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  • il y a 3 ans
Olivier Benkemoun revient sur la journée d'infos et de débats traités sur l'antenne de CNEWS dans #lemeilleurdelinfo

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00:00 Bonsoir, bonsoir à tous, merci d'être avec nous pour le Meilleur de l'Info.
00:03 On va revoir ensemble les meilleures séquences sur l'antenne de CNews aujourd'hui.
00:07 Et on réécoutera notamment l'attaque en règle de Michel Onfray contre Emmanuel Macron,
00:12 un an tout juste après sa réélection.
00:14 Le philosophe n'hommage pas ses mots contre un président dont la code de popularité dégringole jusqu'à être détesté.
00:20 - Je pense que ça lui fait plaisir même d'être détesté,
00:24 parce qu'il s'aime tellement qu'il dit finalement "Regardez, ils me détestent, mais ce sont tous des nuls".
00:29 - Il y a une vraie psychopathologie, je me répète,
00:31 mais c'est quand même problématique dans la Ve République où le chef de l'État a autant de pouvoir.
00:34 - On parlera aussi de l'opération de police et gendarmerie lancée à Mayotte
00:38 pour renvoyer les intrangés comoriens sans papier qui font vivre l'enfer
00:42 à la population du territoire le plus pauvre de France.
00:46 - On vient de détruire ma maison ! On a détruit ma maison ! Ils ont attrapé ma maison !
00:51 - Nous on estime que notre département est au bord du point de bascule.
00:55 - Si rien n'est fait, non seulement ce sera la guerre civile,
00:59 mais en fait on aura perdu complètement le contrôle de la situation.
01:01 - Et puis on reviendra sur cette séquence, Frédéric Beigbeder obligé de fuir une librairie du centre-ville de Bordeaux
01:08 envahie de militantes néo-féministes l'accusant de défendre le viol dans son dernier.
01:12 - Sa conférence s'est déroulée sans heure jusqu'à ce qu'elle soit interrompue
01:16 par une dizaine de militantes féministes obligeant l'écrivain à quitter les lieux.
01:23 - Frédéric Beigbeder fait un livre en réponse à cette espèce de harpies dégénérées
01:27 qui ont tagué sa maison de Guétaric.
01:29 - Frédéric Beigbeder, je l'ai eu au téléphone, il a voulu parler avec elle. Tu parles pas ?
01:32 - Rebonsoir, Yoann Uzail.
01:36 - Bonsoir Olivier.
01:37 - Bonsoir, vous m'accompagnez ce soir et même toute la semaine, me dit-on.
01:39 - Quelle chance.
01:40 - Pour le meilleur de l'info, il y a quand même une grosse actualité politique.
01:43 Un an. Un an et beaucoup de coups qui ont été pris par le chef de l'État.
01:48 On va y revenir évidemment dans un instant juste après le rappel des titres d'Isabelle Piboulot.
01:52 Emmanuel Macron persiste et souhaite sanctionner les patients
01:58 qui n'honorent pas leurs rendez-vous médicaux.
02:00 Jusqu'ici, son gouvernement, lui, s'est montré réticent.
02:04 Selon le chef de l'État, il est nécessaire de mieux responsabiliser les patients
02:08 face aux excès d'imprévoyance, des propos tenus hier dans Le Parisien
02:12 et qui ne sont pas sans rappeler les voeux du président aux acteurs de la santé début janvier.
02:17 Un individu a été interpellé hier à Paris pour apologie du terrorisme.
02:22 Il s'agit d'un homme de 39 ans, de nationalité roumaine.
02:26 L'interpellation a eu lieu au niveau du Quai Branly
02:29 après le signalement d'une passagère dans le métro parisien.
02:33 Lors d'une altercation à la station Madeleine, l'homme aurait déclaré porter une bombe.
02:38 Et puis dans une semaine, l'Inde sera le pays le plus peuplé du monde.
02:43 Place détenue depuis longtemps par la Chine.
02:45 Selon les Nations Unies, la population de l'Inde comptera plus d'un milliard 425 millions d'habitants
02:52 et devrait croître encore durant plusieurs décennies.
02:55 À l'inverse de la Chine, dont la taille de la population pourrait tomber
02:58 sous le milliard d'habitants d'ici la fin du siècle.
03:02 Il y a un an, les Français lisaient Emmanuel Macron pour un second mandat.
03:07 Un an plus tard, le chef de l'État a déglingolé dans les sondages,
03:10 donne l'impression d'un président brutal et arrogant, disent les enquêtes d'opinion.
03:13 Et personne ne croit qu'il va arriver à changer de cap.
03:17 Il s'est fixé sans jour.
03:18 Bref, le constat est sévère.
03:21 L'instrument de l'opposition à Emmanuel Macron, c'est la casserole.
03:24 On va voir des concerts de casserole à peu près tous les soirs.
03:27 Là, ici, c'est devant le théâtre de Paris.
03:29 C'était en fin d'après-midi.
03:30 Le théâtre de Paris aussi déroule ce soir la nuit des Molières.
03:34 Les syndicats ont appelé, je le rappelle, à perturber un certain nombre d'événements.
03:38 Roland-Garros, le festival de Cannes, etc.
03:41 Alors, sur cette année d'Emmanuel Macron, on a entendu beaucoup de monde aujourd'hui
03:44 sur l'antenne de CNews.
03:45 On va continuer, mais on va commencer par réécouter Michel Onfray, très sévère
03:50 sur la façon de pratiquer le pouvoir par le chef de l'État, Michel Onfray,
03:54 qui était l'invité ce soir de Punchline.
03:56 Il y a une structure psychique particulière chez ce monsieur.
04:00 Il est sadomasochiste, il aime faire jouir et il jouit dans la souffrance qu'il inflige.
04:04 Je pense que ça lui fait plaisir même d'être détesté parce qu'il s'aime tellement
04:08 qu'il dit "Regardez, il me déteste, mais ce sont tous des nuls".
04:11 Il y a une vraie psychopathologie, je me répète, mais c'est quand même problématique
04:14 dans la Ve République où le chef de l'État a autant de pouvoir.
04:16 – Mais est-ce que faire du bruit avec des casseroles,
04:18 ce n'est pas le niveau zéro de l'opposition politique, Michel Onfray ?
04:21 Il n'y a pas d'autre moyen d'exprimer son désaccord ?
04:23 – Alors si ça c'est le niveau zéro, le top niveau c'était de faire un référendum
04:26 en 2005 et de donner son avis en disant "Nous ne voulons pas de votre traité constitutionnel".
04:30 Et en 2008, c'était d'éviter de dire "Vous n'avez pas voulu du traité,
04:34 vous l'aurez tout de même, on va voter contre vous".
04:36 Moi je pense que ça fait plus de bruit ce coup d'État de 2008
04:39 que les quelques casseroles qui sont là juste pour lui dire "Tu nous fatigues, on en a assez".
04:43 Et le "Je ne me retirerai pas", c'est aussi une citation,
04:45 quand le général de Gaulle dit "Je ne me retirerai pas",
04:47 quand il dit "Je ne démissionnerai pas", c'est une façon de dire "Je suis là
04:50 et puis j'ai l'intention de vous emmerder", c'est une citation puisque c'est son vocabulaire.
04:52 Quand on utilise ce vocabulaire, ce registre,
04:54 il est obligé de mettre des guillemets, je n'aime pas beaucoup utiliser ces mots-là,
04:57 mais c'est quand même lui qui a dit à un moment donné concernant les gens
04:59 qui refusaient le vaccin qu'il avait envie de les emmerder.
05:01 Et il y a un moment donné où vous pouvez récolter ce que vous dites.
05:05 Ce que veut dire Michel Onfray, au fond, c'est qu'il y a un vocabulaire d'Emmanuel Macron,
05:10 alors à la fois châtié parfois et parfois très vulgaire.
05:14 Oui, c'est vrai que le président de la République parfois prononce des phrases qu'il regrette.
05:17 D'ailleurs, dans l'interview qu'il donne dans "Le Parisien",
05:19 il dit "Il y a des formules que je n'aurais pas dû prononcer".
05:21 Donc il reconnaît qu'il est parfois brutal, y compris verbalement.
05:25 Alors après, moi je ne vais pas commenter la psychologie du président de la République,
05:27 simplement ce que je peux dire, c'est que c'est vrai qu'il y a un vrai fossé
05:31 qui s'est creusé entre lui et une partie des Français.
