00:00 ...
00:06 Les Parisiens attendent ce moment depuis des décennies,
00:11 se baigner dans la Seine, enfin.
00:13 Aujourd'hui, les futurs JO de 2024
00:15 forcent les autorités à passer à la vitesse supérieure,
00:19 une course de fond pour nettoyer le fleuve
00:22 et le rendre aux habitants, après les athlètes.
00:25 Musique douce
00:27 ...
00:34 -On ne peut plus se baigner officiellement
00:37 dans la Seine depuis 1923.
00:39 ...
00:40 On travaille maintenant, depuis plusieurs années,
00:43 à améliorer la qualité de l'eau
00:45 pour se permettre de s'y baigner à nouveau.
00:48 ...
00:52 Dans le cadre des JO Paralympiques de Paris 2024,
00:54 il y aura plusieurs épreuves dans la Seine.
00:57 Le triathlon, homme-femme et relais mixte,
01:00 et le paratriathlon,
01:01 qui aura aussi, pendant les JO, la nage en eau libre.
01:05 C'est une épreuve de 10 km, donc en boucle.
01:07 ...
01:10 Ce n'est pas une folie, c'est une ambition.
01:13 D'abord, les JO ont permis d'accélérer
01:15 un certain nombre d'investissements
01:17 qui permettent d'améliorer la qualité de la Seine
01:20 et de pouvoir s'y rebaigner à nouveau
01:22 pour les épreuves, d'abord Olympique et Paralympique,
01:25 et ensuite, la baignade pour les Parisiens,
01:28 elle démarrera à l'été 2025,
01:29 un an après la fin des JO Paralympiques.
01:32 ...
01:36 Le budget global de l'assainissement de la Seine
01:39 est évalué à 1,4 milliard sur 8 à 10 ans,
01:43 et il concentre un certain nombre d'investissements
01:45 nécessaires pour améliorer cette qualité de l'eau.
01:48 ...
01:50 Tout ça est fait dans un cadre très réglementé.
01:53 On doit répondre à des exigences
01:55 européennes de qualité de l'eau.
01:57 ...
01:59 La qualité s'améliore. L'été dernier, par exemple,
02:02 sur le site qui accueillera les épreuves
02:04 des JO et Paralympiques,
02:06 sur la période des JO, donc sur les 15 jours,
02:09 92 % de ces jours-là,
02:11 la qualité de l'eau était satisfaisante ou excellente,
02:14 donc aurait permis l'accueil de ces épreuves.
02:16 L'exigence de la Fédération internationale
02:19 sera remplie ici, à Paris,
02:21 et la qualité de l'eau sera bonne.
02:23 Sans les jeux, on y serait sans doute arrivé,
02:26 mais peut-être en 30 ou 40 ans,
02:28 ce que là, on aurait été capable de faire en 8 à 10 ans.
02:31 On prend rendez-vous à l'été 2025,
02:33 toutes et tous en maillot de bain,
02:35 pour profiter et découvrir la scène
02:37 d'une autre vision que celle qui est la nôtre aujourd'hui.
02:40 ...
02:44 -Il reste peu de temps aux organisateurs des JO
02:47 pour y arriver, à rendre la Seine béniable
02:50 pour Paris 2020.
02:51 Et au-delà.
02:52 Le fleuve parisien s'est forgé une image de vastes décharges,
02:56 plastiques, mégots de cigarettes, trottinettes électriques
02:59 ou encore vélos, que touristes et Parisiens jettent à l'eau.
03:03 Chaque année, 350 tonnes de déchets sont repêchées.
03:06 Mais le principal obstacle à la baignade,
03:09 ce sont les eaux polluées.
03:11 En temps normal, les eaux de pluie
03:13 et les eaux usées qui sortent des habitations
03:15 sont mélangées et envoyées ensemble vers les eaux de Paris.
03:19 Mélangées et envoyées ensemble vers des stations d'épuration.
03:23 Le problème, c'est lorsqu'il pleut beaucoup,
03:26 le système sature et ces deux types d'eau
03:28 sont alors déchargées directement dans la Seine.
03:31 2 millions de mètres cubes, rien qu'en 2022.
03:34 Mais pour en finir avec la pollution,
03:37 il faut aussi s'attaquer aux péniches et aux habitations
03:40 qui devront obligatoirement être raccordées
03:42 au réseau d'égout avant 2024.
