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  • il y a 14 ans
En 1957, alors qu’il ne peut tourner librement à Hollywood, Orson Welles accepte d’adapter un roman policier anodin. Il le transfigure aussi bien comme scénariste, en transformant les personnages et en introduisant un propos qui lui est cher sur les sociétés policières et le racisme, que comme réalisateur, mêlant préméditation et improvisation. François Thomas

Professeur à l’université Sorbonne Nouvelle - Paris 3 et collaborateur à Positif, François Thomas a consacré plusieurs articles et essais à l’oeuvre de Welles, dont “Orson Welles au travail”, avec Jean-Pierre Berthomé (Éd. Cahiers du cinéma, 2006).

Ce cours de cinéma a eu lieu le 16 novembre 2012 dans le cadre du cycle de films "Que fait la police ?" au Forum des images, Paris?
Transcription
00:00:27La soif du mal
00:00:30La soif du mal
00:01:01La soif du mal
00:01:39La soif du mal
00:01:43Puisque Muriel Dreyfus vient de vous expliquer que vous avez entendu la musique de la soif du mal
00:01:48Mais pour ceux d'entre vous qui êtes arrivés les premiers, vous avez entendu une musique qui ne figure pas
00:01:52dans la version que vous avez pu voir hier ici même ou que vous pourrez voir dimanche ici même
00:01:57Puisque certains morceaux de Henry Mancini, l'un des bons génies du film, ont été supprimés dans cette version qui
00:02:06est un remontage datant de 1998
00:02:08Quant au film lui-même donc nous remonterons dans un autre sens du verbe en 1957
00:02:15Donc je commencerai par aborder Wells en tant que remagneur de génie
00:02:22Pas seulement pour la soif du mal bien entendu, c'est quelqu'un, un metteur en scène de théâtre, de
00:02:28radio et de cinéma qui dans ces trois formes d'art là a passé sa vie moins à écrire des
00:02:35scénarios originaux ou des pièces
00:02:38Qui a remanié le travail des autres et qui n'excelle jamais mieux que lorsqu'il dispose d'une structure
00:02:43préalable qu'il remanie à sa guise
00:02:46Donc au théâtre bien entendu, c'est-à-dire que même lorsqu'il met en scène Shakespeare, il triture complètement
00:02:51les pièces, il change l'ordre des scènes, il change l'ordre des répliques à l'intérieur d'une scène
00:02:55Il prend des répliques de l'acte 3 pour les mettre dans une scène de l'acte 1 quand il
00:03:00ne mélange pas de pièces d'entre elles
00:03:02A la radio, n'en parlons pas, 200 dramatiques radiophoniques, je ne dis pas que c'est écrit chacune d
00:03:07'entre elles bien sûr
00:03:08Mais il donnait des directives extrêmement précises et extrêmement inventives et dans le domaine du cinéma également
00:03:13Ses scénarios les plus forts sont des adaptations, soit de classiques, aussi bien d'ailleurs les scénarios tournés que les
00:03:20très nombreux scénarios non tournés
00:03:22Qu'il a également signés et dont beaucoup sont absolument passionnants
00:03:26Donc aussi bien disais-je des classiques de la littérature occidentale que des œuvres de la littérature populaire
00:03:32Ça avait déjà été le cas pour La Dame de Shanghai, un roman assez médiocre dont Wells a complètement refondu
00:03:39l'intrigue
00:03:39Et dont il n'a gardé que, je ne sais plus, 3 ou 4 lignes de dialogue, pas beaucoup plus
00:03:45Mais le véritable chef-d'œuvre de Wells dans ce domaine, dans le domaine de la refonte
00:03:50C'est bien La Soif du Mal qui nous occupe aujourd'hui, c'est son tour de force scénaristique
00:03:54Mais pour comprendre pourquoi il a fait ce tour de force, il faut remonter en arrière et revenir sur l
00:04:01'historique
00:04:02Comment Wells s'est-il retrouvé, metteur en scène et scénariste, de ce film, comment le projet est iné
00:04:08Il s'agit d'un retour d'exil
00:04:12Wells avait passé les années 1947-1955 en Europe
00:04:17Il a travaillé à de nombreux projets, cinematographiques ou non cinematographiques
00:04:21Et à la fin de l'année 1955, il a, j'en veux dire, fui l'Europe avec armes et
00:04:27bagages en laissant tout en plan
00:04:30Les montages en cours, notamment d'une série télévisée
00:04:33Les scénarios, originaux ou pas, qu'il avait rédigés et qu'il a dû laisser à son associé de l
00:04:41'époque
00:04:41Il a tout laissé en plan pour la raison suivante, il s'était retrouvé dans un contrat exclusif avec quelqu
00:04:47'un qui était un ami très proche
00:04:49Louis Dolivet, producteur d'occasion de Mr. Arcadine
00:04:54Je dis producteur d'occasion parce que ça n'était pas un producteur de métier, il est devenu par la
00:04:57suite
00:04:58C'est quelqu'un qui était un ami de Wells depuis les années 40 aux Etats-Unis
00:05:03Il avait tenté de promouvoir une carrière politique de Wells
00:05:06Il avait mené campagne pour que Wells devienne le premier secrétaire général de l'organisation des Nations Unies
00:05:15Et qui, par amitié pour Wells, est mue en producteur
00:05:18Lorsqu'ils se sont retrouvés l'un et l'autre en Europe
00:05:21Mais apparemment, il ne faut jamais travailler avec des amis trop proches
00:05:25Puisque tout cela est très mal tourné
00:05:27Et le meilleur moyen qu'a trouvé Wells d'échapper à tous les problèmes qu'il rencontrait
00:05:33Était de retourner aux Etats-Unis
00:05:34Simplement, en 1947, il avait similairement coupé les ponts
00:05:40Et il fallait vraiment recommencer de zéro avec de surcroît une réputation difficile des producteurs oulimudiens
00:05:47Si on prend par recommencer de zéro, recommencer de zéro comme metteur en scène
00:05:52Puisque je le rappelle, il avait aussi une activité théâtrale, une activité radiophonique
00:05:56Et entre temps, également, il voulait s'imposer à la télévision, il en a fait beaucoup en Europe
00:06:03Wells avait la réputation de dépasser systématiquement les budgets et les plans de travail
00:06:10Ce qu'il n'a pas fait ou de façon tellement négligeable que cela revient au même pour la soie
00:06:15du mal
00:06:17D'avoir des relations extrêmement tendues avec les producteurs et notamment les patrons de studios
00:06:23Ce qui, en revanche, s'est vérifié pour la soie du mal au point que le contrôle du montage final
00:06:29a échappé en cours de route à Wells
00:06:33Cela étant, remettre les pieds à Hollywood dans ces conditions-là
00:06:37Avec aussi la réputation très incertaine de son eau cinématographique européenne
00:06:42Un film qui a mis 4 ans pour se faire, Hôtel l'eau
00:06:45Un film qui à ce moment-là n'est pas encore sorti aux Etats-Unis, Mister Arcadine et qui n
00:06:49'a pas bonne réputation
00:06:51Il fallait, je le répète, véritablement partir de zéro
00:06:53Wells a fait du théâtre à New York, a fait de la radio, a fait de la télévision à la
00:07:02fois comme acteur dans des dramatiques grand public
00:07:05Comme personnalité également dans des émissions de plateau
00:07:10Et puis pour Hollywood, même s'il a eu des contacts avec différentes sociétés, cela était plus lent
00:07:16Mais la firme universelle, je prononce à la française comme je prononcerai à la française, j'imagine, la plupart des
00:07:22noms anglais que j'utilise aujourd'hui
00:07:24La firme universelle lui propose de jouer le second rôle principal dans un film intitulé Le salaire du diable
00:07:30Et réalisé par Jack Arnold, nous sommes en 1956
00:07:37Le rôle qu'il y tient ressemble un petit peu et même beaucoup à celui qu'il tiendra bientôt dans
00:07:42la soie du mal
00:07:43Puisqu'il s'agit d'un propriétaire terrien qui exploite ses ouvriers mexicains et même qui organise l'assassinat de
00:07:51l'un des mexicains en question
00:07:54Le producteur de ce film, Albert Tzuck-Smith, est tellement ravi de cette collaboration-là
00:08:01Qu'il propose immédiatement à Wells de tourner dans un autre film dont il aura Tzuck-Smith la responsabilité
00:08:07Adapté d'un roman intitulé en anglais Badge of Evil, l'insigne du mal
00:08:12L'insigne, c'est l'insigne d'un policier, celui évidemment du personnage qui deviendra Quinlan dans le film
00:08:19Et qui n'a pour l'instant pas de réalisateur
00:08:23Wells est l'un des premiers contactés, peut-être même le premier contacté
00:08:26Comme interprète pour ce film qui en revanche a un scénario
00:08:32Est ensuite contacté pour tenir le rôle principal, Charlton Eston
00:08:39Eston à ce moment-là est sur le point d'être au sommet de sa carrière
00:08:45D'être une immense vedette internationale à cause des 10 commandements de Cécile B2000
00:08:51D'une certaine façon on pourrait penser que jouer dans ce qui deviendra la soie du mal serait pour lui
00:08:55déchoir
00:08:56A cela près qu'il doit encore au terme de son contrat avec Universal un film à la firme
00:09:01Et bien entendu il accepte ce qui à ses yeux est alors un film de second réunion bientôt indigne de
00:09:08son talent
00:09:10Et comment Wells est-il intervenu comme metteur en scène ?
