00:00 La résidence Bashiya Souni a été la première résidence construite toute neuve dans le
00:07 cadre du plan de traitement des foyers de travail à migrants. Elle est le reflet du
00:12 pays qui l'a construit en 2003 et de la relative tolérance que ce pays avait pour la diversité
00:19 dans son agro-économie.
00:21 La résidence Bashiya Souni est une résidence qui a été construite en 2003 pour la première
00:27 résidence que ce pays avait pour la diversité dans son habitation.
00:31 Alors, je m'appelle Kamara Namadou, je suis le président du comité Bashiya Souni. Le
00:37 comité est composé de 6 délégués, plus nos conseillers. On a une dizaine de conseillers
00:43 aussi.
00:44 D'accord.
00:45 Et il y a combien de personnes dans cette résidence ?
00:48 Il y a 307 résidents.
00:51 D'accord.
00:52 Et c'était ouvert quand ?
00:53 C'est ouvert le 1er janvier 2003.
00:57 Et avant vous étiez où ?
00:59 On était à Pinel, 43 et Pinel à 5.5, Port de Paris.
01:03 Le grand foyer avec 800 personnes.
01:06 Le foyer qui avait plus que 800 personnes.
01:09 Alors, dis-moi, c'est quoi cet espace-là ?
01:14 Cet espace, c'est une cafétéria qui a été gérée par Adoma même au début, en 2003.
01:22 Et après, ils ont fermé parce qu'il n'y avait pas beaucoup de clients avec eux.
01:28 Et à partir de 2010, ils nous ont laissé à la disposition du comité.
01:36 À l'époque, ce n'était pas moi le président, c'était M. Drame Mamadi, le président du comité.
01:41 Et ensuite, deuxième élection, moi, je suis venu aussi en tête, je suis devenu président.
01:48 Donc, ils nous ont mis encore à disposition avec une conversion signée entre nous.
01:54 Et ils nous ont donné légalement.
01:56 Et puis, l'argent qu'on récolte ici, ça se partage entre les résidents.
02:03 On fait une fête chaque fin d'année pour tous les résidents.
02:06 Et bien sûr, avec les élits locaux qu'on les invite aussi.
02:11 Puis Adoma qui n'est jamais venu à nos invitations.
02:14 Mais bon, c'est géré comme ça depuis.
02:18 Alors, à ce moment, cette année, pendant la Covid-19, on a décidé de fermer tous les locaux.
02:27 C'est normal, les cafés sont fermés et tout.
02:30 Et moi, j'ai fermé ici.
02:32 J'ai demandé à fermer le restaurant Tafia Mafé qui est là.
02:37 Ça a été fermé aussi.
02:39 Et ma grande surprise à l'ouverture, j'ai été voir Adoma et bien sûr les gestionnaires pour que j'ouvre le bar.
02:50 Ma grande surprise, j'ai trouvé qu'ils ont changé mes canaux.
02:53 Ils ont enlevé les canaux que j'avais.
02:55 J'avais toute ma boisson ici qui était périmée même.
02:58 Une valeur de 3 milliards.
03:01 Et ils ont changé.
03:03 Et quand j'ai été le voir pour l'ouverture, ils ont dit non, on arrête le contrat, on n'ouvre plus.
03:09 Ils veulent le récupérer.
03:11 Donc moi, j'étais obligé d'aller voir mon avocat pour dire que ce n'est pas normal.
03:16 J'ai une conversion signée avec eux.
03:18 Et maintenant, ils veulent fermer la cafétéria sans m'écrire, sans me donner un préavis, rien du tout.
03:24 Ils ont changé mes canaux, je ne peux pas rentrer, toute ma marchandise est périmée.
03:29 Et là, ils ne veulent pas l'ouvrir.
03:32 L'avocat m'a envoyé un courrier à demain pour dire que ce n'est pas normal.
03:36 Monsieur Kamara va ouvrir son café.
03:39 En attendant, parce que ce n'est pas comme ça.
03:41 Moi, j'ai ouvert sans casser la porte.
03:45 Et depuis, quand il y a des travaux, ils ne veulent pas le faire.
03:50 Il y a une suite ici, ça va faire 4 mois.
03:54 Il y en a une autre là-bas.
03:56 Et tous ces bagarres-là, on a demandé à les changer, ils ne veulent pas.
04:00 Pour mettre le plafond là.
04:05 Ils ne veulent pas.
04:07 Donc, on est en procédure avec eux.
04:09 Donc, ils veulent fermer ici, c'est ça que je veux dire.
04:11 Ils veulent fermer.