05:35 Un fossé qui n'a sans doute jamais été aussi grand.
05:38 Jamais un président de la République n'a été à ce point-là détesté par une partie des Français.
05:43 Je dis bien une partie des Français, mais c'est vrai que ceux qui n'aiment pas
05:46 le président de la République aujourd'hui, ceux qui ne partagent pas ses avis et sa politique
05:50 sont dans une véritable détestation.
05:52 Ce qu'on a moins vu avec les autres présidents de la République, me semble-t-il.
05:55 Voilà, ceux qui l'aiment, normalement plus de 65 ans,
05:57 et notamment n'ont pas été conservés par la réforme des retraites.
06:02 Alors on va écouter d'autres mots.
06:04 Ceux de France, Olivier Gisbert, journaliste, écrivain,
06:06 grand observateur de la vie politique depuis Mitterrand et Chirac.
06:09 Des mots également très commentés.
06:11 Enfin en tout cas, un mot très commenté.
06:13 Il parle à propos d'Emmanuel Macron et du choix de ses ministres.
06:16 Vous allez l'entendre.
06:18 Je ne dis pas que c'est un nul.
06:22 Je dis juste qu'il y a quelque chose qui cloche dans la personnalité.
06:25 Il y a trop de narcissisme, il y a l'incapacité à apprendre,
06:29 il y a l'incapacité à déléguer ce qui est extrêmement grave.
06:33 Regardez son gouvernement, regardez, il choisit.
06:36 Enfin, plus les gens sont des ectoplasmes, mieux ça lui va.
06:39 Alors le mot ectoplasme, il y a deux définitions.
06:41 Il y a l'ectoplasme, la définition classique,
06:46 c'est une partie extérieure différenciée du cytoplasme des amis biens.
06:50 Bon, on ne s'est pas employé comme ça.
06:53 En fait, familier, c'est un personnage superficiel
06:55 inexistant dans le milieu où il gravite.
06:58 Je dis ça parce que François-Olivier Gisbert, il ne prend que des ectoplasmes.
07:01 Ce qui n'est quand même pas tout à fait vrai
07:03 parce que Bruno Le Maire, ce n'est pas un ectoplasme.
07:05 Darmanin non plus.
07:07 Gérald Darmanin, ce n'est pas un ectoplasme.
07:08 Madame Borne non plus d'ailleurs, ce n'est pas un ectoplasme.
07:10 Ce n'est pas le mot.
07:11 Edouard Philippe.
07:11 D'accord, vous en avez cité trois.
07:13 Eric Dupond-Moretti, ce n'est pas un ectoplasme.
07:16 Peut-être que le critère sur lequel il choisit ses ministres
07:18 et surtout les ministres importants,
07:20 c'est que ce ne soient pas des présidentiables.
07:21 Gérald Darmanin, ce n'est pas un présidentiable.
07:24 Ah bah si.
07:24 C'est peut-être pour ça d'ailleurs qu'il ne sera pas Premier ministre.
07:26 Et Bruno Le Maire.
07:27 Il faut qu'il le sera.
07:28 Bruno Le Maire, non.
07:29 Quand je dis que ce ne sont pas des présidentiables,
07:30 peut-être qu'ils y pensent.
07:31 Mais en tout cas, personne n'a jamais défié Emmanuel Macron
07:34 sur ce terrain parmi ses ministres depuis six ans.
07:36 Personne.
07:37 Alors que c'est relativement rare dans l'histoire de la Ve République.
07:40 Donc quand on n'est pas présidentiable, on met un ectoplasme ?
07:44 Non, mais je pense que le critère sur lequel il l'a choisi,
07:46 c'est vraiment ceci, c'est de se dire
07:47 "je ne veux pas être comme Jacques Chirac avec Nicolas Sarkozy".
07:50 Il a échoué avec Edouard Philippe en tout cas à ce moment-là.
07:53 Edouard Philippe, il n'est pas présenté en 2022.
07:55 Ectoplasme, ça a fait beaucoup réagir.
07:59 Il y a eu d'autres réactions encore dans Mindy News,
08:01 je vous propose de les écouter.
08:04 Le problème, c'est que ce gouvernement, c'est comme un bol de cornichons.
08:08 C'est-à-dire que quand vous mettez des légumes dans un bol de cornichons,
08:10 au bout de quelques semaines, ils deviennent des cornichons.
08:12 On a l'impression que c'est pareil avec le gouvernement d'Emmanuel Macron.
08:14 C'est-à-dire qu'il prend des personnalités fortes
08:16 et elles ressortent en Elisabeth Borne.
08:19 C'est-à-dire que Eric Dumont-Moretti, par exemple,
08:22 c'est quelqu'un qui avait une personnalité très, très forte
08:23 quand il était hors du gouvernement.
08:24 Là, il se tait, il ne dit rien, il ne prend jamais une position à contre-temps.
08:28 Mais tout le monde ne finit pas en cornichons.
08:30 Gabriel Attal, Gérald Darmanin.
08:32 Oui, mais vous vous souvenez quand même,
08:33 après, vous vous souvenez que sous l'air François Hollande,
08:36 il n'y avait pas une semaine sans qu'il y ait un clash à l'intérieur du gouvernement,
08:40 une bisbille entre un tel ministre, un ministre qui ouvrait la bouche
08:43 pour critiquer le gouvernement, etc.
08:44 C'était pareil sous Nicolas Sarkozy.
08:46 Emmanuel Macron, on dirait qu'il fait en sorte d'avoir des ministres
08:48 qui obéissent le doigt sur la couture du pantalon
08:51 et qui, effectivement, le laissent en première ligne
08:53 pour recevoir toutes les critiques aussi.
08:55 Le problème, c'est qu'à la fin, vous vous retrouvez avec un prince
08:58 qui est à poil sur son trône,
09:00 avec des parlementaires qui revendiquent leur amateurisme
09:02 et des politiques qui ont un sens politique
09:06 ou en tout cas une aura politique nulle.
09:07 Ce qui est fascinant dans l'histoire de Macron, quand on l'écrira plus tard,
09:10 c'est qu'il est arrivé comme stagiaire,
09:11 c'est-à-dire, bon, il a été vaguement ministre, mais c'est quelques mois.
09:15 La politique est un métier.
09:16 Moi, ça fait longtemps que je regarde.
09:18 Évidemment, c'est très bien, on fait des articles dans les journaux
09:21 pour dire qu'on est contre la politique professionnelle,
09:22 mais c'est pas vrai, c'est un métier.
09:24 Ça s'apprend, c'est violent.
09:25 Sa défense, Emmanuel Macron,
09:26 il n'y a plus beaucoup de personnalité tout court en politique.
09:29 Donc, ce n'est pas seulement autour de lui.
09:30 Non, mais alors vous exagérez.
09:31 Non, mais c'est vrai, il y a eu un nivellement par le bas
09:34 sous l'effet de la transparence, des insultes aux politiques,
09:37 des diminutions de salaires, des non-cumuls de mandats
09:40 qui font que non, la politique, c'est quand même un secteur
09:42 qui s'est beaucoup affaibli.
09:43 Voilà, donc les mots sont durs ce soir, Yoann Zahy.
09:48 Et en même temps que vous allez les commenter,
09:49 on va voir des images en direct
09:52 qui nous parviennent de la Gare de Lyon à Paris.
09:55 Nouvelle casseroleade.
09:56 Alors, je crois que ce soir, en fait,
09:58 la NUPES avait appelé ses militants
10:01 et puis tous ceux qui sont opposés à la politique d'Emmanuel Macron
10:04 à se réunir et à partir de 20h à taper sur des casseroleades.
10:07 Et là, c'est une improvisation, c'est une manifestation improvisée.
10:11 Gare de Lyon à Paris.
10:13 Vous reconnaissez l'arrivée des TGV
10:15 et ces quais qui sont envahis en ce moment.
10:18 Mais écoutez, si la NUPES a effectivement appelé
10:22 à cette manifestation sauvage...
10:24 Pas spécifiquement, mais je crois qu'à 20h ce soir,
10:26 la NUPES avait demandé à chacun de ceux qui étaient contre
10:29 la politique d'Emmanuel Macron de frapper,
10:31 de célébrer cette nouvelle année à l'Élysée
10:35 au son des casseroleades.
