00:00 Le fameux geste avec le pouce en l'air ou le pouce en bas existe-t-il ?
00:04 Alors oui, mais ce n'est pas tout à fait le geste qu'on voit dans les films.
00:07 Hollywood, on a voulu faire quelque chose qui se voit de l'autre.
00:09 Les gladiateurs, ça s'étale sur une période très longue,
00:24 qui va de la République romaine jusqu'à la fin de l'Empire.
00:27 Nous, ce qu'on vous présente, c'est le début de l'Empire,
00:31 le début du premier siècle après Jésus-Christ.
00:33 A l'origine, ça va être plutôt des combats rituels,
00:40 qu'on va faire lors de cérémonies funéraires, par exemple,
00:42 ou lors de certains événements à caractère religieux.
00:46 Voilà. Ça, ça va évoluer jusqu'à la fin de la République,
00:50 où on va avoir ce qu'on appelle la proto-gladiature.
00:52 Vraiment, on va commencer à avoir des combats plus organisés,
00:57 avec deux gladiateurs qui s'affrontent.
00:59 Mais à ce moment-là, ce sont des guerriers ethniques qui vont garder leur équipement.
01:03 Par exemple, les Gaulois qui vont garder leur équipement traditionnel, les traces, etc.
01:07 Au début de l'Empire, là, la grande époque de la gladiature,
01:11 ça va vraiment être codifié.
01:13 Les armaturas sont ce qu'on a ici,
01:16 et elles vont encore évoluer ensuite.
01:18 On va chercher tout le temps à les améliorer
01:20 pour équilibrer de plus en plus les combats.
01:22 On va rajouter des pièces d'équipement, en enlever, en modifier,
01:25 pour que les combats soient le plus jolis possible
01:28 et le plus équilibrés possible.
01:30 Il faut garder à l'esprit que c'est vraiment un spectacle.
01:32 Le but, contrairement à ce qu'on pense,
01:34 c'est pas seulement de mettre à mort, c'est pas d'avoir du sang,
01:36 c'est que le combat plaise au public.
01:38 Vous connaissez tous le fameux Spartacus,
01:41 qui s'est révolté, et là, c'est quelque chose qui est un petit peu plus ancien.
01:45 À cette époque-là, c'est principalement des hommes libres,
01:47 des citoyens romains, parfois,
01:49 qui vont s'engager, qui vont signer un contrat,
01:51 qui les engage soit sur une période, soit sur un nombre de combats.
01:55 Par contre, ce qui peut faire croire que c'était des esclaves,
01:58 c'est qu'à ce moment-là, quand ils vont signer ce contrat,
02:01 ils vont devoir renoncer à leur citoyenneté et à leur liberté pour un temps.
02:05 Pourquoi ? En fait, il est impensable de mettre en danger,
02:10 voire de mettre à mort un citoyen romain dans l'arène.
02:13 Donc voilà, ils mettent en pause leur citoyenneté le temps du contrat.
02:16 Par contre, à la fin de leur contrat, s'ils ont survécu,
02:19 ils vont récupérer leur droit.
02:20 Techniquement, ça va être ouvert à tous,
02:23 même si, en vérité, dans les faits, ça va être essentiellement des gens d'origine modeste.
02:28 Les patriciens ne vont pas, généralement, aller risquer leur vie dans l'arène,
02:33 même s'il peut y avoir des exceptions.
02:35 Par exemple, il y a même eu un empereur,
02:38 un empereur commode, qui était fan de gladiature,
02:41 et qui est allé se battre directement dans l'arène avec les gladiateurs.
02:46 En fait, ça va perdurer quasiment jusqu'à la fin de l'Empire,
02:53 même si là encore, on a beaucoup moins de sources sur le Bas-Empire.
02:57 Après la fin du IIIe siècle, on commence à avoir moins de renseignements,
03:01 mais ça perdure, en tout cas, jusqu'à la fin, jusqu'à la chute de l'Empire romain.
03:04 Alors, il existait de nombreux types de gladiateurs.
03:09 En fait, là, on est au début du Ier siècle après Jésus-Christ, sur le Haut-Empire.
03:13 Je vais vous présenter les plus célèbres,
03:15 les plus célèbres aujourd'hui pour le grand public,
03:17 mais ceux aussi qui étaient les plus appréciés du public à cette époque-là.
