00:00 C'est une star dans les milieux écologistes.
00:02 Andreas Malm est un géographe suédois âgé de 45 ans.
00:06 Il est célébré par France Inter comme l'une des têtes pensantes du mouvement global pour le climat.
00:11 Mais Andreas Malm ne ressemble pas aux militants écologistes lambda.
00:14 Son combat phare, encourager les militants à recourir à la violence armée
00:18 contre toutes les infrastructures assimilées à ce qu'il appelle le capitalisme fossile.
00:23 Encore que les infrastructures fossiles ne sont pas ses seules cibles,
00:27 comme le montre le soutien qu'il apporte au vandalisme dirigé contre les retenues de substitutions à Saint-Sauline,
00:34 alors même qu'il précise dans un entretien à Mediapart qu'il ne connaît rien à la question de l'eau en France.
00:39 Son argument ? Les voies institutionnelles ne suffisent plus pour lutter contre le changement climatique.
00:46 Le régime capitaliste se définit par une inertie insupportable.
00:50 Il faut donc diversifier le répertoire d'action des écologistes et y intégrer la lutte armée.
00:56 Malm recourt à l'histoire pour justifier son propos et soutient que toutes les grandes luttes passées,
01:02 lutte contre l'esclavage, lutte pour le droit des femmes, lutte pour l'indépendance des nations colonisées,
01:07 se sont toujours appuyées sur des franges radicales et violentes
01:11 en permettant aux factions les plus modérées d'avancer leur pion.
01:14 Passons sur la comparaison entre le système esclavagiste et la machine à vapeur,
01:19 qui, à la différence du premier, a quand même un tout petit peu contribué à améliorer la condition humaine.
01:23 Malm assure que la violence à laquelle il appelle de ses voeux se limite aux biens et ne vise jamais les personnes.
01:30 Toutefois, il multiplie les références historiques et actuelles un peu douteuses,
01:34 se réfère sans cesse à la prise du pouvoir par les bolchéviques, témoigne de son respect pour le Hamas palestinien,
01:39 en appelle explicitement à une nouvelle révolution d'octobre et à l'émergence de ce qu'il appelle un léninisme écologique.
01:47 Le géographe ne craint donc pas de se référer à l'un des fondateurs de l'URSS
01:51 et que l'historien Stéphane Courtois identifie comme le père du totalitarisme moderne
01:56 en raison de son rôle pionnier dans la conceptualisation de la terreur armée comme mode de gouvernement,
02:01 la valorisation du génocide de classe et la répression de toute dissidence.
02:06 Ignorance ou choix parfaitement réfléchis ?
02:08 À chacun de se faire son opinion sur la culture historique du personnage.
02:12 Toutefois, que ces références ne soient jamais questionnées dans les médias traditionnels
02:16 confirment le propos de Jean-François Revelle selon lequel la gauche radicale bénéficie encore de la clause du totalitarisme le plus favorisé.
02:23 Évidemment, on peut rejoindre l'agacement de Malme sur l'inertie de l'économie mondiale, mais comment y remédier ?
02:29 Si vous cherchez des solutions concrètes pour permettre à l'humanité de se passer des énergies fossiles
02:34 tout en bénéficiant d'un niveau de vie décent, ne comptez pas sur Andréas Malme.
02:38 Les alternatives aux énergies fossiles sont à peine explicitées.
02:42 Malme évoque au détour d'un paragraphe ou deux l'utilité des transports publics et des énergies renouvelables
02:47 en restant muet sur leurs limites techniques et la difficulté pour ces sources d'énergie de remplacer les matières fossiles
02:53 en permettant à l'humanité de bénéficier d'un niveau de vie décent.
02:56 Pas une ligne sur l'énergie nucléaire, sauf erreur, nous n'avons pas trouvé la moindre prise de parole publique critique d'Andréas Malme
03:03 sur la fermeture des centrales nucléaires en Europe ou en Allemagne par exemple.
03:07 Le mot n'apparaît pas dans ses trois derniers livres alors que la production d'une électricité abondante et décarbonée
03:13 est un élément stratégique qui conditionne presque toute la transition écologique.
03:18 Sans électricité abondante et décarbonée, pas d'électrification massive, des mobilités, du chauffage, de l'industrie.
03:25 Difficile également de synthétiser de l'hydrogène proprement, des intrants agricoles,
03:29 de dessaler proprement là encore l'eau de mer dans les régions en déficit d'eau douce
03:34 ou d'alimenter un développement industriel robuste pour permettre aux pays du sud de sortir de la pauvreté.
03:40 Quand le zèle révolutionnaire et armé est proportionnel à l'indifférence à l'égard des solutions pacifiques les moins coûteuses
03:47 pour décarboner l'économie mondiale, vous pouvez être sûr que le climat n'est qu'un prétexte
03:52 pour assouvir les éternelles pulsions anticapitalistes en plaçant sa lutte sous la bannière de Lénine,
03:58 le géographe à au moins le mérite de l'honnêteté.
04:02 [Musique]
04:05 [SILENCE]
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