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Sois belle et tais-toi ! Delphine Seyrig, portrait d'une icône libre. Cours du vendredi par Brigitte Rollet (chercheuse habilitée et associée au Centre Histoire Culturelle des Sociétés Contemporaines de l’Université de Versailles Saint-Quentin).

La décennie suivant mai 1968 se distingue par de très forts contrastes dans le champ cinématographique : les seventies ont en effet vu à la fois les succès populaires de films politiques (notamment Yves Boisset ou Costa Gavras), l’émergence de films à petits budgets issus des marges (genrées, sexuelles et ethniques) mais aussi l’apogée des films à caractère pornographique et érotiques dont Emmanuelle (1974) est l’exemple le plus connu. Outre Delphine Seyrig, des comédiennes passent à la réalisation pour un film (telles Jeanne Moreau ou Liliane Dreyfus) ou plus (dont Diane Kurys ou Coline Serreau). En fiction comme en documentaire, elles offrent des regards singuliers et inédits.

Cette conférence s’attachera à présenter et à analyser ce mélange quelque peu (d)étonnant d’une décennie unique.

Plus d'infos:
https://www.forumdesimages.fr/dhistoires-da-z-reperes-et-reflexions-sur-le-cinema-des-annees-70

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Transcription
00:00:03Je remercie Juliette et Pauline qui m'ont invité à venir faire ce cours.
00:00:11Justement, par rapport au focus sur Delphine Serric, je me suis rendue compte, pas volontairement,
00:00:18mais je savais qu'il y avait d'autres films qui seraient montrés, que mes extraits n'ont pas Delphine
00:00:23Serric.
00:00:23Il n'y a pas Delphine Serric, elle sera là quelque part, mais elle ne sera pas visible dans les
00:00:31extraits que j'ai choisis.
00:00:34Je voudrais dire deux mots sur mon titre aussi, qui est contractuel jusqu'à un certain point,
00:00:38c'est-à-dire que je voulais quelque chose, on m'avait demandé quelque chose de catchy,
00:00:41donc j'ai pensé à quelque chose de catchy, c'est-à-dire catchy pour les non-anglophones,
00:00:45c'est quelque chose qui accroche comme ça un petit peu.
00:00:47Et donc j'ai pensé à deux films qui pour moi sont assez typiques de cette décennie,
00:00:51dont on va voir qu'elle déborde un peu avant et un peu après,
00:00:55sur le film d'Issartel et Charles Bellemont, Histoire d'art,
00:01:01sur les histoires d'avortement qui datent de 1971,
00:01:04et Z, le film de Costa Gavras, sur l'assassinat en Grèce avant la dictature des colonels,
00:01:14qui est sorti en 1969.
00:01:16Donc j'y reviendrai, mais en tout cas c'était pour donner un petit peu un cadre.
00:01:20Alors il s'agit d'un cours et non d'une conférence,
00:01:22donc je n'ai pas choisi une problématique à développer au cours de cette causerie,
00:01:28mais je voudrais en tout cas donner quelques éléments.
00:01:33Par contre, repères et réflexions, oui, repères et réflexions, il y aura.
00:01:37Et pour commencer, justement, un petit préalable.
00:01:41Alors le mise au point avec un G, c'est pas moi, je l'ai trouvé,
00:01:44en cherchant des affiches sur Mai 68.
00:01:48Il y avait beaucoup de jeux de mots, comme vous vous en doutez, pour les affiches.
00:01:52Et je voulais revenir un petit peu sur Mai 68,
00:01:56parce qu'il y a cette espèce de mythologie selon laquelle Mai 68 avait immédiatement modifié
00:02:03la question de l'origine de représentation, les personnages, les films, etc.
00:02:08de la même façon que ça aurait changé du jour au lendemain la vie des femmes ou d'autres groupes
00:02:14dominés.
00:02:15Et en fait, c'est un mythe, ou en tout cas une légende,
00:02:19qui a été, comment dire, revisité quand même depuis un certain temps
00:02:27par un certain nombre de chercheurs et de chercheuses, surtout.
00:02:31En tout cas, ce que 68 a révélé Mai 68 comme événement,
00:02:39c'est pour les femmes la place qu'on voulait bien leur accorder
00:02:43ou en l'occurrence ne pas leur accorder dans les mouvements de libération.
00:02:47C'est-à-dire que malgré cette dimension révolutionnaire de Mai 68
00:02:53et toutes les interdictions d'interdire et autres injonctions comme ça à une émancipation,
00:02:58cette émancipation ne les touchait peut-être pas directement.
00:03:01Donc ce n'est pas tant Mai 68 en tant que mouvement qui a généré ça
00:03:04que les conséquences que ça a pu avoir.
00:03:06Pour moi, je pense que c'est très important de faire la distinction.
00:03:09C'est-à-dire qu'à partir du moment où on se rend compte que la révolution se fait sans
00:03:14nous,
00:03:15peut-être qu'on l'a fait autrement et peut-être avec d'autres personnes.
00:03:18Il y avait autre chose aussi que je voulais dire.
00:03:22Si vous regardez, si vous connaissez un petit peu les affiches,
00:03:25tous les posters de Mai 68, vous vous rendez compte qu'il y en a très peu avec des femmes
00:03:30en fait.
00:03:31Il y a des sites qui sont plus ou moins dédiés, si vous regardez un petit peu.
00:03:35Donc celle-là, c'est une des rares où on voit une femme,
00:03:38je crois que c'était au Beaux-Arts qu'elle avait été produite.
00:03:42Et ça me semblait assez intéressant, l'espèce de pavé dans la mare,
00:03:46parce qu'on verra jusqu'à quel point les réalisatrices,
00:03:49parce que ça va être un peu quand même mon focus pour ces années 70,
00:03:52les réalisatrices, ont jeté ou pas, et comment, un pavé dans la mare en question.
00:04:00Donc cette question des femmes réalisatrices,
00:04:04et ça c'est un autre point sur le cinéma de l'entre-deux-mais,
00:04:08alors l'expression entre-deux-mais, c'est Pascal Horry qui l'a proposé,
00:04:13et je l'aime personnellement beaucoup,
00:04:15c'est donc l'entre-deux-mais, c'est entre mai 68 et mai 81,
00:04:19donc une décennie qui commence avant les années 70,
00:04:23déborde avant et un petit peu après, mai 81,
00:04:26évidemment l'élection du premier gouvernement de gauche depuis le Front populaire.
00:04:32Donc on a ces espèces de bornes,
00:04:35mais on va bien voir que le cinéma des années 70,
00:04:38aussi varié et surprenant soit-il,
00:04:41il va reprendre aussi un certain nombre de recettes
00:04:46qui sont associées aux décennies précédentes.
00:04:51Donc dans la question des femmes du cinéma et de l'entre-deux-mais,
00:04:59on va voir que les choix du politique, de la politique,
00:05:05tels qu'ils se sont manifestés dans cette décennie,
00:05:08que j'ai longtemps, moi, associées à ce cinéma politique,
00:05:12même si ce n'est pas que cela, bien évidemment,
00:05:15on va voir que les formes que prenne ce cinéma politique
00:05:19sont très variées,
00:05:21pas simplement entre des documentaires
00:05:24qui seraient différents selon les créatrices,
00:05:29mais également dans la fiction,
00:05:31ou dans l'acception qu'on donne à ce terme.
00:05:36Donc, je voulais vous montrer,
00:05:40alors j'ai fait un truc pour que le lien soit déjà là,
00:05:42en fait, j'ai un peu triché,
00:05:44enfin c'est ce qu'on m'avait conseillé,
00:05:45ce n'est pas celui-là, c'est celui-ci.
00:05:48Donc pour celles et ceux d'entre vous
00:05:51qui vont à la cinémathèque,
00:05:54vous aurez peut-être noté qu'avant l'été,
00:05:56il y a eu une petite rétrospective
00:05:58des cinéastes françaises des années 60 et 70,
00:06:02et c'est intéressant parce qu'il y a eu un choix,
00:06:05alors il y a certains des extraits que j'ai choisis
00:06:08qui se retrouvent incidemment dans cette liste,
00:06:11mais ça vous permet aussi de voir
00:06:13si les noms vous sont ou pas familiers,
00:06:15je ne sais pas, vous voyez bien les...