03:21 On va commencer ici par le fameux Mermillon,
03:26 qui est un des gladiateurs les plus lourdement équipés,
03:29 qui a ce qu'on appelle une armatura,
03:31 c'est-à-dire un équipement proche de celui du légionnaire.
03:35 On va retrouver, en fait, le grand bouclier qu'on appelle le scutum,
03:39 qui lui offre une protection vraiment optimale.
03:42 Voilà, il se bat avec le glaive.
03:45 C'est un glaive qui va être plus court que le glaive utilisé par les légionnaires à la guerre.
03:49 C'est une arme ici qui est faite pour le spectacle.
03:52 En termes de protection, il y a très peu de protection corporelle pour les gladiateurs,
03:56 mais, par contre, le casque, ici, va lui offrir une protection totale.
04:01 On a ici une protection sur le visage, qui va vraiment le prévenir de tous les coups.
04:06 C'est la zone la plus exposée.
04:08 Ce casque est aussi mémis d'une crête, qui va avoir deux fonctions.
04:12 Alourdir le casque, lui donner un handicap,
04:14 mais aussi lui permettre de percuter son adversaire.
04:18 Il a, au niveau du bras, une manica, une protection de bras ici, comme ça.
04:23 Il en existait deux différents types.
04:25 Ici, c'est une armure d'écaille de cuir,
04:28 ça pourrait être des écailles de métal, ça pourrait être de la maille, ou tout autre chose.
04:33 Et enfin, sur les jambes, il a une partie qu'on appelle l'ocréa, assez courte ici,
04:38 puisqu'il a son scutum, qui lui protège le genou et le reste de la cuisse.
04:42 Il n'opportune que sur la jambe gauche, qui est la plus exposée.
04:46 C'est un gladiateur qui va affronter beaucoup d'adversaires.
04:50 Les gladiateurs fonctionnent toujours par paire.
04:52 On n'affronte pas n'importe qui, on a des adversaires attitrés.
04:55 Le mermillon, on va le faire s'opposer aux thrasses, qu'on verra après, à l'oplomac.
05:00 Et au début du 1er siècle, il va aussi parfois affronter le rétière.
05:05 Le thrasse, il fait partie de ce qu'on appelle les gladiateurs ethniques.
05:10 A l'origine, les thrasses, c'est un peuple guerrier,
05:13 et qui va donner ce type de gladiateur,
05:15 même si son armatura n'a plus grand-chose à voir avec l'équipement des guerriers thrasses à l'origine.
05:20 Lui, il va porter un bouclier plus court que celui du mermillon,
05:25 qui lui offre une protection moindre,
05:27 mais par contre qui lui permet d'être plus rapide, plus mobile,
05:30 et d'avoir aussi un maniement offensif avec ce bouclier.
05:33 Il porte des ocréas qui sont bien plus grandes, il en a deux sur chaque jambe,
05:37 et qui vont remonter au-dessus du genou.
05:40 Il porte ici une manica, ce qu'on appelle aujourd'hui la cote de maille,
05:45 lorica amata pour les romains.
05:47 Et enfin, il porte un casque avec une particularité, c'est une tête de griffon,
05:51 c'est ce qui va caractériser justement le gladiateur thrasse.
05:55 Son arme, qu'on appelle la sika,
05:58 voyez, elle a une forme bien particulière,
06:00 ici elle porte soit un angle, soit une courbure,
06:03 et en fait, ça va permettre de faire des coups que l'adversaire ne va pas voir venir,
06:07 de par l'angle de la lame, il va pouvoir contourner le bouclier,
06:10 donc ça lui donne un avantage.
06:12 Son casque lui offre aussi une bonne protection,
06:14 mais il a encore aussi un handicap,
06:16 c'est le principe qu'il y a toujours un équilibre recherché dans le combat de gladiateur,
06:20 le casque va autant le protéger que lui cacher la vision et l'étouffer un petit peu aussi.
06:25 Alors le thrasse, on va principalement l'opposer à l'oplomaque et au mermure.
06:30 [musique]
06:32 Donc on a ici, non pas un gladiateur, mais une gladiatrice,
06:36 parce qu'il y avait aussi des femmes qui combattaient dans l'arène,
06:38 c'est un oplomaque ici.
