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00:02 RTL midi avec Céline Landreau
00:06 Elisabeth Born recevra cet après-midi les distributeurs pour les convaincre de vendre le carburant à prix coûtant.
00:13 Nouvelle tentative gouvernementale après l'échec de la vente à perte.
00:17 Ça semble mieux parti pour la vente à prix coûtant puisque déjà Michel-Edouard Leclerc annonce que les stations Leclerc vendront à prix coûtant
00:26 quotidiennement dès ce week-end.
00:29 Mais les automobilistes, eux, en attendant, continuent de payer le prix fort. Bonjour Pierre Chasseret.
00:33 Bonjour.
00:34 Vous êtes le président de 40 millions d'automobilistes, on vous retrouve dans un instant.
00:37 Mais d'abord un constat grâce à Christophe Bourrou, notre spécialiste auto qui a sillonné les stations-services ce matin entre Paris et Orléans
00:44 et qui a vu qu'il était difficile de trouver aujourd'hui du carburant à moins de 2 euros le litre.
00:49 Oui, alors sur la trentaine de stations que nous avons croisées, plus de la moitié
00:53 affichait plus de 2 euros le litre, alors que ce soit du samplon 95 ou du diesel.
00:59 Les stations les plus chères sur voie rapide, au sortir de Paris et sur autoroute,
01:04 prix oscillant entre 2,12 et 2,36 euros.
01:08 2,36 euros, c'est le record, à 15 kilomètres de la sortie de la capitale, une station Shell pour un litre de gazole, soit
01:16 43 centimes de différence avec la moins chère située en pleine Beauce à Genville.
01:22 Autrement dit, pour un plein d'une citadine comme une Renault Clio ou une Peugeot 208,
01:26 c'est 17 euros de différence tout de même. Enfin la bonne nouvelle, car il y en a, et oui,
01:31 ça vient de l'E85, le bioéthanol, avec 1,02 euros en moyenne le litre, mais surtout le GPL
01:38 avec des prix ne dépassant jamais les 1 euro, seul bémol sur notre parcours.
01:43 A peine une station sur trois distribuait ses carburants.
01:47 Merci Christophe Bourrou. Bon, ces chiffres, Pierre Chassereau, on imagine qu'ils ne vous surprennent pas ?
01:52 Non, ils ne me surprennent pas, et puis j'ai quand même l'impression d'un président déconnecté de la réalité.
01:57 Aujourd'hui, rien n'est fait, le président de la République s'autofélicite
02:01 de ne pas vouloir financer ce qu'il appelle les énergies fossiles.
02:05 On peut le comprendre. Moi, ce que j'aimerais comprendre, c'est comment les automobilistes vont faire
02:09 pour réaliser des économies qui leur permettront de changer potentiellement leur véhicule.
02:13 Alors, la dernière mesure, en tout cas décision du gouvernement, c'est de prôner la vente à prix coûtant.
02:20 Certains distributeurs ont l'air de dire oui, on l'évoquait à l'instant avec Leclerc qui va le faire dès ce week-end.
02:24 On rappelle que pour l'automobiliste, c'est des économies mesurées quand même sur un plein.
02:31 Bon, alors, il faut aussi parler à ceux qui s'attendent, lorsqu'il y a une opération à prix coûtant,
02:36 à retrouver peut-être le prix du carburant à 1,50 euro.
02:38 Ce ne sera pas le cas.
02:39 C'est-à-dire que la distribution, la grande distribution, les grands magasins,
02:43 quand ils peuvent se permettre de compenser ce non-chiffre d'affaires par un gain sur les produits alimentaires
02:50 et les autres produits qu'ils vendent dans leurs hyper,
02:53 ça répond à très peu de stations.
02:55 C'est-à-dire qu'on va gagner quoi ?
02:56 Un maximum de 5 centimes sur le litre.
02:59 Attendez, soyons sérieux.
03:01 Est-ce que vous pensez honnêtement que les Français en ce moment attendent 5 centimes de moins sur le litre de carburant ?
03:08 Bien évidemment non.
03:09 Et puis alors, les petits...
03:11 Qu'est-ce qu'ils attendent exactement ? Parce que 50 centimes de moins, ça paraît compliqué en cette période.
03:14 Ce qui est quand même fou, c'est qu'on a réussi à presque faire accepter que 2 euros, c'était le prix normal.
03:20 Ce n'est pas un prix normal.
03:21 Quand on se compare à nos voisins européens, la différence, elle se fait sur un point et un seul.
03:27 La fiscalité.
03:28 Et alors, si vous me permettez,
03:30 parce que maintenant que je vais l'expliquer, je ne veux plus l'entendre.
03:34 Ce n'est pas parce que Bruno Le Maire nous met en avant cette formule magique qui est
03:38 "une aide coûterait trop d'argent à l'État qu'il faut la reprendre".
