00:00 Europe 1, il est 6 heures.
00:03 Europe 1, matin.
00:09 Alexandre Lemaire.
00:11 Elisabeth Borne, mais c'est pas dans ceux d'Emmanuel Macron.
00:14 Interrogée hier soir sur la fronte des policiers,
00:17 la Première Ministre entend leur émotion,
00:19 mais en même temps, elle insiste sur l'indépendance de la justice.
00:22 Une marche blanche organisée hier soir à la haie malherbe dans l'heure en mémoire d'Enzo,
00:27 cet adolescent apparemment sans histoire est tué pour un simple mauvais regard.
00:31 Toujours en retard, et pas qu'un peu,
00:33 les trains et les avions n'ont jamais aussi peu respecté les horaires,
00:37 on vous explique dans ce journal.
00:39 Et puis nous irons à l'INSEP,
00:40 le centre de formation et d'entraînement des athlètes de haut niveau.
00:44 Europe 1 a rencontré Lisa Barbonin, la star française du tir à l'arc.
00:49 Le journal de 6 heures, Christophe Lamarre. Bonjour Christophe.
00:54 Bonjour Alexandre, bonjour à tous.
00:56 C'était sa première interview télévisée post-remaniement.
00:59 Elisabeth Borne a fixé le cap de la rentrée et fait quelques promesses.
01:02 Un professeur dans chaque classe à la rentrée,
01:05 une inflation en baisse, le gouvernement y travaille.
01:08 La Première Ministre qui est revenue sur la fronte des policiers
01:11 qui touche plusieurs commissariats en France,
01:13 elle entend leur émotion, mais elle rappelle un principe fondamental,
01:16 l'indépendance de la justice.
01:17 Moi j'entends qu'il est dans son rôle de marquer son soutien aux policiers
01:22 et je pense que tous les Français sont conscients du rôle essentiel
01:26 des policiers et des gendarmes pour nous protéger.
01:29 J'entends l'émotion des policiers et je pense qu'il faut que chacun ait en tête
01:33 la difficulté de la tâche de nos policiers, de nos gendarmes
01:37 qui ont été mis à rude épreuve, notamment avec les violences du début du mois.
01:42 Mais il y a aussi un principe important en démocratie,
01:46 c'est l'indépendance de la justice
01:48 et il faut que la justice puisse faire son travail sereinement.
01:51 Il faut confirmer qu'on est tous sur la même ligne,
01:53 à la fois un soutien à nos policiers, un soutien à nos forces de l'ordre.
01:57 Elisabeth Borgnier, la Première Ministre qui a ensuite convié l'ensemble du gouvernement
02:02 à dîner à Matignon, ultime rendez-vous en présence des conjoints
02:06 ou des conjointes avec leurs enfants avant la trêve estivale.
02:09 Poignardé à mort pour un simple regard,
02:11 une marche blanche a été organisée hier à la haie malherbe,
02:14 c'est dans cette commune de l'Eure qu'Enzo a été tué.
02:17 L'adolescent de 15 ans tué d'un coup de couteau au thorax,
02:20 son agresseur du même âge a été mis en examen pour homicide volontaire.
02:23 Depuis, les 1500 habitants de cette commune réputée tranquille sont sidérés,
02:27 impossible d'admettre que l'on puisse tuer pour un simple regard.
02:30 Reportage Offret Branger.
02:32 La marche blanche s'élance, les motos ouvrent la voie,
02:34 Enzo était un passionné, de nombreux motards sont venus
02:37 lui rendre hommage comme Thomas, encore sous choc.
02:39 D'apprendre ça entre jeunes, surtout du village de côté,
02:42 je ne comprends pas, je n'arrive pas à comprendre.
02:45 On vit dans un monde vraiment incompréhensible.
02:47 Dans ce village de 1500 habitants, difficile de comprendre,
02:50 Véronique Trezemur, rose blanche à la main, avance vers le terrain de foot
02:53 où Enzo venait jouer avec ses amis.
02:55 Perdre un enfant comme ça, pour rien, ce n'est pas normal.
02:57 Ce serait mon fils, un de mes enfants, je péterais les ponts.