06:40 Donc l'oplomaque descend directement du hoplite grec,
06:44 encore une fois, inspiré même si son armatura n'est plus comme à l'origine.
06:48 Donc il va porter le bouclier, du hoplite,
06:51 bouclier qui est encore plat incurvé à cette époque-là,
06:54 qui va devenir semi-circulaire un peu plus tard,
06:56 et surtout il va se battre à la lance.
06:58 C'est son arme principale, c'est ce qu'il caractérise.
07:02 Il va aussi avoir un gladius, un glaive, comme arme secondaire.
07:06 Il porte ici une manica en tissu rambourré,
07:10 on pourrait croire que c'est une armure qui va être légère,
07:13 mais non, c'est très efficace contre le type d'arme qu'on utilise en gladiature.
07:16 Ça va être essentiellement des estaphilades, des coups de tranche,
07:19 donc ça va très bien protéger.
07:21 Un casque qui n'est pas très différent de celui du Thras,
07:24 à ceci près qu'il n'a pas la tête de griffon dessus,
07:27 et des ocréas qui protègent ses jambes également.
07:30 On a un gladiateur que tout le monde connaît, c'est le rétière.
07:36 C'était le chouchou du public, c'était le plus apprécié.
07:39 Alors il a un statut vraiment particulier,
07:41 puisque contrairement aux autres qui sont soit des gladiateurs d'origine ethnique,
07:45 soit des gladiateurs qui dérivent par exemple du légionnaire,
07:49 ici il s'agit d'un gladiateur publicitaire.
07:52 C'est-à-dire qu'il va être créé par une guilde, celle des pêcheurs,
07:56 ça commence à Ostia Antica, le port de Rondres,
07:59 qui vont créer et financer totalement ce nouveau gladiateur
08:03 dans le but de se faire de la pub.
08:05 Clairement, c'est le spectacle le plus populaire,
08:08 en tout cas l'un des plus populaires avec les courses de char, la gladiature.
08:11 Et donc voilà, ils veulent se faire un coup de pub littéralement,
08:14 ils vont financer ça, ce qui explique son armatura un peu particulière.
08:18 Il a le trident, symbole de Poseidon,
08:21 le filet qui est à l'origine le filet de pêche,
08:23 mais celui-ci est adapté au combat, il est plus lourd,
08:26 et il a très peu de protection.
08:28 Ça va être le chouchou du public, pourquoi ?
08:30 Eh bien parce que d'abord il ne porte pas de casque,
08:33 c'est le seul dont on connaît le visage, dont on connaît l'identité exacte,
08:37 et son équipement très léger lui permet une grande mobilité,
08:40 donc c'est lui qui assure le show, en plus que tout autre.
08:43 Voilà.
08:44 Donc le filet, c'est quelque chose de très lourd,
08:47 il va le projeter sur son adversaire,
08:49 et une fois qu'on est pris dedans,
08:51 ça va être compliqué de s'en sortir,
08:53 notamment à cause des crêtes, par exemple, qui sont les casques,
08:56 sur les casques du murmurant, entre autres,
08:58 qui vont se coincer dedans.
09:00 Le trident, ensuite, va lui permettre évidemment de finir le travail.
09:03 Par contre, le gros défaut pour ce gladiateur,
09:06 c'est qu'il est très peu protégé, il n'a aucun bouclier.
09:09 La seule protection dont il dispose, c'est cette manique ici,
09:13 qui va lui protéger le visage très légèrement.
09:17 Voilà.
09:18 Ce qu'on appelle un ludus, une école de gladiateurs,
09:23 on en connaît certaines qui sont très célèbres,
09:25 celle de Rome, celle de Pompéi, bien sûr,
09:27 que l'archéologie nous a montré, le fameux ludus de Pompéi.
09:30 Est-ce que ce sont des guerriers professionnels ?
09:34 Oui, totalement.
09:35 Leur statut est en fait assez proche d'un sportif de haut niveau d'aujourd'hui.
09:40 Voilà, mais vraiment.
09:41 C'est-à-dire qu'ils sont considérés comme tels,
09:43 on va avoir des médecins qui les suivent en permanence,
09:45 qu'ils soient à leurs blessures, évidemment,
09:48 mais qui suivent aussi leur régime alimentaire,
09:50 leur santé globale, qu'ils restent en forme, etc.