10:36 Celle-ci, je ne sais pas.
10:37 – Mais en tout cas, il s'agit d'une manifestation
10:39 qui est une manifestation sauvage.
10:40 Elle n'a de toute évidence pas été déclarée
10:42 puisqu'on se trouve là-dedans, dans la Gare de Lyon.
10:44 Ça va nécessairement impacter des milliers et des milliers de voyageurs
10:48 puisque le trafic va probablement être interrompu.
10:50 On va voir ce qui se passe.
10:52 Mais effectivement, on assiste à des mobilisations
10:55 qui sont de plus en plus radicales.
10:56 On en parlera peut-être tout à l'heure
10:57 avec les déplacements des ministres.
10:58 C'est-à-dire qu'il ne reste que dans ces manifestations
11:00 que les personnes les plus déterminées en réalité,
11:03 donc qui sont prêtes à aller jusqu'au bout.
11:05 Et jusqu'au bout, c'est quoi ?
11:06 À enfreindre la loi, puisqu'on voit bien que manifestement maintenant,
11:10 dans la plupart de ces mobilisations,
11:11 la loi est enfreinte de manière quasiment systématique.
11:14 – Alors là, je n'ai pas l'impression, pardon,
11:15 que les quais ou les trains soient bloqués.
11:18 En revanche, c'est comme un comité d'accueil pour les voyageurs
11:21 qui descendent en ce moment du TGV.
11:25 Je pense qu'on peut avoir un tout petit peu d'ambiance.
11:26 Je crois qu'on entend bien la casserole.
11:29 – Mais il ne reste pas moins que ce qui est une manifestation
11:30 qui n'est pas autorisée.
11:32 Donc, de fait, mon analyse, je la maintiens,
11:35 ne reste dans ces manifestations que les personnes
11:38 qui se mettent de plus en plus en dehors de la loi.
11:41 Et ça va commencer à poser un problème,
11:43 d'abord pour l'ordre républicain.
11:44 Ça pose déjà un problème pour l'ordre républicain.
11:47 Et puis, l'opinion des Français risque de se retourner.
11:49 Non pas en faveur de la réforme des retraites,
11:51 ça ne changera jamais.
11:52 Les Français sont contre et massivement contre.
11:54 Mais les Français vont peut-être commencer à se dire
11:56 que ce genre de manifestation, ça suffit.
11:59 Et donc, les manifestants, ceux qui restent,
12:00 risquent de perdre le soutien populaire.
12:02 – Vous avez raison.
12:03 Tant que les Français peuvent continuer à circuler,
12:06 à prendre leur train, à prendre leur voiture, etc.,
12:10 il n'y aura pas de problème.
12:11 – Mais les Français n'aiment pas le désordre.
12:12 Pardon, c'est quelque chose qui est constant
12:14 depuis des années et des années.
12:16 Je crois que ce genre d'image, là, on n'est pas dans la violence,
12:19 manifestement, pour l'instant, ce n'est pas le problème.
12:21 Mais ce à quoi on assiste en marge des déplacements,
12:23 des responsables politiques, etc.,
12:25 je crois que les Français, vraiment, n'aiment pas ça.
12:27 Les Français sont attachés à l'ordre.
12:29 Et je crois que ces images desservent la cause.
12:33 – On parlait tout à l'heure de, parfois, des poursuites
12:38 qui peuvent avoir lieu de ces manifestations non autorisées.
12:43 Plusieurs personnes sont d'ailleurs jugées,
12:45 ou vont être jugées pour insultes, en tout cas,
12:47 trois personnes pour avoir fait des doigts d'honneur
12:49 et des insultes lors du récent déplacement en Alsace.
12:53 Pour expliquer, on va voir une autre explication
12:55 chez Jean-Marc Morandini.
12:56 – C'est la loi, l'article 344-5 du Code pénal
13:01 qui punit à un an de prison et jusqu'à 15 000 euros d'amende.
13:06 Mais il y a un historique sur l'injure au président de la République.
13:09 Avant, on parlait d'offense.
13:11 Et l'offense, elle a disparu en 2013 avec l'arrêt d'Hervé Héon
13:16 avec le cassois-pauvre-con.
13:18 On peut voir que depuis un certain nombre d'années,
13:21 il y a une dégradation de la courtoisie républicaine.
13:24 Le général de Gaulle a utilisé l'offense contre lui,
13:27 mais ça, on sortait de la crise de l'Algérie.
13:31 Et il avait poursuivi d'ailleurs des confrères avocats à l'époque
13:34 qui s'en étaient pris à lui.
13:36 Et puis après, il y a eu de Pompidou, Valéry Giscard d'Estaing,
13:41 Mitterrand et Chirac, il n'y a pas eu de poursuite.
13:45 Ça a commencé avec Nicolas Sarkozy qui, lui, avait injurié
13:48 un manifestant lors du salon de l'agriculture,
13:51 c'était en 2008 si je me souviens.
13:54 Et puis après, ça n'a pas arrêté de se dégrader.
13:58 - Il fallait le faire ou pas ?
13:59 - Oui, il fallait le faire.
14:00 Parce qu'on se doit de respecter le président de la République,
14:03 même si on est totalement contre sa politique.
14:05 On se doit de se recentrer sur le fond, sur le débat.
14:08 - Alors, moi, je ne suis pas pour qu'on insulte
14:10 le président de la République.
14:11 - Mais vous ne le condamnez pas.
14:13 - Pardon ?
14:13 - Vous ne condamnez pas les insultes ou les offenses ?
14:15 - Non, mais moi, toutes les insultes.
14:16 - Au même titre que je condamne les insultes
14:21 du président de la République à l'égard du peuple,
14:23 je... - Il n'y a eu aucune insulte.
14:25 - Pardon ? - Quelle insulte le président a faite ?
14:26 - C'est vrai que quand vous êtes de la France d'en bas,
14:29 quand on vous dit les riens, quand on vous dit
14:31 "traverser la rue", et vous avez juste à traverser la rue,
14:34 il est dans une provocation permanente.
14:37 - Dans une provocation permanente, vous avez entendu, selon Rost.
14:42 Je voulais qu'on écoute une autre réaction.
14:43 C'était ce matin, Manuel Bompard,
14:45 qui était dans la matinale de CNews.
14:47 - Que vous ne craignez pas qu'un cap soit franchi ?
14:51 Il y a eu des injures proférées contre le président
14:53 lors de son déplacement à Celesta dans l'Hérault.
14:55 Trois personnes seront jugées en septembre
14:57 pour avoir fait des doigts d'honneur
14:59 et avoir proféré des insultes.
15:00 - Mais peut-être que M. Dupond-Moretti
15:01 va les accompagner sur les bancs du tribunal,
15:04 puisque je vous rappelle qu'il avait fait un doigt d'honneur
15:07 au président des groupes Les Républicains
15:10 à l'Assemblée nationale.
15:10 - Un bras d'honneur.
15:11 - Un bras d'honneur. Ah, ce n'était pas pareil.
15:13 C'est peut-être ça la nuance juridique qui m'a échappé.
15:16 - On a les élites qu'on mérite.
15:17 - Non, mais vous voyez, vous comprenez ce que je veux dire.
15:19 Il faut que le président de la République comprenne
15:21 que ce n'est pas en criminalisant ceux qui s'opposent à sa politique
15:24 qu'on va faire avancer le pays
15:26 et qu'on va faire avancer la situation
15:27 dans laquelle on est aujourd'hui.
15:29 Il faut y apporter des réponses.
15:30 Et la seule réponse aujourd'hui entendable,
15:33 c'est de dire bon, OK, le texte de loi,
15:35 il a été promulgué, mais je peux ne pas l'appliquer.
15:38 C'est ce qu'avait fait le président de la République,
15:40 Jacques Chirac, sur le contrat première embauche.
15:42 Il est encore temps pour le président de la République
15:44 de revenir à la raison de ne pas appliquer ce texte de loi.
15:48 Il y aura un vote au début du mois de juin à l'Assemblée nationale
15:51 pour abroger ce texte à l'Assemblée nationale.
15:54 - Vous espérez réunir une majorité ?
15:55 - J'appelle tous les députés,
15:57 toutes celles et ceux qui se sont opposés à cette réforme,
16:00 à effectivement voter cette loi d'abrogation.
16:02 - Y compris les députés RN ?