00:06:19Donc on a un mélange,
00:06:21et on verra que ce mélange,
00:06:23c'est aussi une caractéristique des années 70,
00:06:28on a un mélange de type de film,
00:06:31de trajectoire des cinéastes
00:06:33et de type de personnage
00:06:35avec des comédiennes, justement,
00:06:39des comédiennes qui ont fait des ou un seul film,
00:06:42c'est je crois le cas de Joyce Bunuel,
00:06:45elle n'a fait que le jument vapeur,
00:06:48des comédiennes qui sont assez établies
00:06:51dans le milieu du cinéma,
00:06:53comme Jeanne Moreau,
00:06:54qui est quand même, dans les années 70,
00:06:57je ne veux pas dire pas une valeur sûre,
00:06:59mais en tout cas son association avec la Nouvelle Vague
00:07:00l'a quand même ancrée
00:07:02dans le paysage cinématographique français,
00:07:04et donc on a cette variété,
00:07:07en tout cas dans les parcours,
00:07:09qu'on voit, je trouve, un petit peu
00:07:10à travers les titres et les images
00:07:13qui me semblaient intéressants de montrer,
00:07:15je ne ferai pas de commentaire sur le choix de la cinémathèque,
00:07:20de montrer ou pas des réalisatrices,
00:07:23je pense que certaines pourraient avoir des rétrospectives à elles toutes seules,
00:07:26mais pour l'instant, c'est déjà bien qu'on ait comme ça ce mélange.
00:07:31Donc revenons à mes moutons.
00:07:38Dans un des présupposés
00:07:41et une espèce de mythologie
00:07:44qu'on retrouve, pas seulement avec mes 68,
00:07:48il y a cette idée que dès lors qu'il se passerait quelque chose dans la société,
00:07:52le cinéma en rendrait nécessairement et rapidement compte,
00:07:56ce qui n'est pas tout à fait le cas.
00:07:58Je voudrais vous citer un chercheur qui a travaillé sur la télévision
00:08:02pour un numéro qui portait justement sur les années 70
00:08:04et il me semble que ce qu'il dit peut tout à fait s'appliquer
00:08:08à ce qu'on va trouver dans le cinéma des années de l'entre-deux-mais.
00:08:13Et donc il utilise le conditionnel pour dire
00:08:18qu'en matière de mœurs,
00:08:19s'il y aurait au cours de l'histoire un mouvement perpétuel de libération
00:08:22qui débriderait toujours davantage les discours
00:08:24et dévoileraient plus les corps, un peu plus loin,
00:08:27il y aurait conditionnel une corrélation nécessaire
00:08:30entre la morale de l'époque et le régime de représentation.
00:08:34Et ce qu'il dit pour la télévision des années 70,
00:08:37on le retrouve, moi je l'ai retrouvé dans des travaux sur la télévision
00:08:40après le Pax, où on avait dit avec le Pax,
00:08:43ben non, avec le Pax, c'est pas aussi automatique que ça,
00:08:47que quelque chose qui se passe au niveau de la société
00:08:49va immédiatement se retrouver dans le cinéma
00:08:53ou dans la télévision, loin de là.
00:08:57Et donc la construction de féminités alternatives
00:09:03ou variées par rapport au modèle précédent,
00:09:07ça ne se fait pas du jour au lendemain,
00:09:08on va voir au contraire que le cinéma des années 70,
00:09:13c'est aussi la décennie qui est l'âge d'or de la pornographie,
00:09:17c'est le moment où un film comme Emmanuel va attirer,
00:09:21on le verra pour le box-office,
00:09:23des millions de Français sur les Champs-Élysées,
00:09:26les Champs-Élysées où passer le film en continu
00:09:28pendant je ne sais combien de semaines.
00:09:30Donc on se rend bien compte que cette question de la libération
00:09:33ou de la libéralisation des mœurs,
00:09:35elle peut prendre une foultitude de formes
00:09:39et qui ne vont pas nécessairement dans le sens d'une émancipation
00:09:42et d'une variation par rapport au modèle.
00:09:45Donc, autre chose par rapport au changement
00:09:52et à l'idée que pour les femmes,
00:09:54ce serait pas le grand soir, mais la grande décennie,
00:09:57les années 70,
00:09:58c'est toujours intéressant de voir un petit peu
00:10:01ce qui bouge ou pas dans cette industrie cinématographique
00:10:05où les femmes ont eu leur place dès le début,
00:10:07pensez à Alice Guy,
00:10:08où elles ont toujours fait du cinéma,
00:10:11plus ou moins selon les décennies,
00:10:13mais où elles ont eu une place quand même
00:10:16qui était assez réduite jusqu'aux années 70,
00:10:19ça c'est un fait.
00:10:20Mais si on commence à regarder de façon un petit peu plus précise
00:10:25comment elle commence ou quand elle commence,
00:10:27c'est-à-dire les premiers films réalisés par des femmes,
00:10:30vous savez, vous ne savez pas,
00:10:31mais en France, il y a une focalisation sur les premiers films
00:10:34qui fait que, que ce soit au niveau du CNC,
00:10:37que ce soit au niveau des Césars,
00:10:38que ce soit au niveau de Cannes,
00:10:40des récompenses,
00:10:43que ce soit au niveau de la distribution,
00:10:45les premiers films ont un traitement de faveur relatif
00:10:48par rapport à ce qui se passe par la suite.
00:10:50C'est-à-dire qu'on va trouver beaucoup de premiers films en France,
00:10:55et le CNC s'en targue avec raison dans un certain nombre de publications.
00:11:00La France produit énormément de premiers films,
00:11:02mais on a aussi des réalisatrices et des réalisateurs,
00:11:06me dit-on toujours en disant,
00:11:07oui, mais les hommes aussi,
00:11:08oui, les hommes aussi,
00:11:09mais bon, pour les femmes,
00:11:10c'est encore un peu plus compliqué,
00:11:11qui ne vont faire qu'un film.
00:11:13Et donc, cette question du premier film,
00:11:16elle est importante aussi
00:11:18parce qu'un mécanisme très important
00:11:20pour le cinéma français et son financement,
00:11:23c'est l'avance sur recette.
00:11:24L'avance sur recette, c'est la fin des années 50.
00:11:27C'est ce qui a permis à la Nouvelle Vague
00:11:29d'arriver à dépasser cette question financière.
00:11:32La Nouvelle Vague, il y a des facteurs divers,
00:11:35mais cette question de l'avance sur recette,
00:11:37elle est essentielle pour comprendre
00:11:38ce qui s'est passé à ce moment-là.
00:11:40Et quand on regarde,
00:11:42je suis désolée de la qualité moyenne,
00:11:43je n'ai pas retrouvé mon original,
00:11:46ce graphique que j'avais élaboré.
00:11:49Donc, avec le nombre de premiers films
00:11:50réalisés par des femmes en France
00:11:52de 1946 à 1980,
00:11:53et il ne vous échappera pas,
00:11:55si vous connaissez un petit peu
00:11:56l'histoire du cinéma,
00:11:57que pendant justement cette période-là,
00:12:01où il n'y a rien,
00:12:02où c'est l'électrocardiogramme plat,
00:12:04c'est la période qui correspond
00:12:07à la Nouvelle Vague.
00:12:08C'est-à-dire que pendant cette période,
00:12:12si on considère l'âge d'or
00:12:14de la Nouvelle Vague,
00:12:14on va dire de 59 à 62,
00:12:16il n'y a pas une femme
00:12:18qui fasse un premier film.
00:12:20Alors, on me dit,
00:12:21mais Varda, oui, Varda,
00:12:22elle l'avait fait déjà,
00:12:23puisqu'elle a précédé,
00:12:25pour certains et certaines
00:12:26dont je fais partie,
00:12:26la Nouvelle Vague,
00:12:27avec La Pointe Courte.
00:12:28La Pointe Courte, c'est 54.
00:12:30Donc, elle avait déjà fait.
00:12:31Je ne suis pas en train de dire
00:12:32qu'il n'y avait pas du tout de femmes
00:12:33qui faisaient des films
00:12:34pendant cette période-là,
00:12:35mais il n'y a pas de premier film.
00:12:38Or, ce qui caractérise
00:12:39la Nouvelle Vague,
00:12:39c'est l'afflux massif
00:12:41de nouveaux réalisateurs.
