00:00 Faut-il tout simplement interdire de telles plateformes de rencontre entre adolescents ?
00:04 Alors d'abord, dire que c'est une priorité du gouvernement d'assurer la sécurité des enfants dans la vie réelle et dans la vie virtuelle,
00:11 c'est une évidence, mais c'est en tout cas mon combat quotidien, en particulier contre les prédateurs sexuels
00:16 quels qu'ils soient. Et on sait que sur internet, grâce à l'anonymat, on a des risques particuliers.
00:22 On a plusieurs moyens de répondre. Bien évidemment,
00:25 réglementer, limiter, vérifier l'âge,
00:29 et responsabiliser les plateformes.
00:30 Ce qui n'est pas fait aujourd'hui, la vérification de l'âge, on vient de l'entendre, c'est très simple de s'inscrire et de donner un âge qui n'est pas généreux.
00:35 Alors c'est un combat que nous menons avec Jean-Noël Barraud, vous le savez.
00:38 On le conduit pour l'accès aux sites pornographiques, qui est une interdiction pour les mineurs.
00:44 Nous avons aujourd'hui un laboratoire de protection de l'enfance mis en place par le président il y a un an, qui travaille sur plusieurs
00:50 dispositifs pour mieux contrôler l'âge. Bien évidemment, on voit bien que sur internet, le contrôle de l'âge,
00:55 celui des enfants comme celui des adultes, est tout à fait essentiel. Il faut que la technologie avance,
01:00 les plateformes en sont responsables, et le gouvernement fait aussi des propositions sur ça. C'est une priorité, le contrôle de l'âge.
01:06 - Le site rencontre-ado.net
01:08 affirme effectivement être conscient du problème, mais dit ne pas envisager pour l'instant de mesures concrètes. C'est acceptable ça ?
01:13 - Alors, c'est faux, parce qu'au moment où, évidemment, les alertes sont revenues sur ce site, vous l'avez bien dit dans votre reportage,
01:19 qui existe depuis dix ans, et les sites de rencontres entre adolescents qui cherchent des amitiés,
01:25 slash, et des relations amoureuses, existent et sont connus du gouvernement. La question
01:30 qui se pose, c'est la façon dont l'opérateur fait
01:34 contrôle, modère, comme on dit dans la technologie.
01:38 Il existe un mécanisme de modération, si vous allez sur le site d'ailleurs, il l'explique, et on peut alerter ce site sur l'existence de faux
01:45 profils, etc. Et eux-mêmes contrôlent les profils, peut-être pas suffisamment avec un
01:50 dispositif qui contrôle très très bien l'âge, mais quand même, ils retirent des profils et sont particulièrement vigilants.
01:54 Indépendamment de ce que peut faire l'opérateur, nous avons en France plusieurs
01:58 dispositifs dont les parents doivent avoir connaissance. D'une part, évidemment, Pharoz, vous en avez parlé, ce sont nos enquêteurs
02:03 spécialisés pour aller patrouiller sur le net, pour pouvoir lancer des investigations.
02:08 Et je suis un peu étonnée de ce qui est dit, bien sûr que Pharoz a les moyens de retirer les contenus,
02:13 de poursuivre, et en Belgique, on n'a aucun problème pour poursuivre en Belgique les opérateurs, les opérateurs et éventuellement les prédateurs sexuels.
02:20 La deuxième chose, c'est l'existence du 3018. Aujourd'hui, e-Enfance, qui d'ailleurs a tout de suite remis une alerte sur
02:27 ce site en particulier,
02:29 est aujourd'hui un numéro qu'il faut connaître, qu'on soit parent, qu'on soit enfant, qu'on soit ado.
02:34 Quand on appelle le 3018, on peut faire part de difficultés et de ce type d'agression.
02:39 Quand un adulte se fait passer pour un enfant et tente d'avoir des relations
02:43 consenties ou pas consenties avec un jeune, et bien on peut signaler au 3018 et le 3018 peut
02:50 retirer, peut exiger de la plateforme qu'elle retenue les contenus, retenue les profils, etc.
