00:00 [Musique]
00:11 C'est pas possible, pas une de libre, pas une de libre.
00:15 [Musique]
00:20 Bon alors, la rue d'Orchon c'est terminé, la rue de Sifo.
00:26 [Musique]
00:32 Motier zéro, casote c'est mort.
00:36 C'est pas possible ça.
00:39 Non mais là c'est pas possible, c'est le 17ème tour,
00:41 et dernièrement c'est un verre qui a été tiré.
00:43 [Musique]
00:45 Oh, c'est pas possible.
00:50 Rien.
00:52 [Musique]
00:58 Je veux jamais que ça soit drôle.
01:00 Non, c'est vrai.
01:01 Mais non, alors là vraiment, et je cherche pas du tout à ce que ça soit porn,
01:04 parce que ça serait rabat-joueur, mais je trouve que ça...
01:08 C'est malgré moi.
01:10 [Musique]
01:17 C'est pas mal ça, c'est assez comique.
01:19 Il penche en fait.
01:20 C'est pas mal, il y a l'effet Périscope.
01:22 Et là, et c'est bien parce que là, quand on s'arrive à terme,
01:25 on éventaille les figurants.
01:27 D'accord, c'est marrant.
01:29 Sur un signal de bras comme ça, les gens,
01:31 ils viendront se pencher comme ça pour regarder ce qu'il se passe dehors.
01:34 Il va falloir que vous vous penchiez pour voir pourquoi le train est bloqué en fait.
01:37 Vous avez entendu, Paysi ?
01:38 Non.
01:39 Alors, à un moment, tu répètes ce que j'ai dit dans l'autre wagon,
01:42 on va t'enlever normalement la vitre,
01:44 et tu te pencheras au moment où le train va s'arrêter.
01:47 [Bruit de train]
01:49 C'est pas possible.
01:51 Alors, bien sûr.
01:53 Oui, oui, oui, ça va !
01:56 La tentation, si on nous propose quelque chose de 5 minutes,
01:59 c'est d'être dans l'efficacité narrative, façon pub,
02:02 c'est-à-dire de marquer les effets, de conclure,
02:07 de jouer des ellipses séduisantes.
02:10 Et là, je voulais, même dans l'espace de 5 minutes,
02:13 filmer des temps morts,
02:17 et que ce ne soit pas immédiatement une affaire de séduction.
02:21 [Bruit de train]
02:23 Ça, c'est pas vrai.
02:25 [Bruit de train]
02:27 Putain, mais la salope !
02:29 [Bruit de train]
02:33 Putain, c'est pas possible.
02:35 [Musique]
02:37 Un peu bouger ton cul.
02:39 [Musique]
02:58 Ce petit con, il s'enfreine à mort.
03:00 [Musique]
03:06 L'amusant pour moi, c'était, j'avais dans l'équipe personne que je connaissais,
03:11 et du côté de la comédie aussi, à part moi,
03:15 et encore, en tant qu'acteur, je me sens complètement...
03:18 terre à défricher, enfin, débutant.
03:22 Donc, j'étais vraiment dans l'inconnu.
03:24 Ça, c'est un immense plaisir.
03:26 Enfin, quoi, j'ai un petit fixe mensuel pas dégueu,
03:29 un humour tout à fait correct, je peux rire de beaucoup de choses.
03:33 [Bruit de train]
03:35 De moi-même, qui suis risible,
03:39 ridiculement seul, mon univers c'est une boîte à gants, rien.
03:44 Ridiculement seul, mon univers c'est une boîte à gants, rien.
03:49 [Musique]
04:15 Je le trouvais très timide et très renfermé.
04:18 Peut-être qu'il serait furieux de m'entendre dire ça.
04:22 Et du coup, on soupçonne pas qu'il ait ce humour-là, ou ce regard sur la vie.
04:27 Mais ce que je veux voir, c'est soit comme si on entend un claquement de bagnole,
04:31 et je sors et paf, parce que, voilà, mais c'est bizarre.
04:35 Sinon, je peux arriver du fond, de façon lelouche, de là-bas,
04:38 j'arrive, tu vas bien, mais écoute, un truc complètement extrapolé, quoi.
04:43 [Musique]
04:46 Je trouve ce qu'il arrive à trouver de la vie, qui est un peu ridicule,
04:50 qui est singulièrement humain.
04:53 Les petites choses, il regarde les choses par un petit bout de la lorgnette,
04:56 et qui sont belles, touchantes, mais drôles, ridicules, voilà.
05:02 [Musique]
05:09 Je me suis aperçu que je pouvais jouer, je pouvais jouer en réalisant.
05:15 Jusqu'à, j'avais fait que des second rôles, des troisième rôles,
05:18 et là, un premier rôle, je me suis rendu compte que ce serait possible.
05:20 C'était une bonne nouvelle.
05:22 Là, je commence à relever la tête.