00:12:43Et là, le masculin est de rigueur,
00:12:44puisqu'on a 120,
00:12:47selon les historiens,
00:12:49mais environ 120 premiers films
00:12:51qui sortent pendant cette période.
00:12:52Et il n'y a pas une seule femme.
00:12:53Donc, ça illustre,
00:12:55s'il le fallait,
00:12:56que ce qui n'est pas mesuré
00:12:58est invisible.
00:12:58Et là, en tout cas,
00:12:59ça saute quand même
00:13:00un petit peu aux yeux.
00:13:01Alors, on voit que pour les années 70,
00:13:03en ce qui concerne les femmes
00:13:04et cette question des premiers films,
00:13:06on a une des...
00:13:07Ce n'est pas la courbe himalayenne.
00:13:10On va trouver un certain nombre
00:13:11de chutes, plus ou moins,
00:13:14marquées selon le moment
00:13:18où on se situe dans la décennie.
00:13:21Mais il n'empêche qu'on voit
00:13:23qu'il y a une augmentation
00:13:24qui serait malvenue de nier.
00:13:27Donc, malgré tout,
00:13:30il y a eu,
00:13:30en ce qui concerne l'apport
00:13:34des femmes au cinéma
00:13:35de cette période-là,
00:13:37des contributions marquantes,
00:13:40remarquables, remarquées ou pas.
00:13:42On le verra à ce moment-là.
00:13:45Alors, quand on parle
00:13:46des premiers films,
00:13:47j'ai évoqué tout à l'heure
00:13:48la question de l'avance sur recette.
00:13:49Et à une époque,
00:13:50et je me suis dit
00:13:51que ce serait intéressant
00:13:52que je ressorte mes chiffres
00:13:53aussi sur cette question-là,
00:13:55je m'étais intéressée
00:13:57grâce aux plaquettes du CNC,
00:14:01puisque en France,
00:14:02on aime bien les commémorations.
00:14:03Donc, quand il y a un cinquantenaire
00:14:05ou etc.,
00:14:06et donc, au moment
00:14:07du cinquantenaire du CNC,
00:14:08il y avait eu une plaquette
00:14:09sur les 50 ans du CNC.
00:14:10Et grâce à cette plaquette
00:14:11sur les 50 ans du CNC,
00:14:12on retrouvait tous les films
00:14:14qui avaient été financés
00:14:18par l'avance sur recette.
00:14:19Et donc, ça permet,
00:14:20alors c'est un travail
00:14:21un petit peu de monial
00:14:22ou de bénédictine,
00:14:24de retrouver,
00:14:25de reprendre comme ça
00:14:26tous ces titres
00:14:26et de voir un petit peu
00:14:28comment ça se passe.
00:14:30Puisque, contrairement
00:14:31à ce que j'ai pu lire
00:14:32il n'y a pas si longtemps,
00:14:34les femmes ont eu
00:14:34l'avance sur recette
00:14:35pratiquement dès le début
00:14:36de l'avance sur recette.
00:14:37Alors, pas,
00:14:38comme vous allez le voir,
00:14:39pas en très grand nombre.
00:14:40Alors, j'aurais dû prendre
00:14:42que les années 70,
00:14:43mais je trouve ça toujours
00:14:44intéressant de comparer.
00:14:45Donc, pour vous donner
00:14:46une petite idée,
00:14:47pour les personnes
00:14:48qui verraient le moins,
00:14:50dans les années 60,
00:14:51on est de 0 à 6,2%
00:14:54sur l'année,
00:14:57avec une moyenne
00:14:58à 2,34%.
00:15:01Donc, 1960,
00:15:02c'est vraiment
00:15:04l'avance datant de 59,
00:15:06on peut considérer
00:15:07que c'est la première année.
00:15:09Le maximum,
00:15:10c'est 2 par an.
00:15:13Alors, il y a quelques années
00:15:14fastes, comme ça,
00:15:15avec 2 en 64
00:15:16et en 69.
00:15:17Et puis, dans les années 70,
00:15:20là, c'est sûr
00:15:20qu'on peut voir
00:15:22des variations
00:15:24par rapport
00:15:25à la décennie précédente.
00:15:26Il y a quand même
00:15:27une année à 0,
00:15:29en 70,
00:15:30preuve que le mouvement
00:15:31ne suit pas encore
00:15:33tout à fait,
00:15:33et le maximum
00:15:34à 15,6%.
00:15:36Bon, la parité
00:15:36est encore loin,
00:15:37mais la moyenne,
00:15:39quand même,
00:15:39augmente à 9,3.
00:15:42Alors, j'avais poussé
00:15:43un petit peu,
00:15:43pas le vice,
00:15:45mais en tout cas,
00:15:45l'intérêt jusqu'à
00:15:47rechercher
00:15:47qui était
00:15:49à la tête
00:15:51des commissions d'avance
00:15:53dans ces périodes-là.
00:15:55Et donc,
00:15:57ce n'est qu'à la fin
00:15:58des années 80
00:15:59qu'on va avoir
00:16:00une femme
00:16:01à la tête de l'avance.
00:16:02Et c'est Françoise Giroux
00:16:03en 89 et 90.
00:16:05Ça change un petit...
00:16:06Non, il y a
00:16:07Daniel Delorme avant,
00:16:08mais comme comédienne,
00:16:10donc on a des comédiennes.
00:16:12Bon, c'est important
00:16:13qu'on ait des comédiennes
00:16:14à ces positions-là,
00:16:15mais ça me semblait
00:16:16un petit peu différent
00:16:17d'avoir quelqu'un
00:16:19comme Françoise Giroux
00:16:20qui a un poids
00:16:22peut-être un petit peu...
00:16:23qui n'est pas tout à fait
00:16:25le même
00:16:25que des comédiennes
00:16:26comme Daniel Delorme
00:16:27ou Isabelle Adjani.
00:16:30Donc,
00:16:30cette question
00:16:31de femmes
00:16:32ayant l'avance
00:16:33sur recette,
00:16:33parce qu'on a
00:16:35la question
00:16:35des représentations,
00:16:36mais ces représentations
00:16:38s'inscrivent
00:16:38dans un cadre
00:16:39qui est,
00:16:41pour reprendre
00:16:42la phrase de Malraux,
00:16:43qui est aussi,
00:16:44et moi je dirais
00:16:44surtout une industrie,
00:16:45c'est-à-dire
00:16:46qu'il est question
00:16:47de budget,
00:16:48qu'il est question
00:16:49de finance,
00:16:50et on sait,
00:16:51même si l'avance
00:16:52sur recette
00:16:52ne couvre pas
00:16:53l'intégralité du budget,
00:16:55on sait l'importance
00:16:56que cela représente
00:16:57pour les producteurs,
00:16:58qu'il y ait ou pas
00:16:59l'avance sur recette
00:17:01pour pouvoir démarcher
00:17:05d'autres producteurs,
00:17:06même si le fait
00:17:07d'avoir l'avance sur recette
00:17:08n'est pas en soi
00:17:09une garantie
00:17:10qu'on va trouver
00:17:10nécessairement
00:17:14d'autres financements
00:17:15un petit peu plus tard.
00:17:17Donc,
00:17:18dans les...
00:17:21Je vous dirai,
00:17:22quand je vous parlerai
00:17:23de certains films,
00:17:24si elles ont eu
00:17:25ou pas
00:17:25l'avance sur recette
00:17:27par rapport à ça.
00:17:30L'avance sur recette
00:17:31va de pair
00:17:31aussi
00:17:32avec la place
00:17:34des réalisatrices
00:17:35dans le monde
00:17:36du cinéma,
00:17:37et là aussi,
00:17:37je trouvais ça intéressant
00:17:38de comparer,
00:17:39parce que si on parle
00:17:40d'une essénie,
00:17:40c'est bien de voir
00:17:41ce qui se passait avant.
00:17:43Dans le même cadre
00:17:44de cette démarche
00:17:45sur ce travail
00:17:46des réalisatrices
00:17:47et des premières,
00:17:48pour les premiers films
00:17:49en particulier,
00:17:50parce que c'était
00:17:51ceux sur lesquels
00:17:52je pouvais avoir
00:17:52le plus d'informations
00:17:53par le CNC,
00:17:55je m'étais intéressée
00:17:56à la trajectoire
00:17:57et à l'origine
00:17:57de ces cinéastes.
