00:00 Face au masque d'Angelras, d'après Arthur un beau.
00:05 Ô ses souffles, ses têtes, ses courses, la terrible célérité de la perfection des
00:10 formes et de l'action, ô fécondité de l'esprit et immensité de l'univers, son
00:15 corps, le dégagement rêvé, le brisement de la grâce croisé de violences nouvelles,
00:20 sa vue, sa vue, tous les agenouillages anciens et les peines relevées à sa suite.
00:28 Son jour, l'abolition de toutes souffrances sonores émouvantes dans la musique plus intense,
00:35 son pas, l'émigration plus énorme que les anciennes invasions, ô lui et nous, l'orgueil
00:44 plus bienveillant que les charités perdues, ô monde et le chant clair des malheurs nouveaux.
00:51 Il nous a connus tous et nous a tous aimés.
00:54 Sachons, cette nuit d'hiver, de cap en cap, du pôle tumultueux au château, de la foule
00:59 à la plage, de regard en regard, fort sous ces sentiments-là, le hailer et le voir et
01:05 le renvoyer, et sous les marais et au haut des déserts de neige, suivre ses vues, ses
01:11 souffles, son corps, son jour.
01:16 Face au masque d'Eponine, d'après Blaise Sandrard
01:25 Du fond de mon cœur, des larmes me viennent si je pense, amour, à ma maîtresse.
01:34 Elle n'est qu'une enfant que je trouvais ainsi, pâle, immaculé, au fond d'un bordel.
01:43 Ce n'est qu'une enfant, blonde, rieuse et triste.
01:48 Elle ne sourit pas et ne pleure jamais.
01:50 Mais au fond de ses yeux, quand elle vous y laisse boire, tremble un doux lit d'argent,
01:56 la fleur du poète.
01:57 Elle est douce et muette, sans aucun reproche, avec un long, très saillement, à votre approche.
02:03 Mais quand moi je lui viens de-ci, de-là, de-fait, elle fait un pas, puis ferme les
02:09 yeux.
02:10 Elle fait un pas, car elle est mon amour.
02:14 Et les autres femmes n'ont que des robes d'or sur de grands corps de flamme.
02:17 Ma pauvre amie est si esselée.
02:19 Elle est toute nue, n'a pas de corps.
02:21 Elle est trop pauvre.
02:23 Elle n'est qu'une fleur, candide, fluette.
02:28 La fleur du poète, un pauvre lit d'argent, tout froid, tout seul, est déjà si fanée
02:36 Que les larmes me viennent, si je pense à son cœur.
Commentaires