03:45 L'assainissement de la Seine est un travail de longue haleine.
03:49 Mais dès aujourd'hui, si l'on en croit la mairie de Paris,
03:52 il y aurait 90 % d'eau non traitée en moins
03:55 qui finit dans le fleuve par rapport aux années 2000.
03:59 Les progrès sont déjà là, mais après les athlètes,
04:02 il en faudra sans doute beaucoup plus
04:04 pour convaincre les Parisiens de piquer une tête.
04:07 Musique douce
04:09 ...
04:18 -Là, on est au bord de la Seine.
04:20 J'ai été prélever de l'eau
04:23 pour vérifier la quantité de bactéries fécales
04:27 qui étaient présentes dans cette eau.
04:30 ...
04:37 On doit mesurer la présence de deux espèces de bactéries.
04:41 Descherichia coli.
04:46 Et d'autre part, on doit mesurer la présence d'enterococque intestinaux.
04:50 Ce sont des bactéries fécales d'origine humaine.
04:55 Elles proviennent, pour l'essentiel,
04:57 des rejets des réseaux d'eau usée.
05:00 La deuxième source potentiellement importante,
05:05 c'est d'autres animaux à sang chaud qu'on aurait dans la ville.
05:09 Ces bactéries indicatrices fécales, en soi, elles ne sont pas dangereuses.
05:14 Leur intérêt, c'est d'être des indicateurs
05:17 de la présence de pollution fécale.
05:21 Et s'il y a pollution fécale,
05:23 il y a risque que des virus, par exemple,
05:26 transmis par les fessesses des hommes, soient présents aussi.
05:29 Et là, ces virus-là pourront être des virus dangereux.
05:33 De retour au labo,
05:37 on va mettre l'eau dans des petits flacons
05:40 avec des produits qui vont permettre à ces bactéries
05:44 de croître.
05:45 On va les placer dans une étube
05:48 à 37 degrés durant 18 ou 24 heures.
05:52 Quand les bactéries sont présentes dans l'eau,
05:55 la manip qu'on fait va faire apparaître une coloration bleue ou jaune
06:00 en fonction des types de bactéries qui sont présentes.
06:03 Actuellement, on est dans une fourchette
06:07 entre 100 et cherichia coli pour 100 ml
06:11 jusqu'à à peu près 1 000, 5 000.
06:14 Pour que l'eau de la Seine soit déclarée baignable,
06:19 il faut être en dessous de 900 et cherichia coli
06:23 pour 100 ml durant 90 % du temps.
06:26 Les bactéries fécales sont toujours présentes en Seine.
06:32 Toujours.
06:33 Ce n'est pas parce qu'on a quelques bactéries fécales présentes en Seine
06:36 qu'on ne peut pas se baigner.
06:38 Tout est une question de normes, de niveaux.
06:41 Il faut que le niveau soit suffisamment faible
06:45 pour que le risque d'attraper une maladie en Seine
06:49 soit extrêmement faible.
06:50 Ici, nous sommes sur le chantier du bassin au Sterlitz,
07:04 la plus grosse opération du réseau d'assainissement parisien.
07:08 Ce projet coûte 90 millions d'euros.
07:12 C'est comme une grosse piscine souterraine.
07:14 Ce bassin, sa vocation, c'est de donner au réseau d'assainissement
07:24 une capacité de stockage lors des épisodes pluvieux,
07:28 de se remplir, de laisser passer l'orage
07:31 et d'éviter ces déversements dans la Seine.
07:35 Quand il pleut, le volume d'eau dans le réseau d'égout
07:39 augmente d'un coup de manière très importante.
07:43 Pour éviter des débordements dans les rues,
07:46 on utilise aies et on utilise la Seine
07:49 comme soupape de sécurité.
07:51 La Seine sert d'exutoire, entre guillemets,
07:55 de poubelle de l'assainissement
07:57 de manière trop régulière par des déversements.
08:00 Demain, grâce à cet ouvrage,
08:04 les piscines d'eau seront interceptées
08:07 via un tuyau de 2,5 m de diamètre et de 600 m de long
08:10 entre là où nous sommes et le pont d'Austerlitz.
08:13 L'eau s'écoule gravitairement dans cet intercepteur,
08:16 rejoint le bassin qui lui fait 50 m de diamètre sur 30 m de profondeur.
