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  • il y a 3 ans
L'enquête de Nelson Getten, tous les vendredi, samedi et dimanche dans le Week-End Direct.

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Transcription
00:00 Alors précisément, notre spécialiste de la question ce soir c'est Nelson Jettel.
00:03 Vous avez réellement enquêté sur ce sujet ces dernières heures,
00:07 vous êtes allé sur le terrain comme souvent,
00:09 et on va parler avec vous de ces poubelles qui continuent d'envahir les trottoirs.
00:13 Et c'est vrai, ces poubelles sont devenues un symbole de ce mouvement.
00:17 Oui, à tel point que des militants en ont fait un objet de lutte.
00:21 Regardez cette image, vous voyez deux poubelles, rien d'anormal,
00:25 sauf que quand on zoome, on remarque qu'elles sont attachées entre elles par un collier de serrage.
00:30 L'objectif des activistes qui ont fait ça, c'est de retarder le ramassage des poubelles,
00:36 parce que si elles sont attachées, évidemment, impossible de les tirer une par une
00:40 et de les vider dans le camion.
00:43 Vous le voyez, ils ont posté plein de vidéos de leurs opérations,
00:46 et même un tuto pour encourager leurs camarades à le faire.
00:51 Prendre deux poubelles, si possible pleines, insérer le serre-flex de cette façon-là,
00:58 comme ceci. Attention, chaque essai est définitif.
01:02 Et voilà, deux poubelles unies par les liens du serre-flex.
01:10 [Bruit de serrage]
01:22 À l'origine de ces actions, un collectif Alternatiba Paris,
01:26 qui lutte contre le dérèglement climatique, mais également contre la réforme des retraites,
01:30 ils ont baptisé cette opération, tenez-vous bien, l'opération Christophe Maé,
01:34 chanteur connu pour sa chanson "On s'attache".
01:37 Sauf qu'ils ont dû oublier que la suite, c'était "On s'attache et on s'empoisonne".
01:41 Est-ce qu'on sait combien de poubelles ont été attachées ?
01:43 Ils revendiquent plusieurs centaines de poubelles attachées depuis hier,
01:46 jour où l'opération a commencé, dans le 17e arrondissement de Paris notamment,
01:50 où les ordures débordent. On y allait tout à l'heure avec Margot Visade,
01:53 et effectivement, on est tombé sur pas mal de ces fameux colliers de serrage.
01:57 Alors visiblement, ça ne marche pas à chaque coup,
02:00 mais les activistes sont bien passés par là, et à chaque fois,
02:03 ils laissent un mot, vous le voyez, sur les poubelles qu'ils attachent.
02:07 Et malgré l'insalubrité des rues, les opposants à cette réforme des retraites
02:11 continuent de soutenir les zéboueurs en grève.
02:14 Oui, et pour s'en rendre compte, on a été à l'incinérateur d'ici,
02:16 les Moulinots, en banlieue parisienne. Un drapeau CGT, des panneaux en hommage
02:21 aux zéboueurs, et une petite foule de sympathisants venus soutenir les grévistes.
02:25 On a apporté de la nourriture, on a donné dans la caisse de grève,
02:29 et puis on est là aussi pour discuter avec eux, pour les soutenir moralement.
02:33 Vous êtes venus à combien ?
02:35 Alors là, on est venus avec 6-7 collègues et quelques enfants.
02:40 On apporte du soutien à ce mouvement qui est visible,
02:44 et qui n'est finalement que la partie visible de l'iceberg,
02:47 parce que toute la France est contre ce projet quasiment.
02:50 Un pique-nique devant l'incinérateur bloqué, et un barbecue,
02:54 même comme pour montrer que seules les merguez brûlent là-bas.
02:57 Pas totalement, puisqu'il y a quand même quelques camions poubelles,
03:00 et les grévistes qui laissent que les grévistes laissent passer.
03:03 Oui, un toutes les 20 minutes, c'est une sorte de barrage filtrant.
03:06 Les rares camions qui arrivent doivent attendre avant de pouvoir rentrer dans l'incinérateur.
03:10 Mais ce n'est pas grand-chose, quelques chiffres, aujourd'hui,
03:13 150 tonnes de déchets ont été brûlées en temps normal dans cet incinérateur-là,
03:17 c'est 2 500 tonnes par jour.
03:19 Et ce que vous ont dit les zéboueurs grévistes, avec qui vous avez pu parler,
03:23 c'est qu'ils veulent continuer.
03:25 Ici, les Molinaux, ils sont toujours à quasi 100% de grévistes,
03:28 et le mouvement social devrait continuer, d'autant qu'ils se sentent soutenus,
03:31 qu'ils se sentent presque considérés comme des symboles de cette lutte sociale.
03:35 J'ai posé cette question à Sophie, que vous avez entendue tout à l'heure,
03:38 c'est une enseignante, et force est de constater qu'elle a le sens de la formule.
03:41 Écoutez.
03:42 Ce n'est pas la révolte de la poubelle,
03:44 nous tout ce qu'on veut c'est que ce projet de loi tombe à la poubelle, ça c'est sûr.
03:48 Plus de 10 000 tonnes sont toujours entassées dans les rues de Paris,
03:51 et ça ne sent pas bon pour la suite.
03:53 Et comment expliquer pour ceux qui nous regardent, Nelson,
03:56 que malgré les réquisitions, il n'y ait très peu d'améliorations ?
04:00 Parce que c'est aussi la question que se posent ceux qui nous regardent ce soir.
04:03 Michael le disait tout à l'heure, il y a eu très peu de grévistes qui ont été réquisitionnés,
04:07 et surtout il y a beaucoup de garages qui sont encore bloqués,
04:10 donc très peu de camions qui sont en circulation,
04:12 beaucoup d'incinérateurs, comme on l'a vu là, qui sont bloqués,
04:15 et donc du coup, 150 tonnes que vous enlevez sur les 10 000 qui restent à Paris,
04:19 ça ne fait pas grand-chose, et donc on ne voit pas la différence dans les rues de Paris.
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