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  • il y a 3 ans
[#LeCanapéRouge] Spécial Présidentielle, Thérence Gnembou

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Transcription
00:00 Mesdames et Mesdemoiselles, Monsieur, bonsoir. Nous recevons dans le cadre de ce canapé
00:03 rouge spécial présidentiel 2023 Terence Niambou. Terence Niambou est né le 11 janvier
00:10 1973 à Libreville d'André-Avelin Niambou Moutsona et de Lucienne Mwanda Bipanda. Il
00:17 fait ses études primaires et secondaires au Gabon jusqu'à l'obtention de son baccalauréat
00:21 au Collège Bézieux. Ensuite, il obtient une bourse et se rend en France où il a inscrit
00:27 à l'IAE de Lyon et là-bas il obtient une maîtrise en sciences de gestion en 1995 puis
00:33 un DESS en audite en 1996 cette fois-ci à l'IAE d'Aix-en-Provence. Il attame ensuite
00:40 sa carrière professionnelle au Gabon en 1997 comme auditeur et contrôleur de gestion dans
00:46 plusieurs sociétés de la place. En 2007, il s'envole pour la France puisqu'il est
00:52 recruté par le groupe franco-marocain Optorg. Il s'y installe pour revenir au Gabon en
01:00 2014 comme directeur général d'une des filiales de ce groupe qui est TractAfric Motors.
01:06 Quelques années plus tard, il lui est confié le pilotage régional du groupe, il faudra
01:15 couper ce vide, qui inclut le Gabon, le Congo et la RDC. Et en 2018, il voit son périmètre
01:22 encore s'étendre à la direction générale de TractAfric Equipements Gabon, une autre
01:27 filiale du groupe Optorg spécialisée dans l'équipement. Cette fois-ci, il participe
01:33 à l'équipement de grands chantiers d'infrastructures au Gabon. En 2020, il met fin à ses fonctions
01:39 dans cette multinationale pour se consacrer à son projet personnel. C'est dans cet
01:45 esprit que Terence Nirmou fonde le parti politique Parti du Réveil Citoyen pour porter une voile
01:52 alternative, constructive, dans le cadre du débat national, force de proposition sur
01:57 tous les grands sujets sociétaux.
01:59 M. Terence Nirmou Moutsona, bienvenue sur le canapé rouge.
02:15 Merci.
02:16 Alors, notre interview va s'articuler autour de cinq grands thèmes société, environnement,
02:22 défense, économie et politique. Nous allons aller au pas de course. Commençons par la
02:28 société, l'accès aux soins de santé, aussi bien à Libreville qu'à l'intérieur du
02:33 pays est décrié par les populations. Certaines structures sanitaires dépourvues de médicaments
02:39 et de consommables. D'autres sont dans un état de fétusté. C'est le cas des centres
02:44 hospitaliers départementaux d'Umbigu, Malinga, Coco Beach, Moabi, pour ne citer que ces localités.
02:51 Comment entendez-vous améliorer l'accès aux soins de santé et une couverture médicale
02:58 pour tous les citoyens gabonais ?
03:00 Merci de me donner l'opportunité de m'adresser à nos compatriotes et pour leur décliner
03:07 mon projet de société. Alors, particulièrement s'agissant de la santé, la santé est le
03:13 cinquième axe de mon projet. On ne l'avait pas précisé, mais c'est un projet qui s'articule
03:17 autour de cet axe. Et donc, la santé est le cinquième axe et on propose un meilleur maillage
03:25 sanitaire du pays. Alors, pourquoi maillage sanitaire ? Parce qu'en réalité, le pays
03:31 est perclu de déserts médicaux. Vous parlez effectivement de la fétusté de certaines
03:36 infrastructures sanitaires, mais en réalité, c'est l'ensemble du pays qui est exempt
03:41 sur le plan sanitaire. On parlera évidemment de la chaîne du médicament également qui
03:47 est absente, puisque même dans les centres de santé les plus reculés, il manque des
03:52 médicaments, il manque du personnel de santé formé et disponible. Donc, c'est un vrai
03:58 souci majeur et nous en avons fait un axe prioritaire. Le programme national de développement
04:04 sanitaire que nous envisageons prévoit justement de revoir totalement la carte sanitaire en
04:11 faisant en sorte qu'un Gabonais ne soit plus à plus de 5 km d'un centre de premier soin.
04:18 En général, c'est un dispensaire. Nous prévoyons également qu'à 25 km, on puisse
04:22 trouver un centre, un hôpital et au-delà de 100 km, un centre hospitalier et université
04:29 régionale. Ça, c'est absolument fondamental pour couvrir ce besoin. Vous avez vu ce qui
04:34 s'est passé avec le chef du village de Mimongo qui est décédé pendant son convoi,
04:40 parce que non seulement autour de chez lui, il n'y avait pas un centre de premier soin,
04:44 mais aussi parce qu'ils sont totalement enclavés par là-bas. Vous avez donc les
04:47 problématiques d'enclavement avec des routes qui sont inaccessibles et en même temps des
04:52 hôpitaux qui sont loin des populations. Il nous faut rapprocher l'hôpital de nos
04:58 compatriotes et pour cela, il faut lutter contre ces désirs médicaux. Après, il y
05:02 a des coins extrêmement reculés où il est difficile de mettre en place un centre de
05:07 santé. Sur ces cas-là, nous prévoirons une médecine itinérante. Cette médecine
05:13 itinérante va permettre à partir d'un centre de santé dans une ville d'une commune de
05:20 province de pouvoir irriguer ce que fait le SAMU social alors qu'il n'est pas dans son
05:26 rôle, pour pouvoir irriguer ces villages qui sont éloignés pour des premiers soins, pour
05:31 des soins de proximité, notamment auprès des populations vulnérables comme nos aînés,
05:35 nos grands-parents qui ne peuvent pas forcément se déplacer sur des routes qui sont extrêmement
05:38 dégradées.
05:39 Au cours du dernier septembre, des modifications apportées au Code civil ont dilué la conception
05:46 ancestrale de la famille au Gabon, avec notamment la consécration de l'exercice de l'autorité
05:51 parentale par l'homme et la femme. Si vous êtes élu au soir du 26 août prochain, entendez-vous
05:57 revenir sur cette réforme ?
05:59 Non, parce qu'en réalité c'est une réforme, j'ai presque envie de dire grotesque, qui
06:03 ne change pas la vie de nos compatriotes. Elle n'est absolument ni utile ni prioritaire.
06:08 Le Gabon a de vraies priorités sur les infrastructures, sur la santé, sur l'éducation, sur même
06:13 la gouvernance. Et polariser des débats sociétaux sur ce genre de sujet n'a absolument aucun
06:20 sens. Pour moi c'est la diversion. Je ne reviendrai pas là-dessus parce qu'en réalité
06:23 dans la vie de nos compatriotes, l'équilibre des responsabilités se fait naturellement.
06:30 Pour ceux qui connaissent nos sociétés matriarcales, les femmes ont un pouvoir énorme, parfois
06:37 supérieur même aux hommes dans nos villages. Il n'y a pas besoin de légiférer sur ces
06:42 aspects-là, c'était totalement inutile.
06:43 Autre fait sociétal, la dépénalisation de l'homosexualité. Justement, depuis cette
06:49 dépénalisation, des dérives de tous genres sont constatables. Pourtant, le mariage pour
06:55 tous n'est pas reconnu au Gabon. Si le 26 août prochain, vous êtes élu président,
07:00 comment parviendrez-vous à concilier le respect des droits de l'homme et US et coutumes qui
07:07 ne reconnaissent que l'union entre personnes de sexes opposés ?
