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  • il y a 3 ans

Chaque jour, Romain Desarbres et ses invités font un point complet sur l'actualité.
Retrouvez "Europe 1 Midi" sur : http://www.europe1.fr/emissions/europe-1-midi3

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Transcription
00:00 Romain Desarbres.
00:02 - Europe 1 midi, on est ensemble jusqu'à 13h, en direct évidemment, midi 21.
00:07 On en parlait pendant le journal, le président Vladimir Poutine a annoncé ce matin que la Russie
00:12 suspendait sa participation à l'accord New Start sur le désarmement nucléaire.
00:17 Et Poutine a également menacé de réaliser de nouveaux tests nucléaires
00:22 si les Etats-Unis en font d'abord, c'est ce qu'il a déclaré.
00:26 Bon, on est avec Nicolas Tenzer. Bonjour Nicolas Tenzer.
00:29 - Bonjour Romain Desarbres. - Merci beaucoup d'être avec nous dans Europe Midi.
00:32 On a besoin de vos lumières, de votre décryptage.
00:35 Vous êtes enseignant à Sciences Po, spécialiste des questions internationales et de sécurité,
00:39 et directeur du Mediadesk Russie.
00:41 Bon, Vladimir Poutine qui annonce la suspension de la participation de la Russie
00:46 à l'accord New Start sur le désarmement nucléaire. Expliquez-nous cette annonce.
00:53 - Écoutez, je pense que c'est une annonce qui n'est pas extrêmement surprenante,
00:57 qui consistait, ces accords, à limiter en quelque sorte la concurrence sur le plan stratégique
01:03 entre les différentes puissances, à avoir un système d'information mutuel,
01:08 une surveillance mutuelle, etc. Je dirais, un pays qui, comme la Russie, ne respecte plus rien,
01:14 sort d'un accord qu'il ne respectait déjà plus complètement, ça n'a rien d'absolument étonnant.
01:19 Mais ça fait uniquement un moyen de pression supplémentaire pour essayer de faire peur à l'Occident
01:25 en disant "on va recommencer les essais, les courses à l'armement,
01:29 et éventuellement le moment venu on sera prêt à faire quelque chose d'un peu plus grave".
01:32 Voilà, et ça c'est une rhétorique habituelle.
01:34 - Rhétorique habituelle. Qu'est-ce que vous retenez de ce qu'a dit Vladimir Poutine sur l'Ukraine ?
01:39 - Écoutez, là aussi, je dirais, on m'a posé la question avant le discours, sur certains de vos concurrents,
01:45 et j'ai dit "écoutez, ce sera un discours sans surprise", et ça a été un discours sans surprise.
01:49 C'est-à-dire que ça a été un discours qui concrètement a dit clairement "d'abord, circulez, il n'y a rien à voir,
01:55 on maîtrise tout, vous ne pouvez pas vaincre la Russie, on va de toute manière perdre, vous allez perdre,
02:03 nous luttons contre les nazis et contre l'OTAN parce que tout simplement ils nous attaquent, ils nous menacent,
02:10 ça c'est la réalité, voilà, et donc il n'y a pas à discuter là-dessus,
02:15 nous ne faisons jamais que nous défendre contre ces horribles".
02:18 Donc il a retourné, comme d'habitude, la situation, il a fait le discours qui est exactement l'inverse de la réalité,
02:24 voilà, il fallait ce qu'il y a attendre, et à part de ça, il a repris ses vieilles formules sur, vous savez,
02:30 l'Occident dégénéré, l'Occident décadent, sur, évidemment, l'Occident, je dirais, enclin à la pédophilie,
02:39 rappeler des valeurs traditionnelles, familiales, avec un couple c'est un homme, une femme, etc.
02:44 Voilà, tout ceci était sans surprise avec une paranoïa et une logorée.
02:48 Le dernier point, ce qui était le plus étonnant, et là aussi c'était vraiment le côté village Potemkin,
02:52 c'est-à-dire qu'il a dépeint la Russie comme un pays qui avançait, qui progressait sur le plan économique,
02:57 qui allait construire une gigantesque ligne de chemin de fer avec la Chine,
03:02 dans laquelle il fallait qu'on investisse, il fallait faire confiance,
03:05 bon, quand on voit la réalité de l'économie russe, sa corruption,
03:08 il est évident que c'est un discours qui est complètement l'inverse de la réalité.
03:12 - Sur la guerre elle-même, quand il accuse l'Occident de vouloir en finir avec la Russie,
03:18 c'est un argument qui frappe les Russes, et qu'est-ce qu'il veut dire par là ?
03:23 L'Occident ne veut pas en finir avec la Russie ?