00:17:58Et il m'a semblé
00:17:59qu'ici,
00:18:00comme on parle quand même
00:18:01de Delphine Serig,
00:18:02qui était,
00:18:04avant de devenir
00:18:05une égérie féministe,
00:18:06elle était aussi
00:18:06une égérie
00:18:07du cinéma d'auteur
00:18:08et il y a plusieurs facettes
00:18:10à sa carrière.
00:18:13Et donc,
00:18:13là,
00:18:14ça me semblait intéressant
00:18:14de voir le profil
00:18:16un petit peu
00:18:17des comédiennes.
00:18:18Alors,
00:18:19je suis tout à fait consciente
00:18:20que mes catégories
00:18:22sont discutables,
00:18:23on pourra en discuter
00:18:24par la suite,
00:18:25d'autant plus
00:18:26qu'il y en a certaines
00:18:27qui sont liées au théâtre,
00:18:28je pense à Ariane Mouchkine,
00:18:29par exemple,
00:18:30en 1970,
00:18:31mais c'est aussi
00:18:32une fille d'eux.
00:18:34Parce que le népotisme,
00:18:35enfin,
00:18:36je n'ai pas besoin
00:18:36de vous faire un dessin,
00:18:37vous voyez ce qui sort
00:18:38en ce moment
00:18:39et qui joue,
00:18:40dans quel film,
00:18:40avec qui,
00:18:41on voit bien que le népotisme
00:18:42reste encore
00:18:43assez prégnant en France.
00:18:46Donc,
00:18:46si on compare,
00:18:47moi ça m'intéressait
00:18:48parce que dans les années 70,
00:18:50on a,
00:18:51alors,
00:18:52elles sont cinq,
00:18:53on en a cinq là,
00:18:55qui sont actrices comédiennes,
00:18:58mais on a aussi sept
00:18:59qui sont liées
00:19:00à l'image
00:19:02ou au spectacle.
00:19:04Donc,
00:19:04ce qui montre bien
00:19:05qu'on n'est pas du tout
00:19:07dans les mêmes trajectoires
00:19:08que pour les hommes
00:19:10qui font du cinéma,
00:19:11puisqu'en fait,
00:19:12alors,
00:19:12même si les choses ont bougé
00:19:13avec la nouvelle vague
00:19:14qui a justement permis
00:19:16à des personnes
00:19:17dont les compétentaires
00:19:20et les compétences filmiques
00:19:22ont longtemps été limitées
00:19:24à la connaissance des films.
00:19:26C'est Truffaut qui disait
00:19:28qu'il n'y avait pas besoin
00:19:29d'école de cinéma,
00:19:30il y avait la cinémathèque.
00:19:31Donc,
00:19:32voir des films suffisait
00:19:33pour apprendre le cinéma.
00:19:34On se rend compte
00:19:36que l'accès
00:19:37à des écoles de cinéma
00:19:39dans les années 60,
00:19:4270, 80,
00:19:42même si les choses bougent
00:19:44et aujourd'hui,
00:19:45elles sont complètement différentes,
00:19:47ça reste quelque chose
00:19:48de très limité
00:19:50pour les femmes.
00:19:51C'est-à-dire que
00:19:51dans les années 70,
00:19:53en 74,
00:19:54parce que c'est difficile
00:19:55de trouver des chiffres
00:19:56sur ces questions-là,
00:19:57en 74,
00:19:58il y a 4% de femmes
00:20:00qui font l'IDEC.
00:20:01L'IDEC,
00:20:02c'est l'Institut
00:20:02des Hautes Études Cinématographiques
00:20:04qui sera ensuite remplacé
00:20:05par la FEMIS,
00:20:06l'IDEC,
00:20:06dont on va fêter
00:20:07les 80 ans
00:20:08ou dont on fête
00:20:09les 80 ans cette année
00:20:10puisqu'il a été établi
00:20:11comme le Festival de Canaan
00:20:13en 1946.
00:20:14Donc, en fait,
00:20:15ça veut dire
00:20:15que les femmes
00:20:16qui font du cinéma
00:20:17dans les années 70
00:20:20viennent par des voix
00:20:21qui ne sont pas les mêmes
00:20:23que les hommes
00:20:24qui vont être,
00:20:25parce que parallèlement
00:20:26aux cinéastes
00:20:27de la Nouvelle Vague
00:20:28qui vont,
00:20:29pas s'improviser,
00:20:30ce ne serait pas très gentil,
00:20:31mais qui vont se lancer
00:20:33dans le cinéma
00:20:33sans nécessairement
00:20:35avoir fait une école
00:20:35de cinéma.
00:20:36on a toute cette tradition
00:20:38de l'assistanat,
00:20:39premier assistant,
00:20:40deuxième assistant,
00:20:41troisième assistant,
00:20:42qui va permettre
00:20:43à la fin
00:20:43de passer derrière la caméra.
00:20:45Ça, c'est quelque chose,
00:20:47c'est un itinéraire
00:20:48par lesquels
00:20:48les femmes ne passent pas.
00:20:50C'est-à-dire que
00:20:51même si elles font
00:20:52des métiers
00:20:53dans le monde du cinéma,
00:20:55ce sont les métiers
00:20:56d'ailleurs qu'on va retrouver
00:20:58vers lesquels
00:20:58on va les orienter
00:21:00à l'IDEC en particulier,
00:21:02les métiers
00:21:02dits féminins
00:21:03dont le montage
00:21:05qui n'est plus
00:21:06un métier féminin
00:21:07aujourd'hui,
00:21:07on pourra en reparler
00:21:09éventuellement,
00:21:09mais qui,
00:21:10dans les années 70,
00:21:12l'est beaucoup plus.
00:21:13Donc on a ces métiers
00:21:14féminins
00:21:16qui permettent
00:21:16parfois
00:21:18à certaines
00:21:19de rentrer
00:21:21autrement
00:21:21qu'en étant
00:21:22comédienne
00:21:22et actrice
00:21:25dans le monde
00:21:26du cinéma
00:21:26et de faire leur trou,
00:21:27je pense,
00:21:28en particulier,
00:21:29même si elles ne nous concernent
00:21:30pas ici,
00:21:31à Jacqueline Audry
00:21:32qui est
00:21:32que personne ne connaît
00:21:34mais qui est quand même
00:21:35rentrée dans le cinéma
00:21:36comme ça
00:21:37par la petite porte
00:21:38et qui a réussi
00:21:38à faire 16 longs-métrages
00:21:41dans sa carrière,
00:21:43c'est-à-dire plus
00:21:43que n'importe quelle autre
00:21:45réalisatrice
00:21:45vivante
00:21:46ou morte
00:21:47d'ailleurs.
00:21:49Donc,
00:21:49cette question
00:21:50de la trajectoire,
00:21:51elle me semble essentielle
00:21:53parce que,
00:21:54alors peut-être que
00:21:55quand on va voir un film,
00:21:56on ne s'intéresse
00:21:58que très moyennement
00:21:59à toutes ces questions-là,
00:22:00mais pour moi,
00:22:01elles permettent
00:22:02d'envisager
00:22:03la question
00:22:04du contexte
00:22:05et des concepts
00:22:06qu'on peut utiliser
00:22:07pour le penser
00:22:09qui me semblent
00:22:12essentiels
00:22:12et surtout
00:22:13de voir
00:22:14jusqu'à quel point
00:22:15il y a eu
00:22:15des changements.
00:22:16Il y a eu,
00:22:17en effet,
00:22:17des changements.
00:22:18Je ne suis pas convaincue
00:22:20personnellement,
00:22:21après des recherches
00:22:23sur la question
00:22:24depuis quand même
00:22:25un certain nombre
00:22:25de temps,
00:22:26que mai 68
00:22:27ait été le truc
00:22:28qui a fait tout basculer.
00:22:29Il s'agit plus
00:22:31d'organisations,
00:22:32on le verra
00:22:33avec en particulier
00:22:34l'association
00:22:35Musidora
00:22:36qui va être quelque chose
00:22:38conçu par des femmes
00:22:40mais en dehors
00:22:42d'autres collectifs
00:22:45qu'on pouvait trouver
00:22:48à la même époque.