16:04 - Tous. Il y a 577 députés.
16:07 Si on veut que cette loi d'abrogation, elle soit votée,
16:09 il faut qu'il y en ait une moitié d'entre eux qui la votent.
16:12 Donc ça s'adresse aux députés Les Républicains qui, on le sait,
16:15 ont été sans doute beaucoup plus nombreux que prévus
16:18 pour ne pas voter cette loi sur les retraites.
16:20 Peut-être qu'ils seront là aussi, une majorité,
16:22 pour voter cette loi d'abrogation.
16:24 - Et on va retourner voir les images en direct de la gare de Lyon
16:28 où vous avez ce concert de casserole et ces militants qui sont toujours là.
16:31 Peut-être qu'on peut les entendre.
16:32 Visiblement, visiblement, ils se sont réunis
16:35 parce que c'est l'arrivée du train de Papendiaïe
16:38 qui rentrait de Lyon. Le train de 21h07, disons.
16:42 - Oui, le ministre de l'Éducation nationale
16:44 qui était en déplacement à Lyon, effectivement.
16:46 Un déplacement qui a été très perturbé.
16:49 Il a même dû être revu.
16:51 Le ministre n'a pas pu faire tout ce qu'il voulait.
16:52 Les manifestations, d'ailleurs, qui se sont traduites
16:56 avec une certaine violence.
16:57 Il y a eu un peu de violence dans la manifestation à Lyon.
17:00 Des manifestants qui ont tenté d'enfoncer des portes, etc.
17:03 - On reverra les images dans un instant.
17:05 Mais je vous propose quand même de rester sur le direct
17:07 parce qu'effectivement, on a vu des policiers
17:09 se diriger vers le train, vers sans doute la voiture
17:14 où se trouve Papendiaïe.
17:16 - Alors, ce qui va se passer, là, manifestement,
17:18 si le ministre se trouve bien dans le train,
17:19 il y a des mesures de sécurité, évidemment,
17:21 qui ne changent pas quand il s'agit d'un membre du gouvernement.
17:24 Alors, probablement, le ministre ne va pas sortir tout de suite.
17:26 Il va manifestement rester dans le train.
17:28 Le temps d'évacuer une partie de ces manifestants,
17:31 de sécuriser un parcours pour qu'ils puissent
17:33 effectivement traverser le hall de la gare
17:35 et rejoindre un cortège officiel qui attend le ministre
17:37 à l'extérieur de la gare pour qu'il puisse rejoindre son ministère.
17:40 Mais ça risque de prendre un petit peu de temps
17:42 puisqu'il y a du monde.
17:43 Et on voit bien que les manifestants sont dans une stratégie
17:46 qu'ils poursuivent depuis plusieurs jours maintenant,
17:48 c'est-à-dire perturber, empêcher même les visites
17:50 des membres du gouvernement et du président de la République,
17:53 d'ailleurs, également.
17:54 - Bon, on va continuer à avoir un œil
17:56 sur ce qui se passe à la gare de Lyon.
17:57 Mais je vous propose de voir les images de Lyon
18:00 cet après-midi, d'entendre Papendiaïe, effectivement.
18:04 Et lors de cette visite perturbée.
18:07 - Des forces de l'ordre ont pu être attaquées.
18:18 Tout cela est évidemment condamnable,
18:22 mais cela ne modifie ni ne perturbe mes visites.
18:26 Et je vais continuer, évidemment, à me déplacer de façon régulière
18:30 parce que je suis un ministre de terrain.
18:32 [Applaudissements]
18:38 - Effectivement, les ministres annulent systématiquement
18:40 leurs déplacements parce que les préfectures leur disent
18:42 on est dans l'incapacité d'assurer votre sécurité.
18:44 Et c'est parce que c'est seulement une telle mobilisation
18:46 de forces de l'ordre autour du déplacement
18:48 qu'ils disent ne venez pas.
18:50 On est capable d'assurer sans trop de difficulté
18:52 le déplacement présidentiel de la première ministre,
18:56 de quelques-uns des ministres lorsqu'ils vont
18:57 dans un établissement clos où on peut accéder
19:00 et pouvoir ressortir.
19:02 Mais sinon, c'est les services de sécurité qui disent
19:03 on ne sait pas faire, donc ne prenez pas le risque.
19:05 [Cris de la foule]
19:11 - Dans la vie normale et apaisée, un déplacement de ministre,
19:14 c'est déjà un service de sécurité.
19:16 Et dans la vie d'aujourd'hui, post-réforme des retraites,
19:19 le climat n'est pas apaisé, donc le service d'ordre augmente d'autant
19:22 pour tenir une foule.
19:23 Alors parfois, c'est quelques personnes avec des casseroles,
19:25 parfois, il y a un peu plus de monde.
19:26 Et c'est des services d'ordre qui prennent une autre dimension,
19:29 à la fois en termes de volume d'effectifs
19:30 et également de sensibilité.
19:31 Parce qu'il y a des gens qui sont parfois hostiles verbalement,
19:34 il y en a d'autres qui sont hostiles physiquement.
19:35 Et on ne peut pas laisser se faire agresser un membre du gouvernement,
19:39 tout comme toute personne d'ailleurs qui représente une forme d'autorité.
19:41 Parce que par principe, déjà une agression, ce n'est pas acceptable.
19:44 Mais encore moins sur les membres du gouvernement
19:46 qui doivent être protégés dans l'exercice de leur action publique.
19:48 Donc c'est encore une fois, policiers et gendarmes
19:50 qui sont mis à contribution.
19:51 [Cris de la foule]
19:53 - Voilà, concert de casseroles, cet après-midi,
19:57 à la mi-journée je crois d'ailleurs,
19:59 pour Pape Ndiaye en visite à Lyon.
20:01 Et concert de casseroles ce soir encore pour l'arrivée
20:03 à la gare de Lyon du ministre de l'Éducation nationale
20:07 qui est arrivé par le train de 21h05, c'est précis.
20:10 Donc les militants avaient rendez-vous pour cette casserolade
20:16 pour accueillir le ministre.
20:18 Le seul ministre en déplacement aujourd'hui ?
20:20 - Alors je n'ai pas le détail sincèrement
20:23 de l'agenda de tous les membres du gouvernement.
20:26 Ce que je peux vous dire, c'est qu'effectivement
20:27 les déplacements des ministres se font plus rares.
20:29 C'est certain, Emmanuel Macron, lui, les accélère
20:31 parce qu'il y a un souci de communication.
20:32 Il veut montrer qu'il n'est pas empêché.
20:34 Les ministres, eux, sont moins médiatisés,
20:36 donc ça a moins d'importance.
20:37 Mais c'est vrai, ils se déplacent beaucoup moins
20:39 depuis quelques semaines.
20:40 Là, quand même, ce qu'on peut dire,
20:41 quel que soit le jugement qu'on porte sur cette réforme,
20:44 là on n'est plus dans le débat.
20:45 On n'est plus dans le débat d'idées.
20:46 On n'est plus dans le débat démocratique.
20:48 Là, il y a une forme d'intimidation.
20:50 Quand on intimide un ministre,
20:53 quand on cherche à empêcher le déplacement
20:54 d'un membre du gouvernement, d'un président de la République,
20:57 on ne veut plus débattre.
20:58 On veut simplement empêcher et faire du bruit.
21:01 Donc, ça n'est pas acceptable dans un pays comme le nôtre.
21:03 Le débat politique, ce n'est pas ça, pardon.
21:05 Les débats politiques,
21:06 on peut avoir de grands débats politiques dans ce pays.
21:09 On en a eu dans le passé.
21:10 Aujourd'hui, on ne sait plus se parler.
21:11 Et si on ne partage pas le même avis,
21:13 le même opinion,
21:14 on est forcément dans la violence ou dans l'intimidation.
21:17 Ça finit par poser un problème pour la vie démocratique du pays.
21:19 Bon, ça pose un problème pour la vie démocratique,
21:21 on entend les huées.
21:23 Donc, est-ce qu'il s'adresse à Pape-Miaille
21:26 ou est-ce qu'il s'adresse aux policiers
21:28 qui sont en train de bloquer le bout du quai,
21:31 évidemment, pour qu'il ne soit pas envahi ?
21:33 Vous avez vu qu'il y a un certain nombre de médias qui sont présents.
21:36 Également, donc, ça a été annoncé à la presse, cette opération.