03:00 J'ai amené ma petite fille justement, pour lui montrer la vie, ce que c'est maintenant.
03:05 Vous vous rendez compte, il est en train de marcher avec son ami,
03:08 c'est... ah non, moi je suis désolée.
03:11 La gorge serrée, elle n'arrive pas à finir sa phrase.
03:13 Jean, lui aussi est venu en famille, il est abasourdi par tant de violence.
03:16 Ça aurait pu arriver à mes petits-enfants, je suis là pour souvenir la famille.
03:21 Se balader avec un couteau, c'est déjà prémédité.
03:25 Je suis triste pour la famille, mais je suis en colère,
03:28 parce que ce n'est pas qu'un cas unique, ça arrive tout le temps, tous les jours.
03:33 Pour ça, un simple regard, vous vous rendez compte.
03:35 Plusieurs centaines de personnes sont venues rendre hommage à la mémoire d'Enzo.
03:38 Ici, c'est tout un village qui est meurtri par cette disparition.
03:41 Reportage à la Hema Lerbe dans l'heure Geoffray Branger.
03:43 6h03 sur Europe 1, la suite de votre journal, Christophe Lamarre, Alexandre Lemaire.
03:48 Après la Nouvelle-Calédonie, Emmanuel Macron poursuit sa tournée dans le Pacifique.
03:52 Le chef de l'État est arrivé à Vanuatu, il a aussitôt dénoncé les ingérences
03:56 et les nouveaux impérialismes à l'œuvre dans la région.
03:58 Cet archipel indépendant du Pacifique Sud est l'objet de toutes les convoitises.
04:02 Les Américains, les Chinois tentent d'y imposer leur influence,
04:05 stratégie que la France entend contrer en proposant sa propre alternative, basée sur le partenariat.
04:10 Le sud de l'Europe ravagée toujours par les incendies, la France tente d'éviter le pire.
04:15 La situation passe d'être maîtrisée à Marseille, le feu a été fixé après avoir parcouru 20 hectares.
04:20 La France toujours en alerte après les incendies de l'été dernier
04:22 qui avaient détruit plus de 70 000 hectares de forêts et de végétation.
04:25 Toutes les leçons ont-elles été tirées ?
04:28 Éléments de réponse avec le capitaine Sébastien Guyot, porte-parole des pompiers des Bouches-du-Rhône.
04:32 Les départements du sud de la France sont préparés.
04:34 Depuis 50 ans, on est confronté à ce risque de feu de forêt.
04:38 Je pense qu'il faut rester très humble par rapport à ce risque-là.
04:42 Pourquoi ? Parce que les feux de forêt, maintenant, on sait que c'est du 1er janvier au 31 décembre,
04:47 sous l'effet du dérèglement climatique.
04:49 Le plus gros feu dans les Bouches-du-Rhône, pour l'instant, il est le 4 février dernier.
04:53 Plus de 100 hectares ont été parcourus.
04:55 Il faut rester vigilant, il faut rester préparé, il faut rester humble par rapport à cette aléa qui va se répandre,
05:03 on l'a bien vu en 2022, sur l'ensemble des départements, non plus de la Méditerranée,
05:06 mais pour tous les départements français.
05:08 Le capitaine des pompiers des Bouches-du-Rhône, Sébastien Guyot, avec Maxime Gondelot.
05:12 Nos trains et nos avions auraient-ils un problème avec la ponctualité ?
05:16 Ils n'ont jamais été aussi en retard depuis 10 ans, Christophe.
05:19 Le pire, c'est qu'on finirait presque par s'habituer à normal, surtout lorsque l'on doit aller travailler.
05:24 Les usagers des trains de banlieue en savent quelque chose.
05:26 En la matière, l'année 2022 a poussé loin le curseur du retard.
05:29 Qu'en pensent les voyageurs d'ailleurs ?
05:31 Eh bien tiens, Alexandra Gégy est allée à la gare Montparnasse, à Paris, pour leur poser la question.
05:35 - Je l'ai vu cette année en tout cas, vraiment des trains supprimés pour rien, des retards...
05:39 Je me suis trop habitué.