00:09:13Beaucoup de versions différentes ont été données de cette histoire
00:09:18Celle qui est la plus probable est la suivante
00:09:22Eston donc se voit proposer le rôle
00:09:23On lui dit Orson Wells jouera également
00:09:27Et c'est Eston qui demande à Universal
00:09:31Mais ce serait peut-être bien que Wells soit également réalisateur
00:09:35En souvenir bien entendu de Citizen Kane
00:09:37Le poids de Eston est tellement important que cela prime sur la mauvaise réputation de Wells dont j'ai parlé
00:09:43Outre le fait que Tzu Smith, lui, exceptionnellement, a confiance dans notre cinéaste
00:09:52Wells accepte à une condition
00:09:54Qui est de remanier librement et de fond en comble le scénario
00:10:00Nous y voilà
00:10:01Donc j'aborde maintenant les trois textes successifs
00:10:05Le roman dont j'ai donné le titre
00:10:08En français, manque de peau
00:10:09Mais vous pouvez le trouver aujourd'hui
00:10:11Il a été réédité, enfin il est peut-être épuisé maintenant
00:10:14Mais il a été réédité dans deux éditions successives
00:10:16Sous le titre, bien entendu, La Soir du Mal
00:10:20Ensuite, un premier scénario
00:10:23Rédigé par quelqu'un qui s'appelle Paul Monach
00:10:25Qui était à l'époque un jeune scénariste
00:10:28De séries télévisées
00:10:30Qui viendra ensuite producteur
00:10:31De films tout à fait respectables
00:10:34Notamment un film de Billy Wilder
00:10:35Un autre de Brian De Palma
00:10:37Et le troisième texte, c'est bien entendu
00:10:39Le scénario de Wells
00:10:42Le roman, tout d'abord
00:10:43Il est paru au début de l'année
00:10:4456
00:10:46Universal l'a d'emblée acheté
00:10:47Et contrairement à celui qui a donné naissance
00:10:51A la dame de Shanghai
00:10:52Même si ça n'a rien d'une oeuvre exceptionnelle
00:10:55C'est un roman tout à fait compétent
00:10:58Agréable à lire
00:10:59Mais qui ne contient pas du tout
00:11:00Les lignes de force thématiques
00:11:01Que Wells lui donnera par la suite
00:11:05L'intrigue, en bref
00:11:07Enfin, le cadre
00:11:08Et vraiment celui
00:11:10Du scénario final
00:11:14Du film
00:11:16C'est à dire
00:11:16Oui, la difficulté maintenant
00:11:18C'est que
00:11:18Dans le roman
00:11:20Le premier scénario
00:11:22Le deuxième scénario
00:11:23Et même le film
00:11:24Les noms des personnages
00:11:26Changent constamment
00:11:27Donc si je les utilise
00:11:28Je m'y perds
00:11:29Et je vous y perds
00:11:31Donc vive la périphrase
00:11:33Pour les premières minutes qui suivent
00:11:35Le roman met aux prises
00:11:37Donc d'un côté
00:11:38Un policier intègre
00:11:39Qui sera interprété
00:11:40Par Charlton Heston
00:11:42Et de l'autre
00:11:42Un tandem de policiers
00:11:45Un capitaine
00:11:47Qui se révèlera être
00:11:48Véreux
00:11:49Le personnage destiné
00:11:51A Wells
00:11:52Et son adjoint
00:11:54Fidèle
00:11:55Aveugle peut-être
00:11:56Mais honnête
00:11:57Enfin, je veux dire aveugle
00:11:59Sur les malversations
00:12:02De son supérieur
00:12:04Qui est la personne au monde
00:12:05Qui l'admire le plus
00:12:07La rivalité
00:12:09Entre
00:12:09Le policier intègre
00:12:12Et les deux autres
00:12:13De la même façon
00:12:15Se lie
00:12:15Autour de
00:12:16L'enquête
00:12:17Sur l'assassinat
00:12:18D'un
00:12:20Potenta
00:12:20Local
00:12:22Dans des circonstances
00:12:23Voisines
00:12:23De celles
00:12:24Du film
00:12:25Comme
00:12:26Le policier intègre
00:12:28Cherche-noise
00:12:29A son collègue
00:12:31Et bien
00:12:32L'autre
00:12:32Essaye de faire porter
00:12:34Le chapeau d'un crime
00:12:36Lié à la drogue
00:12:37Sur
00:12:38L'épouse
00:12:39Du policier
00:12:40Intègre
00:12:41Et cela mène
00:12:42A l'assassinat
00:12:43A la fin
00:12:44Du
00:12:45Second
00:12:46Par
00:12:47Le capitaine
00:12:48Enfin
00:12:49Du bras droit
00:12:49Du capitaine
00:12:50Par
00:12:51Le dit capitaine
00:12:52Voici pour le résumer
00:12:53Il importe de préciser
00:12:55L'ensemble des personnages
00:12:57Que je viens de citer
00:12:58Et la plupart des autres
00:12:58Personnages du roman
00:12:59Sont américains
00:13:01Sauf
00:13:02L'épouse
00:13:03Du policier
00:13:04Intègre
00:13:04Qui est mexicaine
00:13:05Et par ailleurs
00:13:07Ils sont mariés
00:13:07Depuis
00:13:08Neuf ans
00:13:09Paul Monach
00:13:10Le scénariste
00:13:12Donc
00:13:12Appointé
00:13:13Par
00:13:13Universal
00:13:14Apporte
00:13:15Un certain nombre
00:13:16De modifications
00:13:16Je vais m'en tenir
00:13:17A celles
00:13:17Qui vont directement
00:13:18Se retrouver
00:13:19Dans le scénario
00:13:22De Wells
00:13:23Monach
00:13:24Insiste
00:13:25Beaucoup plus
00:13:25Sur le parallélisme
00:13:26Entre d'un côté
00:13:27Le policier intègre
00:13:28Et de l'autre côté
00:13:28Le capitaine
00:13:30Deux personnages
00:13:32Aussi obsédés
00:13:33L'un que l'autre
00:13:34Par la recherche
00:13:35D'une vérité
00:13:36Dont ils se prétendent
00:13:37Les seuls
00:13:39Détenteurs
00:13:39Et l'un et l'autre
00:13:41Cette fois-ci
00:13:42Brutalisant
00:13:43Des témoins
00:13:45Pour ce qu'ils croient être
00:13:46Le bien
00:13:46De l'anguette
00:13:48Parmi
00:13:49Les inventions
00:13:49Parmi les nombreuses scènes
00:13:51A inventer par Monach
00:13:52La scène
00:13:53
00:13:53Vous la voyez dans le film
00:13:55Charlton et Stone
00:13:56Brutalisent
00:13:57Des membres
00:13:58Du gang
00:13:59D'une façon
00:13:59Qui s'y est peu
00:14:00A un défenseur
00:14:02De la loi
00:14:04Monach
00:14:05Développe aussi
00:14:07Quelque chose
00:14:08Qui est appelé
00:14:08Esquissé dans le roman
00:14:09Le gang
00:14:09Dont je viens de parler
00:14:11A l'instant
00:14:12Et qui devient
00:14:12Le gang grandit
00:14:13Dans le film
00:14:15Enfin
00:14:15Et ça n'est pas rien
00:14:18Monach
00:14:19Fait
00:14:19Pardon
00:14:20J'oubliais
00:14:21Dans le résumé
00:14:22De tout à l'heure
00:14:23J'oubliais de préciser
00:14:24Même chose
00:14:25Que dans le film
00:14:26Le suspect
00:14:27Est un vendeur de chaussures
00:14:30Qui courtise
00:14:31La fille
00:14:33De la victime
00:14:34De l'assassinat
00:14:36Et même
00:14:37Qui veut
00:14:38L'épouser
00:14:39Dans le roman
00:14:40Ce suspect
00:14:41Ce suspect
00:14:42Est innocent
00:14:42Dans le premier scénario
00:14:44De Monach
00:14:45Ce suspect
00:14:46Devient
00:14:47Le coupable
00:14:47Et Wells
00:14:48Reprend cela
00:14:49A son compte
00:14:50Venons-en à Wells
00:14:52Maintenant
00:14:52Que fait-il d'autre
00:14:54Il respecte
00:14:54Assez fidèlement
00:14:55La structure
00:14:55Du scénario
00:14:58De Monach
00:14:59Il prétendra
00:15:00Par ailleurs
00:15:01Par la suite
00:15:02Régulièrement
00:15:03Qu'il n'a jamais lu
00:15:04Le roman
00:15:05Et c'est assez douteux
00:15:07Puisque si l'on compare
00:15:09Les trois textes
00:15:10On se rend compte
00:15:10Rapidement
00:15:11Que Wells
00:15:12A réintégré
00:15:13Dans son propre scénario
00:15:14Un certain nombre
00:15:15De répliques
00:15:16Un nombre important
00:15:17De répliques
00:15:18Tirées
00:15:19Verbatim
00:15:19Du roman
00:15:21Néanmoins
00:15:22Sa contribution
00:15:23Est considérable
00:15:25Et je vais en résumer
00:15:26Certains
00:15:26Des aspects
00:15:27Les plus
00:15:27Les plus importants
00:15:29Qui donnent au film
00:15:30Une complexité
00:15:31Qu'il n'avait pas
00:15:32Et qu'il n'aurait certainement
00:15:34Pas eu
00:15:34Avec un autre
00:15:34Metteur en scène
00:15:35Ou un autre
00:15:35Metteur en scène
00:15:36Scénariste
00:15:36Et c'est là
00:15:38Que nous arrivons
00:15:38Vraiment
00:15:39A ce que fait la police
00:15:41Et à la question
00:15:42Du racisme
00:15:43Par quoi je vais commencer
00:15:45La ville frontière
00:15:47Et le racisme
00:15:48Comme je le dis tout à l'heure
00:15:49Dans le roman
00:15:53Quasiment tous les personnages
00:15:54Sont américains
00:15:55L'action par ailleurs
00:15:56Est située en Californie du Sud
00:15:57Et Wells
00:15:59La déplace
00:16:00Sur la frontière
00:16:02Avec
00:16:02Le Mexique
00:16:03Dans cette ville frontière
00:16:04Que vous avez vue
00:16:05Hier
00:16:06Si vous venez de revoir le film
00:16:08Qui est très présentée
00:16:10Dès le premier plan
00:16:12De 3 minutes 20
00:16:13Qui ouvre le film
00:16:15Et qui donne absolument
00:16:16Toute la thématique du film
00:16:17Au point même
00:16:17Que
00:16:20Les formalités
00:16:21A la frontière
00:16:22Les formalités
00:16:23D'immigration
00:16:23Nous permettent de savoir
00:16:24Qui est américain
00:16:25Et qui est mexicain
00:16:26D'emblée
00:16:28Et qui sont les personnages principaux
00:16:30Et qui sont les personnages principaux
00:16:30Ou du moins ceux qui sont exposés
00:16:32Dès ce démarge
00:16:34Cette ville frontière
00:16:36Telle que Wells
00:16:37Ensuite
00:16:37La film
00:16:38Et bien
00:16:38Rien ne distingue
00:16:40Les deux côtés
00:16:41De la frontière
00:16:42De même que
00:16:43Peu de choses
00:16:44Finalement peut-être
00:16:44Distinguera
00:16:45Les deux
00:16:46Policiers principaux
00:16:48Dont j'ai
00:16:49Déjà
00:16:49Parlé
00:16:50Je reviendrai
00:16:51Sur le parallélisme
00:16:52Déjà esquissé
00:16:53Par
00:16:53Par
00:16:54Monache
00:16:54La frontière
00:16:56Elle se situe
00:16:56Au milieu d'une rue
00:16:57Et vous regardez
00:16:58D'un côté
00:16:58Vous regardez
00:16:59De l'autre
00:16:59S'il n'y avait pas
00:17:00Les inscriptions
00:17:03Les affiches
00:17:04Les enseignes
00:17:05Aussi
00:17:06Et bien
00:17:07Vous auriez du mal
00:17:08A vous orienter
00:17:09Côté américain
00:17:10Ou bien
00:17:10Côté mexicain
00:17:13Ce brouillage
00:17:14Des cartes
00:17:15Va au point
00:17:16Qu'on apprend
00:17:17En courte route
00:17:18Alors même que
00:17:19La femme
00:17:20Du policier
00:17:21Intègre
00:17:21Dont je vais finir
00:17:21Pardonner le nom
00:17:23Est
00:17:25Préoccupée
00:17:26D'être au maximum
00:17:27Du côté américain
00:17:29Elle veut dormir
00:17:29Dans un motel
00:17:30Américain
00:17:31Et surtout pas
00:17:31Dans un motel
00:17:32Mexicain
00:17:33Nous découvrons
00:17:34Et elle découvre
00:17:34Pour son grand malheur
00:17:35Que le dit motel
00:17:36Est détenu en réalité
00:17:38Par le gang
00:17:40Dont j'ai parlé tout à l'heure
00:17:41Le gang
00:17:41Grandi
00:17:42Donc dans
00:17:43Cet univers
00:17:44Les tensions raciales
00:17:47Sont exacerbées
00:17:48Plus qu'elles ne l'auraient été
00:17:49Et dans un autre
00:17:50Dans une autre localisation
00:17:52Les personnages maintenant
00:17:53Vargas
00:17:54Est le nom donné par Wells
00:17:57Au policier
00:17:58Intègre
00:17:58Interprété par Estone
00:17:59C'est un
00:18:00Haut fonctionnaire
00:18:01Mexicain
00:18:02Pour Wells
00:18:03Qui est président
00:18:04De la commission
00:18:07Pan-américaine