00:22:50Donc,
00:22:53quand on parle
00:22:54du cinéma
00:22:54des années 70
00:22:55et là,
00:22:56je suis allée
00:22:57voir deux ouvrages
00:22:59le premier
00:23:01de Freddy Buach
00:23:02qui date
00:23:03de 1990
00:23:06au titre révélateur,
00:23:08le cinéma français
00:23:08des années 70
00:23:09et un autre
00:23:10publié
00:23:11en Grande-Bretagne
00:23:1325 ans plus tard
00:23:1415 ans plus tard
00:23:17qui a un titre
00:23:18équivalent
00:23:19en anglais.
00:23:20Et ce qui me semblait
00:23:21intéressant
00:23:22et je voulais partager
00:23:23cet intérêt
00:23:25avec vous,
00:23:25c'est qu'on n'est pas
00:23:27du tout dans les mêmes
00:23:28approches,
00:23:28on n'est pas du tout
00:23:29dans les mêmes titres
00:23:31et on n'a pas l'impression
00:23:32qu'ils parlent nécessairement
00:23:33de la même décennie.
00:23:35En tout cas,
00:23:36on a...
00:23:37Et puis,
00:23:37on n'a pas une femme.
00:23:39Si,
00:23:39il y a Duras.
00:23:40Duras est toujours là.
00:23:42Duras.
00:23:43Duras quand même.
00:23:45Donc,
00:23:45on va avoir une liste
00:23:46de dons.
00:23:47On n'a pas nécessairement...
00:23:49Moi,
00:23:50je ne retrouve pas
00:23:51dans cette liste
00:23:52qu'elle soit...
00:23:53je me retrouve plus
00:23:54dans certains éléments
00:23:56de la table
00:23:57des matières anglaises,
00:23:58mais dans la table
00:23:59des matières françaises,
00:24:00c'est vrai qu'on va
00:24:03retrouver
00:24:04un certain nombre
00:24:05de choses
00:24:05qui ne sont pas
00:24:06nécessairement propres
00:24:07aux années 70.
00:24:08C'est-à-dire que
00:24:10du naturalisme
00:24:11au fantastique.
00:24:12Bon,
00:24:12est-ce qu'on n'aurait pas
00:24:13pu dire ça
00:24:14de décennies antérieures ?
00:24:18La question
00:24:18de l'animation,
00:24:20le populisme,
00:24:21le réalisme critique.
00:24:21Enfin,
00:24:22je pense qu'on pourrait
00:24:22trouver des éléments
00:24:23qui font que ce n'est pas
00:24:25spécifique
00:24:26à cette décennie-là.
00:24:28Dans la proposition
00:24:32d'Alison Smith,
00:24:33on est dans quelque chose
00:24:34qui est un petit peu
00:24:35différent,
00:24:36qui fait un peu
00:24:37l'impasse
00:24:37sur les questions
00:24:39de genre,
00:24:40de sexualité
00:24:41et aussi
00:24:42d'autres types
00:24:43de minorités
00:24:44ou de groupes dominés
00:24:46plutôt que de minorités,
00:24:48puisque les années 70
00:24:50vont aussi être
00:24:51le moment
00:24:51où on va trouver
00:24:52ce qu'un numéro
00:24:54de Cinéma Action
00:24:55a appelé
00:24:55le cinéma
00:24:56de l'immigration.
00:24:57On va trouver
00:24:58quand même
00:24:58quelques films
00:24:59qui posent
00:25:00des questions
00:25:01à ce sujet.
00:25:02Mais on n'a pas
00:25:03du tout
00:25:07on ne voit pas ressortir
00:25:09ce qui, pour moi,
00:25:11est une évidence
00:25:12dans le cinéma
00:25:13des années 70,
00:25:14c'est la présence
00:25:16de femmes
00:25:16et la présence
00:25:17de films
00:25:17qui ont marqué
00:25:18cette décennie.
00:25:20Et là,
00:25:20c'est intéressant
00:25:20parce qu'on a
00:25:22deux traditions,
00:25:23la tradition française
00:25:23peut-être
00:25:24et la tradition anglaise
00:25:25en tout cas
00:25:25de l'écriture
00:25:26et cette historiographie
00:25:28fait...
00:25:28Alors,
00:25:29on pourrait peut-être
00:25:29voir les femmes
00:25:31cachées sous
00:25:31filming
00:25:32Utopias,
00:25:33les Utopies,
00:25:34j'y reviendrai,
00:25:35mais en tout cas,
00:25:36ça ne saute
00:25:38pas nécessairement
00:25:39aux yeux
00:25:39et ça ne permet pas
00:25:40de définir
00:25:41de façon très particulière
00:25:42qu'est-ce que le cinéma
00:25:44des années 70.
00:25:45Alors,
00:25:46peut-être qu'avant...
00:25:47Attendez,
00:25:48j'ai un doute
00:25:48parce que j'ai...
00:25:49Ouais.
00:25:51J'ai fait quelque chose
00:25:52que je déconseille
00:25:53de faire
00:25:54à quiconque
00:25:55fait un cours
00:25:56une conférence
00:25:56c'est de changer
00:25:58l'ordre
00:25:58d'une diapositive
00:26:00un peu au dernier moment
00:26:01en me disant
00:26:01peut-être qu'à force
00:26:03de parler
00:26:03ce serait bien
00:26:03que je montre
00:26:04un extrait
00:26:04qu'on soit
00:26:05dans quelque chose
00:26:05d'un petit peu concret
00:26:07et donc
00:26:08je voudrais vous
00:26:10montrer le premier extrait
00:26:12mais une seconde
00:26:13qui est un film
00:26:15qui est charnière
00:26:15puisqu'il est vraiment
00:26:16à cheval
00:26:17sur ces deux
00:26:19décennies
00:26:2060 et 70
00:26:21même s'il est vraiment
00:26:23tout à fait
00:26:23dans l'esprit
00:26:24de l'entre-demain
00:26:27film qui sera montré
00:26:28un petit peu plus tard
00:26:30et pour les personnes
00:26:31qui ne l'ont pas vu
00:26:32je vous encourage
00:26:32vraiment fortement
00:26:34à le voir
00:26:34ou à le revoir
00:26:35c'est un film
00:26:36qui a vieilli
00:26:37par certains aspects
00:26:38bien évidemment
00:26:39mais qui reste quand même
00:26:40malgré tout
00:26:41un grand classique
00:26:43et donc ce film
00:26:44a été réalisé
00:26:44par Nelly Kaplan
00:26:46Nelly Kaplan
00:26:47c'est intéressant
00:26:48parce qu'elle a eu
00:26:49l'avance sur recette
00:26:50étonnamment
00:26:50parce que
00:26:52tout le monde
00:26:53ne l'a pas eu
00:26:53à ce moment-là
00:26:54elle est là
00:26:55à cette époque-là
00:26:56elles ne sont pas
00:26:58elles ne sont pas
00:26:59si nombreuses
00:27:00on a
00:27:01bon déjà
00:27:02elles ne sont pas
00:27:02si nombreuses
00:27:02en 69
00:27:03il y a Duras
00:27:03parce que Duras
00:27:04c'est quand même
00:27:05celle qui arrive
00:27:05en tête
00:27:07des
00:27:09c'est la femme
00:27:10qui a eu le plus souvent
00:27:11l'avance sur recette
00:27:13chez les hommes
00:27:13c'est René
00:27:14mais c'est intéressant
00:27:16parce que ce sont
00:27:16des personnes
00:27:17qui écrivent
00:27:17et c'est un indicateur
00:27:19aussi que
00:27:19l'avance sur recette
00:27:21c'est aussi beaucoup
00:27:21un travail d'écriture
00:27:22pour un film
00:27:24mais malgré tout
00:27:25d'écriture
00:27:26donc Nelly Caplan
00:27:27vient d'Argentine
00:27:28elle est passionnée
00:27:30de cinéma
00:27:30elle va se lier
00:27:33à l'anglois
00:27:34et elle va réaliser
00:27:37des documentaires
00:27:38dont un
00:27:39sur Picasso
00:27:41le regard Picasso
00:27:42qui va avoir
00:27:45le lion d'or
00:27:47à Locarno
00:27:47et c'est
00:27:48cette récompense
00:27:51qui va lui permettre
00:27:52de faire
00:27:53la fiancée du pirate
00:27:54parce que même
00:27:55si elle a l'avance
00:27:56sur recette
00:27:56les producteurs
00:27:57ne se bousculent pas
00:27:59c'est peu de le dire
00:28:00pour financer ce film