21:42 Je précise aussi, alors, qu'aujourd'hui,
21:44 Emmanuel Macron était à Ostende
21:47 pour un sommet sur la mer du Nord.
21:50 C'est un sommet assez important.
21:52 Il n'y a pas eu de comité d'accueil.
21:55 On n'a pas revu les images qu'on avait pu voir à Amsterdam,
21:59 en Hollande, il y a quelques jours,
22:01 lors de ses différents déplacements à l'étranger.
22:04 Preuve aussi, peut-être, que ça se calme.
22:07 D'ailleurs, c'est là-dessus, je pense,
22:09 que joue le chef de l'État, une sorte de lassitude.
22:14 – Quand on est à l'étranger,
22:16 souvent, il y a moins de manifestations,
22:17 il y a moins de ressorties sans français, etc.
22:19 On n'est pas soumis à la même pression populaire,
22:20 naturellement, quand on n'est pas dans son pays.
22:22 Là, il s'agit d'un sommet à Ostende
22:24 qui est encore beaucoup plus sécurisé
22:26 que le déplacement aux Pays-Bas,
22:27 parce qu'il y a plus de chefs d'État
22:28 et plus de chefs du gouvernement.
22:30 Donc, si vous voulez, c'est ultra sécurisé
22:32 et les manifestants ne peuvent pas s'approcher
22:34 à moins de plusieurs centaines de mètres.
22:36 Donc là, le président était effectivement,
22:38 véritablement protégé.
22:40 Sur ces images, effectivement, à la gare de Lyon,
22:43 là, je ne vois pas bien comment le ministre
22:44 va pouvoir quitter son train,
22:45 parce qu'il y a plusieurs choses.
22:46 Il y a une question de sécurité, d'abord.
22:48 Là, la sécurité n'est visiblement pas assurée,
22:52 en tout cas, dans les minutes qui suivent,
22:53 on ne voit pas comment ça va être possible.
22:54 Il y a une question de communication aussi,
22:56 parce que vous avez son équipe de communication
22:58 qui l'accompagne lors de ses déplacements,
22:59 qui est avec lui dans le train
23:00 et qui est en train de se dire,
23:02 attention, si on sort maintenant,
23:03 vous avez toutes les caméras qui sont braquées sur nous,
23:05 on risque de se faire siffler, c'est déjà le cas,
23:07 éventuellement de prendre des projectiles,
23:09 des œufs, je ne sais trop quoi.
23:10 Donc, en termes de communication,
23:12 les images d'un ministre quittant le train précipitamment,
23:15 peut-être en courant pour échapper aux manifestants,
23:17 se traitent d'une catastrophe.
23:18 Donc là, ils sont en train, me semble-t-il,
23:19 dans le wagon qui les a menés à Paris,
23:23 de se demander comment sortir de cette situation,
23:25 par où va-t-il pouvoir s'échapper
23:27 sans affronter les caméras et les manifestants ?
23:29 Il y a des sorties, au milieu des quais,
23:31 vous savez qu'il y a des escaliers pour rejoindre le métro,
23:34 est-ce que c'est une solution qui sera utilisée ou pas ?
23:36 Mais en tout cas, à cet endroit-là, c'est le cas.
23:39 Moi, j'ai l'impression qu'en ce moment,
23:41 les militants se dirigent vers la sortie,
23:45 peut-être leur a-t-on dit que le ministre de l'Éducation
23:48 a déjà été sorti du train ?
23:49 - A déjà été évacué, alors, peut-être.
23:51 - Peut-être, déjà été évacué,
23:52 alors ça, c'est une information qu'on n'a pas encore.
23:55 Mais en tout cas, visiblement,
23:56 il semble que les militants sont en train de se disperser
23:59 avec leurs casseroles,
24:01 ou se dirigent vers un autre endroit de la gare,
24:04 on regardera ça tout à l'heure.
24:06 - En tout cas, ce sont des personnes qui sont déterminées,
24:15 à l'évidence, une partie des Français
24:18 qui manifestaient jusqu'à présent à renoncer à le faire
24:20 parce qu'ils ont considéré que le Conseil constitutionnel
24:22 avait validé le texte, qu'ils avaient été promulgués,
24:24 donc que la bataille ne se situait plus dans la rue,
24:26 mais une partie très minoritaire,
24:28 il y a quelques centaines de personnes qui sont là.
24:30 Ça n'est pas rien, mais ça n'est pas non plus significatif.
24:33 Ces personnes-là sont déterminées,
24:35 je ne vois pas pourquoi elles ne seraient pas là
24:37 dans une semaine ou même dans deux semaines,
24:39 ça prendra beaucoup de temps avant que ces personnes
24:41 ne rentrent chez elles de manière définitive.
24:43 - Probablement qu'il y aura des opérations
24:44 un peu de ce style à peu près tous les soirs.
24:47 À chaque fois qu'il y aura un déplacement.
24:48 D'ailleurs, Emmanuel Macron est en déplacement dès demain ?
24:50 - Il sera en déplacement dès demain.
24:52 - C'est où déjà ?
24:54 - Le président de la République sera demain dans le Loir-et-Cher
24:57 sur le thème de la santé.
24:59 Il va se rendre dans une maison pluridisciplinaire
25:01 et il y aura probablement un autre déplacement jeudi.
25:05 L'Elysée tient le lieu secret pour l'instant.
25:07 Vous avez bien compris que l'objectif,
25:09 c'est de prévenir au dernier moment
25:10 pour que les manifestants ou ceux qui se livrent
25:12 à ce qu'on appelle désormais des casserolades
25:14 n'aient pas trop le temps de s'organiser
25:16 ou en tout cas moins le temps de s'organiser
25:17 pour perturber la visite.
25:18 Donc on apprend toujours au dernier moment
25:20 où et quand le président va se déplacer.
25:22 Mais déplacement demain, c'est certain.
25:24 Et probablement jeudi,
25:25 puisque le rythme du président maintenant,
25:27 c'est deux déplacements par semaine en France.
25:30 - On va quitter la gare de Lyon.
25:31 Je propose de quitter la gare de Lyon pour parler de Mayotte.
25:33 Parce qu'à Mayotte, il s'est passé beaucoup de choses aujourd'hui.
25:37 D'abord, l'opération reprise,
25:39 comme reprise de territoire des mars,
25:40 elle consiste à mener des opérations de police et gendarmerie
25:43 avec des effectifs renforcés.
25:45 1800 membres des forces de l'ordre sont mobilisés.
25:47 Mayotte, c'est le territoire français le plus pauvre.
25:51 Un habitant sur deux est étranger et comérogue.
25:54 - Le 101e département français, le plus pauvre du pays,
26:01 est gangréné par l'immigration clandestine et la délinquance.
26:05 - Écoutez, vous n'avez plus de la moitié de la population
26:07 qui est étrangère, en grande partie comorienne,
26:09 avec un voisin comorien qui revendique Mayotte.
26:11 - On n'est même plus dans un territoire perdu.
26:13 On est dans un territoire qui se désagrège,
26:16 dans un enfer au sein duquel règne une violence
26:20 qui est quasi quotidienne.
26:21 Je me souviens qu'en 2021, il y a un lycéen
26:25 qui avait été assassiné à coup de tournevis.
26:27 - Une situation qui pourrait bien changer
26:30 avec l'opération Wambushu qui démarre cette semaine.
26:33 - Cette opération, elle se fait à la demande des élus
26:37 et de la population.
26:39 Nous, on estime que notre département
26:41 est au bord du point de bascule.
26:44 Si rien n'est fait, non seulement ce sera la guerre civile,
26:47 mais en fait, on aura perdu complètement le contrôle
26:49 de la situation.
26:50 - Alors c'est très bien qu'il y ait ce déploiement
26:52 de policiers et gendarmes,
26:53 mais souvenez-vous déjà, l'été dernier, il y en avait eu.
26:56 Et qu'apprenions-nous l'été dernier déjà ?
26:59 Que ces policiers et gendarmes sont très souvent attaqués
27:02 par des hordes d'enfants armés de machettes,
27:05 de couteaux, d'armes blanches diverses.
27:07 Or, un policier français ne tire pas sur un enfant.
27:09 Que faites-vous quand vous êtes attaqué à la machette
27:12 alors que vous êtes un policier armé ?
27:14 Ça reste une question de fond.