09:53 Ils s'entraînent au quotidien,
09:55 que ce soit physiquement pour garder la forme,
09:57 ou au combat, bien entendu.
09:59 Et ils ont aussi un statut auprès du public,
10:02 et celui d'un sportif de haut niveau d'aujourd'hui,
10:04 d'une star du football, par exemple.
10:06 On va avoir les meilleurs médecins.
10:11 Encore une fois, comme un sportif de haut niveau d'aujourd'hui,
10:13 on va lui fournir les meilleures prestations médicales.
10:16 Par exemple, un des médecins romains les plus célèbres, Galien,
10:19 a commencé sa carrière comme médecin de gladiateur à Pergame.
10:23 L'état de la médecine romaine est bien plus en avance que ce qu'on peut imaginer.
10:27 On sait recoudre les plaies, ça, sans aucun problème.
10:30 On a des plantes antiseptiques pour empêcher l'infection.
10:34 Alors, on ne connaît pas encore l'alcool, évidemment,
10:36 mais on a des choses pour désinfecter un peu.
10:38 On utilise du vinaigre, notamment.
10:40 Et on sait aussi faire de la chirurgie,
10:43 beaucoup plus poussée.
10:44 On sait soigner un traumatisme crânien.
10:46 On sait faire ce qu'on appelle une trépanation,
10:48 une opération du cerveau.
10:49 On sait soigner les yeux, à l'époque romaine,
10:51 on sait soigner la cataracte, par exemple.
10:53 Donc, on est déjà assez avancé au niveau de la chirurgie.
10:56 Évidemment, pas au niveau de ce qu'on a sur la médecine moderne,
10:59 mais on sait sauver la vie d'un gladiateur,
11:02 la plupart du temps, quand même.
11:03 C'est d'ailleurs la tenue que je porte ici.
11:10 C'est ce qu'on appelle un rudis.
11:12 On va en avoir un, voire deux,
11:14 si les combats sont assez importants,
11:15 le prima rudis, le segunda rudis,
11:17 qui vont arbitrer tout ça,
11:19 qui vont ordonner le combat,
11:21 quand il commence, quand il s'arrête.
11:23 Il y a donc des règles bien précises.
11:25 On ne va pas lâcher deux combattants
11:26 jusqu'à ce qu'il y en ait deux qui soient morts.
11:28 On va compter les touches,
11:30 les blessures qui vont saigner, essentiellement.
11:32 Et si jamais il y a faute,
11:34 on va les séparer.
11:35 Si un des gladiateurs tombe, par exemple,
11:37 on interrompt le combat,
11:38 on le laisse se relever,
11:40 et on recommence le combat.
11:42 Le bras, c'est ce qui va prendre le plus de coups,
11:46 vu que c'est exposé, quand même,
11:48 rapidement dans le combat.
11:49 Le reste, c'est une vraie volonté
11:51 de peu protéger les gladiateurs,
11:53 puisqu'il faut qu'ils puissent avoir des blessures,
11:55 et surtout des blessures visibles par le public.
11:58 Le torse, ça va saigner,
12:00 et néanmoins, ça fait des blessures qui ne sont pas si graves.
12:02 Alors là, ce n'est pas trop le cas sur mes gladiateurs,
12:04 mais parfois, on avait des protections,
12:06 des ceintures très larges,
12:07 qui protégeaient quand même les viscères.
12:09 Voilà.
12:10 Donc on protège les zones les plus vitales,
12:12 mais le reste, au contraire,
12:13 on veut que ça puisse saigner.
12:14 Deux combats sur trois,
12:16 on va utiliser ce que les textes décrivent
12:18 comme des armes plombées.
12:20 C'est-à-dire qu'on va mettre une boule de plomb sur la pointe,
12:22 et les tranchants vont être émoussés.
12:24 Alors, ce que ce sont des armes qui sont plombées,
12:27 donc ni tranchantes ni pointues,
12:29 les blessures vont être légères.
12:31 Ça va être des équimauses, des coups, ce genre de choses.
12:33 Pour les combats avec les armes seulement tranchantes,
12:35 et bien, ça va être des estaphylas,
12:37 donc des blessures qui ne sont pas si graves que ça.