04:13 Ils veulent fermer, ne me disez pas pour faire quoi.
04:16 Et ils ne veulent pas aller au bonheur des résidents.
04:19 La décoration africanisante signifie bien que la population qui habite les lieux est d'une origine spécifique.
04:26 L'entrée, au grand chagrin de son gestionnaire Adema, est un espace d'accueil où les gens se regroupent pour parler.
04:34 Ici, on l'utilise aussi de fois quand on a une assemblée générale.
04:40 On ne peut pas tous rentrer dans la petite salle que je vous ai montrée tout à l'heure.
04:45 On fait notre assemblée générale ici.
04:47 Et c'est aussi un lieu de discussion, non?
04:50 Oui, c'est un lieu de discussion qui ne plaît pas aux devines, qui ne plaît pas à Adema.
04:56 Mais comme on n'a pas d'autre endroit à aller, on se trouve ici pour parler des choses et d'autres.
05:01 Pour voir les problèmes du pays, pour se donner des nouvelles du pays, pour faire un échange.
05:09 D'accord.
05:11 Ok, merci.
05:13 Et c'est quoi le mosquée de Djené, c'est le mieux là?
05:18 Le mosquée de Djené, c'est le mosquée qui se trouve au Mali.
05:22 Oui, c'est ça.
05:24 Une grande cour, meublée d'un bloc de bois, sépare les différentes ailes du bâtiment.
05:33 Donc, dis-nous, l'ascenseur alors?
05:37 Alors, ici, je dis qu'il y a trois bâtiments et trois ascenseurs.
05:41 Il n'y a qu'une seule ascenseur qui fonctionne pour l'instant.
05:44 Et celui-là, ça va faire six mois qu'il est ouvert.
05:48 Il n'est pas réparé.
05:50 On a fait des mails, téléphonés, et tout ça, jusqu'à aujourd'hui.
05:53 Ils nous disent, oui, on a commandé la pièce. La pièce ne vient jamais.
05:57 Et on n'a pas de formation dessus.
06:00 Pour dire qu'il y a tel bloc, le technicien va passer, il n'y a rien.
06:04 D'accord.
06:05 Donc, on attend dans le vide.
06:07 Ok, merci.
06:10 Et à l'étage, dans chaque couloir de 6 à 8 chambres, une cuisine collective, des WC et douche collective.
06:17 Voilà.
06:29 C'est rigolo.
06:36 Ah!
06:37 Voilà.
06:38 C'est ici notre cuisine collective.
06:41 Après, dans chaque bâtiment, il y a une cuisine collective comme ça.
06:48 D'accord.
06:49 À part les étudiants.
06:50 Pour tous les 8 logements, c'est ça?
06:52 Voilà, pour les 8 logements.
06:54 On vient, on fait notre toucher, là, comme vous voyez.
06:57 Et les gaz, même, fonctionnent.
07:01 Il y en a une, il y en a deux.
07:03 On n'a pas de bonbon.
07:05 On a demandé à Thomas qu'il nous change les gaz.
07:08 Ils nous disent que ces gaz-là, ils ne le font plus.
07:11 C'est des petits gaz, des gazinières.
07:14 Nous, ça ne nous déplace pas.
07:16 Mais vous n'avez pas changé vous-même à changer les gaz?
07:19 Parce que vous pouvez cotiser et changer les gaz, non?
07:21 Oui, mais on n'a pas le droit.
07:23 On est un peu comme l'hôtel ici.
07:28 Il y a beaucoup de choses qu'on n'a pas le droit de faire.
07:31 Voilà.
07:32 Donc, on est là.
07:34 C'est d'ici que j'ai entendu parler de rumeurs
07:37 qu'ils vont fermer, qu'ils vont faire des chambres.
07:40 Le Pinou, qui sont là, là.
07:43 Ils vont faire des chambres.
07:44 Maintenant, ils vont mettre nos cuisines,
07:46 nos douches, tout ça dans les chambres.
07:49 Et nous, on n'est pas d'accord.
07:50 Mais pour l'instant, c'est des rumeurs qui ont fait ça.
07:53 D'accord.
07:54 Voilà, le moment, on va pas parler de ça.
08:00 L'existence de ce bâtiment, vieux de seulement 20 ans,
08:04 mais dont on parle déjà de reconstruire,
08:06 est le signe de combien la politique française
08:09 a évolué dans les dernières décennies
08:11 pour devenir moins tolérante de la diversité,
08:14 moins tolérante des modes de vie de ces habitants immigrés.
08:18 (bruit de moteur)
08:21 [SILENCE]
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