07:11 Le mariage pour tous n'est pas à l'ordre du jour au Gabon. Ce sont des débats qui
07:19 sont des débats d'autres sociétés, ce ne sont pas nos débats. La dépénalisation
07:24 de l'homosexualité, là encore, comme pour le rôle du chef de famille, c'est aussi
07:31 une diversion. Pourquoi ? Pour la bonne et simple raison que nous n'avons jamais vu
07:37 des homosexuels lapidés dans notre pays. Chacun vit son inclination sexuelle et personne
07:44 n'a jamais été condamné pour cela. Donc, vouloir dépénaliser quelque chose qui, en
07:49 réalité, n'a jamais fait l'objet de condamnation, que ce soit dans la société
07:54 elle-même ou même au tribunal, c'était simplement une diversion qui n'a rien apporté
08:02 à part diviser la société, toucher aux fondamentaux de nos traditions et de nos convictions,
08:08 notamment religieuses.
08:09 Très bien. Abordons maintenant le pan environnement. Engagé dans la lutte contre la protection
08:16 de l'environnement, le Gabon, qui est un modèle en la matière, peine à discipliner
08:21 les populations qui sont, à juste titre, la cause de certains problèmes environnementaux.
08:26 Quels sont vos projets pour renforcer les politiques de gestion des déchets d'ordures
08:33 ménagères, par exemple, qui peuvent impacter positivement la préservation de l'environnement ?
08:39 Je voudrais déjà corriger votre propos. Je ne pense pas que ce soit les sociétés,
08:45 ce soit nos compatriotes qui soient à l'origine des problèmes environnementaux. L'environnement,
08:52 de manière générale, la politique environnementale, c'est plusieurs aspects. La gestion des
08:57 déchets en milieu urbain en étant. Il y a une politique beaucoup plus large qui va
09:02 concerner notre politique énergétique, par exemple. Pour illustrer ce que j'ai dit.
09:08 Notre mix énergétique est composé, par exemple, à 53% de diesel.
09:14 53% de diesel, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'aujourd'hui, dans notre société,
09:22 des groupes électrogènes, parce que c'est de cela qu'il s'agit, puisque j'en ai vendu
09:25 en tant que déchets tracta fric équipement, des groupes électrogènes illuminent nos villes
09:30 et fournissent de l'électricité à nos villes. C'est tout sauf écologique. On est plutôt
09:36 sur des énergies propres aujourd'hui. Si vous voulez véritablement avoir une politique
09:39 de l'environnement performante, il faut être sur des énergies propres, comme l'hydroélectricité
09:43 et les énergies renouvelables, le solaire par exemple. Aujourd'hui, ce n'est pas ce
09:47 qui prédomine notre mix énergétique. Notre mix énergétique est dominé par le diesel
09:51 et le diesel est extrêmement polluant. Ça commence déjà par là. Il faut déjà que
09:54 l'État montre l'exemple, puisqu'il a décidé de faire de la lutte contre l'environnement
09:59 son cheval de bataille. Il faudrait commencer par avoir des énergies propres. Ça, c'est
10:03 le premier point. Après, sur la gestion des déchets, encore,
10:06 il y a beaucoup de choses à dire, il y a beaucoup de choses à faire. Il faudrait que
10:08 les dispositifs de gestion des déchets soient opérationnels. Aujourd'hui, ce n'est pas
10:13 le cas. Le pays est totalement enclavé, les villes sont enclavées, l'accès à une poubelle
10:18 est difficile. Comment les gens vont faire pour évacuer leurs déchets ? C'est aussi
10:22 une problématique qu'il va falloir gérer à la fois les collectivités locales et le
10:26 gouvernement. Tout cet ensemble fait qu'aujourd'hui, vous allez avoir des villes qui sont insalubres
10:33 parce que cette politique de gestion des déchets n'est pas mise en place.
10:37 Après, vous allez avoir plus largement la gestion de nos forêts. La gestion de nos
10:43 forêts, également, ça fait partie de la politique de l'environnement. Là, effectivement,
10:47 on a une politique qui a plutôt été volontariste et qui a permis quand même de préserver,
10:53 à travers notamment les 13 parcs nationaux qui avaient été créés par le président
10:55 de Nord-Bongo, qui a permis de créer ces sanctuaires qui permettent de préserver la
11:02 biodiversité. Et ça, c'est reconnu mondialement et donc c'est plutôt un bon point. Mais pour
11:06 le reste, effectivement, sur le plan urbain, on n'est pas bon. Sur le plan énergétique,
11:10 on n'est pas bon.
11:11 Très bien. Pourtant, les Gabonais contribuent à travers la taxe sur les ordures ménagères,
11:18 parfois issues de certaines localités où il n'y a carrément pas de système de remassage
11:25 des ordures. Comment vous entendez mieux organiser cette collègue des ordures ?
11:30 Je pense qu'il faut effectivement que la collègue des ordures soit, tout part d'abord
11:35 la politique de décentralisation. On a une politique de décentralisation qui ne s'est
11:38 jamais faite en réalité. Et donc, le remassage des ordures est fait bon an, mal an par Clean
11:45 Africa avec d'énormes problèmes en équipement, d'énormes problèmes en hommes, mais surtout
11:52 d'énormes problèmes pour recouvrir ses créances. Parce que le problème de Clean
11:56 Africa, c'est le problème de la SEG. L'État est un mauvais payeur. À partir de là, une
12:01 société qui ne recouvre pas ses créances va avoir beaucoup de mal à se déployer.
12:05 Le problème à la base, il est là. Donc, il faut que l'État paie correctement les
12:10 fournisseurs pour que les fournisseurs puissent investir en bacs à ordures, puissent investir
12:15 en camions de ramassage, puissent investir en personnel pour pouvoir faire cela. Et
12:21 après, il y a tout l'aménagement urbain qu'il faut envisager. C'est le point que
12:27 j'évoque dans le programme national de rénovation urbaine. Il faut que les poubelles
12:31 soient accessibles. Il faut qu'il y ait des passages, parce que dans les coins les
12:35 plus reculés, notamment Libreville, puisque c'est la ville la plus engorgée, il faut
12:40 que des accès soient possibles, y compris dans les mapanes, pour que les gens puissent
12:44 ressortir leurs déchets ménagers, au lieu que ça aille polluer les cours d'eau, comme
12:49 on le voit à Nzengayong ou ailleurs. Donc là, il y a véritablement tout un travail
12:54 de refonte à faire qui n'a pas été fait ces dernières années.
12:57 Le conflit en faune est au cœur des débats depuis plusieurs années. Malgré de nombreux
13:03 décès enregistrés, aucune solution pérenne n'a été trouvée par le gouvernement sortant.
13:08 Pire, les populations fustigent et abandonnent de la part des autorités au profit de la
13:14 préservation de la faune et de la flore. Si vous êtes élu président, comment comptez-vous
13:19 impliquer les communautés locales dans la prise de décision concernant les projets
13:24 de développement qui pourraient avoir un impact sur leur vécu au quotidien ?
13:29 Le projet Home Faune, pour moi, c'est un drame. Derrière une bonne intention qui est
13:37 de préserver l'environnement, de préserver notre biodiversité, notre faune, particulièrement
13:41 les éléphants, il y a un effet pervers qui est effectivement le fait que les sociétés,
13:47 nos compatriotes, notamment en zone rurale, se retrouvent en insécurité. À la fois
13:51 en insécurité physique, parce qu'on a vu des images où les éléphants arrivent quasiment
13:56 dans les villages, on le voit même à Gamba, ils rentrent dans les cités, et en insécurité
14:01 alimentaire, parce qu'ils dévastent les populations. Donc ça, c'est un vrai souci,
14:05 c'est un souci majeur. Les mesures qui ont été prises donnaient 250 000 francs. C'est
14:09 ridicule. C'est ridicule parce que qu'est-ce que vous faites avec 250 000 francs lorsque
14:13 votre plantation était prévue pour vous nourrir toute l'année ? Donc là, on a un vrai souci.
