00:00 nous disons toujours ovnis.
00:01 Mais ce sont donc des phénomènes, pas seulement des objets.
00:03 Mes collègues mènent bel et bien des enquêtes
00:05 qui sont très proches d'enquêtes policières,
00:08 avec non pas des scènes de crimes,
00:10 mais des scènes d'apparitions.
00:11 Nous sommes en grosso modo au milieu des années 70.
00:15 C'est une période où on parlait pas mal d'ovnis.
00:18 Et donc il y avait non seulement un intérêt médiatique,
00:22 mais aussi un certain souci.
00:23 Nous sommes encore à la période de la guerre froide.
00:26 Donc à partir de là, est-ce qu'il y a des menaces ?
00:27 Est-ce qu'il n'y a pas des objets volants de grande puissance
00:31 qui surveilleraient notre territoire ?
00:32 Et à ce moment-là, des ingénieurs du CNES
00:34 décident de créer ce groupe d'études
00:36 pour appliquer à ces phénomènes,
00:38 en tout cas appliquer au témoignage
00:40 que nous recevons, une procédure d'enquête
00:42 pour tâcher d'en savoir plus.
00:43 Nous disons toujours ovnis.
00:44 Mais ce sont donc des phénomènes, pas seulement des objets.
00:47 Identifier donc un phénomène aérospatial,
00:49 non identifier un pan.
00:51 Il ne faut pas imaginer des équipes de centaines de chercheurs.
00:53 Dans sa plus petite effectif, c'était une personne.
00:56 Cela a pu être jusqu'à 5, 6, 7 collaborateurs.
00:59 Le GEPAN ne travaille pas tout seul
01:02 pour pouvoir connaître l'état du ciel
01:06 à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit.
01:08 Il faut que nous fassions appel à la gendarmerie,
01:10 à la police, à l'aviation civile,
01:12 évidemment à l'armée de l'air et de l'espace.
01:14 Et il n'y a pas de dossier secret des ovnis.
01:16 Tout ce que le GEPAN a pu produire depuis 45 ans,
01:19 tous ces documents sont aujourd'hui en ligne.
01:21 Il y a quelques restrictions, comme on peut l'imaginer,
01:24 sur les questions de défense par rapport à certaines opérations militaires.
01:27 La matière première, ce sont les témoignages que nous recevons
01:31 de personnes dont le plus grand nombre, 99%,
01:35 sont des gens honnêtes qui veulent nous partager
01:38 une expérience hors du commun.
01:40 Mes collègues mènent bel et bien des enquêtes
01:42 qui sont très proches d'enquêtes policières,
01:45 avec non pas des scènes de crimes,
01:47 mais des scènes de phénomènes, d'apparitions, on pourrait dire,
01:51 qu'il s'agit de reconstituer.
01:52 Où se trouvait la Lune, où se trouvaient les étoiles,
01:54 si c'est la nuit, quelle était la météo ?
01:57 Mais reste, le cœur du métier, c'est le témoignage.
02:01 Évidemment, nous nous sommes adressés aux spécialistes des interrogatoires.
02:05 Les psychologues ont mis en place des méthodes d'interrogatoire,
02:10 de contre-interrogatoire.
02:11 Les phénomènes dont les témoins nous parlent
02:14 ne sont pas si divers que cela.
02:16 C'est des phénomènes aérospatiaux, phénomènes lumineux,
02:20 le bruit c'est beaucoup plus rare.
02:22 Il y a une typologie relativement sommaire.
02:24 D'ailleurs, si vous allez voir sur le site du Gépan,
02:27 on va vous proposer de commencer l'enquête
02:30 à partir d'une espèce de gris de phénomènes.
02:31 Vous allez voir, ils ne sont pas si nombreux que ça.
02:33 Il y a une très très belle enquête qui a été faite il y a quelques mois,
02:36 où au même moment, se trouvaient dans le ciel deux avions.
02:40 Et le témoin a été perturbé parce que
02:44 l'un des points lumineux qui se déplaçait avait une grande traînée.
02:47 Et juste à côté, il voit un autre point lumineux,
02:50 mais sans traînée derrière.
02:52 Donc il s'est dit, ça ne peut pas être un avion.
02:54 Et toute l'enquête, ça a été de pouvoir démontrer
02:57 que le point lumineux qui n'était pas accompagné de la traînée
03:00 était quand même bel et bien un avion.
03:02 Et il était à une altitude où ce jour-là, en fonction des conditions météo,
03:05 un avion ne produisait pas de traînée.
03:07 Alors, des choses très connues qui sont des planètes
03:09 qui, à un moment donné, vous semblent vraiment extraordinaires.
03:13 Il y a des questions aussi au sol,
03:14 il y a des effets de reflets.
03:17 Et puis, il y a tout ce qui relève du témoin,
03:19 de l'état d'esprit du témoin,
03:21 de l'état aussi de santé du témoin.
03:23 Il y a des très beaux témoignages, si je puis dire,
03:26 où des témoins ne se sont pas sûrement souvenus
03:29 qu'ils avaient subi une opération ophtalmique quelques jours plus tôt.
03:33 Et quand on fait la somme de tout ça, il reste les cas D.
03:37 Donc aujourd'hui, un peu plus de 3%.
03:40 Les informations sont solides, on connaît l'heure, on connaît le lieu,
03:43 on connaît la direction dans laquelle a eu lieu ce phénomène éventuellement,
03:48 mais on n'a pas trouvé l'explication.
03:49 Il y a 20 ans ou 25 ans,
03:50 ce chiffre de 3,3% ou 3,5% de cas D
03:55 était beaucoup plus important.
03:56 Il était plutôt de l'ordre de 20%.
03:57 Quelque part, l'enquête est close aujourd'hui,
04:00 mais elle ne disparaît pas dans une oubliette.
04:02 Aujourd'hui, comme nous n'avons pas de preuves scientifiques
04:05 de l'existence de formes de vie, de formes d'intelligence extraterrestres,
04:09 mes collègues du GEPAN ne peuvent pas utiliser l'hypothèse extraterrestre
04:13 comme une explication à des phénomènes aérospatiaux non identifiés.
04:18 Nous avons la chance d'avoir très peu de canulars
04:21 et nous n'en faisons pas trop la publicité.
04:23 Le GEPAN a toujours été critiqué.
04:25 Il y a ceux qui trouvent que c'est complètement idiot
04:28 de s'intéresser à des fantasmes humains,
04:30 et puis par ceux qui peut-être rêvent
04:33 qu'il y ait des choses extraordinaires autour de nous,
04:35 que nous soyons entourés par des êtres extraordinaires,
04:37 peut-être même des êtres extraterrestres,
04:39 et que nous n'en faisons pas assez.
04:41 Il y a ceux qui pensent que nous cachons des choses.
04:44 Je crois avoir suffisamment dit que nous ne cachons rien,
04:46 nous sommes un arénisme public,
04:48 notre information est ouverte.
04:50 [BIP]
04:52 [Générique]
Commentaires