00:00 -Vous êtes infirmière en région parisienne.
00:02 Vous, la dernière fois... -C'était hier.
00:05 -Au cabinet. -Qu'est-ce qui s'est passé ?
00:07 -Avec un patient que j'avais suivi il y a 15 jours
00:10 pour des soins. Je rebondis sur ce que vous disiez.
00:14 Il y a l'errance des patients qui sont atteints
00:17 de troubles psychiatriques, mais on a aussi la violence
00:21 qui est devenue ordinaire, l'agressivité ordinaire.
00:24 Tous les gens agressifs ne sont pas porteurs
00:27 de troubles psychiatriques.
00:29 Heureusement. -Hier,
00:30 qu'est-ce qui se passe ?
00:32 -J'ai eu une altercation avec un patient il y a 15 jours.
00:35 Je ne voulais plus voir ce patient
00:37 parce que le ton est monté pour des broutilles.
00:41 Et il est revenu, en fait, hier,
00:44 prétextant vouloir récupérer du matériel.
00:48 Et...
00:49 Hyper agressif, en fait.
00:52 Très agressif à m'insulter,
00:54 à ne même pas respecter que dans la salle d'attente,
00:57 il y avait 3 patients qui attendaient.
01:00 Il est rentré dans le cabinet,
01:02 il a fui dans les affaires des patients,
01:04 il a récupéré ce qui lui appartenait.
01:07 Il m'a insultée.
01:08 -Comment vous réagissez à ce moment-là ?
01:11 -Honnêtement, face à ça, je l'ai laissé faire.
01:14 Je savais que, par chance, j'avais 3 témoins.
01:17 Honnêtement, 3 patients.
01:18 -Et vous portez plainte ? -J'ai porté plainte.
01:22 Il y a eu déjà une antériorité il y a 15 jours.
01:25 Et là, malheureusement, on peut rien faire.
01:27 J'étais rassurée que mes 3 patients soient là,
01:30 parce que, concrètement, s'ils n'avaient pas été là,
01:34 je pense qu'ils auraient mis ces menaces à exécution.
01:37 Et il m'a menacée de revenir.
01:39 Aujourd'hui, et jusqu'à la fin de la semaine,
01:41 je ferme le cabinet.
01:43 -Cabinet fermé. -Cabinet fermé.
01:45 Je fais les soins à domicile.
01:47 Aujourd'hui, c'était compliqué de travailler.
01:50 Je fais les soins que je ne pouvais pas décaler.
01:53 Il y a des soins que vous ne pouvez pas décaler.
01:56 Même si vous êtes pas bien et en choc post-traumatique,
01:59 vous allez travailler,
02:01 car vous avez une conscience professionnelle.
02:04 -Vous vous dites que c'est la fois de trop ?
02:06 -Non, parce que je n'ai pas envie de jeter l'éponge
02:10 et de faire ce cas une généralité.
02:12 Mais je pense que j'ai subi l'agressivité des patients
02:15 à l'hôpital.
02:17 J'ai quitté aussi le service public
02:19 pour les mêmes raisons que vous expliquez.
02:22 Et à domicile, oui, on est confrontés à de la violence.
02:25 Est-ce qu'il y avait des antécédents psychiatriques ?
02:28 Je ne sais pas.
02:30 Quand on prend en charge des patients,
02:32 on n'a pas l'historique.
02:34 Moi, je prends en charge des patients
02:36 chez qui je vais tous les jours
02:38 pour administration de traitement thérapeutique.
02:41 Je n'ai jamais eu de problème avec ces gens-là.
02:44 Ce qui me dérange, c'est la violence.
02:46 Ils ne sont pas capables de...
02:48 L'ordre ne leur va pas.
02:50 -Vous avez l'impression que cette violence,
02:53 cette agressivité,
02:54 est-elle plus importante qu'avant ?
02:56 -Oui, bien sûr.
02:58 Elle est ordinaire.
02:59 Vous le voyez dans les médias,
03:01 les gens s'agressent pour un oui ou un non.
03:04 C'est devenu monnaie courante.
03:06 Désolée de le dire, c'est triste.
03:08 -Comment vous l'expliquez, vous ?
03:10 -Honnêtement, je ne sais pas.
03:12 Je pense qu'il n'y a pas assez de limites
03:15 en termes de justice.
03:16 Les gens savent qu'ils prendront...
03:19 On ne va pas aller en prison pour ça.
03:21 Je suis allée porter plainte aujourd'hui.
03:23 On m'a dit qu'on allait le convoquer.
03:26 Mais quand les prisons et les hôpitaux sont pleines,
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