00:28:02donc
00:28:05voilà
00:28:06en gros
00:28:07et donc
00:28:09la fiancée du pirate
00:28:10c'est Bernadette Laffont
00:28:12qui joue
00:28:13je vous explique
00:28:14un petit peu
00:28:14pour les personnes
00:28:15qui n'ont pas vu
00:28:15par rapport à l'extrait
00:28:17donc c'est une femme
00:28:18qui est exploitée
00:28:18par tout le monde
00:28:20surtout sexuellement
00:28:21par les hommes
00:28:22et aussi par la patronne
00:28:23qui est
00:28:25jouée par
00:28:25la pauvre Claire Morier
00:28:27qui a été
00:28:28après
00:28:28après avoir été
00:28:30la mère
00:28:30dans les 400 coups
00:28:31elle va être
00:28:32vraiment
00:28:35constamment
00:28:36sollicitée
00:28:36pour des rôles
00:28:37de femme
00:28:38pas très sympathique
00:28:39y compris
00:28:40dans
00:28:40La fiancée du pirate
00:28:42et donc
00:28:43dans ce film
00:28:45cette femme
00:28:45qui est en but
00:28:46pas tellement
00:28:48l'hostilité
00:28:48puisqu'on l'exploite
00:28:49mais elle vit
00:28:50avec sa mère
00:28:51à l'extérieur
00:28:52du village
00:28:53et
00:28:55la mère meurt
00:28:57et
00:28:57un des hommes
00:28:59du village
00:28:59tue son bouc
00:29:00parce que
00:29:01Marie
00:29:03Bernadette Laffont
00:29:04la fiancée
00:29:05avait un bouc
00:29:06qui était son
00:29:07son animal
00:29:08de compagnie
00:29:09on pourrait dire
00:29:09et la mort du bouc
00:29:11va avoir
00:29:12un impact
00:29:13considérable
00:29:14sur Marie
00:29:14qui
00:29:15entre la mort
00:29:16de sa mère
00:29:16et la mort du bouc
00:29:17va se rebeller
00:29:19et
00:29:21va commencer
00:29:22à faire payer
00:29:23les hommes
00:29:23pour ce qu'il prenait
00:29:25avant
00:29:25sans payer
00:29:26et donc
00:29:27il y a toute une
00:29:28la réception
00:29:29a été mitigée
00:29:30compte tenu du fait
00:29:31que
00:29:32prendre la prostitution
00:29:33comme un
00:29:34moyen d'émancipation
00:29:35n'était pas nécessairement
00:29:36un point de vue
00:29:37partagé par toutes
00:29:38les féministes
00:29:39de France
00:29:40et de Dimbard
00:29:40à l'époque
00:29:41mais
00:29:41en tout cas
00:29:42il y avait
00:29:45un
00:29:45un éclat
00:29:46de rire libérateur
00:29:46oui il y avait un peu de ça
00:29:47il y avait un petit côté
00:29:48jeu de massacre
00:29:49qu'on retrouve beaucoup
00:29:50dans les
00:29:50dans les
00:29:53dans la réception
00:29:54du film
00:29:55mais il y avait
00:29:56quand même
00:29:56quelque chose
00:29:57d'assez jubilatoire
00:29:58et donc
00:29:59avec
00:30:00ces moyens
00:30:01cette femme
00:30:02qui n'a jamais
00:30:02qui a toujours vécu
00:30:03dans une précarité
00:30:04absolument terrible
00:30:05dans sa petite cabane
00:30:06elle va acquérir
00:30:08puisqu'on est
00:30:09dans cette période
00:30:10de la société
00:30:11de consommation
00:30:12des biens
00:30:12de consommation
00:30:13donc
00:30:15dont vous allez voir
00:30:16ce qu'elle fait
00:30:17à la fin
00:30:18au moment
00:30:18où elle va
00:30:21assouvir sa vengeance
00:30:22ça donne un petit côté
00:30:24rape and revenge
00:30:25enfin moi qui me plaît
00:30:26que moyennement
00:30:27en tout cas
00:30:28elle va
00:30:29elle va partir
00:30:30de façon assez fracassante
00:30:31du village
00:30:33donc on peut envoyer
00:30:34le
00:30:35s'il vous plaît
00:30:36Sacha le premier
00:30:38extrait
00:30:38qui me plaît
00:31:08qui me plaît
00:31:08qui me plaît
00:31:08...
00:31:39...
00:31:43...
00:31:44...
00:31:48...
00:31:49...
00:31:50...
00:31:50...
00:31:54...
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00:31:59...
00:32:01...
00:32:05...
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00:32:42...
00:32:46...
00:32:50...
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00:32:57...
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00:33:24...
00:33:25...
00:33:25...
00:33:29...
00:33:33...
00:33:33...
00:33:34...
00:33:34...
00:33:36...
00:33:36...
00:33:42...
00:33:44...
00:33:47...
00:33:48...
00:35:18...
00:35:19...
00:35:20...
00:35:20...
00:35:20...
00:35:30...
00:35:31...
00:35:31...
00:35:32...
00:35:33...
00:35:35...
00:35:35...
00:35:37...
00:35:38...
00:35:38...
00:35:40...
00:35:41...
00:35:42...
00:35:42...
00:35:44...
00:35:44...
00:35:45...
00:35:47...
00:35:47...
00:36:18...
00:36:18...
00:36:18...
00:36:18...
00:36:18...
00:36:18...
00:36:18武
00:36:18...
00:36:19...
00:36:19...
00:36:19...
00:36:19...
00:36:22...
00:36:29...
00:36:30...
00:36:31...
00:36:32qui est assez intéressant, je trouve, d'un point de vue de questions de classe
00:36:36qui s'ajoutent à d'autres questions de genre.
00:36:38Alors, ce film, quand on regarde ce qui a été produit après, y compris maintenant,
00:36:45je trouve qu'il n'a rien perdu de son potentiel transgressif.
00:36:50Et d'ailleurs, ce n'est pas nécessairement un film qui va encourager d'autres réalisatrices
00:36:58à faire la même chose, puisque, enfin, je ne sais pas, j'ai peu vu de films
00:37:05qui offraient comme ça des personnages féminins qui arrivent à tel point à leur fin,
00:37:11même si, bon, son chemin n'est pas un chemin de rose.
00:37:15Mais malgré tout, il y a quand même quelque chose de tout à fait empowering,
00:37:20comme disent les Anglais.
00:37:21Donc, on regarde ça et on est porté quand même un petit peu par ce personnage de Marie, malgré tout.
00:37:27Alors, comme on va passer aux années 70, je voulais juste avant vous donner une petite idée du box-office,
00:37:33parce que ça, c'est important.
00:37:34Ça vous donne une petite idée de ce qu'allait voir en masse le public français
00:37:39au même moment où Nelly Kaplan sortait son film.
00:37:45Donc, moi, ce que je trouve intéressant, pour plein de raisons,
00:37:50c'est le fait qu'on a quand même un cinéma français qui se débrouille pas mal,
00:37:54qui reste quand même dans... J'ai pris que les dix premiers,
00:37:56mais on peut trouver beaucoup plus.
00:37:58Qu'on a un mélange.
00:38:01Le cerveau, alors bon, les plus jeunes, peut-être que ça ne vous rappelle pas grand-chose,
00:38:05mais le cerveau, c'est Bourville.
00:38:09Le clan des Siciliens, c'est Gabin, Delon et Tutti Quantti.
00:38:16Enfin, c'est vraiment ce cinéma que certains appelaient de façon un peu péjorative,
00:38:24le cinéma qu'on regarde à la télé le dimanche soir, ou le samedi soir.
00:38:28Mais en tout cas, c'est un cinéma français qui avait un public, comme on peut le voir, tout à
00:38:33fait fidèle.
00:38:36Z, le film de Costa-Gavras, qui n'est pas son premier film,
00:38:40qu'il a eu d'ailleurs beaucoup de mal à financer,
00:38:43mais qui a quand même attiré près de 4 millions de personnes dans les salles.