12:39 Et pour les combats avec les vraies armes coupantes et pointues,
12:44 là, ça peut être des blessures graves.
12:46 Les estocs, notamment, les coups avec la pointe,
12:48 et bien, vont pénétrer la chair assez profondément,
12:51 peuvent faire des blessures parfois mortelles.
12:53 [Musique]
12:55 Comment les gladiateurs touchent de l'argent ?
12:57 C'est dans leur contrat, simplement.
12:59 Plus ils sont célèbres, plus on va mettre des sommes importantes en jeu.
13:03 Voilà, donc c'est le commanditaire des jeux, simplement,
13:05 qui va payer, et qui va donc rémunérer ces gladiateurs.
13:10 Mais après, ils peuvent aussi avoir des cadeaux, notamment.
13:12 Si une riche patricienne désire passer un moment privilégié avec un gladiateur,
13:17 elle ne va pas hésiter à lui offrir des cadeaux somptueux, également.
13:20 [Musique]
13:23 Ça va même changer énormément, en fonction de l'occasion et de l'endroit où ça se trouve.
13:28 D'ailleurs, on pense que les gladiateurs faisaient forcément des combats à mort.
13:31 Non, ce n'est pas le cas.
13:33 Au maximum, un combat sur trois va être potentiellement mortel.
13:37 Je dis bien potentiellement.
13:39 Après, ça dépend où on se trouve.
13:40 Les combats qu'il va y avoir à Rome, dans le Colisée,
13:43 évidemment, le public attend un peu plus
13:46 que dans le fin fond d'une province obscure, dans un autre pays.
13:50 Donc, les combats à Rome vont être potentiellement plus sanglants, plus souvent à mort,
13:55 alors que dans les provinces, bien beaucoup moins.
13:57 Pourquoi ? C'est une question d'argent.
14:00 Un gladiateur, comme on le disait précédemment, c'est un sportif de haut niveau.
14:03 Donc, ce titre coûte cher à entretenir.
14:06 Il a coûté très cher à former et équiper.
14:09 Donc, on va éviter de les tuer sans une bonne raison.
14:13 Donc, ça va vraiment être très différent en fonction des lieux.
14:17 Les gladiateurs, c'est uniquement entre eux.
14:19 Il y a dans les amphithéâtres, dans ce qu'on appelle aujourd'hui les arènes,
14:22 des combats avec des animaux, parfois des simulacres de bataille,
14:26 mais c'est autre chose.
14:27 Ce ne sont pas les gladiateurs qui vont se prêter à ce genre d'exercice.
14:31 Est-ce que les gladiateurs étaient célèbres chez les Romains ?
14:35 Oui, énormément.
14:36 Dans toutes les classes sociales, oui, mais pas de la même manière.
14:40 C'est avant tout les classes les plus populaires qui vont les aimer.
14:44 C'est le spectacle de la plèbe par excellence.
14:47 Ce qui ne veut pas dire que les gens des classes supérieures ne les aiment pas,
14:51 mais ils vont préférer d'autres spectacles plus intellectuels,
14:54 aller au théâtre ou à l'Odéon, écouter de la musique, voir une pièce de théâtre, par exemple.
14:59 Néanmoins, ils avaient quand même une très grande popularité auprès de la gente féminine,
15:03 auprès des patriciennes, qui payaient parfois très cher
15:06 pour passer une nuit avec un gladiateur célèbre.
15:10 Il pouvait y avoir des paris.
15:12 En fait, c'est une manne financière très importante.
15:15 Il y a des enjeux financiers très importants.
15:17 Les gens qui vont commanditer ces jeux,
15:19 souvent, c'est eux qui les offrent, c'est pour plaire au public.
15:22 Le gladiateur, lui-même, espère toucher une somme d'argent conséquente
15:26 s'il gagne son combat, mais le public va aussi parier là-dessus.
15:30 Le fameux geste avec le pouce en l'air ou le pouce en bas, existe-t-il ?
15:36 Alors oui, mais ce n'est pas tout à fait le geste qu'on voit dans les films.
15:39 Hollywood, on a voulu faire quelque chose qui se voit de loin.
15:42 En fait, le geste, c'est soit pouce extérieur, soit pouce à l'intérieur de la pomme.
