00:00 Bonjour Céline Ballydarcourt, votre invité média dirige depuis deux ans l'une des deux
00:04 chaînes parlementaires françaises, Public Sénat, qui sort d'une année riche en actualité.
00:08 Bonjour Christophe Herbadelli.
00:09 Bonjour Céline, bonjour Benjamin.
00:11 Vous partagez le canal 13 de la TNT avec LCP qui est la chaîne de l'Assemblée Nationale.
00:16 Elle a vu ses audiences monter en flèche lors des débats sur la réforme des retraites.
00:19 Quel est le bilan pour vous à Public Sénat ?
00:20 Alors si on regarde strictement du point de vue des audiences, et c'est important parce
00:24 qu'on est une chaîne de service public donc on est là pour intéresser le public, pour
00:28 intéresser nos concitoyens, les résultats sont disons très bons parce qu'au moment
00:33 du débat sur les retraites au Sénat où, je rappelle que le texte a été voté, donc
00:38 ça a beaucoup intéressé nos concitoyens, notre audience a progressé de plus de 67%
00:43 c'est-à-dire deux tiers d'audience en plus.
00:44 En un an ?
00:45 Non, uniquement durant le mois en question, c'est-à-dire le mois de mars.
00:49 En revanche, si je regarde effectivement, on a vraiment une hausse qui maintenant est
00:53 structurelle et très forte puisque sur l'année 2022 on a fait +25%, un quart d'audite en
00:57 plus et là on est un train depuis le début de l'année qui est plutôt à +35%.
01:02 Mais alors à l'Assemblée, lors des débats sur la réforme des retraites, c'était la
01:05 foire d'empoigne, les petites phrases, les invectives, le clash tout le contraire du
01:09 Sénat où c'était des débats apaisés, est-ce que vous n'avez pas regretté finalement
01:12 de ne pas être de l'autre côté ?
01:13 Non, je crois que si on raisonne strictement en termes d'audience, visiblement le public
01:18 a apprécié à la fois la façon dont le texte a pu se passer à l'Assemblée puisque nos
01:22 collègues de LCP ont également une audience qui a beaucoup progressé, ou au Sénat.
01:25 Mais au Sénat, ce n'était pas si calme que ça parce que l'opposition à la majorité
01:30 sénatoriale a vraiment s'est fait entendre, elle s'est battue par tous les moyens de
01:34 forme et de fond.
01:35 Donc c'était vraiment un vrai débat parlementaire qui est un débat où chacun s'exprime et
01:39 montre ses divergences.
01:41 Est-ce que le public Sénat a fait campagne pour la réforme ?
01:43 Ah non, alors en aucun cas pour une raison très simple.
01:46 Il est vrai qu'il y a une majorité au Sénat, politique, personne ne l'ignore, mais notre
01:52 cahier des charges, c'est même la loi en fait.
01:55 Quand les chaînes ont été créées, Public Sénat a un devoir d'impartialité.
01:59 Je vais vous dire, c'est unique en France.
02:01 Parce que le service public audiovisuel, France Info, n'a pas dans ses règles, lois,
02:08 cahier des charges, n'a pas un devoir d'impartialité.
02:10 Les seuls exemples, c'est la BBC qui a ça dans sa charte et Public Sénat en France.
02:16 Donc par définition, si on respecte la loi, et quand même ce serait un comble que Public
02:20 Sénat ne la respecte pas alors qu'elle passe son temps à montrer comment la loi se fait,
02:24 nous avons un devoir d'impartialité.
02:25 Mais vous ne recevez jamais de pression de la part du président du Sénat, en l'occurrence
02:28 Gérard Larcher ?
02:29 Non, écoutez, objectivement, ça fait maintenant deux ans que je préside cette chaîne, loin
02:34 de tout fantasme, il y a une véritable indépendance de cette chaîne.
02:38 Et encore une fois, je le redis, elle a été conçue comme telle, elle est voulue comme
02:40 telle et c'est dans la règle, elle doit être impartiale.