08:21 Le volume est équivalent à 20 piscines olympiques,
08:24 souterraines, cachées.
08:25 Et le lendemain, après la pluie, en moins de 24 heures,
08:29 on pompe cette eau du bassin,
08:31 on la remet dans les égouts du boulevard de l'hôpital.
08:34 Elle sera traitée avant rejet au milieu naturel.
08:37 Ce type d'ouvrage va permettre de réduire les déversements en Seine
08:41 et donc, tout simplement, d'améliorer l'état écologique
08:46 de son écosystème, donc l'état de l'eau
08:48 et donc la qualité de l'eau aussi au sens sanitaire.
08:52 Les Jeux Olympiques, avec en ligne de mire
08:56 l'effet de baignade pour les athlètes puis pour le grand public après,
08:59 ont permis de donner un coup d'élan, un coup d'accélérateur
09:03 pour l'amélioration de l'état écologique de la Seine.
09:07 -Mais ce chantier titanesque ne résoudra pas un problème de taille.
09:13 La météo, avec potentiellement de gros orages,
09:17 comme c'est souvent le cas à Paris en été,
09:19 des orages qui mettraient encore plus sous pression
09:22 un système déjà fragile.
09:24 La modernisation des stations d'épuration
09:27 reste la clé de la stratégie parisienne.
09:31 Musique douce
09:33 ...
09:38 -Aujourd'hui, les filières de traitement
09:40 sont d'ores et déjà efficaces.
09:42 Il s'agit d'être encore meilleur,
09:44 d'ajouter des étapes de traitement complémentaires
09:47 pour contribuer à l'atteinte de l'objectif baignade.
09:50 ...
09:54 Parmi les actions engagées dans le cadre du plan baignade,
09:58 il s'agit de la modernisation des usines Marnaval
10:00 et de l'usine Seine-Valentin.
10:02 ...
10:04 Il s'agit d'intégrer sur les filières de traitement
10:07 des traitements dédiés à l'élimination des bactéries fécales.
10:11 L'usine Marnaval va être équipée de lampes ultraviolets.
10:14 Les eaux de rejet qui ont été traitées,
10:17 c'est-à-dire qu'on aura déjà enlevé la matière organique,
10:20 l'azote, le phosphore, on va faire passer ces eaux de rejet
10:23 à travers des rampes de lampes ultraviolets.
10:26 La lumière va irradier l'eau et, de ce fait,
10:29 les bactéries encore présentes vont être tuées, désactivées.
10:33 ...
10:35 Il faut garder à l'esprit que de très faibles volumes
10:38 d'eau usée introduite dans la rivière
10:41 apportent des quantités importantes de germes.
10:43 100 ml d'eau usée contiennent plusieurs millions de germes.
10:47 Lorsque ces eaux usées passent à travers nos filières de traitement,
10:50 elles en éminent une grande partie.
10:52 C'est bien, mais ce n'est pas suffisant
10:54 pour atteindre l'objectif bénévole.
10:56 Le fait est qu'en ajoutant ces étapes de traitement,
11:00 on va encore diviser par 1 000 les concentrations
11:04 dans l'eau qu'on va rendre à la rivière.
11:07 ...
11:08 Les deux usines d'épuration ont des positions stratégiques
11:12 puisqu'elles se situent à l'entrée de Paris.
11:14 Tous les efforts qui seront faits sur ces usines
11:17 pour gagner de la performance de traitement,
11:19 on le verra sur la qualité de la rivière
11:22 qui rentrera dans la ville de Paris.
11:24 -Le bassin de collecte de l'agglomération parisienne
11:27 est exceptionnel.
11:28 Plus de 9 millions de Franciliens
11:30 sont installés sur un fleuve qui a un faible débit.
11:33 Chaque jour, ces 9 millions de Franciliens
11:36 génèrent environ 2 millions de mètres cubes d'eau,
11:40 de milliards de litres.
11:41 On voit bien tout le caractère très sensible.
11:44 Ca permet d'apprécier l'ampleur du défi.
11:46 Ce défi est possible parce que, depuis 50 ans,
11:49 des efforts ont été faits pour améliorer la robustesse
11:52 et la performance de ces usines de traitement.
11:54 On peut être tout à fait optimistes
11:56 sur notre capacité à atteindre cet objectif.
12:00 Sous-titrage ST' 501
12:03 ...
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