14:17 Alors, des expérimentations ont été tentées par certains pays, notamment en Afrique de
14:21 l'Est, sur la lutte contre le conflit homophone, particulièrement sur les éléphants, avec
14:27 plus ou moins de succès. Ils essayent avec des barrières de piment. Ça irrite les éléphants,
14:33 mais ça ne les empêche pas de dévaster les populations. La solution encore la plus efficace
14:38 aujourd'hui demeure les barrières électriques. Alors ces barrières électriques, elles ont
14:43 un coût. Elles ont un coût qu'on n'est pas en capacité d'assumer aujourd'hui. Et par ailleurs,
14:49 elles nécessitent d'avoir de l'électricité. Or aujourd'hui, on a un gros déficit en électricité.
14:54 On en parlera peut-être. On a un gros déficit en électricité. Alors comment on fait pour
14:57 alimenter ces barrières électriques ? OK, on peut mettre des panneaux solaires. Mais le problème,
15:01 c'est qu'on ne mettra pas des panneaux solaires sur chaque plantation. On ne mettra pas des
15:04 barrières électriques sur chaque plantation. Donc il faut réaménager complètement le schéma
15:09 champêtre, j'ai envie de dire. C'est-à-dire que si on veut avoir des barrières électriques sur un
15:13 village déterminé qui est exposé au conflit homophone, il va falloir peut-être que les
15:18 villageois qui font souvent leur plantation de manière éparse se regroupent dans des zones
15:23 cultivables. À ce moment-là, chacun ayant son lopin de terre pour faire sa plantation,
15:27 on pourra faire des barrières électriques sur l'ensemble des plantations de toutes les
15:35 personnes qui habitent le village. Là, effectivement, cet aménagement va permettre de régler le
15:40 problème. Après, il faut imaginer peut-être des panneaux solaires. Là encore, j'ai envie de dire,
15:46 les panneaux solaires ne sont pas la panacée puisque l'ensoleillement n'est pas si important
15:51 que ça au Gabon. Donc ce n'est pas forcément la meilleure solution. Mais tant qu'on n'aura pas,
15:56 en réalité, tant qu'on n'aura pas de l'électricité partout, ce sera difficile de mettre en oeuvre ce
16:00 genre de solution. Donc après, il faut prévoir lorsque cela devient véritablement un danger
16:05 physique, il faut prévoir des bâties administratives. On voit ça en Europe lorsque
16:13 les ours commencent à menacer ou les loups commencent à menacer certaines zones habitables.
16:18 Il faut prévoir qu'on puisse abattre des éléphants pour préserver les populations. Il
16:21 n'est en aucun cas admissible qu'un éléphant ait la primauté sur la sécurité de nos populations.
16:29 Très bien. La vente des crédits carbone s'avère être un échec au regard du fait que le Gabon n'est
16:37 à ce jour perçu aucun radis, tandis que les autorités sortantes vantent les mérites du
16:42 leadership environnemental du pays. Quelle politique climatique entendez-vous mettre en
16:47 place pour rentabiliser les efforts que consomme le Gabon en matière de protection de l'environnement?
16:52 La vente des crédits carbone est un échec, oui. J'ai envie de dire tout ça pour ça. Finalement,
17:02 tout ce sommet où effectivement le 1er mars, on attendait de vendre pour 900 milliards de
17:10 crédits carbone et finalement, même pas un Français a fait des crédits carbone vendus. La réalité,
17:16 c'est que j'ai presque envie de dire que c'est une bonne chose. C'est une bonne chose parce qu'il
17:22 faut qu'on arrête avec cette économie de rente. On a hérité d'un sous-sol fabuleux, à l'époque avec
17:31 de l'uranium, avec du manganèse, avec du pétrole, avec du fer maintenant. On a hérité d'une forêt
17:38 formidable avec 8500 espèces végétales et puis on attend toujours la rente. Extrayons le pétrole,
17:44 extrayons le manganèse, extrayons l'uranium, etc. Et là on a la forêt, on nous l'a donnée en
17:51 héritage et puis attendons qu'on nous paye pour notre forêt. On a un vrai souci par rapport à ça.
17:57 Il faut qu'on sorte de cette chaîne de manganes, on attend qu'on nous paye pour quelque chose pour
18:03 lequel on n'a pas travaillé. Cette forêt, elle est là, on l'a trouvée là, on la laissera là. Donc
18:07 il faut qu'on arrête avec ça. Il faut plutôt valoriser la forêt pour qu'elle permette d'apporter
18:11 quelque chose en créant de la valeur pour le pays, en créant de la valeur pour les populations et
18:16 pour le budget de l'État. Ça c'est vraiment mon cheval de bataille, c'est de faire en sorte que ce
18:20 qu'on appelle l'or vert soit véritablement l'or vert. Non pas en coupant des arbres, non pas en
18:24 vendant de l'eau coumée, ça n'a absolument aucun sens, mais véritablement en valorisant nos espèces
18:28 végétales qui sont aujourd'hui, qui représentent 25% de la matière première de l'industrie
18:33 pharmaceutique mondiale. On doit pouvoir extraire, mais il faut investir dans la recherche, on doit
18:40 pouvoir extraire les principes actifs de l'ensemble de nos forêts, des plantes qui font nos forêts,
18:45 pour déterminer les molécules de demain qui seront les matières premières de l'industrie
18:52 pharmaceutique. Et là on deviendrait le centre de la pharmacologie mondiale. Ça c'est ma vision de
18:58 la forêt gabonaise et non pas une vision d'économie de rente où on attend qu'on nous paye pour des
19:03 choses pour lesquelles on n'a pas de travail. Très bien, alors sur le pan de défense, les faits nous
19:09 démontrent qu'aucun pays n'est à l'abri d'une attaque terroriste. C'est le cas de Boko Haram dans
19:15 la sous région, mais également de l'avancée fulgurante du groupe Acme au Maghreb. Quel
19:21 effort envisagez-vous pour mettre en place ou pour promouvoir une coopération internationale
19:29 en matière de sécurité et renforcer nos alliances régionales pour faire face à ces défis
19:35 sécuritaires communs ? En s'agissant des forces de défense et de sécurité, qui est le septième axe
19:41 de mon projet, il va falloir véritablement revoir le format de nos armées. Il y a effectivement de
19:48 nouvelles menaces, vous avez parlé de la menace terroriste, elle n'est pas loin, elle est au nord du
19:50 Cameroun. Vous avez les menaces, la piraterie maritime qui est grandissante également au large
19:57 de nos côtes. La plus récente date de mai. La plus récente date de mai et puis vous avez la
20:01 cybercriminalité. Sur l'ensemble de ces nouvelles menaces, il va falloir les adresser. Pour les
20:07 adresser, il faut avoir une armée en capacité de régler ces problèmes. Aujourd'hui, ce n'est pas le
20:12 cas. Notre armée est sous-équipée. Comment faire alors ? Il faut investir, il n'y a pas de miracle.
20:18 Il faut investir dans du matériel, il faut investir dans de la formation. Aujourd'hui, malheureusement,
20:23 nous savons très bien que le corps le plus équipé, c'est la garde républicaine. La garde
20:27 républicaine est la garde qui ? Les armées sont sous-équipées, la gendarmerie est sous-équipée,
20:35 la police est sous-équipée. Il faut revoir tout cela. Il faut équiper l'armée qui est là pour
20:40 défendre nos frontières pour que nos frontières soient sécurisées, que ce soit les frontières nord,
20:45 les frontières sud, les frontières maritimes, notamment à l'ouest et les frontières à l'est.