02:42 Alors vous me direz, l'impartialité, est-ce que ça existe ? Je dirais, à contrario que
02:47 l'impartialité, je ne sais pas, mais la partialité, on la voit assez vite.
02:51 Donc si vous prenez cet exemple-là, clairement Public Sénat n'a pas milité pour la réforme
02:55 des retraites.
02:56 On s'est contenté, ce qui est déjà pas mal, à travers près de cent heures, de montrer
03:00 comment le débat se passait d'ailleurs, entre la majorité et l'opposition.
03:03 Et même si on regarde en termes de temps, je pense que la part que nous avons donnée
03:07 d'antenne à l'opposition était peut-être proportionnellement plus forte que celle de
03:10 la majorité.
03:11 Je voudrais revenir à vos audiences, Christophe Herbel-Dely.
03:13 Plus globalement, au-delà de la réforme des retraites, est-ce que vous avez ressenti
03:17 un effet depuis les législatives de l'année dernière qui ont donné une majorité relative
03:21 au parti présidentiel à l'Assemblée ? Alors ça n'a pas changé la donne au Sénat,
03:24 mais votre chaîne bénéficie-t-elle malgré tout d'un regain d'intérêt ?
03:28 Oui, je crois.
03:29 Je crois très clairement.
03:30 Le quinquennat précédent de l'actuelle présidence a été incarné par une majorité
03:36 absolue, très forte.
03:38 Et on a quand même eu le sentiment que beaucoup de débats ne se passaient pas vraiment au
03:42 Parlement, qui semblait parfois à l'Assemblée nationale, plus à ce moment-là une chambre
03:46 qui enregistrait les projets de l'exécutif.
03:49 Là, depuis un an, la donne a complètement changé.
03:51 Le fait qu'il y ait à l'Assemblée nationale une majorité relative montre bien que tout
03:56 texte peut devenir difficile.
03:58 49.3 par 49.3, recherche de majorité.
04:00 Et naturellement, le Sénat dans ce cadre-là joue un rôle très important.
04:04 Donc je pense que nos concitoyens ont bien compris ça, d'où maintenant effectivement
04:07 un intérêt plus fort sur ce qui se passe au Parlement.
04:10 Et quand vous retransmettez des auditions devant les sénateurs, je pense récemment
04:13 à celle de Marlène Schiappa pour s'expliquer sur le fonds Marianne, ça c'est très regardé ?
04:17 Ah oui absolument.
04:18 Les auditions sont très regardées.
04:20 Il y en a une qui a été célèbre, enfin une succession.
04:22 C'était la mission sur Benalla, qui avait fait de très très grosses audiences et qui
04:26 avait passionné une partie de la France.
04:28 Celle sur le fonds Marianne a fait également de très très grosses audiences, que ce soit
04:32 sur l'antenne elle-même ou sur toute la façon dont on a pu aussi l'exposer à travers
04:36 des contenus sur le numérique.
04:37 Est-ce que les chaînes d'info sont des concurrentes du public Sénat ?
04:40 Non, alors je vais vous dire pas du tout.
04:41 Nous on a une ligne extrêmement simple.
04:44 Notre ligne, on n'est pas une chaîne d'info.
04:46 On est plutôt d'ailleurs, un peu quand on interroge nos téléspectateurs, on est plutôt
04:50 autour de, dans le même univers que France 5, Arte, c'est-à-dire des chaînes de service
04:55 public qui permettent de comprendre.
04:57 Mais notre ligne est très claire et je crois que quand quelqu'un vient sur public Sénat,
05:01 c'est ce qu'il cherche, c'est ce qu'il trouve.
05:02 D'abord, 100% service public.
05:04 Il y a suffisamment d'offres privées, y compris sur les chaînes d'info, 100% de service public.
05:08 Qu'est-ce que ça veut dire 100% ?
05:09 Ça veut dire que vous ne trouverez pas une émission sur public Sénat qui soit ne relève
05:14 pas de l'exposition du travail parlementaire, ce qui est notre mission, nous sommes une
05:17 chaîne parlementaire, soit de la question du citoyen et de la citoyenneté, puisque
05:22 nous sommes aussi une chaîne civique.