03:42 Je m'explique.
03:44 C'est pourtant très simple, mais je pense qu'il faut bien l'entendre.
03:47 Les prix du carburant, ils sont taxés de 2 taxes, 2 coups de matraque.
03:51 Le premier, c'est la TICPE.
03:54 C'est une taxe fixe au litre, en gros, entre 65 et 70 centimes.
03:59 Ça, ça ne bouge pas.
03:59 Quoi qu'il arrive, que le prix du baril soit bas ou haut, c'est 65 à 70 centimes.
04:03 Et la deuxième part de taxes, on la connaît bien, c'est la TVA.
04:06 C'est 20%.
04:07 Autrement dit, 20% d'un euro, ça fait 20 centimes.
04:11 20% de 2 euros, 40.
04:13 20% de 2 euros, 50.
04:14 50 centimes.
04:16 Et donc, plus le prix du baril est cher,
04:18 regardez cette mécanique de l'absurde,
04:21 plus le carburant, le prix du baril est cher,
04:23 plus les taxes sont lourdes.
04:24 - L'argent rentre dans les caisses de l'État par cette TVA qui est proportionnelle au prix du carburant.
04:28 - La fiscalité est à revoir de fond en comble.
04:33 On ne peut pas percevoir le plus de fiscalité au moment où les prix sont plus hauts.
04:36 Ça n'a pas de sens.
04:36 - Et en même temps, quand le gouvernement s'engage dans une stratégie de décarbonation
04:39 et prône une planification écologique,
04:41 vous comprenez que c'est aussi compliqué de subventionner ces énergies fossiles ?
04:45 - On ne subventionne pas lorsque l'on est dans le trop perçu.
04:49 On subventionnerait si on serait dans le déficit.
04:52 Si redonner de l'argent aux automobilistes,
04:55 eh bien, ça serait le synonyme d'une perte d'argent pour l'État.
04:58 Ce n'est pas le cas.
04:59 Comme je viens de vous le démontrer,
05:00 aujourd'hui, l'État engrange de l'argent.
05:02 C'est un trop perçu sur les automobilistes.
05:04 Il faut rendre l'argent.
05:06 - On le rend d'une certaine manière avec l'annonce du chèque carburant,
05:09 par exemple, dimanche soir.
05:11 - Mais le chèque carburant...
05:11 - 100 euros par an par voiture pour les plus modestes.
05:13 - Et pour les déplacements de confort.
05:14 Alors j'insiste parce que je me suis posé la question
05:16 après ces propos lunaires du président de la République.
05:19 Je pense que ça a langue à fourcher.
05:21 Parce qu'un déplacement de confort, monsieur le président de la République, c'est quoi ?
05:24 C'est quand on se rend à l'hôpital ?
05:26 C'est quand des grands-parents, qui sont les grands oublis et les redrétés,
05:29 tant pis pour eux, on les a oubliés, ils n'auront rien.
05:31 C'est quand des personnes retraitées vont chercher leurs petits-enfants à l'école
05:34 parce que les parents travaillent ?
05:35 C'est ça le confort ?
05:36 Le confort, c'est quand on emmène ses enfants à l'école ?
05:38 C'est du confort ?
05:39 C'est quoi un déplacement de confort, monsieur le président de la République ?
05:41 Le déplacement de confort n'existe pas.
05:43 Il y a aujourd'hui une surfiscalité sur les carburants qui n'est pas acceptable.
05:47 Et je pense qu'il faut comprendre que la transition écologique,
05:51 que l'on souhaite tous, que l'on imagine tous,
05:53 que l'on appelle tous, ce n'est pas la rupture écologique.
05:57 La rupture, ce mot même, une rupture, c'est violent.
06:00 La transition, ça se fait dans la douceur.
06:03 Là, il n'y a pas de douceur.
06:04 On dit aux gens, tant pis pour vous, on vous matraque à coup de taxe,
06:07 tant pis pour vous, et puis si vous n'êtes pas content,
06:09 vous n'avez qu'à acheter un véhicule électrique,
06:12 même si vous n'avez pas de prise pour le brancher.
06:13 On comprend que vous n'êtes pas complètement convaincu
06:16 par les propositions avancées par l'exécutif.
06:18 Merci beaucoup Pierre Chasseret, président, je le rappelle,
06:21 de 40 millions d'automobilistes.
06:23 On marque une pause dans cette édition d'RTL Midi,
06:26 et dans un instant, on va revenir sur une tendance.
06:29 Alors certes, c'est minoritaire, mais elle se répand de plus en plus,
06:33 des femmes qui choisissent d'accoucher à domicile
06:36 et de ne pas aller faire ça à la maternité.
06:40 On y revient dans un instant.
06:41 RTL, pour tout comprendre de l'actualité.
06:44 [SILENCE]
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