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  • il y a 3 ans
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Estelle Youssouffa répond aux questions de Lionel Gougelot.
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Transcription
00:00 7h, 9h, Europe 1 Matin.
00:03 Il est 7h11 sur Europe 1 Lionel Gougelot, vous recevez ce matin Estelle Youssoupha,
00:08 députée Lyott, Liberté indépendant Outre-mer et Territoire de Mayotte.
00:13 - Bonjour Estelle Youssoupha.
00:14 - Bonjour.
00:16 - Merci d'être en ligne ce matin sur Europe 1.
00:19 Vous suivez à distance en tant que députée de Mayotte donc l'évolution de cette opération
00:23 Wambushu menée par le gouvernement contre l'insécurité dans les bidonvilles et pour
00:28 expulser les clandestins vers les Comores. Alors on l'a vu, on l'a dit dans le journal de 7h et on l'a dit depuis hier,
00:34 la justice s'est opposée au démantèlement d'un des bidonvilles, les Comores refusent d'accueillir les expulsés.
00:40 Quel est le constat, le premier bilan que vous faites ce matin de cette opération Estelle Youssoupha ?
00:45 - Effectivement moi j'ai entendu tout à l'heure dans votre journal
00:50 un représentant de la Ligue des droits de l'homme se réjouir de
00:54 de la fête qu'ont organisé les personnes qui ont échappé à la destruction de leur
01:00 de leur bidonville.
01:03 Mais en fait je pense qu'il faut
01:05 compléter ce qui a fait, ce qui a eu lieu. C'est à dire qu'effectivement les habitants qui ont échappé à
01:10 la destruction de leur bidonville ont fait la fête toute la nuit et leurs enfants ont semé la terreur
01:15 dans Kungu en menaçant de mort les élus et toute la population
01:22 maores en appelant au génocide et à la mort des maorais et des maores en chantant "Mayotte et Comorienne".
01:28 Donc en fait à un moment il faut comprendre la gravité de la situation
01:32 et arrêter de faire passer pour des victimes en disant que ce sont leurs biens qui ont été sauvés. Ces personnes sont en situation
01:39 irrégulière et occupent illégalement des terrains publics et privés
01:43 et donc à un moment il faut comprendre que la violence qu'on exerce à Mayotte
01:50 elle est politique. Les Comores revendiquent Mayotte.
01:53 La France a versé 150 millions d'euros dans le cadre d'un accord
01:57 signé en 2019 pour que les Comores
02:00 s'engagent à reprendre leurs ressortissants lorsqu'ils sont en situation irrégulière à Mayotte et là les Comores ne respectent pas leur engagement.
02:07 Donc le début de cette opération Wambufu est effectivement extrêmement poussif.
02:13 La préfecture de Mayotte a fait appel. J'espère qu'au final
02:18 l'état aura effectivement le dernier mot et qu'on pourra
02:21 procéder à la destruction de ces bidonvilles qui sont des zones insalubres,
02:25 qui sont des zones dangereuses et qui sont des refuges pour les bandes criminelles qui sèment la terreur à Mayotte.
02:30 - Vous dites que les on va dire les ratés du début de cette opération vous mettent en danger
02:36 les habitants de Mayotte. En quoi ?
02:39 - Oui parce que en fait déjà le fait que cette opération est fuitée il y a plusieurs semaines a laissé libre cours à un narratif
02:46 qui en fait délégitime
02:48 la mobilisation des forces de l'ordre pour ramener l'ordre et la loi à Mayotte, ce qui est quand même hallucinant.
02:56 Ça a laissé libre cours à une escalade comorienne qui a en fait entraîné des appels aux
03:01 génocides, des appels à la haine, des appels à la mort de la population à Mayotte.
03:06 Ça met en danger les forces de l'ordre parce que ça a permis aux bandes criminelles de s'organiser
03:13 et de semer la terreur comme on le voit en se dispersant sur le territoire pour les harceler.
03:18 Je rappelle quand même qu'il y a des policiers et des gendarmes qui sont courageusement sur le terrain
03:23 et que ça fait des années qu'elles s'affrontent à ces bandes. Il y a des policiers et des gendarmes qui sont rentrés de Mayotte
03:29 blessés, infirmes pour certains et que donc ce discours qui légitime l'occupation illégale
03:36 de terrain qui appartiennent à la collectivité publique ou à des familles,
03:42 ce discours qui fait abstraction de la revendication des comores qui instrumentalise ces flux migratoires pour déstabiliser Mayotte,
03:49 ce discours est dangereux. Nous, la population, nous les élus, sommes menacés.
03:54 Menacés physiquement. Il y a des familles qui ont fui. Il y a des personnes qui ont vu leur maison vandalisée, détruite, saccagée.
04:02 C'est pas une abstraction cette violence. C'est une réalité du quotidien.
04:06 La situation que l'on observe, comme on le disait, avec l'attitude des comores qui refusent d'accueillir les clandestins expulsés,
04:13 la décision de justice également, est-ce que ça vous fait dire que d'une certaine façon l'État français est impuissant pour régler le problème de l'immigration à Mayotte ?
04:21 Non. Moi je refuse ce discours d'impuissance avant même d'avoir entamé quoi que ce soit.
04:27 Je pense que Mayotte, il faut quand même comprendre, c'est 375 km², on fait le tour en une journée, il y a moins d'un demi-million d'habitants.
04:34 Si la deuxième, troisième, cinquième, huitième puissance mondiale n'arrive pas à gérer 375 km², il faut changer de métier, il faut tout de suite démissionner, et puis on passe à autre chose.
04:44 Comprenez, c'est pas audible. C'est un tout petit bras de mer. Je ne désespère pas que la Marine nationale se mobilise et défende enfin, en postant de manière permanente, un bateau militaire entre Mayotte et les comores, et qu'on fasse respecter cette frontière.
05:00 Mais à part ça, quels sont les moyens de pression sur les comores ?
05:04 Je rappelle qu'en fait, cet État dépend largement des subsides que nos impôts payent pour l'aide de la France au développement qui est versée aux comores.
05:18 Donc on a ces leviers-là. Le franc comorien est adossé à la Banque de France, c'est-à-dire que l'argent du trafic humain, l'argent qui sert à construire les kwasa-kassa qui transportent les migrants, tout cet argent transite par la Banque de France à Paris.
05:35 Donc si on a envie de fermer le robinet de ce trafic humain, on peut. De la même manière que tous les visas qui permettent à l'élite comorienne et aux uns et aux autres de circuler en France et de faire leur shopping ou d'aller étudier, le jour où le quai décide de enfin hausser le ton et de revoir la tonalité de la relation, le quai d'Orsay, pardon, notre diplomatie décide de hausser le ton, on peut.
06:00 On a des leviers, on les a déjà exercés, parce que je rappelle que ce n'est pas la première crise avec les comores, que le chantage migratoire exercé par Moroni, ce n'est pas la première fois et nous sommes, nous, à nouveau, mahoraises et mahorais, prisonniers de ce chantage exercé par les comores.
06:15 Et nous demandons que notre diplomatie, notre gouvernement s'active, ne laisse pas la situation dégénérer et on a besoin du succès de cette opération qui a des débuts pucifs, mais ce n'est qu'un début. Moi, je veux croire qu'on va y arriver. On en a besoin.
06:31 Merci, merci Estelle Dussoupha d'avoir été en ligne, en direct ce matin sur Europe 1. Députée de Mayotte, Lyotte, Liberté indépendante, Outre-mer et territoire. Merci, bonne journée.
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