05:41 - Le plus gros retard que j'ai eu, je crois que c'était 4 heures à attendre sur le quai,
05:44 et puis au final, le train supprimé, donc on a eu un autre train qui était aussi supprimé.
05:48 C'était chiant parce qu'on était bien en retard par rapport à ce qu'on voulait faire dans notre journée,
05:52 on est rentrés beaucoup plus tard chez nous.
05:54 - Tu bosses derrière, t'as un rendez-vous, c'est plus chiant.
05:56 - Parole d'usager recueillie à la gare Montparnasse par Alexandra Gégy.
05:59 On reste sur ce dossier de train en retard, Baptiste Morin.
06:02 Est-ce qu'il existe des raisons objectives pour expliquer cette absence de ponctualité ?
06:06 - Oui, en 2022, plus d'un TGV sur 10 a accusé du retard.
06:11 Pour les intercités, c'était près d'un sur cinq.
06:14 Ce sérieux manque de ponctualité s'explique par les épisodes de forte chaleur,
06:18 la hausse du nombre de voyageurs, mais aussi par le vieillissement de notre réseau ferroviaire.
06:24 C'est ce qu'explique Alain Sauvant, le directeur de l'autorité de la qualité de service dans les transports.
06:29 - Les voies sont assez âgées, on a accumulé des décennies de retard de maintenance.
06:35 On rattrape, mais ce rattrapage, il prend du temps.
06:38 Une voie qui est âgée, elle pose plus de problèmes de défaillance
06:41 qu'il pose des problèmes derrière de ponctualité.
06:43 - Et l'année 2022 a été pire dans les aéroports.
06:46 La faute, un manque criant de personnel.
06:49 L'année dernière, près d'un vol intérieur sur cinq a affiché du retard.
06:53 En moyenne, 46 minutes, cinq de plus par rapport à 2021.
06:58 Sur les moyens et les longs courriers, c'est même près d'un vol sur trois qui n'était pas ponctuel.
07:03 Les voyageurs sur ces liaisons longue distance ont dû attendre en moyenne 51 minutes.
07:08 Baptiste Morin, chef du service économie d'Europe.
07:11 - Certains d'entre vous ont choisi le bord de mer pour leurs vacances.
07:14 Alors vous l'aurez peut-être remarqué, mais certaines plages sont désormais laissées sans surveillance, faute de maîtres nageurs.
07:19 - Et il faut donc en recruter d'urgence.
07:21 C'est l'appel lancé par la SNSM, la Société Nationale de Sauvetage en Mer.
07:26 Parce que les candidats se font rares, l'association a donc décidé d'élargir les critères d'admissibilité.
07:30 Explication d'Arnaud Curzen, inspecteur à la SNSM.
07:34 - On constate malheureusement que ce déficit augmente d'année en année.
07:38 On a décidé d'ouvrir davantage le recrutement à des personnes qui n'ont pas forcément le standard SNSM.
07:44 On recrute actuellement des sauveteurs qui ont les deux diplômes qui sont obligatoires.
07:49 Le BNSSA, Brevet National de Sécurité de Sauvetage Aquatique, et le PS, Premier Secours en Équipe.
07:55 Au début de notre appel, il nous manquait encore 80 sauveteurs, 80 postes vacants.
08:01 Aujourd'hui, on a bien progressé, mais il nous en reste encore environ une trentaine à recruter.
08:06 Et les principaux besoins se concentrent dans les régions Hauts-de-France et Normandie.
08:11 - Arnaud Curzen, inspecteur à la SNSM avec Delphine Schiltz.
08:14 Cette découverte maintenant, qui peut aussi permettre de prévenir les maladies mentales,
08:19 l'audition joue un rôle dans l'apparition ou non de certaines pathologies.
08:23 - Et cela s'adresse tout particulièrement aux personnes âgées.
08:26 L'étude a été publiée dans la très sérieuse revue scientifique The Lancet.
08:29 Elle part d'un constat.
08:30 Les personnes malentendantes ont plus de chances de développer une maladie neurodégénérative type Alzheimer.
08:35 Porter un appareil auditif permettrait de réduire ce risque de moitié, Yasmina Kattou.
