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00:02 Julien Celié. RTL bonsoir jusqu'à 20h.
00:07 Allez, bonne fin de journée, RTL bonsoir.
00:09 Continue, place maintenant au deuxième invité de l'émission. C'est notre invité pour tout comprendre. Un espoir enfin
00:15 face à Alzheimer. C'est la journée mondiale de lutte contre la maladie aujourd'hui et on s'arrête ce soir sur des traitements très prometteurs.
00:22 Alzheimer, ce fléau qui nous concerne tous ou qui nous
00:25 concernera tous 3 millions de malades ou proches de malades dans notre pays. Trois médicaments offrent enfin des perspectives. On va en discuter
00:32 avec notre spécialiste santé Odile Pouget. Bonsoir Odile. Bonsoir à tous. Et notre invité le professeur Philippe Amouyel, directeur général de la fondation
00:39 Alzheimer. Bonsoir. Bonsoir. Odile, alors d'abord ces nouveaux traitements comment ils fonctionnent ? Alors ce sont des médicaments, on les appelle les
00:47 anticorps monoclonaux.
00:49 Ils sont administrés en intraveineuse et ils ciblent une protéine qui est suspectée d'être à l'origine de cette pathologie
00:57 complexe qui entraîne, vous le savez, perte de mémoire, des troubles du comportement,
01:01 des difficultés à exécuter certaines tâches ou encore des changements d'humeur.
01:05 Ils vont en fait empêcher
01:08 l'accumulation de plaques amyloïdes. Ce sont des dépôts toxiques
01:12 que l'on retrouve dans le cerveau des malades atteints d'Alzheimer.
01:16 Mais concrètement ces médicaments, ils changent quoi dans la vie d'un malade Odile ? Alors ça permet, c'est déjà assez énorme, de retarder le
01:23 développement de la maladie.
01:26 Les essais cliniques ont été réalisés sur 18 mois. Ils ont montré que ces traitements permettaient de réduire
01:32 d'un tiers le déclin cognitif, c'est à dire la capacité à réaliser des tâches quotidiennes, par exemple
01:38 répondre au téléphone, faire des courses, gérer ses factures, avoir des discussions sur les événements de la vie quotidienne,
01:45 des tests ont été faits sur des patients avant, pendant, après le traitement.
01:49 On a comparé avec les malades qui avaient reçu juste un placebo et les résultats sont extrêmement encourageants.
01:55 Concrètement on estime que ces malades ils ont gagné un peu plus de 7 mois sur l'avancée de la maladie.
02:01 Ces traitements dont on découvre les résultats très prometteurs, tout le monde y a déjà accès ? Non absolument pas. Les traitements dont je vous parle,
02:09 ils ont reçu pour l'instant seulement une autorisation de la FDA, l'agence sanitaire américaine.
02:15 Ils sont tout juste commercialisés aux Etats-Unis ou en passe de lettre, c'est vraiment les tout débuts.
02:20 Pour la France il va falloir attendre évidemment le feu vert des autorités
02:24 européennes, l'agence européenne du médicament et puis des autorités sanitaires françaises.
02:28 Ça peut évidemment demander plusieurs années, les médecins que j'ai interrogés sont évidemment dans l'impossibilité de donner une date.
02:35 Attention, ces traitements ils sont réservés aux patients qui en sont à un stade
02:40 très précoce de la maladie, ce n'est absolument pas pour des malades qui ont déjà un état dégradé.
02:45 Et il faut dire aussi qu'ils s'accompagnent d'effets secondaires graves comme des œdèmes ou des hémorragies cérébrales.
02:51 Donc attention, prudence, mais les avancées sont réelles.
02:56 C'est peut-être le début de quelque chose.
02:58 Professeur Philippe Amouyel justement, vous vous en pensez quoi ? C'est évidemment un espoir quand même ces traitements.
03:02 Oui c'est un espoir et pourquoi ? Parce que ça faisait quand même à peu près 20 ans qu'on n'avait pas encore trouvé un médicament
03:08 qui agisse directement sur les origines de la maladie. La protéine dont on parlait au deal Pouget, qui est cette protéine amyloïde,
03:14 c'est une espèce de glu qui vient entourer les neurones et qui va générer des anomalies par la suite.
03:18 On a réussi à bloquer sa production et à l'éliminer surtout. Donc ça c'est une avancée.
03:23 Maintenant l'impact que va avoir cette élimination
03:26 sur le bénéfice clinique reste quand même relativement modéré et comme il était dit, grévé de nombreux effets indésirables.
03:33 Mais c'est vrai qu'on voit dans certaines maladies la recherche avancer très vite ces dernières années, progresser à vitesse grand V.
03:39 On a parlé ici même dans cette émission de Vaccin contre le cancer il y a encore quelques jours avec Odile ici présente.