27:16 Et Mayotte nous met face à des responsabilités colossales.
27:20 La France a accepté de garder Mayotte,
27:22 mais nous n'avons absolument pas les moyens
27:24 de ce 101e département.
27:26 Il n'y a même pas d'aéroport international,
27:28 il n'y a pas d'hôpital d'île, il n'y a rien à Mayotte.
27:30 - Le préfet de Mayotte a fait un premier point
27:32 avec la presse aujourd'hui et il a été violemment pris à parti.
27:35 On va revoir cette séquence.
27:37 - Les opérations que nous menons aujourd'hui
27:43 de lutte contre la délinquance et de lutte contre la victime,
27:46 avec leurs conséquences sur l'immigration clandestine,
27:50 on les arrêtera pas.
27:51 - Je vais avoir la parole, excusez-moi.
27:53 Je vais avoir la parole.
27:55 On vient de détruire ma maison.
27:56 On a détruit ma maison.
27:58 Vous avez rempli ma maison.
27:59 - C'est moi qui parle.
28:00 - Non, non, c'est moi qui parle, lui là.
28:01 Donnez-moi le micro.
28:03 Laissez-moi tranquille.
28:04 Laissez-moi tranquille, vous n'avez pas le dégât de nous garder.
28:08 Vous n'avez pas le dégât de sauver nos maisons.
28:10 Maintenant, c'est moi qui parle.
28:11 Donnez-moi le micro.
28:12 Ça suffit.
28:13 Laissez-moi tranquille.
28:15 Non, non, je veux parler.
28:19 Ouvre ce micro.
28:20 - Vous pourriez répondre aux journalistes,
28:21 vous pourriez leur parler à l'écran.
28:23 - Je veux parler là, ici.
28:25 Ça suffit maintenant.
28:27 Laissez-moi tranquille.
28:28 Vous n'avez pas le dégât de nous protéger.
28:31 Laissez-moi tranquille.
28:33 - C'était tendu, même pour le préfet.
28:35 C'est haut du côté des commores.
28:38 En plus, on refuse catégoriquement qu'on renvoie des clandestins dans le Ril.
28:44 - Oui, pour l'instant, effectivement,
28:46 l'opération du gouvernement ne peut pas être menée à terme.
28:49 On verra bien ce qu'il y en a dans les prochains jours.
28:52 Mais le gouvernement, pour l'instant, va avoir du mal à les expulser.
28:54 Ils vont sans doute négocier avec les commores.
28:56 De quelle manière, on verra bien.
28:58 Mais effectivement, si l'opération d'évacuation doit commencer
29:01 dans les prochaines heures, on le dit éventuellement demain,
29:03 pour l'instant, la situation semble bloquée.
29:05 Mais la situation est explosive.
29:07 - En tout cas, on a vu les gendarmes et les policiers mobilisés.
29:09 Ça a créé une tension.
29:10 Je voulais juste, avant d'avoir le flash et le rappel des titres,
29:14 écouter le commentaire de Michel Onfray,
29:16 qui dit avoir honte de ce qui se passe là-bas.
29:19 - C'est minable, ce qui se passe là-bas.
29:22 Ce que l'ont fait Darmanin et Macron,
29:24 c'est vraiment fort avec les faibles et faible avec les forts.
29:27 Quand je vois ces gens qu'on va sortir de chez eux en disant
29:31 "vous avez vu les tôles, etc.", on dirait "ah, là, l'État est puissant,
29:34 il est fort, il va faire quoi ?
29:36 Il va mettre des gens dehors, des pauvres gens,
29:38 en disant "on les remet dans des bateaux,
29:40 ils vont repartir aux commores".
29:41 Mais qu'ils aillent faire ça dans les territoires perdus de la République,
29:44 qu'on aille dans les endroits où ils risqueraient
29:45 de se faire accueillir avec des kalachnikovs
29:47 ou avec des coups et des violences.
29:49 C'est facile d'être, justement, avec des gens simples,
29:52 modestes, pauvres et paumés, de dire
29:54 "on va envoyer la force militaire, la soldatesque,
29:58 et on va rouler les sémus, là, pour montrer que..."
30:01 Moi, j'ai un peu honte, quand je vois des croix, là, sur des maisons,
30:03 disant "il faut y aller", etc.
30:05 J'ai vraiment un peu honte, c'est pas ça la République.
30:06 Voilà, c'est pas ça la République.
30:08 Le commentaire de Michel Onfray,
30:09 rappel des titres à 21h31 sur CNews.
30:12 Demain, Emmanuel Macron se rendra dans le Loir-et-Cher,
30:18 à Vendôme, accompagné de François Braun.
30:20 Ils visiteront une maison de santé
30:22 sur fond de désertification médicale croissante dans le pays.
30:26 L'occasion d'évoquer avec les soignants
30:28 les problématiques d'accès aux soins,
30:30 de formation et d'attractivité de la profession.
30:34 Dès cet automne, aller chez votre médecin traitant
30:37 vous coûtera plus cher.
30:38 Les tarifs augmenteront d'1,50€,
30:40 soit 26,50€ la consultation pour les généralistes
30:44 et 31,50€ pour les spécialistes hors dépassement d'honoraires.
30:48 Cette mesure reste toutefois bien en-dessous,
30:51 des 30 à 50€ minimum réclamés en vain par les syndicats.
30:55 Et puis l'été s'annonce rude.
30:57 L'Espagne est frappée par une vague de chaleur particulièrement précoce.
31:01 Le mercure dépassera les 30°C demain et mercredi,
31:05 avec des pointes prévues à 40°C dans la semaine,
31:08 signe de l'accélération du réchauffement climatique,
31:11 le pays étant déjà confronté à sa pire sécheresse depuis des décennies.
31:17 Voilà, et puis on jette un coup d'œil sur ce qui se passe dans les rues de Paris,
31:19 en tout cas à l'extérieur de la Gare de Lyon,
31:21 vous l'avez vu, il y avait un comité d'accueil pour Papin-Vieille,
31:23 on n'a pas vu le ministre de l'Éducation sortir du train,
31:25 mais en tout cas on a entendu les casseroles
31:27 et ceux qui voulaient l'accueillir bruyamment
31:29 pour lui signifier qu'ils étaient contre cette réforme des retraites
31:33 et qu'ils entendaient le dire et le répéter,
31:35 et encore le répéter, ça va durer au moins jusqu'au 1er mai,
31:38 puis le 3 mai, le prochain grand rendez-vous avec le Conseil constitutionnel,
31:42 ce sera le 3 mai.
31:43 - Oui, puisque le Conseil constitutionnel doit rendre sa décision
31:46 concernant la deuxième référendum de RIP,
31:48 qui a été déposée à nouveau par la gauche,
31:50 puisque vous savez que la première demande de RIP,
31:51 le référendum d'initiative partagée,
31:54 a été rejeté par le Conseil constitutionnel,
31:56 donc là il y a une deuxième demande qui a été examinée le 3 mai,
31:59 et le Conseil rendra sa décision.
32:02 Si le Conseil dit non à nouveau au référendum,
32:05 là ça sera véritablement la fin de ce qu'Emmanuel Macron appelle
32:08 le parcours démocratique du texte.
32:10 - Et là ce qui se passe dans la rue,
32:12 après avoir quitté la Gare de Lyon,
32:15 c'est un cortège sauvage,
32:18 qui se dirige peut-être vers la place de la Bastille,
32:22 en tout cas ils en ont pris la direction,
32:25 en renversant des poubelles, en renversant des vélos électriques.
32:29 On regarde ce qui se passe évidemment,
32:33 d'ici les prochaines minutes.
32:35 Je voulais qu'on revienne aussi sur des images qui sont absolument hallucinantes,
32:38 qui ont fait le tour des réseaux sociaux.
32:40 Des adolescents à moto,
32:42 qui ont littéralement effrayé toute une galerie marchande près de Nantes,
32:45 en roulant à tout à l'heure à l'intérieur.
32:47 Et il y avait beaucoup d'enfants,
32:48 il y a des risques insensés qui ont été pris,
32:52 et évidemment tout ça a été fait pour être posté sur les réseaux sociaux.
32:55 On regarde cette première séquence.
32:57 - Vendredi aux alentours de 17h,
33:01 trois engins motorisés font irruption dans ce centre commercial,
33:04 situé au nord de Nantes.
