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  • il y a 11 ans
Le film de Tavernier finit, après de nombreux détours, par se fixer sur la figure du soldat Erlane, un jeune homme fragile totalement perdu dans l'univers de la guerre de 14-18. Erlane devient le bouc-émissaire de la machine administrative de la justice militaire, l'exemple du mauvais soldat qu'il faut éliminer. Qui parlera pour lui? Le procès est une mise en scène subtile de l'impuissance de la vérité. Ceux qui savent la vérité se taisent. Ceux qui parlent contre Erlane, accusent l'innocent pour pouvoir s'excuser eux-mêmes. Ceux qui parlent pour Erlane, s'embrouillent dans des discours vaguement humanitaires. De cette parodie de procès aboutissant à une mise à mort bien réelle, on retient les visages en dehors de la salle: un soldat révolté qui dit sa haine de la guerre, un prêtre qui parle de grâce, peut-être de Dieu, une mère qui pleure son fils, un homme dur - c'est Conan - qui hoche la tête comme s'il venait de comprendre enfin: alors, c'est ça, la guerre? c'est ça, la justice?
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