00:00 Bonjour Raphaël Tchiofi !
00:01 Bonjour !
00:02 C'est vous qui êtes à l'origine de l'adaptation française de Drag Race pour Andemol France
00:06 parce que c'est un format américain qui existe depuis 14 ans là-bas, lancé par le célèbre RuPaul.
00:10 France de l'Anne, donc ce soir la deuxième saison de la version hexagonale, vous avez remporté la première.
00:15 Hugo Bardin, bonjour !
00:16 Bonjour, merci de me recevoir !
00:18 Merci à vous d'être là !
00:19 Alors, vous avez remporté ce Drag Race France sous votre nom de scène qui est Paloma.
00:24 Comment je dois vous appeler là pour cet entretien ?
00:26 Aujourd'hui je suis en Hugo.
00:28 Donc je vous appelle Hugo.
00:29 Vous ne vous confusquerez pas si vous n'êtes pas Paloma.
00:31 Alors Drag Race c'est une compétition, 11 candidats des épreuves, une gagnante à la fin.
00:35 Désormais ce sera le vendredi en deuxième partie de soirée, 22h55.
00:38 Donc plus tôt que l'année dernière, c'était après minuit.
00:41 Ça déjà Raphaël, cette meilleure exposition, c'est une victoire ?
00:45 Oui bien sûr, tout ce qui est une avancée de la visibilité est une victoire.
00:49 Après on a toujours travaillé l'émission de façon à ce qu'elle soit la mieux diffusable possible.
00:54 C'est un énorme show, du coup on en est très contents.
00:57 Qu'est-ce qui change d'autre cette année par rapport à l'année dernière ?
01:00 On garde tout et rien en même temps.
01:02 C'est-à-dire qu'on garde les fondamentaux, tout ce qui a fait le sel et la qualité de la saison 1.
01:06 On a tout upgradé, on va dire.
01:08 Tout au mieux.
01:09 On a appris de la saison 1 et en gros on fait tout au mieux, je dirais.
01:13 Avec une finale ?
01:14 C'est perturbant de dire ça devant Paloma qui me regarde.
01:16 Mais c'était déjà très bien avec Paloma, on est d'accord.
01:19 Sauf qu'il n'y avait pas de finale en public.
01:21 Non.
01:22 Et là ça va être ça et ce sera une première en Europe.
01:23 Ça c'est la première fois en Europe.
01:24 Oui c'est ça. Pourquoi vous avez fait ce choix-là ?
01:26 Parce que je pense que le drag c'est avant tout un énorme show.
01:30 Donc on vient le ramener dans son vrai écosystème qui est la scène avec un vrai public en face.
01:35 Alors Hugo, vous vous participez aussi quand même à cette deuxième saison.
01:38 Vous débriefez chaque épisode, c'est ça ?
01:40 Oui, je reçois chez moi, enfin dans un simili chez moi, toutes mes sœurs de la saison 1.
01:47 On regarde et on commente et on rit et on est émus par la saison 2.
01:51 Vous connaissez les candidates ?
01:53 Vous vous connaissez toutes d'ailleurs dans ce monde du drag queen ?
01:56 Toutes non parce que c'est quand même un milieu qui se développe de plus en plus.
02:02 Donc il y a plein de villes où il y a des queens qu'on ne connaît pas.
02:05 Mais oui de la saison 2 on en connaissait pas mal.
02:07 Vous avez été surpris du succès de la première saison ?
02:10 On espérait le succès de la première saison.
02:12 Moi je ne me serais pas lancé dedans si je n'avais pas cru.
02:14 Après ça a dépassé toutes nos attentes.
02:16 C'est devenu un phénomène.
02:18 Et vous ?
02:19 Ça a dépassé nos cercles surtout.
02:21 Ce n'est pas le fait d'être surpris ou non.
02:23 Je m'y attendais dans nos communautés.
02:26 Donc communauté LGBT.
02:28 LGBTQIA+
02:30 Et c'est vrai que de le voir éclater tous les cercles,
02:33 et réunir et rassembler tous les publics,
02:36 et des publics très variés,
02:38 c'était une surprise et une satisfaction.
02:40 Comment vous l'expliquez ?
02:42 Déjà c'est la nature du drag.
02:44 Je pense que le drag c'est un art très complet.
02:47 Il y a toutes les formes d'art réunies en une.
02:51 C'est un spectacle.
02:52 Je pense que tout le monde aime le spectacle.
02:54 Les gens ont découvert ce qu'était le drag.
02:57 Et c'est vrai que quand on ne connaît pas et qu'on découvre,
02:59 c'est dur de ne pas aimer.
03:01 C'est un vrai spectacle.
03:02 Vous disiez avant le lancement de la première saison,
03:04 Raphaël Chioffi, que vous crouliez sous les candidatures
03:06 et sous les demandes de célébrités pour faire partie du jury.
03:08 J'imagine que c'était pire pour la saison 2.
03:11 Il y avait encore plus de demandes ?
03:13 Oui.
03:14 Il y avait beaucoup de demandes.
03:16 C'est vrai que c'est un show qui est très magnétique.
03:20 On parle beaucoup ces derniers temps de la notion de sens
03:23 dans ce qu'on fait, dans le travail.
03:25 C'est une émission qui est nourrie de sens.
03:28 Il y avait beaucoup de personnes qui avaient envie
03:30 d'y participer et de l'amplifier.
03:32 Hugo, le regard des autres sur les drag queens a changé
03:35 grâce à cette émission ?
03:37 Oui, je pense qu'il y avait une méconnaissance globale du drag.
03:42 Ce n'est pas un art qui était très développé en France.