00:18:07Des stupéfiants
00:18:08On comprend qu'il est
00:18:09Un statut
00:18:11Qui est juste
00:18:12Au-dessous
00:18:12De celui
00:18:13Qui serait en France
00:18:14Celui de secrétaire
00:18:15D'état
00:18:16Et les spécialistes
00:18:17De la répression
00:18:18Du trafic
00:18:19De drogue
00:18:19Face à lui
00:18:21Côté américain
00:18:22Ou à côté de lui
00:18:23Deux racistes
00:18:25Très différents
00:18:26Bien entendu
00:18:27L'un de l'autre
00:18:27Mais deux racistes
00:18:29Prononcés
00:18:29D'abord bien entendu
00:18:30Le capitaine de police
00:18:31Quinlan
00:18:32Interprété par Wells
00:18:35Qui
00:18:37Vous vous rappelez
00:18:38De ses agissements
00:18:39Divers
00:18:40Vous vous rappelez aussi
00:18:41Ses propos divers
00:18:42Vous pouvez vous rappelez
00:18:43Que manifestement
00:18:45Il a refusé
00:18:46D'apprendre un mot
00:18:47D'espagnol
00:18:47Alors même
00:18:48Qu'il vit ici
00:18:49Depuis des décennies
00:18:52Et vous vous rappelez
00:18:54Vous vous reverrez
00:18:54D'ailleurs
00:18:55Ce sera dans
00:18:56Le premier extrait
00:18:57Que je vous montrerai
00:18:58Un peu plus tard
00:18:59Vous verrez comment
00:19:00Quittan
00:19:00Vargas
00:19:01C'est une conversation
00:19:02Au sujet
00:19:03De
00:19:05Notamment du Mexique
00:19:06Il dit à son adjoint
00:19:08Retournons
00:19:09A la civilisation
00:19:10Entre autres propos
00:19:11Très méprisant
00:19:12L'autre raciste
00:19:15Et bien
00:19:15C'est tout bonnement
00:19:16Suzanne
00:19:17La femme même
00:19:19De Vargas
00:19:22Racisme
00:19:22Peut être
00:19:25Inconscient
00:19:26Ne voulant pas à mal
00:19:27Il s'agit
00:19:28D'une native
00:19:29De Philadelphie
00:19:30Nous apprend
00:19:31Donc on peut présumer
00:19:32Qu'elle vient
00:19:33De la très haute société
00:19:34De la très haute bourgeoisie
00:19:37Américaine
00:19:37Et
00:19:38Et bien
00:19:39Elle est dépositaire
00:19:41Des préjugés
00:19:43De sa classe
00:19:45Il y a des signes
00:19:46Disons
00:19:46Véniels
00:19:47De racisme
00:19:47Par exemple
00:19:48La façon dont
00:19:49Alors que son mari
00:19:50S'appelle Miguel
00:19:51Dont elle l'appelle
00:19:52Constamment Mike
00:19:53Sauf
00:19:53Un tout petit moment
00:19:55Disons
00:19:56De sensualité
00:19:57Où l'on sent
00:19:58Peut être
00:19:58Que le passage
00:20:00Au prénom réel
00:20:02Au prénom mexicain
00:20:04Suppose
00:20:04L'attrait
00:20:05De l'exotisme
00:20:07Et puis
00:20:08Des moments
00:20:09Où le racisme
00:20:10Est beaucoup plus pertinent
00:20:11Enfin
00:20:12Beaucoup plus
00:20:13Visible
00:20:14Voire violent
00:20:15En particulier
00:20:16Pour un spectateur français
00:20:18Je ne sais pas
00:20:18Si c'est sensible
00:20:20Pour ma part
00:20:21J'ai retrouvé ensuite
00:20:23L'expression
00:20:23Dans d'autres films
00:20:25Et c'est là
00:20:26Que j'ai vraiment compris
00:20:26A quel point
00:20:27Elle était méprisante
00:20:28Vous vous rappelez
00:20:29Qu'elle est accostée
00:20:30Vers le début du film
00:20:31Par
00:20:32Un
00:20:33Jeune homme
00:20:34L'un des
00:20:36Membres du gang
00:20:37Grandi
00:20:37Et
00:20:38Elle lui dit
00:20:39Je vous suis
00:20:40Pancho
00:20:41Pancho bien entendu
00:20:42N'est pas son prénom
00:20:43Mais
00:20:44C'est la façon
00:20:46Dont à l'époque
00:20:46On disait
00:20:48L'équivalent
00:20:48Enfin je ne sais pas
00:20:49Quel équivalent
00:20:49Il y aurait en France
00:20:51Pour
00:20:52Des mexicains
00:20:53Mais c'est comme si
00:20:54Dans les années 50
00:20:54On disait
00:20:55A un noir
00:20:56Je vous suis
00:20:57Bamboula
00:20:58Ou je vous suis
00:20:58Banania
00:20:59C'est vraiment
00:20:59De ce niveau
00:21:00D'insulte
00:21:01
00:21:02Et du reste
00:21:03Lorsque
00:21:03Le dit
00:21:04Entre guillemets
00:21:05Pancho
00:21:06Retrouve sa famille
00:21:07La première chose
00:21:07Qu'il dit
00:21:08C'est
00:21:08Elle m'a appelé
00:21:09Pancho
00:21:11Parmi les autres personnages
00:21:13Le vendeur de chaussures
00:21:14Lui aussi
00:21:15Devient mexicain
00:21:16Sous le nom de Sanchez
00:21:17Cela signifie
00:21:19Dans un premier temps
00:21:19Que
00:21:24L'animosité
00:21:25Que lui manifeste
00:21:26Quinlan
00:21:27N'est pas seulement
00:21:28Due au fait
00:21:29Qu'il est un suspect
00:21:29Mais au fait
00:21:31Qu'il est mexicain
00:21:32Et par ailleurs
00:21:33On peut déduire
00:21:34Que si
00:21:35L'industriel
00:21:36Assassiné
00:21:36Dans le premier plan
00:21:37Du film
00:21:38En même temps
00:21:39Que son escorte
00:21:39Ne voulait pas
00:21:41De ce mariage
00:21:41Ce n'est pas seulement
00:21:42Parce qu'il s'agit
00:21:45De déchoir
00:21:46En termes sociaux
00:21:47Ou d'être déclassé
00:21:48Mais aussi
00:21:49Parce qu'il s'agirait
00:21:50D'un mariage mixte
00:21:52Dont il ne voulait pas
00:21:52Où elle s'introduit
00:21:54Également
00:21:55La thématique
00:21:56De la vengeance raciale
00:21:58Dans les agissements
00:21:59De Quinlan
00:22:00Puisque nous apprenons
00:22:02Que
00:22:03Une quarantaine d'années
00:22:04Plus tôt
00:22:05Son épouse
00:22:06A été étranglée
00:22:08Étranglée
00:22:09Par un métis
00:22:10L'expression employée
00:22:12Dans le film
00:22:13Par Quinlan
00:22:14C'est plutôt
00:22:15Un sans mêler
00:22:17Et c'est cela
00:22:18Qui justifie en partie
00:22:19Ses agissements
00:22:20Je passe sur d'autres personnages
00:22:23Et j'avais annoncé tout à l'heure
00:22:24Que je reviendrai en arrière
00:22:25Pour parler de l'engagement
00:22:27Antiraciste
00:22:27De Wells
00:22:28Et nous y voilà
00:22:29Le message
00:22:30Si vous voulez
00:22:31C'est
00:22:31Il y a
00:22:32Chez Wells
00:22:34La force
00:22:35De la soif du mal
00:22:36Et la force
00:22:36De son scénario
00:22:37J'oublie de dire par ailleurs
00:22:38Le tour de force
00:22:39C'est aussi que
00:22:41Ce scénario
00:22:42Il a rédigé en très peu de temps
00:22:43Il a signé son contrat
00:22:45Environ un mois et demi
00:22:46Avant de commencer à tourner
00:22:47Vous avez tout
00:22:48Un processus de création
00:22:50Qui se met en branle
00:22:51Ca veut dire un scénario
00:22:52Écrit en moins d'un mois
00:22:53Trois semaines environ
00:22:55Et
00:22:55Le processus de création
00:22:57Ensuite
00:22:57Se poursuit
00:22:58Pendant le tournage même
00:22:59Puisque je l'ai dit
00:23:00Wells continue
00:23:01De réécrire
00:23:02De développer des personnages
00:23:03D'ajouter des situations
00:23:05Et
00:23:06J'en passe
00:23:09Vous avez donc
00:23:10Dans
00:23:10La soif du mal
00:23:12Un discours sur les minorités hispaniques
00:23:13Qui est tout à fait novateur
00:23:14Pour l'époque
00:23:15Et un discours sur
00:23:16Les liens
00:23:17Police
00:23:18Racisme
00:23:19Qui est également
00:23:19Novateur
00:23:20Mais qui est vraiment
00:23:21Dans la continuité
00:23:21Dans l'environnement antiracide
00:23:22De Wells
00:23:23J'ai commencé une phrase
00:23:24Je crois
00:23:24Sans la terminer
00:23:25Il y a une minute
00:23:26Le film
00:23:28C'est vraiment
00:23:28Le croisement
00:23:29Wells
00:23:29Tisse ensemble
00:23:30D'une part
00:23:31Une intrigue
00:23:32Policiaire
00:23:34Acceptable
00:23:34Mais relativement banale
00:23:36Et les préoccupations
00:23:39Sociopolitiques
00:23:39Dont je vais vous parler
00:23:42Sans citer
00:23:43Tous les états de service
00:23:44De Wells
00:23:44Dans ce domaine
00:23:45On peut commencer
00:23:46Tout simplement
00:23:47Par sa première mise en scène
00:23:47Théâtrale en 1936
00:23:49C'est Macbeth de Shakespeare
00:23:50Interprété par une troupe
00:23:51Entièrement composée
00:23:52D'acteurs noirs
00:23:54Et par la suite
00:23:56Dans les années 40
00:23:58Notamment
00:23:58Enfin
00:23:59Wells a constamment
00:24:00Prit des positions
00:24:03Publiques
00:24:03C'était un homme public
00:24:05Et il a vraiment tenté
00:24:06Par ailleurs
00:24:06A certains moments
00:24:07D'avoir un engagement politique
00:24:09Très ouvert
00:24:10Très apparent
00:24:11En 1942
00:24:12Il y a eu une affaire
00:24:13Fameuse
00:24:14Intitulée
00:24:15Du Sleepy Lagoon
00:24:16C'est à dire
00:24:17Du lac
00:24:18Endormi
00:24:19La police
00:24:22Américaine
00:24:23A fait porter
00:24:24Le chapeau
00:24:25D'un meurtre
00:24:26D'un couple
00:24:27Blanc
00:24:27A une quinzaine
00:24:28D'Américains
00:24:30D'origine mexicaine
00:24:31De jeunes gens
00:24:31Très jeunes gens
00:24:33Cela a entraîné
00:24:35Des émeutes
00:24:36Elles-mêmes suivies
00:24:38D'une répression féroce
00:24:39600 arrestations
00:24:41Et d'une campagne
00:24:42De haine
00:24:43Raciale
00:24:44Raciste
00:24:46Démesurée
00:24:47Dans le pays
00:24:47Wells a été
00:24:49Le porte-parole
00:24:50Du comité de défense
00:24:51De la jeunesse
00:24:52Ou de ces jeunes
00:24:54Américains
00:24:55D'origine mexicaine
00:24:57A édité
00:24:57Une brochure
00:24:59A ce sujet
00:25:01En a lui-même
00:25:02Rédiger
00:25:03L'introduction
00:25:04Et j'en passe
00:25:04L'année d'après
00:25:05Autre affaire
00:25:06Sur laquelle je passe
00:25:07Mais nouvelle campagne
00:25:08Spécifiquement
00:25:09Anti-mexicaine
00:25:11Dans laquelle
00:25:12Wells
00:25:12Prend position
00:25:131946
00:25:14A ce moment là
00:25:15Wells a une émission
00:25:16Radiophonique
00:25:17Qui fait souvent porter
00:25:19Sur des thèmes
00:25:21Sociopolitiques
00:25:22Il est éditorialiste
00:25:24Si vous voulez
00:25:24Il parle
00:25:26Pendant
00:25:27La durée
00:25:27De l'émission
00:25:29De façon très éloquente
00:25:31Et
00:25:31A l'été 1946
00:25:32Il intervient
00:25:33Pendant plusieurs semaines
00:25:34De suite
00:25:35Pour mener
00:25:35Une campagne
00:25:36Radiophonique
00:25:36Sur le fait divers
00:25:37Suivant
00:25:39Un ancien combattant
00:25:40Enfin tout juste
00:25:42Sorti
00:25:43De la guerre
00:25:44Du pacifique
00:25:45Un ancien combattant
00:25:46Noir
00:25:49Rentrant chez lui
00:25:50Se fait
00:25:52Brutaliser
00:25:55A coup de matraque
00:25:57Au point
00:25:58D'être rendu aveugle
00:26:00Par les nids coups de matraque
00:26:01Portés par
00:26:02Le chef
00:26:03De la police
00:26:04D'une petite ville
00:26:08De Caroline
00:26:08Du sud
00:26:12Mais il ignore
00:26:14De quelle petite ville
00:26:15Il s'agit
00:26:16Puisque
00:26:18Cela s'est produit
00:26:18Au cours d'un long voyage
00:26:20En car
00:26:20Il ne savait pas du tout
00:26:21Où le car s'arrêtait
00:26:23A ce moment là
00:26:23Et il a su évidemment
00:26:26Dans quelle ville
00:26:28Se trouvait
00:26:29L'hôpital
00:26:30D'où il est sorti
00:26:31Mais il ne savait pas
00:26:32Dans quelle ville
00:26:33Il avait été
00:26:33Battu
00:26:34Non pas à mort
00:26:35Mais jusqu'à l'aveuglement
00:26:37Et
00:26:39Wells
00:26:40A donc
00:26:41Mené une campagne
00:26:42Contre
00:26:42Ce qu'il a surnommé