00:38:46Et ça, je trouve ça très intéressant, parce que parallèlement à ce cinéma très populaire
00:38:51qu'on va trouver durant toutes les années 70,
00:38:55on a au sein de ce cinéma très populaire, dont on peut imaginer qu'il touchait un certain type de
00:39:01public
00:39:01qui n'était pas nécessairement désireux d'aller voir un film politique sur son temps de loisir,
00:39:08on va avoir ce film de Costa-Gavras comme on va trouver des films un peu plus tard,
00:39:13ou au même moment, de Boisset, de Kayat, qui sont des cinéastes,
00:39:18qui vont faire un cinéma qui dénonce, un cinéma qui critique,
00:39:24un cinéma qui n'est pas nécessairement dans le consensus.
00:39:27Alors, il est vrai qu'on est dans cette situation qui, pour certains,
00:39:34est plus radicaux et inextricables de...
00:39:40Dans quelle mesure le cinéma commercial peut-il être politique ?
00:39:44Puisque les conditions de production, le capitalisme, etc., rendent difficile la révolution.
00:39:50Donc, est-ce que ce n'est pas une façon, une récupération du capitalisme, des luttes politiques ?
00:39:55Bon, on peut se poser beaucoup de questions de cet ordre-là.
00:39:59Moi, ce que je vois, c'est que malgré tout, il y a un public qui va aller voir ces
00:40:06films-là.
00:40:07Ce ne sont peut-être pas les mêmes que Les clans des Siciliens, ou Hibernatus, ou La piscine,
00:40:11mais malgré tout, ça participe de cette pratique culturelle qu'est le cinéma,
00:40:20quelles que soient les motivations qui les portent.
00:40:24Alors, pour ce qui est du film, celui de Nelly Kaplan,
00:40:31lui, il est en 33e position au box-office, donc je ne suis pas descendue aussi bas,
00:40:39avec un million et demi d'entrée, ce qui est quand même très bien pour un premier film quasi inconnu,
00:40:47puisqu'en fait, son film Le Regard Picasso n'avait pas dû être nécessairement beaucoup vu.
00:40:54En tout cas, il y a un succès de scandale aussi, puisqu'on va tenter la censure, etc.
00:41:01Donc, il y a un succès de scandale renforcé par le fait que Nelly Kaplan avait aussi écrit des textes
00:41:07érotiques.
00:41:08Donc, en fait, on est dans quelque chose qui est à la fois dans l'air du temps,
00:41:11puisqu'on verra un peu plus tard pour les années 74 avec Emmanuel,
00:41:17mais malgré tout, elle arrive à imposer quand même ce type de personnage,
00:41:24ce qui est assez intéressant.
00:41:27Je ne vais pas faire toutes les années, des années 70, mais ça vous donne quand même une petite idée.
00:41:32Le gendarme embalade quand même, en première position des années 70.
00:41:36Donc, là, on a des Français en tête,
00:41:40et c'est intéressant parce que la rivalité entre le français cinéma et américain,
00:41:48qui est pratiquement aussi ancienne que le cinéma lui-même,
00:41:53en tout cas, à cette période-là, il y a encore un cinéma français
00:41:57qui arrive à se maintenir dans ce box-office avec des films très, très divers.
00:42:06On a à la fois Melville, mais on va avoir des films Le Gendarme embalade
00:42:09où toute la série des gendarmes est pratiquement en tête dans toutes les années
00:42:14avec Les Charlots et autres septièmes compagnies.
00:42:17Donc, on est dans un cinéma très, très populaire
00:42:20qui existait avant mai 68 et qui continue après.
00:42:24Et qui, de ce point de vue-là, on ne peut pas parler réellement
00:42:28de grands changements par rapport à ce qui se faisait à d'autres moments.
00:42:35Donc, je vous mets 74 quand même,
00:42:38parce que 74, c'est Emmanuel qui arrive en tête.
00:42:46Mais, voilà, avec...
00:42:48Et là, on voit bien que quand même le déséquilibre
00:42:52commence à s'instaurer entre le cinéma français et américain.
00:42:56Alors, pour les personnes qui n'auraient pas vu Emmanuel
00:42:58ou n'en auraient jamais entendu parler,
00:43:00on est dans un cinéma érotique,
00:43:04c'est-à-dire qu'on n'est pas dans le cinéma porno,
00:43:06celui qui va être...
00:43:10sur lequel on va légiférer,
00:43:12pour lequel on va imposer le X et des cinémas,
00:43:15un type de salle particulière,
00:43:17un type de fiscalité particulière,
00:43:20un type de législation particulière.
00:43:22Le film Emmanuel est un film que peut-être vous,
00:43:27vos parents, grands-parents, sont allés voir en...
00:43:31C'est un film qui passait sur les Champs-Elysées
00:43:32dans un cinéma non spécialisé.
00:43:34Donc, c'était tout à fait l'espèce d'érotisme acceptable
00:43:40pour cette période-là.
00:43:41Et je trouve que ça dit beaucoup de choses
00:43:43sur la perception,
00:43:48à mes yeux relativement erronés,
00:43:49de l'émancipation des femmes,
00:43:51c'est-à-dire qu'Emmanuel pouvait être vu
00:43:55comme une forme d'émancipation...
00:43:56Enfin, je trouve que c'est quelque chose
00:43:58qui fait plus que se discuter,
00:44:00puisqu'on est dans...
00:44:02On dénude un petit peu plus les personnages,
00:44:04on les met dans des situations
00:44:05un petit peu plus croustillantes pour certains,
00:44:09et certaines peut-être,
00:44:10mais en tout cas, qui ne fait rien avancer
00:44:12par rapport à tout ce qu'on était supposé avoir appris,
00:44:17compris de mai 68 et du début des années 70.
00:44:22Je ne commenterai pas à Les Valseuses de Blié,
00:44:25qui est en bonne position aussi,
00:44:27dans le box-office,
00:44:29mais il me semble que ça va un petit peu
00:44:31dans le même sens.
00:44:31C'est-à-dire que plus ça change,
00:44:35moins ça change, finalement.
00:44:37Mais malgré tout, il y a ces chiffres
00:44:42qui peuvent sembler assez étonnants,
00:44:44surtout aujourd'hui, où à 2 millions,
00:44:45on est quand même dans quelque chose d'assez...
00:44:49un succès.
00:44:51On avait encore des chiffres à cette époque-là
00:44:53qui étaient beaucoup plus impressionnants.
00:44:56Je ne parle pas, évidemment,
00:44:58d'un certain cinéma populaire
00:44:59qui double ou triple ces chiffres-là
00:45:02encore aujourd'hui.
00:45:04Donc, outre
00:45:08La fiancée du pirate,
00:45:10quand on part dans les années 70,
00:45:12je vous parlais un peu plus tôt
00:45:15des réalisatrices
00:45:16et de la variété de ce qu'elles proposaient,
00:45:21et on a deux textes
00:45:22qui me semblaient intéressants,
00:45:24enfin, deux textes des années 70.
00:45:27La revue du cinéma
00:45:29n'est pas un magazine
00:45:30qui est spécialisé dans les femmes,
00:45:32mais qui va dédier
00:45:35un de ces numéros
00:45:36aux femmes et le cinéma.
00:45:38Et là, contrairement à d'autres,
00:45:39parce que ça devient un sujet,
00:45:40là, c'est en avril 74,
00:45:42contrairement à d'autres publications
00:45:45où il y a un petit peu
00:45:46un effet d'aubaine
00:45:47par rapport à...
00:45:56par rapport...
00:45:57un effet d'aubaine
00:45:58par rapport à...
00:46:03au fait qu'il y ait plus de femmes
00:46:04qui font du cinéma.
00:46:07On a un intérêt,
00:46:08si vous regardez la table des matières,
00:46:09c'est quelque chose que vous pouvez trouver
00:46:10sur Calindex,
00:46:11vous verrez que c'est très, très varié.
00:46:13Et donc,
00:46:17la raison pour laquelle
00:46:18j'ai mis ces deux couvertures,
00:46:21c'est parce que dans les deux,
00:46:22on trouve un texte de Viviane Forrester
00:46:24qui s'appelle
00:46:24Le regard des femmes.
