00:00 Au commencement, c'était une folie.
00:13 Pas celle d'une dizaine de jeunes excités, celle-là on la connaît, mais celle d'une
00:18 vieille dame qui, sentant la fin venir, n'a pas voulu s'enfermer tranquillement pour
00:23 attendre.
00:24 Elle nous a dit "oui".
00:26 Nous sommes des saltimbanks, des affamés de la langue, des chevaliers avec une passoire
00:31 à la place du casque.
00:32 Nous dégueulons des mots à foison sans les comprendre tous.
00:35 Nous nous masquons derrière un langage.
00:38 Nous allons chercher l'âme de bonhommes en papier parce que la nôtre nous fait peur.
00:42 Nous mettons nos cœurs à nu pour nous cacher en espérant que le vôtre soit touché par
00:48 un brin de sincérité, d'humour, de pleurs, d'amour.
00:51 On ne les voit que passer comme ça.
00:59 Moi j'habite en bordel de forêt, au moment des répétitions, il y a certaines personnes
01:04 qui partent avec un petit cahier, leur feuille, ils vont répéter en forêt.
01:08 Là vous venez, il ne fait pas beau, ils arrêtent sur la pelouse, ils répètent derrière.
01:14 Il y en a deux qui vont à un ou tout seul.
01:17 Oui, ou ils jouent au ballon rombard, ils sont assez dans un coin.
01:22 Ils ont leur truc.
01:23 Ils sont en bris, ils ne passent pas beaucoup.
01:24 C'est vrai qu'ils ont plusieurs pièces à se mettre dans la tête.
01:27 Il faut le faire, c'est vrai.
01:28 C'est vrai.
01:35 Je crois qu'au début, je me souviens d'un moment où j'étais en train de faire des
02:05 vidéos.
02:06 Je me souviens d'une histoire et d'une anecdote qui disait aussi que quand on arrivait du
02:10 coup dans cette maison, on entendait des cris.
02:13 On se disait qu'il y avait un couple qui devait s'engueuler dans la commune, c'est assez
02:19 loufoque.
02:20 Et donc par curiosité, on était montés et on avait vu le festival.
02:25 Et voilà.
02:26 Et suite à ça, le lendemain, deux des acteurs sont passés nous voir parce qu'en fait, ils
02:34 cherchaient un jeune pour participer à une de leurs pièces.
02:39 Et ben banco, Louis, ça lui a plu.
02:44 Et donc, il a dit moi, je suis parti.
02:46 Je suis parti.
02:53 Je suis parti.
03:00 C'est lui qui les a vus.
03:24 On ne le voit pas.
03:25 C'est le meurtrier.
03:26 Il a peur.
03:27 Il a peur de la mort.
03:30 Il a peur de la mort.
03:31 Mais il y a quelqu'un qui pourrait le percer à jour.
03:32 Et le voici, regarde, le seul homme qui porte en lui une dérivie.
03:36 Tiens, Aziaz, toi qui sais tout.
03:37 Ce qui se dit, c'est ce qui ne se dit pas.
03:38 Ce qui est dans les cieux, c'est ce qui est sur la terre.
03:39 Tu vois bien le malheur qui frappe notre vie.
03:40 Tu es notre seul espoir.
03:41 Apollon, je le sais peut-être déjà, nous a parlé.
03:42 Il n'y a qu'un seul moyen pour nous délivrer.
03:43 Trouver les partenaires de la IOC, mettre à mort ou les exiler loin d'ici.
03:44 Je veux qu'on entend ton déjà, Roi.
03:45 Je t'entends celui du copain Michel, Jean-Bernard.
03:54 C'est une question d'éducation.
04:00 Tu me fais me tourner vers toi, Thierry.
04:03 Thierry, quand je te regarde, je me dis que c'est une réforme audacieuse qu'on pourrait
04:07 appeler le pacte.
04:08 Il y a deux ans, je me suis dit qu'il faut que je me libère un soir.
04:13 Je suis venu pour la toute dernière de Pelléas et Mélisande.
04:17 Je me suis dit qu'il fallait que je m'intéresse au projet.
04:21 Le projet du festival m'a beaucoup intéressé.
04:24 C'est comme ça que je suis la deuxième année où j'ai proposé mon aide en tant
04:29 que bénévole.
04:30 Ce que j'aime beaucoup dans ce festival, c'est que quand on arrive sur les lieux,
04:33 on arrive comme si on arrivait chez des amis à soir.
04:35 On est accueilli par les petites lumières, les petites guirlandes, par le bar.
04:39 C'est les acteurs qui nous accueillent, qui nous sourient.
04:42 On est avec eux vraiment.
04:43 On peut même les appeler par leur prénom.
04:45 Du coup, ça donne quelque chose d'extrêmement convivial et aussi de familial.
04:50 Après, on apprend que la maison appartenait à la grand-mère d'un des acteurs, qui
04:55 aujourd'hui a été racheté par la communauté de communes.
04:57 C'est un second nid pour eux.
05:01 Ils dorment ici.
05:02 Certains dorment à la Belle Étoile.
05:05 C'est assez convivial.
