
08:58 - Plus classique, tout à fait. Moi, j'ai eu la chance, ce qui n'est pas le cas de toutes les femmes,
09:02 j'ai eu la chance d'être très entourée par ma famille et par mes amis.
09:05 Entre nous, il n'y avait pas de tabou, il n'y a pas eu...
09:08 Mais aujourd'hui, je suis maman d'un petit garçon, ça n'empêche pas de vivre.
09:14 Il y a surtout vraiment le côté, si vous voulez que je vais faire passer comme message modestement,
09:21 c'est que ça peut arriver à n'importe qui, même les femmes, parce que c'est beaucoup les femmes au final.
09:26 J'ai trouvé que j'avais beaucoup plus d'empathie au final avec les hommes qu'avec les femmes.
09:30 Et c'est terrible parce que même si ce n'est pas nos positions, moi ça ne l'était pas à la base.
09:35 Je m'étais toujours dit que si jamais je tombais enceinte, même jeune,
09:39 avec le contexte familial que j'avais qui était quand même plutôt ouvert,
09:43 j'aurais pu effectivement le garder sans problème.
09:45 Mais on ne sait pas de quoi demain est fait et on ne peut pas juger en fonction des situations de chacune.
09:49 - Merci. Tout ce que vous dites est à la fois très intelligent, très mesuré.
09:54 C'est agréable de vous écouter.
09:56 Alix, le petit garçon, il s'appelle comment ?
09:58 - Léandre.
09:59 - Léandre ! Ah ! C'est des héros de Molière parfois Léandre.
10:04 C'est très très joli Léandre.
10:06 - C'est magnifique.
10:07 - C'est magnifique. On n'en voit pas beaucoup des Léandre.
10:09 Voilà un joli prénom. Voilà un prénom original Léandre.
10:13 Écoutez, vous l'embrassez ce petit Léandre. Il est à l'école sans doute ?
10:16 - À la crèche. Il est encore petit.
10:18 - Quel âge il a ?
10:19 - Il a 14 mois.
10:20 - 14 mois.
10:21 - Bon. Effectivement, l'école ce sera pour la rentrée prochaine.
10:25 Il est 12h28, la pause.
10:27 - 14 mois.
10:29 - L'année prochaine il aura 26 mois.
10:31 - Oui, c'est trois ans l'école.
10:33 - C'est trois ans l'école ? Ah oui.
10:35 Effectivement. Donc c'est dans deux ans qu'il rentrera à l'école.
10:39 - Merci.
10:40 - Mais non, c'est moi qui vous remercie. On va chanter du Tino Rossi.
10:44 Tu n'as que 16 ans et faut voir comme...
10:48 Vous connaissez ces chansons ?
10:49 - C'est magnifique.
10:50 - Tu affoles déjà tous les hommes.
10:53 - On se croirait dans le bureau hier soir.
10:55 - Est-ce qu'on est si doux, Kiremine ?
10:58 Ou bien les rondeurs de ta poitrine qui les rend fou ?
11:02 Ha ha ha ha ha ha ha
11:04 Oh, Katarina, ta bella ch-ch.
11:06 Voilà ce que chantaient nos grands-parents.
11:08 - Vous êtes à 10% de ce que vous faisiez hier.
11:10 - Ah oui.
11:11 - Hier c'était théâtral.
11:12 - Mais non.
11:13 - C'était beau hier.
11:14 - Je vous assure que nos grands-parents chantaient ça.
11:16 C'est absolument formidable.
11:17 Bon, à tout de suite.
11:18 - Il est 12h29 sur Europe.
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