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00:13On parle souvent du vélo comme d'une solution d'avenir.
00:16Bon pour la santé, bon pour le climat, bon pour les villes.
00:19Mais derrière cette image vertueuse, il y a une réalité beaucoup plus rugueuse.
00:24L'économie du vélo va mal.
00:27Et quand on regarde les chiffres, le tableau est beaucoup moins idyllique.
00:34Prenons Lapierre par exemple, une marque française emblématique née à Dijon.
00:38Une marque connue du grand public mais qui, économiquement, dépend d'un grand groupe européen, Axel.
00:50Axel, c'est plusieurs marques, plusieurs pays et surtout un modèle industriel très exposé au cycle économique.
00:57Pendant la Covid, ce modèle a explosé dans le bon sens.
01:02La demande a bondi, les commandes se sont empilées, les usines ont produit à plein régime.
01:07Mais cette croissance n'est pas structurelle.
01:10Elle était exceptionnelle.
01:18Depuis 2023, le marché du vélo s'est retourné.
01:21Chute de la demande, stock massif chez les distributeurs, guerre des prix.
01:26Résultat, les marges se sont effondrées.
01:29Axel a enregistré des pertes financières lourdes au point de devoir lancer un plan de restructuration d'urgence.
01:36Réduction de coût, fermeture de sites industriels, réorganisation de la production.
01:42Et quand un groupe de cette taille vacille, toutes ces marques sont concernées.
01:47La pierre incluse.
01:49Alors, faut-il s'inquiéter pour la pierre ?
01:58Économiquement, la pierre reste une marque stratégique.
02:02Une marque de référence, une marque premium.
02:05Elle n'est pas isolée ni abandonnée.
02:08Mais elle évolue désormais dans un cadre beaucoup plus contraint.
02:11Cela signifie moins de volume produit, des investissements plus ciblés,
02:16une pression accrue sur la rentabilité de chaque modèle vendu.
02:21On est passé d'une logique de croissance à une logique de survie économique maîtrisée.
02:27William Perrier, son directeur général, le reconnaît.
02:30Le marché ne repartira pas tout seul.
02:33Il reste fragile, instable, dépendant de facteurs extérieurs.
02:49Et ces facteurs sont en grande partie politiques.
02:52Aide à l'achat, infrastructures cyclables, choix budgétaire des collectivités.
02:56Sans cadre stable, le vélo reste un marché volatil.
03:00La pierre a donc fait un choix économique clair.
03:03Réduire la dépendance au volume et augmenter la valeur par vélo vendu.
03:08Cela passe par le vélo à assistance électrique, par la mobilité urbaine,
03:12par des produits plus durables mais aussi plus chers à produire.
03:16C'est un pari, celui d'un marché plus mature, moins euphorique mais plus rationnel.
03:28Ce que nous raconte la pierre, au fond, c'est une industrie qui arrive à un moment clé.
03:32Un moment où il faut choisir, produire toujours plus ou produire mieux.
03:36Je ne dis pas que le vélo est en train de disparaître, non, non,
03:39mais son économie, elle, est en train de changer de braquet.
03:43Et comme en montagne, ceux qui passeront le col ne seront pas forcément les plus rapides,
03:48mais les plus lucides.
03:49Le calapierre illustre une mutation plus large.
03:52Le vélo n'est plus un secteur en croissance automatique.
03:55Il devient une industrie classique avec ses cycles, ses crises et ses arbitrages.
04:01Et dans ce nouveau paysage, les marques qui survivront
04:04seront celles capables de tenir financièrement sans trahir leur identité.
04:10La pierre est encore dans la course,
04:12mais comme beaucoup d'acteurs du secteur, elle roule désormais en gestion.
04:16Et en économie, c'est souvent, à ce moment-là,
04:19que tout ce jour.
04:23Je vous retrouve la semaine prochaine pour un nouveau décryptage de l'actualité.
04:26D'ici là, que la semaine soit douce pour vous.
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