00:26:43L'officier X
00:26:44Le chef de la police
00:26:46X
00:26:46Responsable
00:26:47De cela
00:26:50Une campagne
00:26:51Extrêmement éloquente
00:26:53Vous pouvez
00:26:54Si vous voulez
00:26:56En savoir plus
00:26:56Toutes ces émissions
00:26:58Radiophoniques
00:26:58Se trouvent maintenant
00:26:59Sur internet
00:27:00Assez facile à trouver
00:27:01Je ne sais plus
00:27:01Si j'ai donné le titre
00:27:02Du programme
00:27:04Orson Welles Commentaries
00:27:05Littéralement
00:27:06Les commentaires
00:27:07D'Orson Welles
00:27:09Et
00:27:09J'ai noté
00:27:10Une ou deux
00:27:11Une ou deux
00:27:11Phrases
00:27:14Prononcées
00:27:15Bien entendu
00:27:15Avec l'éloquence
00:27:17Incomparable
00:27:17De Wells
00:27:18Le péché
00:27:19Commit contre lui
00:27:20Contre ce jeune homme
00:27:21Il avait 26 ans
00:27:22Le péché commis
00:27:23Contre lui
00:27:23Et le péché
00:27:24Commit chaque jour
00:27:25Contre la race
00:27:26A laquelle il appartient
00:27:27La race humaine
00:27:28La suite
00:27:29A la suite
00:27:31Donc vraiment
00:27:31De
00:27:32L'engagement
00:27:33De Wells
00:27:33Le chef de la police
00:27:35En question est identifié
00:27:36Est arrêté
00:27:37Pas sans jugement
00:27:38Mais devant un jury
00:27:39Entièrement composé
00:27:40De blanc
00:27:41A qui il faudra
00:27:42Uniquement 20 minutes
00:27:43Pour décider
00:27:44De la quitter
00:27:45Je saute les années
00:27:46Et dans ce retour
00:27:49En arrière
00:27:49Et en 1955
00:27:51En Europe
00:27:51Wells fait également
00:27:53De la télévision
00:27:54Des causeries
00:27:55Télévisées
00:27:56Cette fois-ci
00:27:56Non plus
00:27:57Radio
00:27:57Diffusées
00:27:58Et dans l'une d'entre elles
00:28:00L'émission s'appelle
00:28:00L'Orson Welles'
00:28:01Sketchbook
00:28:02Littéralement
00:28:02Le carnet de croquis
00:28:03Ou le carnet d'esquisses
00:28:04D'Orson Welles
00:28:05Et bien
00:28:06Après avoir rappelé
00:28:08L'épisode dont
00:28:09Je viens de vous parler
00:28:10En ayant déclaré
00:28:11Un policier comme celui-là
00:28:12C'est un criminel
00:28:13En uniforme
00:28:14Il se lance
00:28:15Dans une très longue tirade
00:28:16L'émission entière
00:28:18Contre
00:28:19Certains aspects
00:28:20De la police
00:28:21Et contre
00:28:22Les frontières
00:28:23Je pourrais par ailleurs
00:28:24Longuement développer
00:28:25Les autres
00:28:27Émissions
00:28:29Documentaires
00:28:29Où Wells traite
00:28:30Le thème de la frontière
00:28:32Et plaide pour une abolition
00:28:33Des frontières
00:28:34C'est-à-dire que même
00:28:35Avec de bons policiers
00:28:37Pas comme avec celui
00:28:39Dont nous avons parlé
00:28:40A l'instant
00:28:40Et bien
00:28:42Les réglementations
00:28:43Signifient que
00:28:44Les intrusions
00:28:45Dans la vie privée
00:28:45Sont constantes
00:28:47Qu'il y a constamment
00:28:48Des atteintes
00:28:49A notre dignité
00:28:50D'être humain
00:28:50Que les renseignements
00:28:51Donnés sur les passeports
00:28:52Sur les fiches
00:28:53D'hôtel etc
00:28:54Ne devraient pas être donnés
00:28:56Où Wells explique
00:28:57Qu'il parle
00:28:57De façon
00:28:59D'autant plus
00:29:00Sans connaissance
00:29:01De cause
00:29:01Que sinon
00:29:02Citoyen du monde
00:29:03Du moins
00:29:03Globetrotter
00:29:04Il a franchi
00:29:05Les frontières
00:29:06De dizaines de pays
00:29:07Du monde
00:29:09Du monde entier
00:29:10Et
00:29:10Il proteste
00:29:12Contre le fait
00:29:12Qu'il doit de temps en temps
00:29:14A la police
00:29:14Indiquer
00:29:14Sa religion
00:29:15Ou bien
00:29:16Sa race
00:29:16Et j'ai noté
00:29:17De nouveau
00:29:18Deux
00:29:19Deux
00:29:20Deux
00:29:20Ces phrases
00:29:21Donc vous allez retrouver
00:29:22L'équivalent
00:29:23Ensuite
00:29:24Quasiment
00:29:25Dans les premiers extraits
00:29:27Que je vous présenterai
00:29:29Première citation
00:29:31Je suis prêt à admettre
00:29:32Que le métier de policier
00:29:33Est difficile
00:29:34Très difficile
00:29:35Mais c'est l'essence même
00:29:36De notre société
00:29:37Que le métier de policier
00:29:38Doit être difficile
00:29:39Et aussi
00:29:40Le policier sert
00:29:42A protéger les citoyens
00:29:43Et non pas
00:29:43A pourchasser les criminels
00:29:45Ce qui n'est qu'une partie
00:29:46Secondaire
00:29:47De son travail
00:29:48Et ouest-ce
00:29:49D'ajouter que
00:29:50Nous ne devrions jamais
00:29:52Accepter
00:29:52De nous soumettre
00:29:54A des questions
00:29:55Quelles qu'elles soient
00:29:56De la part de policiers
00:29:57Sauf si
00:29:58Nous sommes suspectés
00:29:59Bien sûr
00:30:00De crimes
00:30:00Ou de délits
00:30:02Ce que je vais vous montrer
00:30:03Maintenant
00:30:04Donc c'est
00:30:04La transposition
00:30:05Pure et simple
00:30:06De toutes ces préoccupations
00:30:08Et en tout cas
00:30:09Des deux citations
00:30:09Que je viens de vous donner
00:30:10Dans la soif du mal
00:30:13Deux sortes
00:30:14De grandes déclarations
00:30:15D'attention
00:30:16Si vous voulez
00:30:16Prononcées
00:30:17Par Vargas
00:30:18Mais attention
00:30:19J'y reviendrai
00:30:20De toute façon
00:30:20Par la suite
00:30:21Où elle se fait tout
00:30:22Sauf un film
00:30:23Manichére
00:30:23Qui opposerait
00:30:24Un bien très net
00:30:26A un mal très net
00:30:27Et donc
00:30:28Lorsque Vargas
00:30:29Prononce cela
00:30:30C'est dans du dialogue
00:30:32Et vous allez voir
00:30:33Immédiatement
00:30:33La façon dont
00:30:36Je crois que je viens
00:30:37De faire un lapsus
00:30:38Lorsque Vargas
00:30:39Dit cela
00:30:40C'est dans une situation
00:30:41De dialogue
00:30:42Et vous verrez
00:30:43Quinlan
00:30:44Wells
00:30:44Par ailleurs
00:30:45Souvent à l'avant-plan
00:30:46En amorce
00:30:47Ou à égalité
00:30:48De traitement
00:30:49Dans l'image
00:30:50Avec Vargas
00:30:51Avec Charlton Heston
00:30:52Vous verrez
00:30:53Wells
00:30:54Quinlan
00:30:55Avec des mimiques
00:30:57Des dingues
00:30:58De mépris
00:30:59Pour les propos
00:31:00Nobles
00:31:01Tenus
00:31:02Par Charlton Heston
00:31:03Donc
00:31:05Je m'adresse
00:31:06Pour la première fois
00:31:07Au révisseur
00:31:09Qui va nous lancer
00:31:09Les extraits
00:31:10Olivier
00:31:12Je vous présente
00:31:14D'abord
00:31:14Les deux extraits
00:31:15Je n'utiliserai
00:31:16Peut-être pas tout
00:31:19Les derniers
00:31:20Et ce sera peut-être
00:31:21En bonus
00:31:21Lors du débat
00:31:22Ultérieurement
00:31:23Si vous posez des questions
00:31:24Sur certains aspects
00:31:26La plupart des extraits
00:31:28Des chapitres
00:31:29Sont composés
00:31:30De plusieurs extraits
00:31:32A la suite
00:31:32Pour nous simplifier la vie
00:31:34Donc là il y en a deux
00:31:34Et je les présente
00:31:37En situation
00:31:38Le premier
00:31:38C'est après que Vargas
00:31:40A expliqué
00:31:42Aux policiers américains
00:31:44Que sa femme
00:31:45Suzanne
00:31:45A été menacée
00:31:47Par le chef
00:31:48Du gang
00:31:49Grandi
00:31:50Et le deuxième extrait
00:31:51C'est lors de la réunion
00:31:52Au sommet
00:31:53Avec
00:31:54Le chef de la police
00:31:56Et le district attorney
00:31:58C'est à dire
00:31:58L'équivalent américain
00:32:00Du procureur
00:32:01Réunion
00:32:01Au cours de
00:32:02A laquelle
00:32:03Quinlan n'est pas convoqué
00:32:04Mais au cours de laquelle
00:32:06Il intervient malgré tout
00:32:08Réunion
00:32:09Convoquée
00:32:10Donc
00:32:10Par Vargas
00:32:11Pour apporter
00:32:12Sinon les preuves
00:32:14Du moins les indices
00:32:15Que
00:32:15Quinlan
00:32:17A fabriqué
00:32:19Les preuves
00:32:19Contre
00:32:20Le vendeur de chaussures
00:32:21Olivier
00:32:21Vous pouvez lancer
00:32:22La police
00:32:24Et la loi
00:32:33Qu'est-ce que vous avez
00:32:34Maintenant, nous devons nous forgetons que Mr. Vargas n'est pas dans le lit d'estandre.
00:32:40Je suis un bon lawyer, vous savez.
00:32:42Je suis un lawyer, je suis un lawyer.
00:32:44All un lawyer cares pas de la loi.
00:32:45Captain, vous êtes un policier.
00:32:49Aren't you?
00:32:50Vous n'êtes pas très fond.
00:32:51Il y a plein de soldats qui n'aime pas la guerre.
00:32:54C'est un travail d'envoyer la loi, mais c'est ce que nous devons faire.
00:32:58Je ne sais pas vous.
00:33:00Quand on a murder, je suis pas de catcher.
00:33:05Alors, Pete,
00:33:07nous devons revenir à la civilisation.
00:33:17Hank, quand on a me dit qu'il y a de l'honneur,
00:33:20les gens sont honnêtes, oui.
00:33:21Mais même certains des hommes honnêtes
00:33:22ont mis leur pouvoir d'autres modèles.
00:33:26Venons, Hank.
00:33:30Alors,
00:33:31je ne sais pas si je ne sais pas si je ne sais pas.
00:33:35je veux que je ne sais pas si je ne sais pas.
00:33:38Eh...
00:33:38Eh...
00:33:39Ha, avertime, déjà.
00:33:41Un ami, Vargas,
00:33:43a des choses qui sont bien particulières
00:33:44sur ce qu'il y a des policiers.
00:33:45Il ne se a pas à qui qu'ils ne savent pas.
00:34:13Vous avez identifié les phrases qui viennent des citations
00:34:18que j'avais données tout à l'heure.
00:34:19Appliquer la loi est un sale boulot, mais c'est ce que nous sommes censés faire
00:34:23et le métier de policier n'est facile que dans un état policier.
00:34:27Tout est la capitaine qui est aux commandes, la police ou la loi.
00:34:33Autre apport de Wells, la notion de héros positif est estompée.
00:34:40De la façon suivante, dans le roman,
00:34:44passait l'assassinat au départ de l'industriel,
00:34:50assassinat auquel personne n'assiste, sauf le criminel.
00:34:55A partir du chapitre 2 et jusqu'à la fin,
00:34:58tout le roman est vu d'un point de vue unique, celui du policier intègre.
00:35:03Nous ne le quittons jamais, nous voyons tout par ses yeux, nous épousons son point de vue.
00:35:07Wells, lui, invente des scènes ou bien développe des scènes
00:35:16qui au départ se passaient en présence de Vargas, mais les développe sans lui.
00:35:21Il invente des scènes dont Vargas est absent.
00:35:23Ce qui permet de lire ensemble quantité d'intrigues parallèles
00:35:30avec notamment trois lignes dramatiques principales.
00:35:34Nous suivons d'une part Vargas, mais également Quinlan,
00:35:38également encore Suzanne, puisque son mari en quelque sorte l'abandonne.
00:35:44C'est d'ailleurs, tout à l'heure je disais, mais à partir de Monache,
00:35:49que la rectitude morale de Vargas pouvait avoir ses revers.
00:35:54Et en l'occurrence, ce qui peut être reproché à Vargas,
00:36:00c'est précisément que son obsession pour son métier
00:36:04lui fait négliger son épouse qui l'abandonne dans des lieux peu sûrs,
00:36:11que cela fait donc de lui un mauvais mari.
00:36:13Il y a notamment un échange de répliques très éloquent apporté par Wells
00:36:20vers le début du film, même juste après l'explosion, juste après le meurtre.
