00:00 il y a une peur communautaire, mais il y a une peur générale aussi
00:03 que les chirurgiens s'amusent sur les corps des patients qu'ils opèrent.
00:10 Et ça, ce n'est pas un secret, c'est la vérité.
00:12 C'est-à-dire qu'on vient pour une demande particulière
00:18 et eux, ils estiment que leur pratique, c'est un peu comme une signature
00:24 et que du coup, ils interviennent sur les corps des personnes
00:28 pour marquer leur signature, comme si du coup, le corps d'un être humain
00:31 s'était assigné, s'était à s'approprier.
00:33 C'est des opérations un peu de test,
00:36 comme si les personnes trans étaient une batterie de tests.
00:40 Alors que moi, je veux transitionner.
00:43 Déjà, c'est compliqué d'être une personne trans dans cette société,
00:46 mais si j'ai accès à de la chirurgie, je veux le mieux du mieux.
00:49 Je ne veux pas la version Wish ou Lidl de la chirurgie esthétique.
00:54 Je veux le meilleur du mieux pour pouvoir me lever le matin et me dire
00:57 "Ah, ça va" et pas "Ah, merde, je suis botched".
00:59 Donc du coup, d'une expérience personnelle,
01:01 par exemple pour ma poitrine, moi, j'ai demandé un bon essai.
01:05 Quand je me suis retrouvée face à l'intervention,
01:07 le chirurgien m'a tout de suite parlé de monter directement un bon ED,
01:10 et quand je me suis réveillée de l'intervention, j'avais un bon ED.
01:13 Bien sûr que sur le moment, ça m'a choquée.
01:15 Je me suis posé des questions, je me suis dit "Bon, ça y est,
01:17 je vais avoir des énormes seins,
01:19 je vais pouvoir faire que du porno dans ma vie,
01:21 je vais être désocialisée,
01:24 vraiment, ça va être compliqué, machin et tout",
01:26 bien qu'aujourd'hui, j'ai relativisé
01:28 et que je trouve que cette poitrine, effectivement,
01:30 elle est proportionnée à mon esthétisation.
01:33 Et donc, du coup, oui, on peut s'attendre plusieurs fois
01:36 à tomber sur des chirurgiens qui ne font pas ce qu'on demande.
01:40 Je pense que j'aurais été rassurée d'avoir un bon essai
01:44 plutôt qu'un bon ED,
01:46 qui a demandé aussi plus de réflexion,
01:49 parce que pendant la partie de guérison,
01:51 je me suis posé beaucoup de questions sur mon avenir,
01:54 ce qui m'a créé une charge mentale assez dure
01:56 pour pouvoir m'approprier quelque chose que j'avais demandé
02:00 et dont j'avais besoin et dont on n'a pas respecté
02:03 et dont je ne peux pas me séparer en claquant des doigts,
02:05 parce qu'en fait, si je veux le faire enlever,
02:07 il faut que je retourne chez le chirurgien,
02:09 et c'est de la négociation,
02:10 parce que des chirurgiens ne veulent pas passer derrière
02:13 le travail d'autres chirurgiens.
02:15 Et donc, du coup, ça veut dire se faire enlever les prothèses
02:17 par le chirurgien qui nous a opérés
02:19 pour aller en voir un autre pour qu'il rattrape
02:22 et ne pas être sûr qu'il va nous faire ce qu'on nous demande.
02:25 Donc, c'est un peu compliqué.
02:26 C'est d'ailleurs pour ça que j'ai choisi de partir à l'étranger,
02:31 parce que j'ai l'impression qu'il y a quelque chose
02:33 quand même de plus honnête dans ce métier de chirurgien,
02:36 puisque déjà, c'est un peu plus low cost,
02:38 mais aussi, il faut bien choisir, effectivement,
02:41 on ne va pas partir n'importe où pour se faire opérer,
02:43 mais les chirurgiens qui opèrent à certains endroits
02:47 sont vraiment sûrs d'un point de vue de communication communautaire
02:51 pour pouvoir aller se faire opérer là-bas
02:53 et avoir les meilleures rendus possibles.
02:55 [Sous-titres réalisés par la communauté d'Amara.org]
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