05:06 C'est qui qui joue dans le garde-venture ?
05:08 Qui joue dans le garde-venture ?
05:10 Qui joue dans le garde-venture ?
05:12 Baptiste Chabotti, qui joue dans le garde-venture.
05:15 Julien Campagny, Valentin Borreau, Sacha Thodora.
05:19 Emilia, je crois.
05:20 Emilia, elle a fait la mise en scène avec Sophie.
05:23 On va peut-être récupérer la tente avant.
05:29 La tente avant.
05:31 [Rires]
05:33 [Sonnerie de trompette]
05:49 Mesdames et messieurs, le plateau Jean-Milard est ouvert.
05:52 Bonjour.
05:54 Bonjour, spectacle.
05:55 Bonjour, spectacle.
05:59 Bonjour, spectacle.
06:01 Bonjour, spectacle.
06:03 Bonjour, spectacle.
06:06 Bonjour, spectacle.
06:08 Bonjour, spectacle.
06:10 Pas lourdin.
06:11 Merci.
06:12 [Cris de joie]
06:14 Courage de premiers !
06:17 Dépêchez-vous de ces suicides et bientôt en faisant un autre.
06:24 Tant à part à vos oeuvres, vous autres hommes.
06:27 Courage ! Je m'en vais boire encore quelques vodades.
06:31 Grangousiers, courez !
06:33 Quelques pelots de riz. C'est tout le fondement qui lui escapouait.
06:42 Par trop avoir mangé de tripes, un restreintif.
06:47 Courage !
06:49 Au-dessus furent relâchés les cotylédons de la matrice.
06:53 Gravant par le diaphragme, jusqu'au-dessus des épaules,
06:58 où la dictovaine se part en deux,
07:01 prend son chemin à gauche et sortit par l'oreille cénestre.
07:18 À boire !
07:23 À boire !
07:30 Ma grand-mère était quelqu'un d'extrêmement généreux.
07:34 Rien n'aurait pu avoir lieu sans la générosité,
07:38 et j'irais jusqu'à dire l'engagement de cette dame
07:43 qui a voulu non seulement que le festival soit créé chez elle,
07:49 mais qu'il y reste, qu'il perdure, qu'il s'inscrive dans la durée.
07:54 Et c'est pour ça qu'aujourd'hui on pense beaucoup à elle
07:57 à l'heure où justement le festival vient d'être pérennisé.
08:01 Aujourd'hui, 15 août 2015, c'est ému et plein de détermination
08:09 que nous nous apprêtons à inaugurer la maison du nouveau théâtre populaire.
08:14 Comme disent certains camarades, le projet aujourd'hui c'est encore plus de NTP,
08:38 c'est-à-dire que maintenant qu'effectivement nous sommes responsables de la maison,
08:43 grâce à l'investissement de la communauté de communes qui a été fait cette année,
08:46 le projet est de ne plus être seulement présent pendant ce temps festif du mois d'août,
08:53 mais aussi dans l'esprit même du festival d'assurer une sorte de continuité, de permanence,
08:59 et d'être donc présent, de faire vivre un théâtre au cœur de Fontaine-Guérin,
09:04 y compris pendant l'année.
09:07 [Bruits de la salle]
09:15 [Bruits de la salle]
09:25 [Bruits de la salle]
09:48 [Bruits de la salle]
10:01 [Bruits de la salle]
10:16 [Bruits de la salle]
10:22 Tes parents, eux, me trouvaient sage.
10:25 Quels parents ?
10:26 [Bruits de la salle]
10:30 Attends !
10:31 [Bruits de la salle]
10:33 Ne pars pas !
10:34 [Bruits de la salle]
10:37 Qui est mon père ?
10:38 Un seul jour, te verra naître et mourir.
10:43 Comme tout ce que tu dis est énigmatique, obscur.
10:46 Quoi ? Tu as perdu l'art de résoudre les énigmes ?
10:49 C'est ça, insulte ma gloire.
10:50 C'est cette gloire qui est ta ruine.
10:53 J'ai sauvé cette cité !
10:55 Que ma porte reste !
10:56 Je m'en vais maintenant.
10:59 Mon enfant, ramène-moi à la maison.
11:02 [Rires]
11:07 Les gens de Corinthe vont proclamer Oedipe roi de leur pays.
11:12 [Rires]
11:14 En tout cas, c'est ce qu'on dit.
11:15 Quoi ? Et Polive ?
11:17 Polive n'est plus sur le trône ?
11:19 Elle n'est plus du tout, puisqu'il est mort, puisqu'il est enterré.
11:22 Qu'est-ce que tu dis ?
11:24 Polive est mort ?
11:25 Tu ne me dis pas la vérité ?
11:27 Que la mort me prenne moi ?
11:29 Toi, vite, va chercher Laura tout de suite.
11:32 Oh ! Oracle des dieux, où êtes-vous maintenant ?
11:39 [Chant]
11:59 [Musique]
12:21 [Musique]
12:50 [Musique]
13:00 [Musique]
13:10 [Musique]
13:35 [Musique]
13:45 [SILENCE]
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