00:36:26D'emblée, nous comprenons que Vargas n'a que cette obsession en tête,
00:36:31de même que Quinlan, nous le découvrirons, n'a qu'une obsession en tête.
00:36:35C'est lorsque Vargas dit à son épouse,
00:36:39« Tu sais, cela pourrait être très mauvais pour nous. »
00:36:43Elle, elle comprend pour nous, pour notre couple.
00:36:45Donc elle demande pour nous et lui répond, je vais dire, pour le Mexique.
00:36:50J'avais annoncé trois lignes principales, dramatiques, principales.
00:36:54Deux lignes dramatiques secondaires avec deux personnages
00:36:57que Wells développe considérablement,
00:36:59auxquels il donne un poids beaucoup plus fort.
00:37:01D'une part, le gangster Grandi, qui est quasiment absent du roman,
00:37:06Joe Grandi, je veux dire, le patron par défaut,
00:37:10puisque son frère est emprisonné.
00:37:11Et d'autre part, l'acolyte, le bras droit, le sergent Mensis.
00:37:16Wells apporte aussi, j'insiste vraiment sur les questions,
00:37:21un coup de barre à gauche, un coup de barre à droite, si vous voulez.
00:37:23Pour éviter le manichéisme, il faut d'une part
00:37:29éteindre un tout petit peu le prestige de Vargas,
00:37:32à plus forte raison dans la mesure où il sera interprété par Eston,
00:37:36et au contraire, un tout petit peu redorer le blason de cet infâme personnage
00:37:41qu'est Quinlan, que par ailleurs, Wells créera physiquement
00:37:47de la façon que vous avez vu, c'est-à-dire en s'enlédissant
00:37:51et en s'alourdissant considérablement, et en se vieillissant considérablement.
00:37:57Donc, Quinlan prend chez Wells une autre dimension,
00:38:01notamment parce qu'en bon dramaturge, Wells, même pour les personnages
00:38:06a priori les plus répugno-crapuleux, les enrichit par une ambiguïté,
00:38:15une richesse, des motivations, en tout cas des explications.
00:38:22Cela n'excuse en rien Quinlan, bien entendu, mais cela l'explique.
00:38:28Et Quinlan lui-même s'explique dans ses conversations avec les autres,
00:38:32ses conversations avec Mency, son adjoint, ses conversations avec Grandy,
00:38:37ou bien ses conversations surtout avec un personnage absent du roman,
00:38:41absent du premier scénario, à peine présent dans le scénario
00:38:45d'où elle s'est développée au tournage une fois qu'il a trouvé son interprète,
00:38:49Marlène Dietrich, c'est-à-dire la tireuse de cartes
00:38:53que fréquentait autrefois Quinlan.
00:38:56D'autre part, je l'ai dit tout à l'heure,
00:38:59la femme de Quinlan a été étranglée quelques décennies plus tôt par un métisse.
00:39:05Nous ne pouvons pas nous empêcher de nous rappeler cela
00:39:08lorsque Quinlan prend un plaisir manifeste à étrangler à son tour un Mexicain,
00:39:15en la personne de Joe Grundy,
00:39:17et de surcroît en faisant porter le chapeau sur une blanche,
00:39:21sur une américaine, Suzanne.
00:39:24De la même façon, le métisse, l'assassin de l'épouse,
00:39:29avait été, apprenons-nous, libéré, faute de preuves.
00:39:33Quinlan a décidé de ne plus jamais laisser échapper un assassin
00:39:37ou quelqu'un dont il est persuadé qu'il est un assassin,
00:39:39et donc il fabriquera des preuves.
00:39:41La différence, c'est que dans le cas de Suzanne,
00:39:43il fabriquera des preuves non plus contre quelqu'un dont il est persuadé qu'il est coupable,
00:39:47mais il transgressera probablement sa propre règle en fabriquant des preuves contre une innocente.
00:39:55Et je reviens aussi sur le paradoxe de ce suspect coupable.
00:40:02Je parle maintenant du vendeur de chaussures.
00:40:05Une des limites du film engagé à l'américaine,
00:40:07c'est qu'il est vraiment trop facile de se plaindre des exactions,
00:40:11par exemple d'un état policier,
00:40:15si les victimes sont innocentes,
00:40:19alors que des exactions de ce genre sont tout aussi blâmables,
00:40:27si la victime est, soit si l'on ignore si elle est coupable ou innocente,
00:40:32soit si l'on sait qu'elle est coupable.
00:40:38Donc, en l'occurrence, du reste, j'insisterai sur un aspect,
00:40:42c'est-à-dire que beaucoup de...
00:40:43Enfin, beaucoup, j'exagère.
00:40:44Quelques exégètes du film ont soutenu l'idée que,
00:40:49lorsque nous apprenons à la fin que, par la bouche de Schwartz,
00:40:53l'assistant du district attorney,
00:40:55lorsque nous apprenons que le vendeur de chaussures a avoué,
00:40:59pour certains exégètes,
00:41:00donc nous ne sommes pas sûrs en réalité de la culpabilité,
00:41:03puisque, dans certaines versions, au moins, du film,
00:41:07nous avons entendu hors champ la preuve des brutalités policières,
00:41:12enfin, d'un passage à tabac éhonté de ce suspect.
00:41:17Et donc, on pourrait soupçonner qu'il a avoué,
00:41:24dans ces conditions-là, sous la pression policière.
00:41:27Pour moi, cette interprétation n'est pas tenable pour la raison suivante.
00:41:31Le crime, nous le savons par le premier plan,
00:41:34est produit à l'aide d'une bombe à retardement.
00:41:39Quinlan est persuadé qu'il a été commis à l'aide de dynamite,
00:41:42et c'est de la dynamite qu'il cache dans l'appartement habité par le suspect.
00:41:48Mais à la fin, lorsque Schwartz fait la révélation de la culpabilité,
00:41:52il dit bien « le gamin a tout avoué au sujet de la bombe ».
00:41:57Donc, la culpabilité ne fait pas de doute.
00:42:00Quant à Vargas, j'ai déjà commencé à montrer
00:42:03qu'il n'était plus un héros à toute épreuve avec Wells.
00:42:08Il devient une sorte de double vertueux,
00:42:10un peu fade de Quinlan.
00:42:14Double, par exemple, parce que,
00:42:16autant Quinlan recourt à des moyens plus recommandables,
00:42:19autant Vargas, lui-même, pour dénicher une preuve,
00:42:24se sent obligé d'avoir recours à un stratagène qui lui répugne,
00:42:27c'est-à-dire l'enregistrement clandestin
00:42:30des conversations de Quinlan avec son adjoint.
00:42:34Vargas, je l'ai déjà dit,
00:42:35se montre extrêmement violent dans la boîte de nuit.
00:42:39Il va même très fort, si vous me permettez l'expression,
00:42:42avec l'un des jeunes.
00:42:43Il y a un parallèle qui est renforcé par le fait
00:42:45que quand Quinlan étrangle Joe Grundy,
00:42:49le soulève de terre,
00:42:50et de même Vargas soulève de terre
00:42:53l'un des neveux de Joe Grundy.
00:42:57Et pour une raison proche,
00:42:59Quinlan, dans tous ses agissements,
00:43:02veut venger sa femme une quarantaine d'années après,
00:43:04et Vargas veut, de son côté,
00:43:08protéger et retrouver son épouse.
00:43:10Toutes ces ambiguïtés font que le film a été perçu
00:43:15avec une diversité extrême d'opinions.
00:43:19Je vais peut-être m'en tenir simplement
00:43:20à la réception par la presse communiste en France,
00:43:23où on a tellement identifié Quinlan à Wells
00:43:29que dans l'Umatidimanche et d'autres publications,
00:43:33on a véritablement parlé d'apologie du fascisme
00:43:36à propos de ce film.
00:43:38Bien entendu, c'est de façon tout à fait inverse
00:43:41qu'en d'autres endroits, il a pu être compris.
00:43:45Toujours pour insister sous un autre angle
00:43:48sur la façon qu'a eu Wells
00:43:52de diminuer la prestance de prestige
00:43:58du personnage de Vargas et aussi de son épouse,
00:44:02je vais vous montrer quelques extraits.
00:44:04et c'est le chapitre intitulé Gargouille.
00:44:11Wells avait deux acteurs imposés
00:44:14lorsqu'il a accepté la réalisation.
00:44:17Je ne dis pas imposés absolument contre son gré.
00:44:20Wells, d'ailleurs, a toujours chanté
00:44:22les louanges de Charlton Heston
00:44:24à la fois en tant que comédien
00:44:25et en tant qu'homme de bonne volonté,
00:44:28ou qu'artiste de bonne volonté.
00:44:30Les deux acteurs donc imposés,
00:44:32c'est Charlton Heston et Janet Leigh.
00:44:34Avec un autre metteur en scène,
00:44:35vous pourriez avoir un film absolument quelconque,
00:44:38de l'ordre, par ailleurs,
00:44:40avec beaucoup de répliques
00:44:41qui ressemblent un petit peu
00:44:42à des répliques de comédie américaine,
00:44:44de jeunes couples à peine mariés,
00:44:48c'est leur lune de miel, je le rappelle,
00:44:50qui échangent des propos badins,
00:44:52des propos futés.
00:44:53Vous pouvez imaginer ces deux personnages
00:44:57dans la lignée des filles de l'époque
00:44:58avec Doris Day et Rocketson, par exemple.
00:45:03Et on ne peut pas non plus demander à Janet Leigh
00:45:05de nuire complètement à son image
00:45:07et de se transformer, je ne sais pas,
00:45:09en méger.
00:45:10Donc l'idée de Wells, c'est que vous avez
00:45:12deux personnages intègres qui représentent la loi,
00:45:15qui représentent l'ordre,
00:45:17même s'il y a ces nuances d'ombre,
00:45:19à commencer par le racisme de Suzanne,
00:45:20mais il se trouve confronté à un univers
00:45:22complètement étranger,
00:45:24un univers profondément welsien
00:45:25et un univers du grotesque
00:45:29avec toutes les figures secondaires
00:45:33confiées par Wells à des interprètes
00:45:37auxquels il demandera l'extraversion,
00:45:41l'excès, il fera de ce que j'ai appelé
00:45:43des gargouilles.
00:45:45Pour ces extraits, Olivier,
00:45:47je vous demanderai de faire une petite pause
00:45:49sur les noirs entre les extraits.
00:45:52La première gargouille,
00:45:54c'est Joe Grandi,
00:45:55interprété par Akim Tamirov.
00:45:56Je vais vous montrer trois extraits.
00:45:58À chaque fois, c'est Suzanne,
00:46:01c'est-à-dire Janet Leigh,
00:46:02qui est confrontée à un comédien
00:46:05venu d'ailleurs.
00:46:06Akim Tamirov, c'est un familier
00:46:08des plateaux de Wells.
00:46:09Il jouera par exemple Sancho Pensa.
00:46:10Enfin, même, il a déjà commencé
00:46:12à jouer Sancho Pensa en 1955 à vrai dire.
00:46:20Vous allez voir, vous avez déjà vu.
00:46:22J'insiste simplement sur le point suivant.
00:46:24Un jeu d'acteur dans le Hollywood classique.
00:46:28Lorsque vous avez deux personnages
00:46:30face à face, dialoguant ensemble,
00:46:32la plupart du temps cela veut dire
00:46:33dialoguant de façon statique
00:46:35et cela veut dire,
00:46:37contrairement à ce que vous faites,
00:46:38vous, et à ce que je fais, moi,
00:46:40lorsque nous dialoguons
00:46:41avec quelqu'un dans la vie,
00:46:43nous ne passons pas notre temps
00:46:44à regarder bien dans les yeux
00:46:45la personne avec qui nous parlons.
00:46:47Vous allez voir donc
00:46:48ce que devient cette règle
00:46:51que vous pouvez trouver
00:46:53et respecter par Janet Leigh
00:46:54dans Quantité d'autres films
00:46:55dans la petite scène ici
00:46:57dont j'ajoute que...
00:46:58Je vous montre un fragment très court
00:47:00de la scène, mais j'ajoute
00:47:01que le dialogue selon le témoignage
00:47:03de l'actrice a été en partie
00:47:04improvisée en répétition.
00:47:06Olivier, vous pouvez lancer l'extrait.
00:47:28Mon bébé sportive,
00:47:30certains d'entre vous sont...
00:47:31Mon?
00:47:31Mon husband, oui.
00:47:42Le deuxième extrait sera avec
00:47:44Le Veilleur de Nuit
00:47:45interprété par Dennis Weaver,
00:47:47un comédien que vous pouvez connaître
00:47:48par exemple aussi
00:47:49par Duel de Steven Spielberg
00:47:51où il joue...
00:47:53pas le camion,
00:47:55mais le protagoniste.
