00:00 [Générique]
00:06 Elisabeth Borne s'accroche à Matignon et ça pourrait marcher.
00:10 La preuve, Emmanuel Macron a enfin adressé quelques petits compliments à sa première ministre.
00:15 C'était lundi soir sur TF1.
00:17 Donc on continue d'agir et à mes côtés Elisabeth Borne agit avec force, détermination et courage.
00:24 Alors on a connu plus vibrante déclaration d'amour
00:26 mais le ton du président était beaucoup plus glacial en mars après l'adoption de la réforme des retraites.
00:32 Quand il a demandé à Elisabeth Borne d'élargir la majorité,
00:35 une mission quasiment impossible et qui n'a d'ailleurs pas abouti à ce jour.
00:39 Vous vous souvenez aussi de son allocution de la mi-avril quand il n'a même pas prononcé son nom
00:44 et il a ouvert une période de 100 jours.
00:45 C'était en fait une forme d'ultimatum lancée à sa première ministre.
00:50 Entre temps, évidemment, les rivaux d'Elisabeth Borne n'ont pas manqué de se pousser du col.
00:54 A commencer par les ambitieux ministres de droite,
00:58 Gérald Darmanin, Bruno Le Maire ou Sébastien Lecornu, les ministres des armées, se verraient bien la remplacer.
01:04 En retour, dans le petit jeu des rumeurs des macronistes historiques
01:07 qui ont fait circuler des noms de marcheurs de la première heure,
01:10 comme Richard Ferrand, l'ancien président de l'Assemblée nationale,
01:13 ou Julien Denormandie, très proche du président qui a été son ministre de l'agriculture.
01:18 François Bayrou, lui, rêve aussi depuis longtemps de Matignon
01:21 mais il s'est résigné à ce qu'Emmanuel Macron le tienne à l'écart du gouvernement.
01:26 Enfin, une frange du parti Les Républicains pousse le scénario d'une nomination du président du Sénat,
01:32 Gérard Larcher, nomination à Matignon qui s'accompagnerait d'un accord programmatique avec la droite.
01:37 Une hypothèse très improbable compte tenu des relations très tendues entre Macron et Larcher.
01:43 Bref, depuis des semaines, c'est le grand bal des rumeurs pour Matignon.
01:47 Mais la nouveauté, c'est qu'Elisabeth Borne a décidé de contre-attaquer.
01:51 D'abord en cultivant des relais dans la majorité, c'est pas spontané chez un profit techno comme elle.
01:58 Il existe ainsi maintenant au gouvernement une Team Borne, comme l'appelle un de ses membres,
02:03 une équipe informelle et réduite de ministres qui soutiennent Elisabeth Borne,
02:07 parmi lesquels Stanislas Guérini, ministre de la Fonction publique, Clément Beaune, le ministre des Transports,
02:13 Roland Lescure, à l'industrie, Papendiaï, le ministre de l'Éducation nationale,
02:17 Sylvaie Retailleau à l'enseignement supérieur ou encore Rima Abdulmalak, la ministre de la Culture.
02:22 Ces membres du gouvernement craignent que le centre de gravité de la Macronie se déplace encore plus à droite
02:27 et ils plaident pour le maintien d'Elisabeth Borne à son poste.
02:31 Le problème, vous avez entendu leur nom, ils ne sont pas connus, leur poids politique est faible.
02:36 Alors Elisabeth Borne s'est décidée à donner elle-même de la voix.
02:39 C'était dimanche dans le JDD.
02:41 Elle a fait publiquement part de son envie de rester à Matignon,
02:45 avec une formule convenue, "je veux continuer à relever les défis du pays".
02:49 Mais ce genre d'affirmation, ça compte aux yeux d'Emmanuel Macron, un président darwinien.
02:54 C'est en tout cas ce que pense et ce que m'a dit l'un des membres de cette fameuse team Borne.
03:00 Elle pourrait donc sauver sa tête faute d'une meilleure solution aux yeux d'Emmanuel Macron.
03:05 Ça ne dissipera pas forcément les malentendus qui demeurent entre le président et sa première ministre
03:09 qui ne s'entendent pas toujours sur leurs priorités.
03:11 La preuve par le projet de loi sur l'immigration, un texte porté par Gérald Darmanin,
03:17 qui sera finalement présenté dans une nouvelle version cet été après bien des rebondissements
03:22 et plusieurs tentatives de Matignon de le renvoyer au calende grec, voire de l'enterrer.
03:27 Mardi, en conseil des ministres, Emmanuel Macron a insisté sur le fait que c'était un texte important.
03:33 Elisabeth Borne l'a écouté sans rien dire.
03:36 [SILENCE]