20:50 Donc tout ce travail nécessite des investissements. Il va falloir investir massivement pour remettre
20:55 nos forces de défense en situation de pouvoir répondre à l'ensemble de ces menaces.
21:00 La relation entre les populations et les forces de défense et de sécurité s'est considérablement
21:07 dégradée au point que les Gabonais ne leur font plus confiance. Comment comptez-vous
21:12 réconcilier ces deux composantes de la société si vous êtes élu président de la République ?
21:16 Alors ça, c'était un vrai sujet. Vous savez, dans les valeurs que nous défendons dans notre
21:22 projet, c'est cette notion de réconciliation. Vous ne l'avez pas évoqué. Nous prenons les trois
21:27 R. Il faut réconcilier le pays. Il faut le réparer parce qu'il est malade. Il faut le
21:31 restaurer, notamment au niveau de ses valeurs. Au niveau de la réconciliation, je parle de
21:36 réconciliation d'abord avec nous-mêmes parce qu'en réalité, les Gabonais commencent à… Il y a eu
21:41 une vraie cassure depuis 2016. On le voit encore quand on n'est plus en capacité en tant que
21:46 responsable politique de tenir une réunion publique sans se faire houspier ou sans recevoir une chaise.
21:51 Ou une brique, c'est qu'on a un vrai souci dans ce pays. Donc le pays est cassé en deux. Il va falloir
21:57 le réconcilier. Moi, je pensais véritablement à initier dès les premiers mois de ma mandature
22:04 une commission vérité réconciliation. C'est la première chose parce qu'il va falloir remettre à
22:10 place un certain nombre de choses. Il y a eu des violences postélectorales en 2016 qui n'ont jamais
22:15 été soldées. Il faut que les gens se mettent autour de la table, que les responsabilités soient
22:19 établies et que les familles puissent faire leur deuil. Aujourd'hui, il y a des gens qui cherchent
22:24 encore leurs parents. Donc il faut mettre tout ça sur la table. Cette réconciliation, elle est d'abord
22:31 entre nous-mêmes. Des pays qui ont eu des rames beaucoup plus graves que les nôtres, comme le
22:35 Rwanda ou l'Afrique du Sud, ont réglé ces problèmes. Notre problème est embryonnaire. On doit
22:41 pouvoir, là aussi, le régler assez facilement. Après, cette réconciliation doit aussi se faire
22:47 avec tous les autres pans de notre corps social. Elle doit se faire avec l'armée parce qu'évidemment,
22:52 quand il y a de la répression, vous imaginez bien que les populations n'ont plus le sentiment que
22:56 leurs forces de défense sont là pour les défendre, que la police n'est plus là pour les sécuriser
23:01 puisqu'il y a de la répression. Donc il faut aussi que cette réconciliation se fasse avec ces forces
23:05 de défense et de sécurité qui sont là normalement pour leur public ou pour défendre nos frontières,
23:10 mais qui doivent normalement d'abord être là pour servir les populations. Donc il faut régler
23:14 cette problématique. Il faut aussi également réconcilier les populations avec la justice
23:17 parce que la défiance va jusque là. Quand on est soumis à la justice aujourd'hui, on n'est pas sûr
23:25 que le jugement sera juste. Donc ça aussi, il va falloir donner confiance aux populations par
23:30 rapport à cela. Donc cette réconciliation est absolument importante. Et le lien pour moi entre
23:35 les forces de défense et nos compatriotes, c'est pour moi, on peut imaginer plusieurs choses,
23:41 notamment des journées de la défense où effectivement nos armées seraient ouvertes,
23:47 nos casernes seraient ouvertes à nos populations, pour qu'elles voient ce qui se passe,
23:51 pour qu'il n'y ait plus de tabou derrière ces murs, ces barricades. Mais je pense que le
23:56 service national que nous voulons instaurer serait également une manière à la fois de rétablir le
24:03 lien entre les populations et leurs forces de défense, mais surtout permettra à tous ces
24:08 jeunes qui sont aujourd'hui parfois en décrochage scolaire, parfois à la maison, parfois au chômage,
24:13 de pouvoir intégrer l'armée où ils y apprendraient un métier. Chauffeurs, chauffeurs de poids lourd,
24:19 menuisiers, plombiers, parce que vous savez que le génie militaire aujourd'hui a tous les corps
24:22 de métier et aujourd'hui pourrait servir quasiment de centre de formation à travers le service
24:28 national. Donc pour moi, ça permettrait de réconcilier, d'abord de lever le tabou de l'armée
24:34 qui est là pour réprimer, mais surtout de permettre de faire ce lien entre les populations et l'armée,
24:39 parce que l'armée deviendrait une pourvoyeuse de savoir, une pourvoyeuse d'emplois et de formation
24:46 pour nos jeunes en déshérence. En faisant le tour du Gabon, nous constatons que les casernes des
24:53 forces de l'ordre, des forces de sécurité et de défense sont dans un état de délabrement avancé,
24:59 malgré les budgets consentis au ministère de la Défense et de l'Intérieur. Quelle politique,
25:04 entendu, vous menez pour améliorer les conditions de vie des policiers et des militaires ?
25:09 Ça revient à ce que je disais tout à l'heure, c'est-à-dire que revoir le format dont nos armées
25:13 investissent, investir massivement dans soit la réhabilitation des matériels vitustes,
25:18 soit l'acquisition de nouveaux matériels, ça va dans le même sens. Il ne faut pas simplement
25:25 avoir du matériel, il faut avoir des personnels qui soient mentalement disposés à exercer leur
25:34 métier. Pour être mentalement disposé à exercer son métier, il faut être dans de bonnes conditions,
25:37 il faut être bien, il faut être équilibré, il faut bien vivre chez soi. Il faut des casernes
25:41 qui soient modernes, avec des équipements modernes, il faut qu'ils puissent manger à leur faim,
25:46 parce qu'aujourd'hui on le voit dans les rues, quand vous vous faites arrêter, c'est un côté un peu
25:51 pathétique. Vous avez un policier qui va vous dire "grand, j'ai soif, il fait chaud", parce qu'ils
25:58 vivent dans des conditions difficiles, parce que le minimum ne leur est plus consenti pour pouvoir
26:04 exercer correctement leur métier. Il faut absolument mettre fin à ça pour leur donner les moyens d'être
26:11 véritablement opérationnels. Très bien, abordons dès lors le pan économie. Vous reconnaissez dans
26:19 votre projet de société "Le Gabon en 7 ans" qu'à la veille de la fin de la mandature finissante,
26:28 attend une transformation en profondeur du pays est illusoire, tant les défis à relever sont
26:35 nombreux et les marges de manœuvre étroites. Sur le pan économie, que prévoyez-vous une fois élu ?
26:42 C'est l'axe 1 de mon projet, c'est la refonte de notre modèle économique, l'assainissement de nos
26:52 finances publiques. Pourquoi refondre notre économie ? Aujourd'hui, je le disais tout à
26:58 l'heure, elle est adossée sur la rente. Elle ne crée pas de valeur. Il va falloir créer de la
27:05 valeur. Pour créer de la valeur, il faut diversifier l'économie. Si vous prenez du pétrole et que vous
27:10 l'envoyez à l'étranger, si vous prenez du manganèse et que vous l'envoyez à l'étranger, même si on a
27:15 mis en place le CIMA-MOANDA, ce n'est pas suffisant. Il va falloir diversifier l'économie en dehors des
27:25 matières premières, en dehors de notre sous-sol. Ça veut dire quoi ? On a des leviers. J'en
27:30 identifie principalement trois. Pour moi, le tourisme et l'éco-tourisme est le premier levier.