00:47:59Le Veilleur de Nuit est à peine présent
00:48:01dans le scénario.
00:48:02C'est un personnage
00:48:03qui a complètement été improvisé
00:48:06au tournage,
00:48:07pas forcément pendant les prises de vue
00:48:09elles-mêmes bien entendu,
00:48:10mais dans les répétitions des prises.
00:48:14Et d'après les témoignages
00:48:15des autres comédiens du film,
00:48:18notamment des jeunes gens
00:48:19qui jouent
00:48:20où les membres du gang grandissent.
00:48:24Eh bien, les autres avaient répété entre eux.
00:48:26Et puis, le jour du tournage,
00:48:28de même que Janet Leigh
00:48:29qui porte le même témoignage,
00:48:30il voit arriver ce personnage
00:48:31complètement lunaire,
00:48:33de fou,
00:48:34de bouffon shakespearien,
00:48:37improvisé donc à Weaver
00:48:38en fonction des directives
00:48:42que lui a données Wells
00:48:43et qui était notamment,
00:48:44outre l'effroi
00:48:46dès qu'on parle
00:48:47femme ou lit,
00:48:50la directive
00:48:50de ne jamais laisser passer
00:48:53quelqu'un devant lui.
00:48:55Je vais vous donner un...
00:48:57Non, je vous montre l'extrait,
00:48:59ensuite j'ajoute quelque chose,
00:49:00Olivier,
00:49:00vous pouvez donc lancer
00:49:01la suite des gargouilles.
00:49:06Je tourne la musique
00:49:07sur la choréatrice de l'office.
00:49:17Je tourne la musique
00:49:19sur la choréatrice de l'office.
00:49:21Je pensais que vous vouliez.
00:49:22Pas seulement maintenant.
00:49:24Il s'est passé septembre
00:49:24et je n'ai pas été à la maison.
00:49:26La maison ?
00:49:29Vous pouvez l'office maintenant.
00:49:31J'ai apporté les cheats.
00:49:33Ils pensent que je ne vais pas faire
00:49:34si ils ont un jour.
00:49:35Je ne vais pas être à la maison.
00:49:42Merci, Olivier.
00:49:44Vous avez vu le style d'interprétation.
00:49:46Ce que je voulais ajouter,
00:49:48mais autant que vous ayez pu
00:49:50vous remettre en mémoire
00:49:51le jeu de Dennis Weaver avant.
00:49:55Pour montrer encore
00:49:57la question de l'improvisation.
00:50:00Les autres comédiens,
00:50:02les jeunes gens,
00:50:05expliquaient, je vous l'ai dit,
00:50:06voient arriver ce personnage
00:50:07complètement lunaire.
00:50:09Nous savons que, par exemple,
00:50:10dans une scène dont vous pouvez
00:50:11vous rappeler très bien
00:50:12si vous avez revu le film hier,
00:50:15les membres du gang
00:50:18harcèlent un tout petit peu
00:50:19ce veilleur de nuit.
00:50:20À un moment, l'un d'entre eux,
00:50:22visiblement sous l'emprise
00:50:23de la drogue,
00:50:24se met à sautier sur place
00:50:27devant lui.
00:50:27Et vous voyez le veilleur de nuit
00:50:30qui essaie de ne fâcher personne
00:50:33et qui se met lui-même
00:50:34à sautier exactement de la même façon.
00:50:37Tout ce genre d'effets
00:50:38sont créés sur le tournage.
00:50:41Et le troisième extrait,
00:50:43vous allez revoir de nouveau
00:50:45le veilleur de nuit
00:50:46dans un autre morceau de bravo.
00:50:47Mais je l'ai choisi pour un plan
00:50:49d'une comédienne
00:50:51qui intervient aussi un peu plus tôt
00:50:52dans la scène.
00:50:53C'est la scène où les voyous
00:50:55entrent dans la chambre
00:50:57de motel de Suzanne
00:50:59et donc intervient ici
00:51:02dans un tout petit rôle
00:51:03de blouson noir féminin
00:51:05Mercedes-McCambridge
00:51:06que vous pouvez connaître
00:51:07par exemple par son rôle
00:51:09dans Johnny Guitar de Nicolaret
00:51:11ou bien pour l'avoir entendu
00:51:13interpréter la voix du diable
00:51:14dans L'Exorciste.
00:51:17Je vous montre là uniquement
00:51:18son dernier plan Olivier
00:51:20et vous pouvez le lancer.
00:51:49Je reviens sur les questions
00:51:51de frontières en abordant
00:51:53maintenant la question
00:51:56du décor naturel
00:51:57qui est extrêmement importante
00:51:59pour la thématique de la police
00:52:01de façon indirecte
00:52:02pour la raison suivante
00:52:03tout simplement.
00:52:04Le propos sur la police.
00:52:05Si vous voyez le film en 1958
00:52:07date de sa sortie
00:52:08ce propos est d'autant plus
00:52:10d'ici et maintenant
00:52:10que le film est tourné
00:52:11dans un décor crédible
00:52:12dans un décor naturel
00:52:14traité d'une façon
00:52:16certes fantasmatique
00:52:17mais c'est un décor réel.
00:52:19donc nous sommes à 100 lieux
00:52:20des policiers
00:52:21de films noirs
00:52:22en studio
00:52:23je n'ai rien au contraire
00:52:24contre les films noirs
00:52:26en studio
00:52:27mais le même discours
00:52:28ne serait pas du tout
00:52:29passé de la même façon.
00:52:31Wells a cherché
00:52:32les extérieurs
00:52:34à proximité de Hollywood.
00:52:36S'il n'avait tenu qu'à lui
00:52:36bien entendu
00:52:37il aurait tourné
00:52:37à réellement
00:52:39la frontière
00:52:40américaine et mexicaine
00:52:41mais ça aurait coûté
00:52:42beaucoup trop cher
00:52:43donc il a trouvé
00:52:44des décors
00:52:45à moins de 100 km
00:52:46pour la ville
00:52:49de Los Robles
00:52:49c'est la ville
00:52:51de Venice
00:52:53qui comme son nom
00:52:55peut le suggérer
00:52:56est une ville
00:52:57créée de toutes pièces
00:52:59en 1905
00:53:00à l'imitation
00:53:01de la Venise
00:53:02italienne
00:53:03grâce notamment
00:53:04à ses canaux
00:53:05mais en 1957
00:53:06c'est une ville
00:53:08complètement décrépite
00:53:09pratiquement à l'abandon
00:53:10à la suite notamment
00:53:12de tous les forages
00:53:13pétroliers
00:53:13qui ont contribué
00:53:14à la détruire
00:53:16les anciens canaux
00:53:17sont en ruine
00:53:18et c'est ce monde
00:53:19désagrégé
00:53:20ce monde
00:53:21de puanteur
00:53:23que Wells
00:53:24filme
00:53:25et dans laquelle
00:53:26il situe
00:53:27la lune de miel
00:53:31un peu mal partie
00:53:32de Charlton Heston
00:53:34et Janet Leigh
00:53:35c'est au point
00:53:36que Wells tourne
00:53:37même là-bas
00:53:38non seulement
00:53:39la totalité
00:53:41ou la quasi-totalité
00:53:42pardon des extérieurs
00:53:43mais également
00:53:45un certain nombre
00:53:46d'intérieur
00:53:47pratiquement au jour le jour
00:53:48c'est-à-dire
00:53:48vraiment l'inspiration
00:53:49du moment
00:53:50comme je vous l'avais dit
00:53:51tout à l'heure
00:53:52il s'agit d'une création
00:53:54absolument
00:53:56continue
00:53:59et je vais peut-être
00:54:00prendre comme exemple
00:54:01la scène
00:54:03vous vous rappelez
00:54:04la scène
00:54:05où plusieurs personnages
00:54:06se retrouvent
00:54:06dans une cabine
00:54:07d'ascenseur
00:54:09extrêmement exiguë
00:54:10et bien
00:54:11c'est une vraie cabine
00:54:12d'ascenseur
00:54:13Wells la voit
00:54:14change le plan
00:54:15de travail
00:54:16et situe là
00:54:16une conversation
00:54:17qui normalement
00:54:18aurait dû être filmée
00:54:19en studio
00:54:21l'exiguïté
00:54:22de la courte focale
00:54:23dont je n'ai pas encore parlé
00:54:25permet
00:54:26de filmer
00:54:28malgré tout
00:54:28dans ces décors-là
00:54:29Wells
00:54:30par ailleurs
00:54:31a beaucoup utilisé
00:54:32dans ce film
00:54:32essentiellement pour les extérieurs
00:54:34mais aussi
00:54:34en intérieur
00:54:35pour le meurtre
00:54:36de Grandi
00:54:36la caméra
00:54:38à l'épaule
00:54:39il a importé
00:54:39d'Europe
00:54:40une caméra
00:54:42légère
00:54:43et apparemment
00:54:44c'était le premier film
00:54:45de studio
00:54:46dans lequel
00:54:47on s'en servait
00:54:49et
00:54:50ces décors-là
00:54:52par exemple
00:54:52celui dont je viens de parler
00:54:54permet aussi
00:54:55de raccorder visuellement
00:54:56l'extérieur
00:54:57et l'intérieur
00:54:59de surcroît
00:55:00avec une vision
00:55:00pratiquement toujours
00:55:01nocturne
00:55:02de la ville
00:55:02pour les extérieurs
00:55:04bien entendu
00:55:05mais aussi
00:55:06dans les intérieurs
00:55:07Wells
00:55:08au lieu de faire ce que font
00:55:09la plupart des metteurs en scène
00:55:10qui est d'éclairer
00:55:11beaucoup plus
00:55:12les intérieurs
00:55:13et bien
00:55:13ménage
00:55:14quantité de plage d'ombre
00:55:15enfin plonge tout
00:55:16même dans l'obscurité
00:55:16que ce soit
00:55:18les ombres voulues
00:55:19par le décor
00:55:20ou les ombres
00:55:20projetées
00:55:21par les comédiens
00:55:24alors pour illustrer
00:55:25la question
00:55:26des décors
00:55:27naturels
00:55:30et je passe
00:55:31sur les expériences
00:55:32techniques
00:55:33sur les
00:55:35contre-cames
00:55:36j'aurais pu évidemment
00:55:37mais il aurait fallu
00:55:38beaucoup plus de temps
00:55:39faire un petit montage
00:55:40de 10 minutes
00:55:41là je vais me contenter
00:55:42d'un plan unique
00:55:44de 40 secondes
00:55:45c'est celui
00:55:45qui file à toute vitesse
00:55:47ou en voiture
00:55:49et là aussi
00:55:50c'est vraiment très intéressant
00:55:52de savoir
00:55:52que le dialogue
00:55:54en question
00:55:54normalement
00:55:55aurait dû être
00:55:56tenu
00:55:57par les deux personnages
00:55:59dans la rue
00:56:00je ne sais plus
00:56:01si c'était en marchant
00:56:02ou en étant statique
00:56:03mais
00:56:04Wells
00:56:05qui prélégie vraiment
00:56:06vous l'avez vu
00:56:07dans ce film
00:56:07le dynamisme
00:56:08situe cela
00:56:09dans une voiture
00:56:09qui file à toute vitesse
00:56:13vous allez voir
00:56:14comment
00:56:16les deux lignes
00:56:17de façade
00:56:18ressortent
00:56:18comment l'espace
00:56:19est creusé
00:56:20par la façon
00:56:21de tourner
00:56:21de Wells
00:56:22et n'importe quel autre
00:56:24metteur en scène
00:56:25aurait tourné cela
00:56:26en studio
00:56:27avec des trucages
00:56:29ici pas de trucages
00:56:30sauf que bien entendu
00:56:32on a enlevé
00:56:33le pare-brise
00:56:35de la voiture
00:56:35mais
00:56:36la caméra
00:56:38est sur le capot
00:56:39et
00:56:40l'ingénieur du chien
00:56:41est caché
00:56:42dans le coffre
00:56:43de la voiture
00:56:44Olivier
00:56:44vous pouvez lancer
00:56:46l'extrait
00:56:46intitulé
00:56:47L'os
00:56:47rebless
00:56:50look
00:56:51Schwartz
00:56:51Al
00:56:52Al
00:56:53Al
00:56:53We must show
00:56:55where Quinlan himself
00:56:56got the dynamite
00:56:57If you're really
00:56:58with me on this
00:56:59we have still
00:56:59to get some proof
00:57:00You've got your word
00:57:01Let's do better than that
00:57:03In your country also
00:57:04when explosives
00:57:05have purchased
00:57:06some record
00:57:06is kept
00:57:07No
00:57:07We're going to
00:57:08the right place
00:57:09to look it up
00:57:09Hey
00:57:10How about
00:57:11Quiddlet's ranch
00:57:12Where is that
00:57:12Just outside town
00:57:14Why you're looking up
00:57:15the dynamite records
00:57:16On
00:57:16might go out there
00:57:29Ce qu'on vient de revoir, m'inspire un commentaire supplémentaire à propos du personnage de Schwartz à la lecture.