33:06 Un nouveau rodéo filmé par l'un des protagonistes
33:09 est diffusé sur les réseaux sociaux.
33:11 Les motards empruntent même les tapis roulants,
33:14 utilisés habituellement par les clients.
33:16 - Moi je n'avais jamais vu ça,
33:18 parce que des rodéos il y en avait sur la route, sur l'autoroute, sur les nationales.
33:21 Mais alors dans un tapis roulant d'une galerie marchande,
33:25 première fois, je vous assure, à chaque fois tu te dis...
33:29 - Et effectivement, ils sont passés devant les boutiques,
33:34 avec donc deux crosses ainsi qu'un scooter qui était en train de filmer,
33:38 ce qu'on voit bien sur les images.
33:41 Et ils ont traversé toute la galerie,
33:43 où il y avait quand même des enfants, des personnes âgées,
33:46 surtout qu'actuellement c'est les vacances, il y a des jeux pour les petits,
33:51 et ça aurait pu être très très grave,
33:53 et qu'ils ont réussi à ressortir de l'autre côté.
33:55 Nos clients ont eu peur, ainsi que certains enfants.
33:59 - Dès qu'un passant insulte le président de la République,
34:01 ce passant est tout de suite arrêté et condamné
34:04 pour injure publique à chef de l'État.
34:07 - Et là on voit qu'il y a des voyous qui impunément viennent faire leur loi,
34:12 en s'appropriant des territoires, et qu'ils sont laissés dans l'impunité.
34:16 - Je m'étonne que M. Darmanin n'ait pas plaidé efficacement pour ça,
34:20 tant qu'on n'aura pas un durcissement très sensible, très fort,
34:24 vis-à-vis des auteurs de ce genre de phénomène.
34:26 - On ne va pas prendre le risque de le tamponner
34:29 pour le blesser gravement ou blesser quelqu'un dans la rue.
34:32 Quant au contexte du centre commercial, c'est encore plus compliqué,
34:35 parce qu'un centre commercial, vous avez bien compris,
34:37 il y a plein de piétons, il y a plein de parents qui promènent avec les enfants.
34:41 Que voulez-vous qu'on fasse à l'intérieur d'un centre commercial ?
34:44 C'est complètement fou de voir des images comme ça.
34:46 - Si on en est là, c'est aussi parce qu'il y a une course à la notoriété
34:49 et au spectacle sur les réseaux sociaux, comme le faisait remarquer
34:52 d'ailleurs cet après-midi le professeur Kevin Bossuet.
34:55 - On insiste beaucoup sur les auteurs de ces actes,
34:59 mais aussi les spectateurs, parce que souvent ce genre de choses
35:03 s'est mis en avant sur les réseaux sociaux.
35:04 - Parfois ce sont des clips qui sont un peu produits.
35:07 - On en fait une publicité et il y a un public, en effet,
35:11 qui va assister à ce genre de choses.
35:13 Donc à un moment, il faut peut-être sévir.
35:15 Et quand j'entends la gauche bien pensante nous raconter toujours
35:19 les mêmes litanies qu'il faudrait confisquer, par exemple, les scooters.
35:23 Mais souvent, les scooters sont des scooters qui sont volés
35:27 ou qu'il faut protéger ces pauvres enfants qui sont voués à eux-mêmes
35:31 et qui ne savent pas ce qu'ils font.
35:34 Mais à un moment donné, je crois qu'il faut permettre aux policiers
35:37 de les poursuivre et protéger juridiquement les policiers,
35:42 parce que ce genre de choses, ce n'est plus possible.
35:45 - Et j'ajouterais même que la loi prévoit le cas de figure
35:48 qui est celui d'un individu qui ferait la promotion de ses rodéos,
35:51 qui lui-même, l'individu qui fait la promotion de ses rodéos
35:54 sur les réseaux sociaux notamment, il peut être en prison jusqu'à deux ans.
35:58 Donc là encore, ce cas de figure est prévu par la loi.
36:00 - Alors encore une fois, la question est peut-être celle de l'application,
36:03 mais en tout cas, je ne crois pas qu'on puisse parler, à mon sens,
36:05 de laxisme législatif, puisque la loi encadre tout ça.
36:08 Maintenant, bien sûr, on peut parler d'une question de l'application de la loi.
36:11 Ça, il n'y a pas de difficulté, mais la loi existe.
36:13 - Voilà, on va retourner dans les rues de Paris où un premier incendie a démarré.
36:17 Vous allez le voir en direct.
36:19 On est tout près de la gare de Lyon, la gare de Lyon,
36:22 où on a vu tout à l'heure ce comité d'accueil avec des casseroles.
36:26 Il attendait Papandia, il y a son arrivée du train de 21h07.
36:30 On sait maintenant que le ministre de l'Éducation est sorti de son train.
36:33 Enfin, il est resté pendant une dizaine de minutes coincé à l'intérieur du wagon
36:37 sans savoir où il pouvait aller.
36:38 Il est sorti, comme vous l'expliquez, par l'un des escaliers
36:42 qui mène directement au-dessous de la gare,
36:45 que l'on emprunte quand on prend un métro.
36:47 Et le cortège se dirige à présent vers la place de la Bastille
36:51 en renversant poubelle, en renversant vélo, en mettant le feu.
36:55 Les policiers suivent ce cortège et nous, on continuera à le suivre dans un instant
36:59 parce que c'est l'heure de la pub.
37:01 A tout de suite sur CNews.
37:02 Des néo-féministes en veulent à Frédérique Bechbedé.
37:09 Elle l'accuse de faire l'apologie du viol dans son dernier roman, ce qui est faux.
37:13 Elle écrivain, en tout cas, a été obligée de fuir une séance de dédicaces
37:17 organisée dans une librairie de Bordeaux.
37:20 Elles étaient une dizaine à coller ces slogans
37:25 avant la venue de l'auteur près de la librairie Mola.
37:28 Bechbedé fait un livre en réponse à cette espèce de harpies dégénérées
37:32 qui ont tagué sa maison de Guétary.
37:34 Et elles, elles répondent comment à ça ?
37:35 Elles répondent en taguant et en approchant de la librairie.
37:37 Donc on est dans deux mondes complètement différents,
37:39 sauf qu'elles incarnent un monde qui est inculte, bête et totalitaire.
37:42 Sa conférence s'est déroulée sans heure jusqu'à ce qu'elle soit interrompue
37:45 par une dizaine de militantes féministes,
37:47 obligeant l'écrivain à quitter les lieux.
37:49 - On ne peut pas le dire !
37:52 Je comprends à la limite, même si je suis en total désaccord avec elle,
37:56 que des féministes n'aiment pas le livre de Bechbedé.
38:00 Mais elles n'aiment pas, elles le disent,
38:02 elles débattent avec lui, mais elles n'interdisent pas.
38:05 - Il défend ce qu'il pense, après on est d'accord, on n'est pas d'accord,
38:08 mais c'est ça la démocratie aussi, c'est de pouvoir en parler.
38:10 - Ce sont des gens qui veulent empêcher une rencontre dans une librairie,
38:14 qui saccagent une librairie en France en 2023 et qui appellent à la censure.
38:19 - Frédéric Bechbedé est bien un mâle blanc de plus de 50 ans,
38:23 et rien que pour ça il est coupable.
38:25 - Il dit pourquoi moi, qui n'ai pas choisi d'être blanc,
38:27 qui n'ai pas choisi d'avoir 50 ans et d'être un bourgeois occidental,
38:31 pourquoi je ne pourrais pas moi aussi me dire victime ?
38:34 Et pourquoi, et d'ailleurs il a dit "j'ai dénoncé les violences féministes",
38:38 donc en fait elles ne font qu'en confirmer ce qu'il dénonce dans son livre,
38:41 c'est-à-dire qu'on ne peut pas avoir débat sur ce sujet.
38:43 - Mais Frédéric Bechbedé, je l'ai eu au téléphone,
38:44 il a voulu parler avec elle, tu ne parles pas ?
38:47 Parce qu'en fait, pourquoi tu ne parles pas ?
38:49 Parce qu'elles ne peuvent pas argumenter.
38:52 Moi je l'ai lu son bouquin, il ne fait pas l'apologie du viol.
38:55 - C'est simplement un homme qui a affiché des liaisons multiples avec des jolies femmes.
