00:00 [Musique]
00:22 La première approche, toute première approche de rencontre avec les acteurs,
00:30 c'est quelque chose de très personnel pour le réalisateur.
00:33 Donc je pense que plus il y a de monde, moins les choses se font.
00:37 Donc je pense que Gus a réussi un cinéma qui étonne parce qu'il réduit beaucoup l'équipe
00:43 et fait en fait que son travail est une sorte de voyage personnel.
00:48 [Musique]
01:17 Le premier jour, on a répété pour voir un peu comment il allait tourner la séquence.
01:22 Et Elda a dit "Vous n'avez qu'à arriver et puis on voit ce qui se passe".
01:25 Donc c'est vraiment, l'acteur se sent vraiment libre, c'est très agréable
01:28 parce que je me déplaçais comme je voulais et lui après, il va installer les caméras en fonction de ça.
01:35 Oui, elle dit que le voyage s'est plutôt bien passé, c'était un vrai succès parce que c'était très réussi.
01:42 [Bruits de la salle]
02:06 C'était vraiment génial de travailler avec Gus Van Sant. Je suis un grand fan, j'ai vu tous ses films.
02:14 Je ne suis pas américaine, je n'ai pas de business à faire de jugement et je ne le ferais pas.
02:21 Mais je suis fascinée par sa vision.
02:27 Je ne suis pas une actrice normale, je peux travailler avec quelqu'un que j'admire et que je trouve confiable.
02:42 Avant que Gus Van Sant commence à parler à lui, il prend le space et ça prend du temps.
02:55 On a dû faire comme si on avait tout le temps dans le monde, mais on savait vraiment que nous ne l'avions pas.
03:01 [Bruits de la salle]
03:08 On s'est déjà rencontrés non ? J'ai l'impression qu'on s'est croisés quelque part.
03:15 Quand on travaille avec du temps et de l'espace et qu'il n'y a pas de temps, c'est difficile.
03:26 [Musique]
03:51 Je pense que le set était très calme comparé à un film américain.
03:55 Il était très concentré, mais dans un film américain, comme je l'ai remarqué,
04:03 les gens vous demandent des ordres et tout est important.
04:10 Dans ce film, les acteurs sont importants, le directeur est important, le tirage est important.
04:18 Mais dans un film américain, l'organisation est plus importante que ça.
04:24 [Bruits de la salle]
04:35 Alors attention, on va faire une nouvelle répétition, Juliette.
04:38 Et, vas-y, action.
04:41 [Bruits de la salle]
04:45 Maintenant, Gus, il veut des moyens très simples.
04:50 Ça ne veut pas dire qu'il ne te laisse pas le temps.
04:53 Et de l'autre part, il ne veut pas qu'il y ait une grosse machinerie sur le plateau.
04:58 Donc l'idée c'était de respecter ça.
05:02 [Bruits de la salle]
05:12 Et on change de plan.
05:15 Ce qu'il va chercher, c'est une sorte d'état de grâce avec les acteurs.
05:21 Et l'état de grâce, ce n'est pas simplement lui et les acteurs, c'est aussi la caméra avec les acteurs.
05:26 C'est la caméra-stylo.
05:28 Mais cette caméra-stylo est quand même très élaborée.
05:33 C'est-à-dire que Gus est extrêmement précis.
05:36 [Bruits de la salle]
06:02 Gus travaille très rapidement.
06:04 C'est-à-dire qu'il ne se couvre jamais.
06:09 Il fait vraiment le strict minimum.
06:12 Enfin, que ce dont il a besoin.
06:14 Il ne fait même pas de prise de sécurité.
06:16 Il fait vraiment juste ce dont il a besoin.
06:19 Et on passe au plan suivant.
06:21 Ok.
06:22 On va faire le premier plan.
06:24 On va faire le premier plan.
06:26 [Bruits de la salle]
06:28 [Bruits de la salle]
06:49 J'étais déçue de ne rien dire.
06:52 Je ne dis que quelques choses.
06:54 Mais j'aimais le fait que je restais un mystère.
06:58 [Musique]
07:10 Il était vraiment impressionnant.
07:12 Mais même quand je l'ai vu la première fois au déjeuner,
07:16 puisqu'il dégage quelque chose de très spécial.
07:19 D'ailleurs, je l'ai mis dans le texte.
07:22 J'ai réarrangé le texte à ma sauce.
07:24 Gus m'a dit que j'avais écrit ça.
07:27 Après, tu fais ce que tu veux.
07:29 Tu peux même changer totalement le sujet.
07:32 [Musique]
07:34 Merci.
07:36 En fait, c'est étonnant.
07:38 Dès que je t'ai vu, j'ai eu besoin de te parler.
07:42 C'est comme si...
07:44 Je ne sais pas.
07:46 C'est étrange.
07:49 Il a un regard, je ne sais pas,
07:52 quelque chose de très posé, de très lent.
07:56 En même temps, il était en complet décalage horaire.
07:59 C'est peut-être ça qui a donné cette impression.
08:02 [Bruits de la salle]
08:07 Acter avec Gaspar a été assez facile.
08:11 Je l'ai trouvé une bonne expérience.
08:14 Même si je ne parle pas le français,
08:17 les émotions sont bien passées.
08:20 Je savais exactement ce qu'il disait,
08:22 sans savoir ce qu'il disait en vérité.
08:25 [Bruits de la salle]
08:27 C'est le premier.
08:29 Je pense que c'est ça.
08:31 [Bruits de la salle]
08:36 Gus, maintenant, essaie de faire un cinéma qui lui est proche,
08:39 et qui est lui proche dans sa vie.
08:41 Donc, le moment où il fait des films,
08:44 c'est assez proche de ce qu'il a envie de vivre.
08:48 [Bruits de la salle]
08:54 Gus est quelqu'un de très silencieux.
08:58 Comme la plupart des grands réalisateurs, d'ailleurs,
09:01 qui observent beaucoup.
09:03 C'est quelqu'un qui s'assoit dans un coin
09:06 et qui aime bien regarder les autres.
09:09 C'est un être contemplatif dans le bon sens du terme.
09:14 [Musique]
09:27 [Musique]
09:55 [Musique]
10:19 [SILENCE]