00:57:38C'est vraiment le héros du film, en tout cas celui qui porte toujours les bonnes idées,
00:57:43celui qui se comporte moralement et professionnellement de la façon la plus parfaite possible, la plus éthique possible,
00:57:49qui ose aller contre son propre patron, comme il est rappelé ici.
00:57:54Mais à partir du moment où Wells décide que c'est un personnage secondaire,
00:57:59ce héros secondaire n'a absolument aucun poids dans le film,
00:58:05au profit des personnages autrement ambigus dont j'ai parlé jusque-là.
00:58:09Il me reste maintenant à aborder l'autre question que j'avais énoncée au départ,
00:58:16c'est-à-dire celle du montage final que Wells a perdu et des différentes versions.
00:58:22Vous expliquez un petit peu cela pour vous rappeler que la soie du mal que vous avez vue hier,
00:58:26que vous pouvez voir dimanche, n'est pas du tout la soie du mal que l'on pouvait voir ni
00:58:30en 1958,
00:58:31ni dans les années 70 et suivante.
00:58:34Revenons en arrière, Wells est donc privé du montage pour quantité de raisons sur lesquelles je passe au moins pour
00:58:42maintenant.
00:58:43Cela ne veut pas dire qu'il n'a rien fait au montage.
00:58:45Il y a eu trois mois avec lui, puis cinq mois sans lui.
00:58:48Cela signifie que le montage d'image lui a échappé et aussi le montage son.
00:58:54Quant à la musique, autant en parler dès maintenant,
00:58:56puisque vous en avez entendu de larges extraits pendant que vous vous installiez.
00:59:02La musique qui a été composée par celui que j'ai appelé, je crois, tout à l'heure,
00:59:06l'un des bons génies du film, Henry Mancini, futur compositeur de films de World Walks comme Atari,
00:59:11ou bien de la série La Panthé Rose et de beaucoup d'autres films de tout genre, pas seulement des
00:59:18comédies.
00:59:19C'était sa première grande partition à part entière.
00:59:23Il a été choisi non pas par Wells, mais par la firme Universal,
00:59:27mais il a un tout petit peu travaillé indirectement avec Wells,
00:59:31ce qui lui a donné des notes de travail très précises,
00:59:34que Mancini pour l'essentiel a suivies.
00:59:37S'ajoute à cela une petite conversation, mais très brève.
00:59:40Au moment où Mancini a écrit sa musique et l'a enregistré,
00:59:45Wells était déjà persona non grata à Universal.
00:59:49Néanmoins, j'ajoute aussi dès maintenant que Wells est déclaré par la suite publiquement
00:59:55pleinement satisfait de sa musique qui était, disait-il, aussi bonne qu'elle pouvait être.
01:00:02Alors, vous voyez dans notre menu, vous aurez droit à un chapitre Harry Keller.
01:00:12Harry Keller est le réalisateur des retakes, des plans supplémentaires demandés par Universal,
01:00:17qui ne s'est pas contenté de remodeler le montage des plans tournés par Wells,
01:00:22mais qui a demandé un certain nombre d'ajouts, d'une part,
01:00:25et de retournage de plans déjà tournés, d'autre part,
01:00:30tournage avec un découpage plus sage,
01:00:33et également une mise en valeur plus grande des comédiens,
01:00:37et des comédiens, en tout cas des comédiens principaux.
01:00:42Ces retournages ont été faits avec un autre dialoguiste,
01:00:44lorsqu'il s'agissait d'un nouveau dialogue,
01:00:45et un autre chef opérateur, et le réalisateur, donc, Harry Keller.
01:00:51Bon, aujourd'hui, complètement oublié, sauf pour sa participation à La Soif du Mal,
01:00:54j'ai tout de même eu l'occasion de voir un de ses films Universal des années 60.
01:00:57C'est un film complètement impersonnel, pas incompétent.
01:01:00Ce n'est pas un mauvais métal en scène, c'est juste un métal en scène complètement impersonnel,
01:01:04mais de toute façon, des retakes, par définition, normalement, c'est impersonnel.
01:01:09Donc, vous allez voir un petit montage des 4 minutes et quelques tournées par Keller,
01:01:17ce qui nous permettra de définir, par leur contraire, le style de Wells,
01:01:24tel que vous l'avez vu dans les autres bâtisses extraites, dans le film entier.
01:01:27Vous allez voir, donc, des plans qui se caractérisent par leur statisme,
01:01:31par une mise en scène très fonctionnelle,
01:01:33c'est-à-dire des plans fixes ou bien de bref recadrage fonctionnel.
01:01:39Un éclairage plat et égal, sauf pour un ou deux plans,
01:01:45parce que, pour ces plans-là précisément,
01:01:48Keller est absolument obligé de raccorder avec le plan suivant et le plan d'après,
01:01:51il n'est pas libre de faire un éclairage neutre.
01:01:56Ralentissement du rythme.
01:01:57Et, en particulier, Wells est un adepte du chevauchement du dialogue,
01:02:02des répliques simultanées dans ce film.
01:02:04Parfois, 3 personnages parlent en même temps.
01:02:06Parfois, vous comprenez les 3.
01:02:08Parfois, vous finissez par ne plus comprendre grand-chose
01:02:13tellement la tension monte et tellement ils parlent en même temps.
01:02:17C'est vraiment au point que 40% des répliques sont superposées.
01:02:21Ça ne veut pas forcément dire juste que l'une mort sur l'autre.
01:02:24Ça peut vraiment être des répliques imbriquées les unes dans les autres.
01:02:28Vous verrez enfin, à mon avis en tout cas,
01:02:32vous pourrez en juger autrement,
01:02:33un jeu emprunté de la part de Charlton Heston et Janet Leeds.
01:02:37Ce qui est absolument fascinant, lorsqu'on regarde à l'intérieur d'un film
01:02:40les plans tournés par le metteur en scène en titre et les retakes,
01:02:44que ce soit un film de John Ford ou d'autres,
01:02:46ou bien pour Wes, bien entendu, pour la séance des Amberson,
01:02:48puisque plusieurs minutes de ce film également n'ont pas été tournées par lui.
01:02:51Ce qui est absolument fascinant, c'est de voir ce que deviennent les comédiens.
01:02:54Vous voyez des comédiens qui, d'une part,
01:02:57gardent parfaitement leur marque sans leur metteur en scène,
01:03:00et d'autres qui se retrouvent tout d'un coup engoncés
01:03:03et un peu moins mal à l'aise dans ces situations.
01:03:07J'ajoute pour la gloire de Charlton Heston,
01:03:10il a tout fait pour convaincre Universal
01:03:13de ne pas tourner ses 8 takes sans Wells.
01:03:17Malgré tout, lié par contrat, il a dû s'exécuter.
01:03:20Je précise encore, les deux montages d'époque,
01:03:25a d'abord été montré à un public limité,
01:03:29un public choisi, dans ce qu'on appelle une projection test,
01:03:32pour que les réactions du public aident.
01:03:35Le monteur a terminé son travail.
01:03:40Une version de 1h49.
01:03:47Ensuite, vraiment à la dernière minute,
01:03:50juste avant la sortie,
01:03:52Universal a décidé de sortir, non pas ce film en grande pompe,
01:03:55comme un grand film avec Charlton Heston,
01:03:57Janet Leigh et Orson West,
01:03:59et même Marlène Dietrich et Jacques Abord
01:04:01et quelques autres vedettes.
01:04:03Vous avez peut-être reconnu Joseph Cotton
01:04:06dans le rôle du coroner.
01:04:09Non pas donc, disais-je, comme un grand film,
01:04:11mais comme un tout petit film de série,
01:04:14sans grande publicité, voire sans publicité du tout,
01:04:17et infamie des infamies,
01:04:19en double programme,
01:04:21c'est-à-dire comme film soutenant un autre film,
01:04:26plus prestigieux,
01:04:28cela aussi bien dans des salles de cinéma
01:04:29que dans des drive-in.
01:04:31Donc, qui dit double programme,
01:04:33dit film court.
01:04:34Il fallait donc réduire La Sainte du Mal,
01:04:36qui s'est retrouvée à 1h35 dans cette version.
01:04:39Attention, je ne veux pas laisser entendre
01:04:40que la version courte est nécessairement moins passionnante.
01:04:43La version courte, qui est donc sortie en 1958,
01:04:45est moins passionnante que la version longue.
01:04:47Pourquoi ?
01:04:48La version longue, évidemment,
01:04:50vous avez plus de West,
01:04:51mais vous avez également beaucoup plus de Harry Keller,
01:04:54alors que la plus grande partie de son métrage,
01:04:57heureusement, a disparu de la version courte.
01:05:01J'ajoute encore que la version dite longue,
01:05:05la version de preview,
01:05:06la version de projection test,
01:05:07a été retrouvée par hasard dans les années 70,
01:05:10et a été remise en circulation,
01:05:12ou plutôt a été mise pour la première fois en circulation
01:05:14par l'Universal,
01:05:14au point de supplanter la courte.
01:05:19Olivier, vous pouvez donc lancer Harry Keller,
01:05:23et au moins les premières fois,
01:05:24nous ferons une pause sur les noirs
01:05:27qui séparent les différents extraits.
01:05:29Le premier, c'est Charlton Heston et Janet Leigh,
01:05:31devant une cabine téléphonique,
01:05:33et vous allez voir l'éclairage, le style,
01:05:36le jeu, ce n'est pas du Wells.
01:05:38Et cette fois-ci, il se regarde bien dans les yeux.
01:05:41Allez-y, Olivier.
01:05:43C'est tout ce que je me souviens, Mike.
01:05:45Il s'est dit qu'il n'était pas Grandy.
01:05:46Je me souviens d'un père.
01:05:48Alors, cet enfant, qui était-il ?
01:05:51Je ne sais pas.
01:05:52Et je ne veux pas savoir.
01:05:53Tout ce que je veux faire, c'est sortir de là.
01:05:55Regardez, Susie,
01:05:56je vais vous faire sortir de là.
01:05:58Mais je ne peux juste sortir de tout ça.
01:06:18Vous allez voir maintenant
01:06:20le trajet vers le motel,
01:06:23avec des plans truqués,
01:06:25avec des transparences.
01:06:27Et je précise d'emblée,
01:06:28la musique que vous allez entendre
01:06:30n'appartient pas à la partition d'origine de Mancini.
01:06:34C'est quelque chose qui a été ajouté après coup.
01:06:36C'est une musique particulièrement sentimentale
01:06:39et fade.
01:06:40Allez-y, Olivier.
01:06:54C'est une des plus longues portes sur Terre.
01:07:01C'est juste ici, entre votre pays et le monde.
01:07:04Une portée open, 1400 milles.
01:07:07Il n'y a pas de machiner dans la place.
01:07:11Je suppose que ça all semble très corny.
01:07:16Je préfère être corny
01:07:18si mon frère m'aiderait m'améliquer.
01:07:20C'est Susie.
01:07:24Wow.
01:07:37Vous n'avez pas de machiner, non ?
01:07:39On s'est juste ici,
01:07:40par cette terrible électorale de votre pays.
01:07:42Peut-être pour un mois.
01:07:45Oh, je pourrais rester dans vos bras
01:07:47et dormir, dormir, dormir, dormir.
01:07:53Le baiser que vous venez de voir
01:07:55est une aberration totale,
01:07:56en tout cas d'un point de vue dramatique
01:07:57pour la structure qu'avait voulu Wells,
01:08:00puisqu'il s'agit pour lui
01:08:02d'une lune de miel interrompue
01:08:04dès le début du film.
01:08:04Enfin, même à peine
01:08:06Charlton Heston et Jeanette Lee
01:08:08s'embrassent-il que cela déclenche,
01:08:09pour ainsi dire,
01:08:10l'explosion de la bombe
01:08:13au terme du premier plan.
01:08:15Et bien entendu,
01:08:16le jeu, c'est de faire en sorte
01:08:18que les deux personnages soient séparés
01:08:19pendant 1h45,
01:08:23quasiment toute la durée du film,
01:08:25et tout au plus,
01:08:27s'il doit s'embrasser,
01:08:28que ce soit à la toute fin.