15:46 Le pouce dans la pomme, qui signifie la mort, en fait, puisque le glaive est dans le corps,
15:51 ou le pouce à l'extérieur, qui signifie la vie,
15:55 puisque le glaive reste hors du corps de l'adversaire.
15:57 Est-ce que le public peut intervenir là-dedans ?
16:00 Bien, complètement. C'est même, en vérité, lui qui décide.
16:04 Techniquement, bien entendu, si c'est un combat à Rome face à l'empereur,
16:07 c'est l'empereur qui a le dernier mot, mais jamais au grand jamais,
16:10 l'empereur va aller contre l'avis du public, puisque le but de ces jeux, c'est de plaire au public.
16:16 Donc c'est totalement lui qui va décider.
16:19 Ce qui nous amène à une petite chose d'important, c'est-à-dire que pour survivre,
16:22 pour un gladiateur, le but, ce n'est même pas d'être le meilleur combattant,
16:25 c'est d'être celui que le public aime.
16:28 Les gladiatrices ne savent fronter qu'entre elles.
16:32 Un petit peu comme le sport aujourd'hui, à haut niveau, les femmes ne se battent qu'entre elles.
16:36 Elles portent les mêmes armaturas, donc les mêmes équipements,
16:39 elles font le même type de combat que les hommes.
16:41 Malheureusement, c'est un combat qui était moins populaire.
16:44 Généralement, sur une journée de jeu, les femmes allaient se battre le matin,
16:48 le moment où il y avait le moins de monde dans les gradins,
16:51 et c'est des combats qui sont moins recherchés que celui des hommes.
16:54 Parfois même, certains auteurs latins les ont moqués un petit peu.
17:01 Alors, est-ce que les gladiateurs pouvaient devenir riches ?
17:03 Oui, complètement. C'est même d'ailleurs le but recherché.
17:06 Riche et célèbre.
17:08 Comment ça se passe ?
17:09 Eh bien, encore une fois, il faut être le chouchou du public.
17:13 Il faut savoir bien se battre, il faut survivre, évidemment,
17:16 mais savoir se battre et gagner ses combats ne suffit pas.
17:19 C'est un combat qui va être très différent de ce qu'on va pratiquer à la guerre,
17:23 où on cherche une efficacité immédiate.
17:25 Là, non. Le but, ce n'est pas de vaincre son ennemi très vite.
17:27 Au contraire, c'est de faire un combat joli, qui dure, et qui va plaire au public.
17:32 Et plus on est populaire, plus les sommes qu'on va gagner vont être importantes.
17:36 Il y a eu des gladiateurs célèbres, outre le fameux Spartacus, que tout le monde connaît.
17:41 Il y a des noms de certains gladiateurs qui sont arrivés jusqu'à nous,
17:44 soit par les textes, soit par les graffitis.
17:47 Alors, notamment, j'en ai deux en tête, c'est Priscus et Verus,
17:51 qui ont été présents lors de l'inauguration du Colisée, de l'amphithéâtre flavien,
17:56 et qui ont été le clou du spectacle, très attendu.
17:59 On a dépensé des sommes colossales, justement, pour organiser ce spectacle.
18:03 Et donc, les auteurs latins nous ont ramené leurs noms jusqu'à aujourd'hui.
18:06 Après, il y en a d'autres qu'on connaît grâce aux graffitis qu'on a retrouvés à Rome et à Pompéi, entre autres.
18:11 Ces deux-là étaient connus au moment du spectacle du Colisée,
18:14 c'est justement parce qu'ils étaient déjà les favoris du public,
18:17 qu'on les a fait venir pour l'événement, et qu'on les a gardés pour la fin.
18:20 C'était vraiment le clou du spectacle.
18:22 Après, ce qui faisait qu'ils devenaient célèbres, eh bien, encore une fois,
18:26 c'était le fait que leur style de combat plaisait particulièrement au public.
18:29 Le fait qu'ils s'adressaient au public, un petit peu comme un spectacle d'aujourd'hui.
18:33 Ils se contentaient pas forcément de se battre,
18:35 mais lorsqu'ils mettaient une touche, ils faisaient le show, se tournaient vers le public, se faisaient acclamer.
18:39 Voilà.
18:40 [Générique]
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