27:35 On a un pays, on a parlé des parcs nationaux qui sont extraordinaires. On a une biodiversité qui
27:45 est unique au monde. On doit pouvoir sur cette base, non pas attendre du crédit carbone, mais plutôt
27:52 investir massivement dans l'éco-tourisme, comme le fait par exemple le Costa Rica. Le Costa Rica,
27:58 c'est 10 points de PIB le tourisme. Le Costa Rica est cinq fois plus petit que nous, a cinq fois plus
28:04 de population que nous, et reçoit cinq millions de touristes par an, là où on en reçoit 100 000.
28:11 Et je peux vous assurer, pour y être allé, que ça n'a absolument rien à voir comparativement. Leur
28:18 faune n'a rien à voir avec la nôtre. On est beaucoup plus riche au niveau faunique et notre
28:23 flore est beaucoup plus riche que la leur. Donc on doit pouvoir, sur cette base, sur la base de
28:27 choses que les gens ont déjà réussi ailleurs, pouvoir mettre en place la même chose ici,
28:31 pour faire du tourisme l'un des pans essentiels de notre diversification. Ça rapporterait 10 points
28:37 de PIB. Aujourd'hui, la zone économique sociale, c'est trois points de PIB. Le bois, c'est trois
28:42 points de PIB. Le tourisme pourrait en rapporter 10. Et en plus, c'est pourvoyeur d'emploi. J'ai
28:48 rédigé une tribune là-dessus où, à horizon 10 ans, ça pourrait générer 75 000 emplois directs et
28:55 125 000 emplois indirects. Pourquoi ? Parce que c'est quelque chose de très vertueux. Le tourisme
29:00 va toucher les infrastructures, va toucher la santé, va toucher l'éducation, la formation,
29:04 puisque vous allez former des guides. Va toucher l'artisanat, quand on est dans les villages. Les
29:08 villageois vont pouvoir vendre leur artisanat, etc. Donc les transporteurs, etc. Donc c'est
29:13 totalement vertueux et ça fait développer de manière globale l'ensemble de l'économie. Et
29:19 donc en cela, c'est plutôt pour moi le meilleur levier en matière de diversification. Le deuxième
29:25 point, c'est l'industrie pharmacologique. On a parlé de notre forêt, de sa richesse. On a parlé
29:30 de la biodiversité et de toutes les essences disponibles. Là, il y a un vrai levier. L'or vert
29:36 est un vrai levier. Pourquoi ? Parce qu'on est en capacité aujourd'hui, en investissant massivement
29:41 dans la recherche. Pour moi, c'est 100 à 150 milliards dans la recherche. Il faudrait qu'on
29:45 arrive à, au moins, que la recherche représente un point de PIB, comme ça se fait dans les autres
29:50 pays. C'est 100 à 150 milliards par an pour pouvoir faire, justement, de cet or vert, le creuset de
29:57 l'industrie pharmaceutique mondiale. Et on peut le faire. Pourquoi ? L'industrie pharmaceutique
30:01 mondiale, c'est 1000 milliards de dollars. 25% des matières premières liées à cette industrie
30:08 pharmaceutique vient de chez nous. Mais les revenus liés à cette industrie pharmaceutique qui
30:15 arrive chez nous, c'est 0,01%. Le déséquilibre est complet. Donc, on doit pouvoir revoir ça. Quand
30:21 vous pensez, par exemple, que vous donnez deux exemples pour être tout à fait complet sur le
30:25 sujet, l'ibougaine, notre plante sacrée qu'on utilise en nourriture initiatique, les États-Unis
30:32 l'utilisent pour lutter contre la dépendance. Dépendance aux drogues, dépendance à l'alcool.
30:36 Donc, il y a des gens qui sont venus extraire la plante ici et qui sont allés travailler avec ça
30:41 là-bas. Alors, qu'elle pousse chez nous ? Elle ne pousse que chez nous d'ailleurs. Maintenant,
30:45 les gens font des essais pour la faire pousser ailleurs, mais elle ne pousse que chez nous.
30:47 Donc, voici un levier. Je vous donne un autre exemple. En 2012, L'Oréal a déposé un brevet
30:54 pour permettre de fabriquer des rouges à lèvres à base de l'Odica. Vous le savez ? L'Odica. C'est
31:03 un côté un peu glosse. Les femmes comprennent ça mieux que moi. C'est un côté glosse. Et donc,
31:08 l'Odica aujourd'hui est breveté par L'Oréal pour pouvoir faire des rouges à lèvres. Pourquoi on
31:15 ne le ferait pas nous ? Et ça, pour moi, c'est un axe de développement majeur. Et enfin, le troisième
31:23 axe de développement et de diversification, c'est l'élevage, l'agriculture, l'élevage et la pêche.
31:29 Il n'est pas normal que l'on importe 85% de ce que l'on consomme, que l'on mette 450 milliards
31:37 chaque année pour des produits carnés. On a 800 kilomètres de côte et on satisfait à peine 20%
31:45 de nos besoins en poisson, 10% de nos besoins en viande et moins de 10% de nos besoins en banane
31:51 et en manioc. Alors qu'on a 5 millions d'hectares de terre arable. Il y a quelque chose qui ne va
31:56 pas. Il y a des investissements qui n'ont pas été faits. Il y a une volonté politique qui a
32:00 manifestement manqué. Alors que la terre est là, l'eau est là, les hommes sont là.
32:05 Je vais revenir sur la question du tourisme. Les Gabonais savent quel est le niveau de la
32:12 pression fiscale autour des billets d'avion et des taxes aéroportuaires, qui sont souvent
32:18 supportées par les Gabonais. Et puis les touristes qui peuvent vouloir venir au Gabon. Est-ce qu'il
32:25 ne faut pas justement mener des politiques aussi autour de la défiscalisation autour du billet
32:33 d'avion ? Oui, tout à fait. S'agissant de l'attrait touristique, il y a plusieurs pans en général
32:40 qu'il faut régler pour pouvoir faire du tourisme et de la vie importante au Gabon. Évidemment,
32:44 il y a le problème du transport. S'agissant par exemple de la France, la France est en quasi
32:49 monopole. Les gens essayent de prendre l'Éthiopienne ou Turquie pour aller en Europe. C'est beaucoup
32:55 plus long et c'est moins attrayant pour un touriste européen qui a de l'argent, qui a envie de venir.