01:08:30Et on contrevient absolument
01:08:32au vœu de Wells
01:08:33avec ce que vous venez de voir
01:08:34qui, par ailleurs,
01:08:35en termes de style,
01:08:37même si on peut comprendre
01:08:38que certains liens dramatiques,
01:08:40certaines répliques
01:08:40ont leur importance,
01:08:41en termes de style,
01:08:42dans la version longue.
01:08:43Ce que nous venons de revoir
01:08:44est un cunel
01:08:46difficile à supporter.
01:08:48Maintenant,
01:08:49nous allons voir,
01:08:52en enchaînant,
01:08:53l'ensemble des plans restants
01:08:55de Harry Keller.
01:08:56J'en avais mis deux à la fin,
01:08:57les sortants de l'ordre chronologique
01:08:59du film,
01:09:00en disant,
01:09:01si on n'a pas le temps,
01:09:01je sacrifierai ces deux-là,
01:09:02mais je pense qu'on a le temps
01:09:03de terminer avec la rubrique
01:09:06Harry Keller.
01:09:17Al,
01:09:18Am I still any credit
01:09:20left with you?
01:09:22Some.
01:09:23Tell me,
01:09:24where can I find the records
01:09:25of Quillen's old cases?
01:09:28I'll show you.
01:09:29I'd like to get back
01:09:30to my wife.
01:09:31Hope this won't take two of them.
01:09:34Susie.
01:09:38Susie.
01:09:39What the heck?
01:09:40It's all over, Susie.
01:09:42I'm taking you home.
01:09:44Home.
01:10:00Susie,
01:10:01look at me.
01:10:03Quillen has a lead.
01:10:04I'm sorry,
01:10:05I have to meet him.
01:10:06Now,
01:10:06you must tell me
01:10:07what you want to do
01:10:07if you are going
01:10:08to Mexico City
01:10:09I have time
01:10:11to take you
01:10:11to the airport.
01:10:13Perhaps that
01:10:13would be best
01:10:14just for a few days.
01:10:16I don't think so.
01:10:17But just a minute ago,
01:10:18a minute ago,
01:10:19I said a lot of things.
01:10:20But now,
01:10:21I think the best thing
01:10:21is to stay close to my husband.
01:10:23OK?
01:10:26Susie.
01:10:32Il me reste à vous parler
01:10:33de la version
01:10:33qui est en circulation
01:10:36aujourd'hui.
01:10:38en 1997,
01:10:40en 1997,
01:10:40un producteur indépendant
01:10:41nommé
01:10:42Eric Schmidlin
01:10:42a convaincu
01:10:43à grand mal,
01:10:44mais a convaincu
01:10:45Universal
01:10:45de le laisser tenter
01:10:47une expérience,
01:10:48celle d'appliquer
01:10:49les suggestions
01:10:51de Wells,
01:10:52d'époque,
01:10:53données dans un certain
01:10:54nombre de documents
01:10:55écrits.
01:10:56D'une part,
01:10:57des documents divers,
01:10:58et puis d'autre part,
01:10:58ce qu'on appelle
01:10:59un long mémo.
01:11:00Il fait près
01:11:01d'une soixantaine
01:11:01de pages.
01:11:02que vous pouvez le trouver
01:11:03publié en français
01:11:04dans la revue Trafic
01:11:05dans les années 90.
01:11:07Et l'idée est la suivante.
01:11:09Ce mémo
01:11:10est tellement passionnant.
01:11:11Pardon,
01:11:12j'ai oublié.
01:11:13Comment a-t-il été écrit ?
01:11:16Wells,
01:11:17donc,
01:11:17est personne
01:11:18à non grata,
01:11:18mais on l'autorise
01:11:19à voir une fois
01:11:20le film.
01:11:22On ne le voit
01:11:22qu'une fois
01:11:23et en continu
01:11:24sans s'arrêter,
01:11:25sans avoir
01:11:25le temps
01:11:26de prendre des notes
01:11:27autrement que
01:11:28dans le noir
01:11:28pendant la projection.
01:11:29Un ou deux jours après,
01:11:31Wells rédige
01:11:32et envoie
01:11:33cette soixantaine
01:11:34de pages
01:11:35à Universal.
01:11:36C'est une liste
01:11:37de propositions,
01:11:38non pas du tout
01:11:38pour revenir en arrière
01:11:39sur ce que lui
01:11:40aurait eu envie de faire,
01:11:41mais d'amélioration
01:11:42de la version
01:11:42du studio.
01:11:44Une liste extrêmement
01:11:45argumentée,
01:11:46extrêmement diplomatique
01:11:47par ailleurs,
01:11:48mais seule une petite partie
01:11:49des indications
01:11:50de ce document
01:11:51ont été prises en compte
01:11:52à l'époque.
01:11:53Et Schmelin s'est demandé,
01:11:54mais ce document
01:11:55est tellement passionnant,
01:11:56que se passerait-il
01:11:57si on l'appliquait
01:11:58intégralement
01:11:59est-ce que le film
01:11:59serait meilleur ?
01:12:00Eh bien,
01:12:01il faut payer pour voir
01:12:02et évidemment,
01:12:03il revient à Universal
01:12:06de payer.
01:12:07Ce qu'elle fait.
01:12:09Schmelin s'adresse
01:12:10à un monteur
01:12:12réputé,
01:12:13pour ne pas dire
01:12:13le monteur
01:12:14le plus réputé au monde
01:12:15et le concepteur son
01:12:16le plus réputé au monde,
01:12:17c'est-à-dire
01:12:18Walter Mersch,
01:12:19célèbre pour ses innovations
01:12:22profondes
01:12:22dans les années 70,
01:12:24notamment dans
01:12:24American Graffiti.
01:12:25J'insiste,
01:12:26c'est un concepteur son,
01:12:27c'est-à-dire que son rôle
01:12:27est aussi important
01:12:28en matière de montage sonore
01:12:31que de montage image
01:12:33pour certains films.
01:12:34American Graffiti
01:12:35où le rôle
01:12:37des chansons
01:12:38intégrées du début
01:12:39à la fin
01:12:40dans le film
01:12:40est très important.
01:12:41Apocalypse Now
01:12:42et non seulement
01:12:43Apocalypse Now,
01:12:44première version,
01:12:44mais également
01:12:45Apocalypse Now,
01:12:46Redux plus tard
01:12:47et quelques autres films
01:12:48plus récents de Coppola.
01:12:49Sans oublier surtout
01:12:50Conversation Secrète,
01:12:511974,
01:12:53dont le protagoniste
01:12:54est un spécialiste
01:12:56des écoutes
01:12:58clandestines,
01:12:58des microphones
01:13:00clandestins
01:13:00et film qui est
01:13:01peut-être
01:13:03le plus inventif
01:13:04de l'histoire du cinéma
01:13:04en matière sonore.
01:13:05Donc c'est vraiment
01:13:06quelqu'un
01:13:07pour le moins
01:13:07de compétent
01:13:08qui est invité
01:13:09à appliquer,
01:13:11ce qui n'est pas facile,
01:13:13les indications
01:13:13de ce mémo.
01:13:14Alors d'une part,
01:13:16attention,
01:13:16c'est une expérience.
01:13:18Je reviendrai sur le terme.
01:13:20Les limites de l'expérience.
01:13:22La première,
01:13:23c'est évidemment
01:13:24qu'on ne monte pas
01:13:25un film en un jour.
01:13:26Donc lorsqu'on rédige
01:13:27un mémo
01:13:29et qu'il est appliqué,
01:13:30eh bien trois jours après,
01:13:33on revient en arrière
01:13:34sur certains points.
01:13:35Non, ce n'était pas
01:13:36une bonne idée.
01:13:36Et puis on continue,
01:13:37on continue,
01:13:38on continue.
01:13:39Donc ce n'est qu'une étape,
01:13:41une toute petite étape
01:13:42de la réflexion de Wells
01:13:43sur ce film.
01:13:44Et par ailleurs,
01:13:47Wells proposait régulièrement
01:13:49de repêcher des plans
01:13:51qui étaient encore
01:13:52à la disposition
01:13:53des monteurs
01:13:54en 57-58,
01:13:57décembre 57,
01:13:58janvier 58,
01:13:59mais qui ne sont plus là.
01:14:01Autrement dit,
01:14:02toute une partie
01:14:02du mémo
01:14:03est aujourd'hui
01:14:04inapplicable,
01:14:05plus d'autres problèmes
01:14:06encore.
01:14:08L'expérience
01:14:09est passionnante.
01:14:11Sur certains plans,
01:14:13elle détruit
01:14:14le film d'époque,
01:14:15notamment dans le domaine
01:14:16de la musique,
01:14:16puisque ce que je vous ai fait
01:14:17entendre,
01:14:18je vous l'ai dit au début,
01:14:19pour une part,
01:14:20vous n'entendez plus,
01:14:21à commencer par
01:14:22la musique qui résonne
01:14:23sur le premier plan
01:14:24du film,
01:14:25le fameux plan long.
01:14:27Dans l'esprit
01:14:28de Schmidlin,
01:14:29de Murch,
01:14:30des autres collaborateurs,
01:14:31à commencer par
01:14:32le conseiller technique
01:14:33ou conseiller
01:14:33Welsien,
01:14:34Jonathan Rosenbaum,
01:14:34qui est un éminent spécialiste
01:14:36absolument passionnant
01:14:37américain,
01:14:38qui a énormément
01:14:39abordé,
01:14:39apporté,
01:14:40pardon,
01:14:40sur le cinéaste.
01:14:41Dans l'esprit
01:14:42de tous ces gens-là,
01:14:44c'est une expérience,
01:14:45il s'agit juste
01:14:46de voir ce que cela donne.
01:14:48Évidemment,
01:14:48montrons-là
01:14:49cette expérience,
01:14:50mais le vrai film,
01:14:50c'est le film d'époque
01:14:52dans l'une ou l'autre
01:14:52de ses versions.
01:14:53Et vous pouvez imaginer
01:14:54que Universal,
01:14:57ayant investi,
01:14:58a voulu récupérer
01:14:59son investissement
01:14:59et même bien au-delà,
01:15:00et a ressorti
01:15:02internationalement,
01:15:03à grand fracas,
01:15:04la soif du mal,
01:15:05comme vous ne l'avez
01:15:06jamais vu.
01:15:08Et là,
01:15:09donc,
01:15:10où nous pouvons
01:15:11être moins satisfaits,
01:15:12c'est que
01:15:12cette version seconde
01:15:14par laquelle
01:15:14on ne devrait pas couvrir,
01:15:15pardon,
01:15:16on ne devrait pas découvrir
01:15:17la soif du mal,
01:15:18on devrait juste pouvoir
01:15:19comparer celle-ci
01:15:20avec les autres,
01:15:22et maintenant,
01:15:23la seule qui circule,
01:15:24en France,
01:15:25la seule qui soit
01:15:27disponible en DVD,
01:15:28la seule qu'on ait
01:15:29le droit de montrer
01:15:29en salle,
01:15:30aux Etats-Unis,
01:15:31autrefois.
01:15:33Enfin,
01:15:33pendant longtemps,
01:15:34c'était également la seule.
01:15:36Heureusement,
01:15:36en 2008,
01:15:39c'est-à-dire
01:15:40pour le 50e anniversaire
01:15:41de la soif du mal,
01:15:42Universal a sorti
01:15:43un coffret de DVD
01:15:45comportant les trois versions
01:15:46et permettant
01:15:47à la fois
01:15:48de comparer
01:15:49et de disposer
01:15:51de l'ensemble
01:15:52et désormais
01:15:53de regarder au moins
01:15:54dans ce format
01:15:55ce que l'on veut voir.
01:15:58Lorsque le Forum des Images
01:16:00m'a proposé
01:16:00de parler
01:16:01de la dame des images,
01:16:03pardon,
01:16:03de...
01:16:04Lorsque le Forum des Images
01:16:05m'a proposé
01:16:06de parler
01:16:07de la soif du mal,
01:16:09j'ai répondu
01:16:10un gros morceau
01:16:11comme celui-ci,
01:16:12comment faire ?
01:16:13Me donnez-vous six heures ?
01:16:14La réponse
01:16:15a été non.
01:16:16Donc,
01:16:16je vais devoir
01:16:18m'arrêter là
01:16:19de façon
01:16:20à vous permettre
01:16:21de poser
01:16:21toutes les questions
01:16:22que vous voulez
01:16:23dans le laps de temps
01:16:24encore important
01:16:25qui nous reste,
01:16:26c'est-à-dire
01:16:26plus de 20 minutes.
01:16:29c'est d'accord.
01:16:30C'est d'accord.
01:16:30C'est d'accord.
01:16:33C'est d'accord.
01:16:35C'est d'accord.
01:16:35C'est d'accord.
01:16:35C'est d'accord.
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