03:44 On a la sensation, et vous l'avez souligné, que face à Alzheimer, la recherche elle tâtonne depuis des décennies. Comment vous l'expliquez ?
03:51 Alors il faut savoir quand même qu'on s'adresse là à l'organe le plus complexe de notre corps humain.
03:56 Quand vous regardez un coeur, vous voyez qu'il y a des vaisseaux, des cavités, donc ça relève un peu.
04:02 Les cardiologues m'excuseront de la plomberie.
04:04 Quand vous prenez un cerveau, en revanche, quand vous prenez un cerveau, que vous regardez un cerveau, vous voyez rien.
04:08 Vous voyez juste des espèces de petites circonvolutions qui parcourent le... et c'est tout.
04:13 Donc il faut aller vraiment à l'intérieur du cerveau voir comment les cellules vives fonctionnent pour comprendre comment elles dysfonctionnent.
04:19 Ce médicament, il fonctionne à un stade précoce, ça veut dire que ça demande un dépistage efficace.
04:24 Là encore il y a des efforts à faire sur le dépistage ?
04:27 Alors sur le dépistage, oui. Alors pourquoi est-ce qu'on le fait à un stade précoce ?
04:30 Parce qu'on s'est rendu compte que quand on faisait une fois le diagnostic posé,
04:33 on stoppait peut-être la production d'amyloïdes, mais en revanche, on ne ramenait pas les neurones à la vie.
04:38 Donc l'idée c'est de commencer le plus tôt possible, quand le potentiel neuronal et cellules grises est encore bien intact,
04:44 pour le stopper. Et pour le stopper le plus tôt possible,
04:47 soit on prend vraiment au tout tout début de la maladie avec des petites cimes, soit,
04:50 et c'est le grand développement actuel, on cherche ce qu'on appelle des marqueurs biologiques,
04:55 l'imagerie par exemple, le certain dosage dans le liquide céphalorachidien, certaines formes d'IRM.
05:01 On travaille assez justement sur le dépistage, comment on fait ?
05:04 Parce que souvent on attend de perdre la mémoire ou d'avoir des cimes comme ça.
05:07 Il n'y a pas des prises de sang, des choses comme ça qui pourraient marcher ?
05:10 On pourrait travailler là-dessus peut-être ?
05:11 Non, on travaille dessus. Alors ce qu'il y a, c'est que ces prises de sang nécessitent derrière des appareillages
05:15 pour détecter ces protéines qui sont extrêmement lourdes et complexes, qui restent du domaine de la recherche.
05:19 En revanche, on est capable aujourd'hui de faire une prise du liquide céphalorachidien,
05:23 vous savez ce liquide qui entoure nos organes nerveux avec une petite piqûre dans le dos,
05:27 et là on peut mesurer ces protéines avec précision dans le liquide céphalorachidien,
05:31 mais généralement on le fait à partir d'un symptôme,
05:35 quand quelqu'un commence à avoir un petit trouble de mémoire.
05:37 Et pourquoi on ne le fait pas avant justement ça ?
05:38 Parce que pour le faire avant, on ne sait pas qui il faudrait faire ce test.
05:41 Alors le faire à tout le monde ?
05:42 Alors le faire à tout le monde, ce serait peut-être bien le jour où on aura un traitement qui permette de traiter tout le monde.
05:47 Aujourd'hui, on reste encore à des stades expérimentaux, c'est dans les essais cliniques, c'est dans la recherche
05:51 qu'on va chercher ces nouveaux marqueurs qui, le jour où les médicaments seront prêts,
05:54 nous permettront d'anticiper largement.
05:56 En tout cas, on va quand même se féliciter,
05:57 t'es plus hors d'espoir avec ces médicaments très novateurs dont on découvre les résultats très prometteurs
06:03 pour retarder la maladie d'Alzheimer, enfin des médicaments.
06:06 Merci beaucoup Odile Pouget, notre spécialiste santé.
06:08 Merci à vous Philippe Amouyel, directeur général de la Fondation Alzheimer,
06:12 pour votre explication ce soir sur cet espoir.
06:15 Petite pause, RTL bonsoir, continue, la bande reste réunie,
06:18 Cyprien, Marion, Alex Vizorek bien entendu,
06:21 et Isabelle Choquet à son tour dans ce studio.
06:23 Bonsoir Isabelle.
06:24 Bonsoir.
06:24 Isabelle qui est prête pour le grand match des infos pour briller au dîner face à la terrible Marion.
06:30 Oh la la !
06:31 La terrible !
06:31 Marion elle est mal quand même.
06:33 Elle a quand même mené...
06:34 Ça va, ça va !
06:35 11-8, 11-8, allez nouveau round juste après ça.
06:39 RTL bonsoir jusqu'à 20h.
06:42 [SILENCE]
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