39:00 En fait c'est l'homme qui aimait les femmes de François Truffaut,
39:03 joué par Charles Bendenea il y a 50 ans.
39:05 Mais cet homme-là aujourd'hui...
39:06 - Ce qui en principe n'est pas un délit.
39:07 - Ah oui mais maintenant, si !
39:09 - Bah si bien sûr, c'est pas loin.
39:10 - 1,50 €, c'est la hausse qu'ont obtenue les médecins généralistes.
39:16 Au lieu de 25 € la consultation, elle passera à 26,50 €,
39:20 pas exactement les 5 € de hausse qu'ils réclamaient.
39:24 Depuis la mi-journée, les généralistes sont très remontés,
39:27 ils l'ont dit sur l'antenne de CNews.
39:29 - Non mais il faut arrêter qu'on se foute du monde,
39:32 il faut arrêter de se foutre de nous.
39:34 Vraiment là, on est gouverné par des branques,
39:38 qui tous les Français savent que la France est en train de se désertifier
39:41 de ses médecins généralistes,
39:43 et il n'y a aucun signal, aucun signe pour redonner notre activité à ce métier.
39:48 Franchement, là, la colère, elle est vraiment énorme.
39:53 On s'attendait au moins à une consultation à 30 €,
39:56 mais sincèrement, le système de santé est à la rue,
39:59 les urgences continueront d'être débordées
40:01 si la médecine de ville continue de se désertifier comme elle se désertifie actuellement.
40:06 On voit actuellement toutes les urgences en train de fermer les unes après les autres,
40:10 soit le soir, soit le week-end.
40:12 Maintenant, il y en a une de plus tous les jours.
40:15 Donc franchement, il serait temps que le gouvernement prenne conscience
40:18 que le système de santé français est à la rue.
40:21 Ils sont en train de le détruire,
40:23 et encore plus rapidement que les 20 dernières années.
40:25 Il y a beaucoup de choses gratuites dans ce pays, il faut s'en féliciter,
40:28 mais là, quand même, arriver à payer des médecins 26,50 €,
40:32 c'est quand même, il faut y réfléchir, c'est pas tenable.
40:34 Les médecins sont vraiment très, très, très en colère,
40:38 et je pense que ça ne va pas rester comme ça.
40:42 La colère, c'est le mot qui est revenu toute la journée,
40:45 la colère des médecins et la colère de ceux et celles
40:49 qui manifestaient ce soir à la gare de Lyon,
40:51 à l'arrivée du train de Papendia,
40:53 où le ministre de l'Éducation était en déplacement.
40:55 C'était le ministre qui était à l'extérieur de Paris aujourd'hui.
40:59 Vous savez que maintenant, c'est la tradition.
41:02 Dès qu'un ministre se déplace, il a le droit à un concert de casserole,
41:04 à un comité d'accueil.
41:06 Donc, il y a eu son arrivée à la gare de Lyon.
41:09 Les militants ne l'ont pas vue.
41:11 Les manifestants ne l'ont pas vue,
41:14 mais ils l'ont copieusement sifflé.
41:17 Je crois qu'il est resté une dizaine de minutes, Johan,
41:19 dans le train, peut-être ?
41:20 Oui, il est resté quelques minutes, en tout cas,
41:23 effectivement, dans le wagon, protégé par les policiers,
41:25 avec son équipe de communication, pour savoir comment est-ce qu'il pouvait
41:27 être évacué, le temps aussi de réorganiser son cortège,
41:30 puisque son cortège devait l'attendre à l'entrée de la gare.
41:33 Il a dû falloir le rediriger pour accueillir le ministre,
41:35 qu'il puisse s'engouffrer le plus vite possible dans sa voiture
41:38 et regagner son ministère.
41:39 Donc, il y a eu, effectivement, une dizaine de minutes de flottement,
41:42 mais le ministre a pu être évacué sans être confronté aux manifestants.
41:46 Alors qu'on a à la fois les images en direct,
41:49 et puis on revoit les images de ce cortège qui est rentré tout à l'heure
41:54 dans la gare de Lyon, avec ses casseroles,
41:58 pour accueillir le ministre de l'Éducation.
42:01 Donc, votre image sur la droite, c'est celle d'un peu plus tôt,
42:04 gare de Lyon.
42:06 Et donc, le ministre a été, en quelque sorte, exfiltré.
42:09 Absolument, il a été en tout cas...
42:11 La journée a été difficile pour Papel Guégué, déjà, à Lyon.
42:13 Très, très difficile, effectivement.
42:15 Il a été chahuté, empêché même, à Lyon.
42:17 Là aussi, quelque part, il a été empêché de sortir de son train.
42:20 Ce qui me frappe, en découvrant ces images en même temps que vous,
42:23 c'est la sociologie des manifestants,
42:25 qui n'est quand même pas du tout la même que celle qu'on pouvait voir
42:27 dans les manifestations traditionnelles,
42:29 déclarées, encadrées par les syndicats.
42:32 Là, c'est une population extrêmement jeune.
42:34 On a affaire à des lycéens ou à des étudiants.
42:37 Donc, c'est quelque chose qui va au-delà de la réforme des retraites.
42:40 Je sais, parce que je n'arrive pas exactement à les voir.
42:42 La seule chose que je vois, c'est qu'ils n'ont pas le visage couvert de capuche.
42:46 Ils ne sont pas en noir.
42:47 Manifestement, ils ne sont pas des black box.
42:49 Et depuis, maintenant, une quinzaine de minutes,
42:52 ils ont quitté la gare de Lyon pour se diriger vers la place de la Bastille.
42:57 Ils sont en train d'arriver.
42:58 Place de la Bastille, ça, c'est l'image en direct,
43:00 sur la gauche de votre écran.
43:02 Peut-être qu'on peut la mettre en grand, à présent.
43:05 Je dis ça pour Arnold, notre réalisateur.
43:08 Il me semble reconnaître la place de la Bastille, pas très loin, derrière.
43:14 Sans doute que les commerçants et les cafetiers ont un peu peur pour leur théâtre.
43:21 Il y a beaucoup de monde ce soir.
43:22 Dans des cortèges sauvages, on en a connu à Paris, dans des villes de province,
43:26 avec beaucoup moins de monde que ça.
43:28 Donc là, c'est quand même un cortège sauvage d'une ampleur assez importante.
43:32 Mais effectivement, une population qui, je vous confirme,
43:34 moi je les vois très bien, est une population très jeune.
43:37 Ça ne fait aucun doute.
43:38 Donc la sociologie est clairement différente.
43:40 Quelques poubelles ont été brûlées, incendiées.
43:44 Quelques vélos jetés sur la voie publique.
43:48 Les policiers, on les a perçus tout à l'heure,
43:50 mais restent à distance et étaient derrière les manifestations.
43:55 Les manifestants, encore une fois, manifestations, cortèges sauvages,
43:59 qui se dirigent bruyamment, pour le moment, vers cette place de la Bastille,
44:06 pour se rassembler, sans doute, pour continuer à taper sur des casseroles
44:10 et pour dire leur profond désaccord, encore une fois,
44:14 contre cette manière qu'a eue le président Macron d'utiliser le 49.3,
44:20 de faire passer en force cette loi sur les retraites, qui ne passe pas.
44:25 C'est une manifestation, en réalité, pas seulement contre la réforme des retraites,
44:28 c'est une manifestation contre le président de la République.
44:30 Ils sont venus manifester contre Emmanuel Macron, en l'occurrence.
44:34 C'est ça. Un an après, c'est le bilan, en quelque sorte, qu'on peut faire.
44:37 Un an après la réélection d'Emmanuel Macron, c'est aujourd'hui,
44:42 la date officielle, c'est une manière de signifier, officiellement,
44:47 la colère contre la personne du chef de l'État.
44:54 On va se quitter sur ces images, mais je suis sûr que, dans un instant,
44:58 Julien Pasquet continuera à les commenter, d'ici une dizaine de minutes,
45:01 avec ses invités, puisque ce sera l'heure de Soir Info.
45:04 Merci beaucoup, Yovann.
45:06 A demain ?
45:07 Demain soir, pour le meilleur de l'info, qui était un peu perturbé ce soir,
45:09 mais on avait de l'actualité et des images à vous montrer en direct.
45:13 Soir Info, dans un instant. Bye bye.
45:15 Merci à Valérie Acnan, encore une fois, et à Maureen Vidal.
45:18 ...
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