03:25 - Bien sûr, et d'ailleurs de ce point de vue-là, je dirais, Emmanuel Macron lui-même a été parfaitement clair l'autre jour,
03:30 il a dit que de manière, voilà, il n'agit pas de faire effondrer la Russie, de l'attaquer, de la démanteler,
03:37 je veux dire, on ne va pas faire avec Moscou en 2023 ce qu'on a fait avec Berlin en 1945,
03:42 et je n'ai pas d'occupé Moscou, personne ne le veut, personne ne le propose, je dirais que ce n'est pas le sujet,
03:47 et donc lui effectivement, il vise à mobiliser sa population, d'où d'ailleurs la militarisation des écoles,
03:53 de l'ensemble des établissements, des enfants, ce discours agressif, plus simplement,
03:58 parce qu'il se dépeint toujours comme l'agressé, donc il a repris aussi le terme classique de la russophobie,
04:03 qui est réutilisée après par tous les propagandistes, contre tous ceux qui critiquent le régime,
04:08 mais la réalité, c'est évidemment la guerre d'agression, la guerre d'extermination même qu'il a lancée
04:13 contre le peuple ukrainien, et le malheur qu'il fait pour son propre peuple, qui est incapable de se développer,
04:18 c'est ça aussi la réalité, alors le problème c'est que les gens, je pense que la plupart ne le croient pas,
04:23 mais sauf qu'ils se disent "mais on ne peut rien faire, on est résignés, il n'y a pas d'alternative,
04:28 nous avons vécu 97 ans sous l'oppression, d'abord sous le communisme, maintenant sous Poutine,
04:33 finalement nous ne pouvons rien faire", et c'est ça qui est dramatique pour le peuple russe.
04:36 Est-ce que Joe Biden, depuis Varsovie cet après-midi, va lui répondre ?
04:40 Écoutez, je ne pense pas que Joe Biden prenne la peine de lui répondre, il va au contraire rappeler,
04:45 voilà, il va rappeler effectivement la réalité des faits, comme il l'a toujours fait, et lui aussi,
04:49 il va répéter, je ne pense pas non plus que Joe Biden dise des choses nouvelles, parce que,
04:53 tu veux dire, il ne peut pas le dire, pas plus qu'aucun dirigeant du monde, ni Macron, ni Shultz, ni un autre,
04:57 il va répéter tout simplement que la Russie est l'agresseur, et que l'Ukraine est l'agressée,
05:01 et qu'il faut se mettre dans le soutien total avec l'agressé, bien sûr,
05:06 et répondre à l'agresseur, aller jusqu'au bout, quoi qu'il en coûte, comme on dit en anglais "whatever it takes",
05:10 dans le soutien à l'Ukraine, voilà, et qu'il n'y a pas d'autre choix.
05:16 Nicolas Tenzer, une dernière question. On parlait de la date du 24 pour une prochaine offensive massive,
05:23 terrestre, russe. Quelles sont vos dernières informations ?
05:28 Écoutez, d'abord, premièrement, on n'en sait rien, je ne conseille pas l'état-major russe, vous le savez,
05:33 et donc, voilà, je n'en sais rien, ça fait partie des possibilités,
05:40 la réalité, c'est que c'est deux choses, et les doubles. D'une part, effectivement, il y a une puissance de feu russe qui demeure,
05:45 même si elle est moins forte, elle existe, c'est-à-dire qu'elle peut faire du dégât.
05:49 Deuxièmement, la Russie n'a pas les moyens de reconquérir toute l'Ukraine, de lancer non plus une offensive majeure.
05:55 Donc on peut penser à des nouvelles attaques, il y en a déjà eu, il y en aura,
05:59 combinaison de missiles, évidemment, contre les populations civiles, 97% des missiles avaient touché des cibles civiles depuis le début de la guerre,
06:06 et puis, évidemment, combinaison de l'artillerie contre les forces armées, voilà, ça on peut s'y attendre.
06:11 Est-ce que c'est le 24 ? Est-ce que ça va être le lendemain ? On n'en sait rien, voilà,
06:15 et c'est vrai que Poutine va essayer d'exploiter une sorte de fenêtre de vulnérabilité qui est maintenant,
06:20 avant que les nouvelles armes occidentales n'arrivent à l'Ukraine.
06:23 Merci beaucoup Nicolas Tenzer, merci d'avoir été avec nous en direct dans Europe 1 Midi,
06:27 enseignant à Sciences Po, spécialiste des questions internationales et de sécurité,
06:31 directeur du média Desk Russie, Midi 28 sur Europe 1.
06:36 Dans un instant, on va parler du prix de l'essence, on sera avec Pierre Chasseret, on sera avec vous au 39-21.
06:40 Vous avez entendu Emmanuel Macron qui va demander, qui demande en clair, à Total de faire un geste,
06:46 notamment pour le diesel. Est-ce qu'il faut faire un geste uniquement pour le diesel ou pour tous les carburants ?
06:52 Qu'en pensez-vous ? Vous appelez le 39-21. À tout de suite.
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