32:59 Lui, il veut un vol direct. Il ne veut pas passer par Turquie, attendre je ne sais pas combien d'heures
33:04 à Istanbul avant de venir ici. Donc il faut régler le problème des transports. Il faut peut-être,
33:09 probablement, recréer une compagnie aérienne nationale. Je ne suis pas trop pour les compagnies
33:17 aériennes, parce qu'on est un petit pays et ce serait difficilement rentable. Mais on peut faire
33:20 des partenariats sous-régionaux par exemple. Les Scandinaves font ça très bien avec SAS,
33:26 ils ont une compagnie aérienne pour le Danemark, la Finlande, la Suède et la Norvège. Donc ils ont
33:32 mutualisé. On est en capacité de mutualiser, d'avoir une compagnie aérienne régionale. RCEMAX,
33:37 c'est un vieux projet d'ailleurs, qui n'a jamais vu le jour. Il faut relancer ce projet-là,
33:40 qui serait rentable parce qu'on aurait une taille critique en termes de passagers pour que
33:45 l'investissement soit rentable. Donc il faut imaginer ça. Il n'y a que la concurrence dans
33:49 le milieu aérien qui permettra de faire baisser les prix. Après effectivement, il y a le levier
33:52 fiscal, le levier de la taxe parafiscal, le levier de la taxe d'aéroport qui représente quand même
33:56 25% du billet. Il faut revoir ça. Parce que 25% de taxes d'aéroport, pour quel service quand vous
34:04 arrivez à DL ? Il y a un vrai souci là aussi. Il faut investir dans un aéroport décent. Moi,
34:10 l'objectif à 10 ans, c'est d'avoir un million de touristes et pas 100 000. En plus, c'est 100 000
34:15 touristes affinitaires. C'est un million de touristes, mais sans un million de touristes,
34:19 vous ne les recevez pas dans ce cas-ci. Ce n'est juste pas possible. Donc il faut investir dans
34:24 un aéroport moderne. Il faut investir dans une compagnie aérienne probablement régionale. Il
34:29 faut revoir le prix des billets et la parafiscalité autour du prix des billets. Et puis, il faut
34:34 revoir toute l'offre hôtelière. Nous n'avons que 5 000 lits. 5 000. Et quel lit ? Quand vous avez
34:40 enlevé le Radisson, le Deux Trois, le Monde Cricel et quelques autres, il n'y a rien. On n'est pas
34:45 encore au standard international pour pouvoir attirer des touristes asiatiques, des touristes
34:49 américains, des touristes européens. Tous ces investissements sont absolument nécessaires pour
34:54 que nous deviennons un vrai attrait pour les touristes, pour pouvoir mettre en avant notre
35:00 biodiversité et notre forêt. Entre 2017 et 2022, le taux de pauvreté a augmenté et s'établit
35:09 désormais à près de 34 % d'après la Banque mondiale. Quelles sont vos propositions pour
35:16 promouvoir l'inclusion sociale et réduire de façon significative les inégalités au sein de la
35:21 société gabonaise ? C'est un vrai sujet de préoccupation. La pauvreté, c'est le deuxième
35:26 axe de notre projet, la lutte contre les inégalités, la pauvreté et le chômage. Il faut véritablement
35:31 en faire une cause nationale. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, vous avez pris les chevilles de la
35:38 Banque mondiale qui sont souvent des chiffres macro, qui sont parfois loin de la réalité. 34 %
35:44 effectivement, c'est des chiffres macro. Mais quand on regarde l'EconomGES, c'est le double.
35:49 Parce que l'EconomGES identifie autour de 900 000 inscrits avec les enfants et sans les enfants,
35:56 on est autour de 600 000. C'est ce qu'on appelle les GEF. Mais les GEF, c'est pauvres. On a mis
36:04 une appellation un peu... Les gabonais économiquement faibles, ce sont des pauvres. Donc c'est 600 000
36:10 pauvres. Avec les enfants, 900 000 pauvres, quasiment la moitié de la population. Donc
36:15 c'est un vrai drame national. Il va falloir l'adresser de manière prioritaire et urgente.
36:19 Et dans le programme que je propose, il y a effectivement cette lutte nationale contre
36:26 l'extrême pauvreté, l'extrême précarité. Ça veut dire quoi ? Il va falloir mettre en place des
36:29 amortisseurs sociaux. C'est absolument indispensable. Sinon, à un moment donné,
36:32 la cassure va se faire dans le pays. Vous avez quelqu'un qui a faim, à un moment donné,
36:36 il ne répond plus à rien. Donc il va falloir effectivement adresser cette problématique
36:39 en mettant en place des amortisseurs sociaux. On voit ce qui se passe à l'étranger lorsqu'il y a
36:45 eu le Covid ou autre, quand les gens sont précarisés. Les États ont tiré des chèques.
36:49 Vous allez en Europe, vous avez chèque énergie, chèque transport, chèque alimentaire,
36:54 pour permettre aux populations de joindre les deux bouts. Ici, il n'y a pas de chèque. On a
37:01 fait une modeste mercuriale avec 67 produits. C'est loin des enjeux. C'est totalement dérisoire.
37:09 La mercuriale aujourd'hui, dans des pays comme l'Argentine, qui a connu une crise économique
37:13 sans précédent, c'est 1 700 produits. Parce que ce n'est pas seulement manger, c'est se vêtir,
37:17 c'est se déplacer. C'est tous les coups de la vie. Donc manger ne suffit pas. Il faut véritablement
37:24 revoir tout cela. Pour moi, il y a plusieurs amortisseurs à mettre en place. Le premier
37:33 amortisseur, ce serait un revenu transitoire de solidarité qui permettrait aux gens sans emploi
37:40 de pouvoir disposer d'une allocation sur une durée limitée. Elles ne devraient pas accéder
37:47 à neuf mois. Ça permettrait quoi ? Ça permettrait qu'il faudrait le suivre. Ce n'est pas simplement
37:52 toucher une rente et rester à la maison. On connaît les effets pervers de ces allocations. Mais
37:57 pouvoir suivre ces allocataires dans leur parcours d'insertion professionnelle. C'est-à-dire que
38:03 cette allocation permettrait aussi de leur donner une formation, peut-être de constituer leurs AGR,
38:10 mais il faut qu'au bout de neuf mois, ils soient en capacité d'être autonomes. C'est pour ça qu'elle
38:15 ne doit pas durer au-delà. Pour permettre aux gens qu'ils sachent qu'à la fin, il faut que je
38:19 bouge, il faut que je monte vite un petit business. Donc cette allocation, il va falloir la mettre en
38:24 place. Elle concerne donc effectivement les jeunes sans emploi. Elle peut concerner également les
38:31 personnes en situation de handicap. Vous savez qu'aujourd'hui, on a quand même 26 000 personnes
38:35 en situation de handicap. Vous savez combien est l'allocation des personnes handicapées au Gabon ?
38:40 C'est 75 000 par an. 200 francs par jour. Sachant qu'un handicapé va avoir du mal à travailler,
38:51 va avoir du mal à se mouvoir, que le poste de travail, d'aventure et de trouver un emploi,
38:56 n'est même pas adapté. Donc en réalité, ils ont beaucoup de mal à trouver un emploi. Donc ils
39:00 sont souvent à la maison, souvent au chômage. Et on leur donne 200 francs par jour quand on veut
39:06 bien la payer. Parce que vous savez très bien qu'ici, on ne paye jamais en temps et en heure.
39:09 Donc voici les soucis qu'il va falloir régler avec une ou aucune allocation handicapée. Après,
39:15 je pense qu'il va falloir revoir aussi les allocations familiales. Parce que, pareil,
39:20 une jeune fille qui fait un enfant, ou même une mère de famille plus avancée, vous savez combien
39:28 elle touche ? 8 000. 8 000 par mois. Comme vous savez que le paquet de couches, vous avez déjà
39:33 mangé l'allocation familiale. Donc il y a un vrai souci par rapport à ça. C'est des choses qu'il
39:38 faut revaloriser. Je pense qu'il faut raisonnablement l'apporter à 25 000 pour
39:42 permettre aux gens de jouer au lit debout. Donc ce sont ces amortisseurs-là qu'il faut
39:46 rapidement mettre en place. C'est entre 75 et 100 milliards. Mais je pense qu'en restructurant la
39:52 dépense publique, en dépensant mieux, en faisant les économies là où il faut, parce qu'il y a des
39:59 niches d'économies, il y en a plein, on doit pouvoir dégager cet argent-là pour permettre
40:03 à ces populations vulnérables de disposer des allocations dont je viens de parler.
40:07 La décentralisation est aujourd'hui présentée comme une solution au développement des localités
40:12 de l'arrière-pays. Au Gabon, une loi existe depuis près de 30 ans sans véritablement apporter
40:18 le développement tant attendu. Comment entendez-vous impulser une véritable mise en
40:24 œuvre de la décentralisation dans le pays ? La décentralisation n'est que dans les faits,
40:30 elle n'est que dans les textes au Gabon. Dans la réalité, on voit bien que les collectivités
40:35 locales sont en souffrance, particulièrement dans l'arrière-pays. À Libreville, avec le dynamisme
40:41 du milieu urbain, avec les marchés, avec les collectivités, les mairies arrivent quand même
40:48 à avoir des revenus avec les taxes municipales, avec les arrivées des taxes. En province, c'est
40:54 beaucoup plus difficile, donc les revenus sont notoirement suffisants pour pouvoir amorcer
40:58 véritablement l'autonomie de ces collectivités locales. Donc il faut imaginer autre chose.
