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  • il y a 2 jours
Patrick Cohen analyse la réaction d'Emmanuel Macron concernant la situation au Venezuela.

Retrouvez « L'édito politique de Patrick Cohen » sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-edito-politique

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Transcription
00:00Patrick, vous revenez sur ce que vous appelez la faute vénézuélienne d'Emmanuel Macron.
00:06À quoi peut servir un chef d'État face à un événement international de première grandeur sur lequel il n'a aucune prise,
00:12dont la réaction de commentateurs n'est censée produire aucun autre effet que des débats sans fin sur les plateaux de scène info
00:17ou des questions purement rhétoriques du type « vous approuvez, vous condamnez ».
00:21Sans nuance, Emmanuel Macron a choisi d'approuver ou à tout le moins de se réjouir de la mise hors d'état de nuire du président illégitime d'un régime dictatorial,
00:29mais sans condamner l'illégalité de l'intervention américaine, ni s'interroger sur ses conséquences.
00:34Ce qui rend le président français particulièrement seul.
00:38Il est presque seul en France face à la gauche qui crie au coup de force,
00:41à LFI qui réclame le retour de Maduro à Caracas
00:44et face au RN qui, avec Marine Le Pen, prend ses distances avec Trump
00:47en affirmant que la souveraineté des États n'est jamais négociable.
00:51Il est tout seul en Europe où les réactions ont été remarquablement vaseuses.
00:55Les États-Unis ne sont jamais cités dans des communiqués officiels
00:58mais Macron est le seul chef d'État du continent dont le message a été retweeté et donc salué par Donald Trump.
01:05Emmanuel Macron serait-il devenu Trumpiste ?
01:07Ou Trump macroniste ? Non, ni l'un ni l'autre.
01:10Dans une singulière répartition des rôles, le ministre Jean-Noël Barraud rappelle les règles du droit international
01:15et les risques pour la sécurité du monde
01:17quand Emmanuel Macron n'en dit pas un mot, sans doute, pour ne pas s'aliéner le maître de Washington
01:22à la veille d'une réunion cruciale des alliés européens de l'Ukraine, demain à Paris.
01:26Mais quelles que soient les raisons de court terme, l'impression laissée est désastreuse.
01:31Le président français non seulement piétine l'héritage Chirac-Villepin du refus de l'invasion américaine de l'Irak en 2003
01:37mais il fait comme si l'opération vénézuélienne visait à rétablir la démocratie
01:42alors que Trump ne parle que de pétrole et qu'on ne sait rien de l'avenir du pays
01:46ni même s'il est appelé à devenir le 51e ou 52e territoire américain après Porto Rico et peut-être Groenland.
01:54Le chef d'un état membre permanent du conseil de sécurité de l'ONU ne devrait pas dire ça.
01:58D'autant qu'Emmanuel Macron tenait un tout autre discours il y a quelques mois.
02:02En septembre dernier, à New York, justement, devant l'Assemblée Générale de l'ONU
02:06au lendemain de la reconnaissance de la Palestine.
02:09L'autorité du droit est notre meilleure chance face à la loi du plus fort.
02:15L'application des principes est le seul remède aux deux poids de mesure
02:20que tant d'entre nous sont venus dénoncer à cette tribune.
02:23Voilà ce qu'on aurait pu entendre ce week-end et voilà à quoi peut servir un président, même impuissant,
02:30rappeler les principes, dire au pays quelles sont nos valeurs, fixer une ligne politique claire,
02:35interpréter l'événement et anticiper ses conséquences,
02:38expliquer les dangers de ce nouvel impérialisme américain
02:41et les raisons pour la France de ne pas s'y soumettre.
02:43La parole présidentielle est-elle à ce point d'évaluer
02:47qu'elle renonce à se faire entendre à propos d'un choc mondial ?
02:51Point d'interrogation.
02:53Merci Patrick Cohen.
02:54On va retrouver la chronique de Mathilde Serrel,
02:56Un monde nouveau dans un peu plus d'une heure, après la revue de presse.
03:00Merci.
03:01Merci.
03:02Merci.
03:03Merci.
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