05:24 Donc, toutes les émissions que nous faisons visent à éclairer nos concitoyens sur les
05:30 enjeux des sujets de la société dans lesquels ils vivent.
05:33 Pour faire simple, je l'ai dit, on n'est pas une chaîne de prête à penser.
05:36 On n'est pas une chaîne pour dire aux gens comment ils doivent penser, on est une chaîne
05:40 pour essayer d'expliquer les sujets pour qu'ensuite le citoyen se fasse son propre
05:45 jugement.
05:46 Je ne crois pas qu'il y aura de grands changements à la rentrée, dites-moi si je ne me trompe
05:48 pas, Christophe Hermann Denys !
05:49 Vous ne vous trompez pas, pour une raison très simple, c'est qu'on a énormément
05:52 changé, vous l'avez dit, en deux ans.
05:55 Pour simplifier, je dirais que ce qui est assez rare dans une chaîne de télévision
05:58 ou dans un média en général, on a changé tous les points de contact avec le téléspectateur.
06:04 D'abord en faisant un énorme renouvellement éditorial des programmes, plus de dix programmes
06:09 dont une nouvelle quotidienne avec Thomas Hugues, Sens Public, lancée il y a maintenant
06:13 deux ans.
06:14 Donc un énorme renouvellement, c'était le premier volet de tous nos programmes qui
06:17 d'ailleurs fonctionnent très bien, vous l'avez dit, les audiences sont clairement
06:19 hausses.
06:20 Deuxièmement, un énorme travail, vous l'avez aussi mentionné, sur le numérique avec notamment
06:24 une nouvelle plateforme numérique très moderne et qui expose tous nos contenus.
06:28 Et puis c'est le troisième point en un mot, la nouveauté c'est que nous aurons cet été
06:31 un nouveau studio, un nouveau décor, c'est important parce qu'on fait plus de dix émissions
06:35 dans nos studios et là aussi on va changer le contact visuellement pour celui qui regarde
06:40 Public Scénar.
06:41 Donc un renouvellement complet.
06:42 Et vous aviez fait appel assez récemment à Denis Oliven pour présenter votre émission
06:47 littéraire, je crois qu'il va partir, comment ça se fait déjà ?
06:50 Écoutez, c'est dommage parce que voilà un investissement.
06:53 Bon, c'est très simple, Denis Oliven est assez connu comme patron de presse, etc.
06:58 Il n'avait jamais présenté une émission.
07:00 J'ai tout d'un coup eu l'intuition qu'il serait très bon sur une émission littéraire,
07:04 notre émission "Au bonheur des livres".
07:05 Il ne l'a pas été ?
07:06 Il l'a été, et c'est bien mon regret, c'est qu'il a été absolument excellent.
07:09 L'émission a été très bonne, on a été très satisfait.
07:11 Très bonne émission, pour moi, littéraire qui donne envie de lire, qui accueille des
07:16 écrivains et qui les laisse parler.
07:17 Il se trouve juste qu'il n'est pas du tout exclu qu'il soit appelé à des fonctions
07:21 en l'espèce dans le monde de l'édition, donc ça devenait incompatible.
07:24 Donc je vous confirme effectivement qu'il ne présentera pas l'émission "Au bonheur
07:28 des livres" qui continuera à la rentrée prochaine et il y aura un successeur.
07:32 Je ne peux pas encore vous dire qui c'est et j'en suis désolé.
07:34 Ça aurait été bien de terminer comme ça.
07:35 Oui, le choix n'est pas encore fait, mais en tout cas je peux vous dire que ça se presse
07:38 au portillon parce que l'émission doit être bonne et Public Sénat doit tirer parce
07:42 qu'on a beaucoup de candidatures.
07:43 Merci beaucoup Christopher Baldéli.
07:44 Merci à vous.
07:45 Christopher Baldéli, PDG de Public Sénat, disponible notamment sur le canal 13 de la TNT.
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