41:03 Mais tout ça est lié aussi à l'aménagement du territoire. Lorsque vous avez des territoires
41:07 qui sont des déserts en tout point, des déserts économiques où vous allez donner de la
41:12 décentralisation, ils vont faire quoi ? Sinon, même pas d'argent. Donc, on peut dans un premier
41:17 temps, l'État doit dans un premier temps les accompagner, mais pas de la manière dont on fait
41:21 où on promet 5 milliards aux gouverneurs, où on promet 500 millions à la ville la plus fleurie ou
41:27 la plus propre. C'est ridicule. Il faut véritablement mettre en place une politique,
41:35 qu'elle soit une politique volontariste, en fonction des besoins et des projets d'aménagement qu'on
41:40 envisage pour l'ensemble de ces collectivités, de leur allouer les ressources nécessaires pour
41:45 permettre de développer ces projets. Et surtout, mettre en place ensuite, parce que ce n'est pas
41:50 simplement d'allouer de l'argent et du budget, c'est simplement, mais surtout mettre en place
41:53 ensuite les structures de contrôle qui permettront de s'assurer que cet argent est utilisé à bon
41:58 escient. C'est ce dispositif qu'il faut mettre en place, mais dans un premier temps, il va falloir
42:02 centraliser et accompagner, parce qu'il va falloir mettre en place une espèce de carte de programmation.
42:13 À l'époque, on avait le ministère du plan qui faisait ça très bien, de programmation en fonction
42:18 des besoins, des axes de développement sur chaque territoire, de dégager les ressources. Et une
42:23 fois que cela est mis en place, après, de donner l'autonomie aux gens pour le faire. Mais ça, je
42:28 l'envisage pour plein de domaines. Par exemple, pour développer, on parlait du tourisme tout à
42:34 l'heure, pour développer le tourisme, pour développer les infrastructures culturelles, pour développer
42:39 les infrastructures sportives. Compte tenu des retards que nous avons pris, il va falloir que dans
42:43 un premier temps, l'Etat soit le moteur, que ce soit fait en central. Et une fois que c'est mis
42:48 en route, on libère progressivement la gestion aux collectivités locales. Très bien. Pilier du
42:55 fonctionnement optimal d'une république, la justice gabonaise fait l'objet de plusieurs
42:59 récriminations. À la solde du pouvoir exécutif, selon le syndicat national des magistrats, qui
43:05 d'ailleurs a paralysé la tenue de procès tout au long de cette année judiciaire, corrompu selon un
43:12 ministre de la justice, pour ne pas le citer, Francis Kea, au point que les gabonais et les
43:19 gabonais n'ont plus confiance en elle. Comment entendez-vous redonner au pouvoir judiciaire
43:25 cette lettre de noblesse et le réconcilier avec la population ? Le problème que vous posez pour
43:32 la justice, c'est le même problème que vous posez de manière générale pour la vitalité de notre
43:36 démocratie et sa manière de fonctionner. Nous avons quatre pouvoirs en gros, l'exécutif, le
43:44 législatif, le judiciaire et la presse. On a aujourd'hui des relations incestueuses entre
43:50 chacun des pouvoirs, où le pouvoir exécutif se mêle de tout. Le patron de l'exécutif est également
43:56 le patron du conseil supérieur de la magistrature. À partir de là, déjà, il y a un vrai souci.
44:00 Le patron de l'exécutif est également en capacité de nommer les sénateurs, non seulement de sa
44:07 majorité, mais aussi de l'opposition. On a cette immixtion qui est juste insupportable entre le
44:13 pouvoir exécutif et le pouvoir législatif, entre le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire.
44:17 Je ne vous parle pas de la presse. On a aujourd'hui une presse, on a le service public qui est un
44:24 service au service du pouvoir. Ceux qui pensent différemment, ceux qui ont des opinions différentes,
44:31 j'en ai fait la meilleure expérience en faisant venir du service public pour couvrir un événement
44:35 chez moi, vous êtes surpris à la fin par ce qui vous est produit. Vous ne reconnaissez même pas
44:40 ce que vous avez dit. On a coupé à certains endroits et à la fin, le message est totalement
44:45 différent. Mais vous êtes des professionnels, vous savez très bien qu'on peut faire ça.
44:49 Donc il va falloir pouvoir faire cette séparation entre les différents pouvoirs. C'est ça qui fait
44:54 qu'une démocratie fonctionne. Tant qu'on en est là avec ces relations incestueuses, on est dans
45:00 cette démocratie toujours à reculons, avec ces reculs qu'on observe jour après jour, on le voit
45:06 encore là avec ce qui se passe sur la modification du code électoral. Et un pays qui ne va pas avancer
45:12 parce que les gardes fous que peut constituer la presse, que peut constituer la justice,
45:16 que peut constituer les députés à travers le contrôle de l'action gouvernementale,
45:20 elle n'existe plus. Donc c'est cela qu'il faut remettre sur la table pour permettre à chacun des
45:27 pouvoirs de fonctionner et de servir de contre-pouvoir au pouvoir exécutif. L'un des plus gros chantiers
45:33 auquel devra s'atteler le prochain chef de l'État, c'est sans aucun doute la réforme institutionnelle.
45:38 D'aucun estime qu'il faudra nettoyer nos institutions de la cave au grenier. Certains
45:44 évoquent même la suppression d'institutions budgétivores telles que le Haut Commissariat,
45:50 le Sénat ou encore la Médiature de la République. Que prévoyez-vous si vous êtes porté à la
45:55 magistrature suprême le 26 août prochain ? Je pense qu'il va falloir effectivement
46:00 toileter un peu nos institutions parce que le gabonais aujourd'hui ne sait pas à quoi sert
46:06 le CND par exemple. Il ne sait pas à quoi sert le CES. Ces organes qui sont des organes consultatifs
46:13 sont effectivement budgétivores. On a du mal à voir quelle est leur valeur ajoutée dans la
46:17 démocratie et dans notre pays. Donc il va falloir effectivement remettre tout ça sur la table,
46:21 identifier, se poser les bonnes questions. J'ai ma petite idée mais je voudrais plutôt mettre en
46:31 place des assises de la démocratie, une fois que je suis élu, qui permettent à l'ensemble des acteurs
46:36 politiques et de la société civile de réfléchir à une meilleure société, à une meilleure démocratie
46:41 qui soit plus représentative et qui associe plus le citoyen à l'action publique. Donc je ne voudrais
46:46 pas venir avec des choses figées. Je voudrais effectivement donner la parole à l'ensemble de
46:51 nos compatriotes sur le sujet. Effectivement on peut se poser la question sur l'intérêt d'avoir
46:56 du bicaméralisme. Le Sénégal l'a supprimé. Est-ce que pour deux millions d'habitants il y a besoin
47:03 d'avoir de chambre ? On peut se poser la question. Est-ce que pour deux millions d'habitants et pour
47:08 un si petit territoire on a besoin d'avoir 143 députés ou dans certaines circonscriptions le
47:13 nombre d'inscrits est de 200. Des circonscriptions avec 200 personnes inscrites ou des députés élus
47:19 avec 150 voix. Est-ce que cela est représentatif ? On peut se poser la question. Probablement revoir
47:24 le découpage électoral et probablement aussi réduire le nombre de députés. C'est valable
47:29 pour le gouvernement. Est-ce qu'on a besoin d'étendre des ministres ? Là où dans d'autres
47:34 pays il y en a 16 des équipes ramassées de 16-20 membres. Cela suffirait largement. Cela ferait
47:39 des économies et cela rendrait l'action de l'état beaucoup plus efficace. Donc toutes ces questions
47:43 là il faut les poser sur la table. Après il faut graver tout cela dans le marbre. C'est à dire que
47:47 ce n'est pas simplement décider et changer et puis derrière au premier intérêt personnel on
47:54 modifie les choses. Non il faut effectivement que ce soit gravé dans le marbre et qu'on arrête de
47:57 faire le yo-yo avec la constitution, qu'on arrête de faire le yo-yo avec le code électoral. Parce
48:03 que c'est ça qui crée la défiance au sein de nos compatriotes. C'est justement que les
48:07 institutions sont instables. Il y a beaucoup trop de modifications de la constitution. Ce n'est
48:11 plus une constitution. Donc il faut revoir tout cela de fond en comble. Pour que la réconciliation
48:21 avec notre démocratie, qu'elle ne devait faire de l'anse, soit effective. Très bien. Avant le
48:27 terme de cette interview, vous allez piocher une question que nous avons relevée parmi les
48:32 questions envoyées par nos internautes.
