00:00 Globalement, on utilise le terme de chirurgie esthétique
00:03 parce qu'on vient toucher justement à l'aspect esthétique du corps
00:08 pour pouvoir l'embellir selon des critères de beauté,
00:12 des standards de beauté, des normes dans lesquelles on est ancré.
00:16 Je pense qu'encore une fois, les personnes cisgenres,
00:21 elles n'ont pas pris le terme d'un point de vue des personnes transidentitaires.
00:27 Pour eux, quand ils ont un problème lié à leur apparence physique,
00:31 les personnes cisgenres, elles ont ce qu'on appelle de la dysmorphophobie.
00:35 Donc, c'est le fait de se voir difforme et de se trouver laid
00:39 et d'avoir un besoin d'esthétisation pour pouvoir retrouver peut-être une confiance en soi,
00:46 sortir d'un syndrome de l'imposteur.
00:48 Tandis que d'un point de vue des personnes transidentitaires,
00:51 elles ont ou elles n'ont pas ce qu'on appelle de la dysphorie de genre.
00:55 C'est-à-dire que quand elles se regardent dans un miroir,
00:58 elles ont l'impression de ne pas se reconnaître.
01:01 Et donc, s'il y a un besoin qui est créé autour de ces chirurgies,
01:06 c'est parce qu'en fait, elles viennent apaiser quelque chose au fond de nous.
01:10 Donc, je trouve que parler de chirurgie reconstructrice,
01:14 c'est le terme qui s'apprête le mieux aux personnes transidentitaires.
01:17 Et c'est sûrement pour ça qu'il y a un gate-keep dans l'entreprise médicale française,
01:22 ne serait-ce que par exemple avec la sécurité sociale.
01:25 Parce que du coup, comme elles sont considérées comme esthétisantes
01:28 et pas comme reconstructrices ou vitales,
01:31 les prises en charge, elles se jouent sur ce mot-là
01:34 pour que les prises en charge ne soient pas respectées.
01:37 Dans les cercles médicaux, les médecins, les chirurgiens, les endocrinologues
01:42 sont complètement désinformés vis-à-vis de la situation des personnes transidentitaires.
01:47 Dans un parcours des études médicales en France,
01:50 il y a littéralement deux heures qui sont accordées
01:53 à ce qu'on appelle les questions de transidentité.
01:56 Du coup, que ce soit d'un point de vue des chirurgiens
01:59 et de la façon dont on finance les chirurgies,
02:01 eux, ils vont le voir comme un appât de monnaie
02:04 plutôt qu'une aide apportée à la personne.
02:07 Eux, ils savent très bien que les personnes trans,
02:09 elles vont se saigner d'une façon ou d'une autre
02:11 pour pouvoir financer ces chirurgies-là.
02:13 Du coup, on a ce qu'on appelle une ALD hors liste.
02:17 L'ALD 31, c'est l'affectation de longue durée,
02:20 ce qui est appelé les maladies incurables.
02:22 Donc, il y en a 30 en France.
02:24 Et donc, quand elles sortent de ces cadres des 30,
02:27 il y en a une dernière qui s'appelle la 31.
02:30 À l'intérieur de l'ALD 31, on demande tous les besoins chirurgicaux,
02:32 tous les besoins médicaux.
02:34 Il faut vraiment tout catégoriser déjà dès l'entrée
02:37 pour pouvoir amener à bien son parcours de transition.
02:40 Et suite après à ça,
02:41 en fait, ça va être vraiment une déprise de rendez-vous,
02:45 plutôt des échanges via des groupes, des discords,
02:48 ce genre de choses entre personnes trans
02:50 pour pouvoir informer sur quel médecin,
02:53 quel practicien est plus safe ou pas.
02:56 Et généralement, les listes d'attente sont très longues.
02:59 Ça prend vraiment beaucoup de temps.
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