02:53 - Ça, ce sont pour les éléments qui permettent de donner l'alerte après coup.
02:57 Est-ce qu'en amont, le problème n'est pas tout simplement aussi le concept même d'un site pour des âges aussi différents que
03:03 13-25 ans pour des rencontres entre ces personnes ?
03:05 - Aujourd'hui, il y a ce type de site, mais vous le savez comme moi, il y a plein d'autres lieux de rencontre
03:10 pour les ados et les enfants entre eux, et pour d'éventuels adultes qui se font passer pour des ados. Les messageries, TikTok,
03:17 Snapchat, Instagram... Donc l'objectif n'est pas d'interdire certains sites, parce qu'on sait très bien que ça conduira à
03:23 les enfants, les ados et les adultes à aller sur d'autres sites. L'objectif aujourd'hui, c'est de réglementer. Depuis
03:28 l'été dernier, nous avons une loi qui a été portée par
03:31 Laurent Marcangeli, que le gouvernement a soutenu, qui impose au site d'obtenir l'autorisation des parents
03:39 avant 15 ans pour qu'un enfant soit inscrit sur un site. Ça, pour moi, c'est un formidable levier. Pourquoi ?
03:45 Parce que ça impose le contrôle de l'âge de l'ensemble des clients sur les sites, et d'autre part, ça
03:51 responsabilise les parents.
03:52 Vous le savez certainement, 8 parents sur 10 ne savent pas ce que les enfants font sur Internet. - Et ça, ça se contourne toujours
03:57 facilement pour un enfant qui n'a pas besoin de demander l'avis de son parent. - Alors, aujourd'hui,
04:01 le dispositif est législatif. Il faut prendre le décret d'application. Nous sommes engagés avec Jean-Noël Barraud pour que ce décret d'application sorte très très vite.
04:08 Ça sera une obligation des plateformes, des réseaux sociaux, y compris de ce site, de vérifier non seulement
04:14 l'âge de la personne qui s'inscrit, mais s'il a moins de 15 ans, puisque eux autorisent de 13 à 15 ans,
04:20 d'obtenir l'autorisation express des parents pour accepter cette inscription. Et pour moi, ça, c'est une véritable protection, parce que non seulement
04:27 ça veut dire qu'en dessous de 15 ans, on n'y va pas tout seul, et c'est extrêmement important.
04:31 Vous n'envoyez pas un gamin de 15 ans dans la vie découvrir un site,
04:35 un lieu, sans vérifier qui sont les adultes et les enfants qui sont séparés sur internet. Et en dessous de 15 ans, si l'opérateur ne
04:42 fait pas ce contrôle et ne vérifie pas l'autorisation, il pourra être sanctionné par l'ARCOM. C'est une autre loi qui a été adoptée de manière
04:48 complète. Haute Sénat qui vient à l'Assemblée, qui renforce les pouvoirs de l'ARCOM pour
04:53 débrancher les sites qui ne respecteraient pas ce type d'obligation. - Une loi sur le numérique qui se concentre aussi beaucoup sur les sites pornographiques,
04:59 elle va permettre quand même de viser aussi de tels sites de rencontre infrados ? - Tout à fait. La France est pionnière en matière de
05:06 réglementation et de régulation des plateformes. On est en dialogue constant avec les plateformes, mais aussi on pousse des textes au niveau européen.
05:12 C'est nous qui sommes quand même à l'origine des deux grandes directives qui régulent tout ça.
05:16 Effectivement, l'ARCOM va avoir des pouvoirs renforcés pour mettre des sanctions sur les règles qui ne seront pas respectées,
05:23 qu'elles soient sur les sites pornographiques ou qu'elles soient sur les sites, les fameux réseaux sociaux,
05:28 plateformes qui ne respecteraient pas la protection des mineurs, qui est une obligation posée par l'Europe et qui est évidemment un combat porté par nous tous.
05:35 Merci pour vos réponses et merci d'être venu dans le studio de France Info ce matin, Charlotte Cobell, secrétaire d'État chargée de l'Enfance.
05:40 Vous étiez notre grand témoin sur France Info.
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