48:35 Je suis un jeune diplômé, je vis actuellement en France. J'hésite à rentrer au Gabon. Qu'est-ce
48:57 que vous garantissez aux jeunes comme moi diplômés et qui hésitent à rentrer au pays
49:01 si vous êtes élu président de la République ? C'est la problématique de notre diaspora.
49:08 Vous savez, nous avons 60 000 Gabonais en état à l'étranger. Et 30 000 étudiants,
49:18 dont 30 000 étudiants. Donc ça veut dire qu'il y a 30 000 Gabonais qui travaillent à l'étranger.
49:24 Est-ce que vous imaginez ce que ça représente en perte pour le pays ? Parce qu'ils travaillent
49:30 dans des grands groupes, ils ont été formés. Souvent, ils ont reçu même des bourses. Mais
49:35 ils sont restés là-bas. Donc le manque a gagné. On a financé leurs études, mais ils restent là-bas.
49:39 Mais ils ne restent pas là-bas pour le plaisir de rester là-bas. Ils aiment leur pays. Ils ont
49:43 leurs parents, leur famille ici. Ils restent là-bas parce qu'ils ont le sentiment qu'en
49:47 rentrant ici, ils ne trouveront pas les conditions de leur épanouissement personnel et professionnel.
49:52 Donc il faut remédier à cela. D'abord, en mettant en place l'ensemble des mesures que
50:00 je propose en termes de diversification, c'est ça qui va donner de la vitalité à notre économie.
50:03 C'est la première chose. Parce qu'aujourd'hui, notre économie est limitée à quelques secteurs
50:08 et n'est pas pourvoyeuse d'emplois. Il faut également que la création d'entreprises,
50:12 pas simplement en allégeant des procédures au niveau de l'ANPI, mais il faut que derrière,
50:19 il puisse y avoir des financements. C'est tout le problème de notre tissu économique.
50:23 C'est que l'accès au crédit est extrêmement compliqué. On n'en a pas parlé. Mais les
50:28 très petites entreprises et les PME, qui sont les pourvoyeuses d'emplois en réalité,
50:32 dans tous les pays du monde, les emplois, ce sont les PME qui les créent. Mais aujourd'hui,
50:37 les PME n'ont pas accès au crédit. Essayer de faire un dossier à BICIG ou à l'UGB ou à BGF,
50:44 c'est extrêmement compliqué. On vous demande des garanties que vous ne pouvez pas produire.
50:46 Donc il va falloir mettre en place peut-être une banque des PME et des petites entreprises
50:52 pour que le microcrédit soit accessible et que ces jeunes qui sont ingénieux, qui ont des idées,
50:59 qui sont souvent auto-entrepreneurs ici, en Europe ou ailleurs, viennent ici et soient en
51:04 capacité de créer leur activité parce qu'ils auront les financements nécessaires et que l'État,
51:10 à travers la société des garanties, leur fournira la garantie nécessaire qui permettra à la banque
51:15 de prêter. Donc ça, c'est des choses qu'il faut mettre en place. Après, il faut qu'au niveau de
51:18 la couverture sociale, ça suive aussi. Quand vous avez des jeunes en Europe où ils ne payent pas
51:23 l'école à leurs enfants parce que le système éducatif est gratuit pour l'école publique,
51:29 où les soins de santé sont couverts à 100%, que vous soyez étranger ou que vous soyez autochtone,
51:38 il va falloir aussi leur fournir ces garanties-là. Je pense que c'est des choses qu'il va falloir
51:41 mettre en place. Moi, je pensais effectivement mettre en place, s'agissant de nos compatriotes
51:45 de la diaspora, un dispositif de retour au pays. Les Israéliens font ça très bien,
51:50 ils appellent ça la LIA. Vous proposez un package à votre compatriote, il a des connaissances,
51:59 il a un savoir, vous lui proposez des perspectives, que ce soit des perspectives avec des bourses à
52:03 l'emploi, vous les mettez en contact avec les entreprises qui sont dans le besoin,
52:07 vous prévoyez la couverture, vous prévoyez un accompagnement, toujours limité dans le temps.
52:12 L'objectif, ce n'est pas de rendre les gens dépendants, mais pour leur permettre la réinsertion
52:17 dans leur pays, vous mettez ce dispositif en place et puis vous verrez que les gens auront
52:22 envie de rentrer. Mais pour ça, il faut que tout le reste suive. Quelqu'un qui vient,
52:26 il faut qu'il y ait des loisirs, il faut qu'il y ait du sport, il faut qu'il y ait tout un cadre
52:30 qui permette à nos compatriotes, pas seulement ceux qui sont à l'étranger, mais surtout ceux qui
52:35 vivent au Gabon d'ailleurs, d'avoir un cadre d'épanouissement personnel et professionnel.
52:38 Très bien. Arrivons au terme de cette interview. Est-ce que vous avez un mot de fin à l'endroit
52:45 de vos futurs électeurs ? Je voudrais déjà dire à nos compatriotes de ne pas désespérer. Nous
52:54 avons vu lors des précédents scrutins des taux d'abstention qui sont importants. Parce que
52:59 justement, il y a cette défiance dont on a parlé vis-à-vis de l'ensemble des institutions et même
53:04 vis-à-vis des scrutins électoraux. Malheureusement, ce qu'on voit ces derniers mois, depuis la fameuse
53:12 concertation jusqu'au bulletin unique, n'est pas de nature à rassurer nos compatriotes. Ils donnent
53:18 plutôt le sentiment qu'on est encore dans des manigances visant à conserver le pouvoir. Et ça,
53:26 effectivement, ça ne donne pas envie d'aller voter. Parce qu'on a l'impression que les jeux sont faits,
53:30 les délais sont pipés d'avance. J'ai envie de dire à nos compatriotes qu'il faut qu'ils restent
53:34 mobilisés. Et que ce n'est pas parce que c'est bidouillé que c'est plié. Il faut rester mobilisé,
53:41 il faut aller voter en masse. Et un vote massif ne pourra pas être occulté. Et je crois que le
53:49 peuple gabonais est mûr pour cela. Nous sillons le Gabon, nous entendons ce qui est dit. Même au
53:56 sein de la majorité, ceux qui ont l'habitude de voter la majorité actuelle, il y a une défiance,
54:03 il y a un raloi. Et donc qu'ils restent mobilisés et qu'ils se lèvent tous le 26 août pour aller
54:10 voter massivement pour l'alternance. Très bien, merci.
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