05:25 Là, Hervé, tu peux... Hop, hop, hop, on touche à rien, là.
05:29 Et là, quand hop, hop, hop, tu leur as dit, on reprend ça, revient, revient,
05:36 on recule encore, je veux dire, pardon, voilà, et tu fais ton hop, hop, hop à partir de là.
05:40 Donc, quand on entend le hop, hop, hop, tu vas le chercher.
05:44 On touche à rien, là.
05:46 Je suis médecin.
05:48 Voilà.
05:49 Votre femme reste allongée comme ça, coucouche pannier, on bouge pas.
05:53 On pourrait peut-être appeler les pompiers.
05:55 Bon, rien.
05:57 Il suffit qu'elle reste allongée comme ça, puis tout ira bien.
06:00 Ça manque de sucre.
06:01 Mangez les carottes.
06:02 Ouais, d'accord.
06:03 Les carottes ou les betteraves.
06:05 Ok.
06:06 Ça va ?
06:07 Ouais, je trouve qu'il faut le faire une deuxième fois sur le médecin.
06:09 C'est pas mal de peut-être pas accrocher sa tête,
06:11 que l'entrée de champ, ça soit sur, tu vois, après tu vas le rattraper,
06:15 et que ça fasse plus homme noir, plus mystérieux au départ.
06:19 Allez, on se remet en place de départ.
06:21 Le médecin, c'est-à-dire que tu le cadres comme ça au départ,
06:23 et tu le rattrapes après.
06:25 Et il faut qu'il y ait un mouvement de cap comme ça, d'entrée de champ.
06:30 Hop, hop, hop, on touche à rien, là.
06:33 Je suis médecin.
06:34 Votre femme reste allongée comme ça, on bouge pas, coucouche pannier.
06:40 Ouais, c'est rien.
06:42 C'est rien.
06:43 Hop, hop, hop, coucouche pannier, j'ai dit.
06:45 Non mais laissez-la se relever.
06:46 Faut peut-être appeler les pompiers.
06:48 Quand je jouais avec Florence, c'était ce qui se passe entre la pomme et la carafe,
06:54 comme disait Cézanne.
06:56 Et quand je suis tout seul, là justement c'est plus délicat.
07:00 Je...
07:02 Dans la grisaille comme ça, la croyance au miracle, ça fait...
07:25 Je crois qu'il y a beaucoup d'hommes aussi qui sont des tout petits enfants.
07:31 Voilà, et du coup, ce qui devient maladroit, c'est qu'ils s'adaptent pas à une femme
07:37 qui a besoin d'être assurée, qui a besoin d'un témoignage d'amour, etc.
07:40 Donc on a plutôt l'impression de quelqu'un qui est plein de bonne volonté,
07:44 mais qui a un tout petit peu...
07:47 Je suis désolé, j'ai rien à vous offrir.
07:52 Je suis pas le genre de type à avoir une boîte de mouchoirs sur la plage arrière.
07:56 Au début on s'était dit ça, un peu, de jamais se regarder dans les yeux.
08:04 Alors ça veut dire que lui il est un peu timide, ça veut dire qu'elle, elle est un peu partie,
08:09 ou qu'elle est un peu gênée, ça veut dire ce qu'on veut.
08:12 Mais de cette contrainte-là naît l'accident qui est à maintenant se regarder dans les yeux.
08:18 Oh non, on en veut du non.
08:21 Vous êtes resté calme.
08:23 Oui, c'est vrai qu'en fait j'ai mon profès de secouriste.
08:28 Si vous étiez vraiment resté évanoui, alors là je vous aurais fait une PLS.
08:33 Une quoi ?
08:34 Une position de terre de sécurité, c'est-à-dire que j'essaye de maintenir votre axe central totalement dans le...
08:40 C'est-à-dire que si on pense aux dauphins, les dauphins,
08:45 quand ils s'échouent sur une plage, les gens les aspergent d'eau de mer avec un seau,
08:49 mais bon, ça sert à rien quoi, le mer.
08:51 Des gens qui m'ont beaucoup touchée parce qu'il y a une grande disponibilité,
08:56 alors qu'on a été dans les derniers moments d'un tournage qui devait être très éprouvant, très long.
09:01 Quelque chose de très bienveillant et des gens costauds.
09:05 On sent que voilà, c'est des gens qui sont là parce que c'est des passionnés, c'est des fous.
09:13 La grande classe.
09:15 Pourquoi vous avez pas de bateau ?
09:19 Je sais pas.
09:20 Alors, fin de tournage pour Florence Miller s'il vous plaît.
09:29 Voilà et fin de film pour Bruno Podalides.
09:36 Merci à tous, merci beaucoup.
09:40 Merci pour le déplacement.
09:45 C'est la fin de tournage pour Paris, je t'aime aussi quoi.
09:48 Bravo.
09:49 Merci.
09:50 [Musique]
10:10 [SILENCE]