03:45 On a plein de nouveaux spectateurs qui n'y connaissaient rien
03:49 et qui ont découvert ce que c'était.
03:51 Donc oui, on reçoit beaucoup d'amour, d'affection.
03:54 Vous recevez beaucoup de messages depuis ?
03:56 Beaucoup de messages, de jeunes, de moins jeunes.
03:58 Ça a transcendé le public habituel.
04:04 On a touché toutes les générations, tous les milieux sociaux.
04:08 On l'a vu en tournée dans Drag Race Live,
04:10 puisqu'on a fait un gros spectacle à l'issue de l'émission.
04:12 La salle a été remplie de toutes les tranches d'âge et de tous les milieux.
04:17 Que vous apportez ce concours à vous en général
04:20 et votre victoire en particulier ?
04:22 Moi, ça a tout changé.
04:24 J'étais un comédien qui ne travaillait presque pas en tant que comédien.
04:27 Tout d'un coup, j'ai des propositions dans tous les sens.
04:31 A titre personnel, ça a tout changé.
04:33 Ce qui est le plus important, c'est que ça a tout changé
04:36 pour les queers en France.
04:37 Parce que ma victoire, c'est chouette, j'ai gagné.
04:40 C'est une personne queer qui a gagné surtout.
04:42 Forcément, la lumière est mise sur moi,
04:45 mais elle est mise aussi sur toute une communauté
04:47 qui n'était pas en lumière avant.
04:48 Donc j'ai une responsabilité au-delà de ma petite personne.
04:51 Et ça a fait monter la valeur marchande des drag queens.
04:54 Est-ce qu'elles sont mieux rémunérées pour leurs shows désormais ?
04:57 Oui, ça c'était le gros défi pour nous.
05:00 C'était aussi de changer les choses.
05:02 On n'avait pas de statut, par exemple, en tant que drag queen.
05:05 Il y avait une case au pôle emploi, c'était animation.
05:09 Maintenant, on commence à faire changer les choses.
05:13 Ce n'est pas gagné, pour être tout à fait honnête.
05:15 Il y a encore du travail.
05:16 Il y a la saison 2 pour ça.
05:17 Raphaël, vous savez ce que RuPaul pense de votre adaptation ?
05:20 Non, mais je vais m'inventer qu'il adore.
05:23 Michel Visage l'a vue et elle a adoré.
05:26 Je sais que les Américains, en tout cas,
05:28 les personnes qui fabriquent l'émission,
05:30 adorent la version française et nous soutiennent depuis le début.
05:33 Ils sont assez fans de notre façon de la faire.
05:36 Il y aura encore une tournée, parce que c'est vous qui la mettez en scène,
05:39 cette tournée des candidates de Drag Race.
05:42 Il y en a une autre qui démarre encore ?
05:44 À partir de septembre au Casino de Paris.
05:46 Elle continuera ce qu'on a commencé l'année dernière,
05:48 à savoir faire le plus gros show queer de France
05:51 dans des très belles salles, avec des spectacles.
05:53 Il y aura cette fois tous les univers des queens,
05:56 parce qu'elles ont tous des univers très différents.
05:59 Cette fois, au lieu qu'elles se contorsionnent
06:01 pour rentrer dans ce qu'il faut faire dans l'émission,
06:03 elles vont pouvoir déployer tout leur sens du spectacle
06:06 et leur identité sur scène.
06:07 Hugo, vous avez un conseil à donner aux candidates de la saison 2 ?
06:10 De travailler, parce que ça va être une année chargée pour elles.
06:15 Moi, j'ai eu une année particulièrement intense.
06:18 Et qu'elles gardent la tête froide,
06:21 et qu'elles restent soudées surtout entre elles.
06:23 Vous parliez tout à l'heure de votre activité de comédien.
06:27 Vous avez joué dans Balthazar avec Tomer Cicelet.
06:30 Là, vous allez faire le spin-off d'une série américaine ?
06:33 Oui, The Walking Dead.
06:35 Ça y est, c'est tourné ?
06:36 J'ai tourné deux saisons d'affilée.
06:39 Et alors, qu'est-ce que ça a fait ?
06:40 C'était incroyable !
06:41 C'était d'autant plus incroyable que je suis arrivé sur le tournage
06:44 sans avoir jamais regardé un épisode de The Walking Dead,
06:47 en pensant que j'étais là un peu par erreur.
06:51 Norman Reedus, qui joue le personnage de Daryl,
06:56 est très fan de Drag Race.
06:58 C'est lui qui a demandé à ce qu'on m'écrive un rôle,
07:00 donc j'ai été flatté.
07:01 Et vous êtes en Paloma ou en Hugo ?
07:03 Je suis en drag, mais je ne suis pas Paloma.
07:05 J'ai un autre prénom, mais je ne peux pas dire tout ça,
07:07 je n'ai pas le droit !
07:09 Une dernière question, parce qu'on vous a vu dans Quotidien dernièrement.
07:12 Est-ce que vous allez revenir à la rentrée ?
07:13 J'espère.
07:14 Je vais avoir une rentrée chargée,
07:16 parce que normalement, si tout va bien, je suis sur Quotidien,
07:18 et puis j'ai mon spectacle.
07:19 Paloma au pluriel.
07:20 Une tournée dans toute la France à partir du mois de septembre,
07:23 clairement en Lille, Strasbourg, Rouen, Marseille, Lyon.
07:26 Vos premières dates à Paris sont complètes.
07:28 Vous en avez rajouté du 10 au 14 octobre à la Scala.
07:31 Exactement.
07:32 On vous souhaite une belle continuation, une belle carrière.
07:35 Merci.
07:36 Et merci à vous deux d'être venus.
07:37 Merci pour la invitation.
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