08:39 - Oui, surtout chez des personnes qui ont un risque élevé de développer une forme de démence.
08:44 L'étude a été menée sur près de 1000 volontaires de plus de 70 ans.
08:48 Parmi eux, 238 avaient des problèmes cardiovasculaires, une pression artérielle élevée du diabète,
08:54 ce qui augmente leur probabilité d'avoir une maladie comme Alzheimer.
08:57 Et bien sur cette population fragile qui a été appareillée,
09:01 en trois ans d'expérience, le risque de déclin cognitif a diminué de 48%.
09:06 En fait, une bonne oui permet au cerveau d'être mieux stimulé, explique Hervé Platel.
09:11 Il est professeur de neuropsychologie à l'université de Caen.
09:14 - Dans le cerveau de quelqu'un qui soit écoute une conversation, soit écoute des sons de l'environnement, etc.
09:20 on s'aperçoit que l'information auditive va être traitée dans plein d'autres régions du cerveau
09:25 liées à la mémoire, les régions liées à la motricité, etc.
09:28 Et donc la réserve cognitive, pour continuer à la maintenir, il est important de se faire appareiller.
09:34 Pourtant, en France, parmi les personnes qui souffrent d'une perte d'audition,
09:37 seulement une sur cinq porte des prothèses auditives.
09:40 Selon Hervé Platel, il faudrait que l'appareillage d'une personne devienne aussi banale que de porter des lunettes pour améliorer sa vue.
09:47 Yasmine Akatou, spécialiste santé à Europe 1.
09:49 - On continue de se projeter sur les Jeux Olympiques de Paris.
09:53 Europe 1 s'intéresse ce matin à la préparation des athlètes.
09:56 - Alors on vous a parlé de la cérémonie sur la scène hier avec la présentation de la torche olympique.
10:00 Pas de Jeux sans athlètes, c'est une évidence.
10:02 Si possible avec une médaille autour du cou à la fin, c'est mieux.
10:05 La France espère aligner 600 sportifs en juillet prochain.
10:08 Cyril Delamorinerie s'est rendu à l'INSEP tout près de Paris.
10:10 C'est ici que se préparent les champions.
10:12 Il a rencontré une spécialiste mondiale du tir à l'arc.
10:15 Lisa Barbelin espère bien se qualifier pour les Jeux.
10:18 Reportage.
10:19 - Lisa Barbelin, debout, avec un arc de 20 kg.
10:22 Main gauche, tirant sur la corde.
10:24 L'œil droit dans le viseur, fixant la cible située à 70 mètres.
10:28 La flèche s'envole à la vitesse de 200 km/h.
10:32 - Ce qui m'a vraiment accrochée dedans, c'était de voir le vol de la flèche arriver dans le 10.
10:37 Le 10, c'est le centre de la cible, l'équivalent de la taille d'un CD.
10:40 L'Archer a découvert ce sport grâce à son oncle.
10:42 La suite, l'athlète originaire de Lorraine est devenue championne d'Europe,
10:46 a participé au JO de Tokyo et rêve désormais de briller à la maison.
10:50 - Le t-shirt avec écrit "France dans le dos" dans un pays où tout le monde va crier pour ça,
10:55 ça a une saveur particulière.
10:56 Et pour cela, Lisa Barbelin s'entraîne 10 heures par jour à l'INSEP,
10:59 tout en étudiant à distance la chimie.
11:01 L'Archer de 23 ans espère décrocher un billet pour les Jeux,
11:05 d'autant que le site choisi pour le tir à l'arc les invalide et grandiose.
11:09 - C'est magique de se dire qu'on va pouvoir être au plein cœur de Paris
11:13 pour faire ce qu'on aime le plus au monde.
11:16 Elisa Barbelin, qui rêve d'imiter son idole Sébastien Flûte, champion olympique en 1992,
11:22 envoie sa dernière flèche.
11:24 En plein dans le 1000.
11:26 - Du travail de pro, reportage à l'INSEP, c'est le la moine et l'élitisme des sports d'Europe.
11:30 - En plein dans le 1000, Christophe Lamarre.
11:32 6h11, très bon réveil avec Europe 1 à suivre la météo des plages.
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