00:46:26Donc là, on est bien avant
00:46:29le texte de Laura Malvé
00:46:31sur le triple regard masculin,
00:46:33le male gaze,
00:46:34dont on parle beaucoup aussi.
00:46:35Mais elle dit...
00:46:36elle parle du regard des femmes
00:46:38qu'on ne connaît pas
00:46:38et elle s'interroge
00:46:39sur ce qu'ils voient,
00:46:40comment ils déchiffrent.
00:46:41Elle dit qu'il n'est pas mieux,
00:46:42il n'est pas pire,
00:46:43mais il est très différent.
00:46:45Et dans son texte,
00:46:48publié dans ses deux publications,
00:46:50elle va vraiment pousser
00:46:52pour qu'il soit multiplié,
00:46:55ce regard-là.
00:46:56Et pour illustrer justement
00:47:00ce que les femmes peuvent faire
00:47:01quand elles font du cinéma
00:47:02et que ne font pas nécessairement les hommes,
00:47:04j'aimerais qu'on passe
00:47:05à l'extrait de L'amour violé
00:47:08de Yannick Bellon
00:47:10qui sort en 1978
00:47:11que certains d'entre vous
00:47:14connaissent peut-être.
00:47:15Je reviendrai rapidement
00:47:17quand on aura vu l'extrait
00:47:19qui, malgré le sujet
00:47:21sur le viol subi par une femme,
00:47:24et on est dans l'après, là.
00:47:25Donc si on peut passer
00:47:26le deuxième extrait.
00:47:44Je t'ai menti pour l'occident.
00:48:01Ce n'était pas vrai.
00:48:09Enfin, je suis tombée de ma bilette,
00:48:10mais pas toute seule.
00:48:13On m'a fait tomber.
00:48:18Qui ça a-on ?
00:48:20Je ne sais pas,
00:48:21je ne le connais pas.
00:48:26Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
00:48:28Ils m'ont enlevé.
00:48:32Quatre garçons.
00:48:35Amenés de force.
00:48:36Battus.
00:48:38Et après...
00:48:41Violés.
00:48:46Comment ça, violés ?
00:48:48Comment ça, violés ?
00:48:50Comment ça ?
00:48:51Comment ça ?
00:48:52Violés !
00:48:53Sautés, baisés, enculés !
00:49:01Les salauds.
00:49:07Ils s'y sont mis à quatre.
00:49:19Mon Niccolo,
00:49:20mon tout petit,
00:49:22mon bébé.
00:49:25Et calme-toi.
00:49:29Comment veux-tu que je me calme ?
00:49:33Je n'ai qu'une envie,
00:49:34c'est de les tuer.
00:49:35De me massacrer tous les quatre.
00:49:38Mais non,
00:49:38tu te fais du mal.
00:49:45Et comment,
00:49:46est-ce possible tout ça ?
00:49:53Qu'est-ce qu'on peut faire ?
00:49:57Je ne sais pas.
00:50:00Je ne les avais jamais vus.
00:50:02Je ne sais même pas qui c'est.
00:50:10Et Jacques ?
00:50:13Quoi, Jacques ?
00:50:15Tu lui as dit ?
00:50:19Bien sûr.
00:50:21C'est important, non ?
00:50:25Je ne sais pas, tu sais.
00:50:27Mais les hommes...
00:50:31J'ai des questions d'orgueil.
00:50:36Quelquefois,
00:50:36elles ont voulu ne rien dire.
00:50:41Tu penses qu'il allait me répudier ?
00:50:45Non.
00:50:47Non, je pense que pour Jacques,
00:50:48tu as raison.
00:50:51Mais je crois qu'il faut éviter d'en parler.
00:50:57D'ailleurs,
00:50:59ça ne l'engage personne.
00:51:03On parle toujours trop.
00:51:11Alors, tu vois, là,
00:51:12on vient de faire tout ce coin-là.
00:51:14Telphine sort à 5h,
00:51:15on a encore 2h devant nous,
00:51:16on continue.
00:51:18Moi, j'aimerais quand même bien
00:51:19qu'on la retrouve, cette cabane.
00:51:21C'est bizarre.
00:51:23Moi, maintenant,
00:51:23je ne sais plus si j'ai tellement envie.
00:51:26Tu sais,
00:51:27j'ai beaucoup réfléchi.
00:51:30Il faut que tu fasses quelque chose.
00:51:32Moi, il me semble que
00:51:33tu devrais porter plainte.
00:51:36Porter plainte contre qui ?
00:51:37Je ne la retrouverai jamais.
00:51:40À quoi ça sert ?
00:51:45C'est une question de principe.
00:51:47On ne peut pas laisser passer ça
00:51:48sans réagir.
00:51:49C'est trop grave.
00:51:51Enfin,
00:51:51tu ne peux pas faire
00:51:52comme si c'était rien passé du tout.
00:51:54Mais qu'est-ce que tu veux faire ?
00:51:56Enfin,
00:51:56tu as un rapport médical.
00:51:58Bon, c'est un constat, ça.
00:51:59Alors, tu portes plainte contre X.
00:52:01C'est tout ?
00:52:05Peut-être.
00:52:09Je crois que je préfère oublier tout ça.
00:52:11Oh, les bonnes femmes.
00:52:13On te les viole,
00:52:14on te leur tape dessus,
00:52:15on te les exploite.
00:52:16Et elles,
00:52:16oh, mais c'est la vie,
00:52:17mais c'est normal.
00:52:18Je crois que je préfère oublier tout ça.
00:52:19Non, mais ce n'est pas croyable, tu sais.
00:52:21Alors, tout ça, c'est de ma faute.
00:52:23Oui, parfaitement.
00:52:32Donc,
00:52:34le film de Yannick Bélon,
00:52:36Yannick Bélon est une des rares
00:52:38de cette décennie
00:52:40à être passée par une école.
00:52:42J'ai découvert dans un documentaire
00:52:45qu'elle a fait à la fin de sa vie.
00:52:48Elle était la fille de Denise Bélon
00:52:51qui était photographe.
00:52:52Il y a eu une très, très belle rétrospective
00:52:54il n'y a pas très, très longtemps
00:52:55de son travail.
00:52:58Mais j'ai vu dans le documentaire
00:52:59ce que j'ignorais.
00:53:00Pourtant, j'avais beaucoup cherché
00:53:01par rapport à Jacqueline Audry
00:53:04qui, elle, était passée par le CATJC.
00:53:06Le CATJC, c'est le centre des artisans
00:53:09du technicien du jeune cinéma
00:53:12qui se trouvait à Nice pendant la guerre
00:53:14et qui est devenue l'IDEC par la suite.
00:53:18Et c'est là où Jacqueline Audry,
00:53:20entre autres,
00:53:22je croyais qu'elle était la seule femme,
00:53:24mais j'ai vu dans le documentaire
00:53:25dont le titre m'échappe
00:53:27de Yannick Bélon
00:53:29qu'elle-même y serait passée
00:53:32au CATJC.
00:53:33En tout cas, outre le CATJC,
00:53:35elle est aussi passée par l'IDEC,
00:53:36mais elle n'y est pas restée.
00:53:40Et donc,
00:53:41elle a fait sa carrière
00:53:42un petit peu en parallèle
00:53:44sans être dans les clous des institutions.
00:53:47Et pour, contrairement à Nelly Kaplan,
00:53:53que sa proximité avec l'anglois
00:53:56avait dû peut-être aider,
00:53:57en tout cas pour ses premiers films,
00:53:59elle a fait des premiers films,
00:54:01ses premiers films,
00:54:03quelque part,
00:54:04quelqu'un,
00:54:04La femme de Jean,
00:54:05qui vous rappelle peut-être quelque chose.
00:54:07Pour ce film-là,
00:54:08elle n'a pas eu l'avance recette.
00:54:10le sujet était un petit peu
00:54:13trop direct.
00:54:14Alors, je ne sais pas du tout,
00:54:15il est très difficile
00:54:16de travailler sur l'avance recette
00:54:18tant qu'on n'a pas accès
00:54:19au dossier
00:54:20pour en savoir un petit peu plus.
00:54:22Mais le CNC
00:54:23ne rend pas accessible
00:54:25quand on fait de la recherche
00:54:26ce genre de documents.
00:54:28En tout cas,
00:54:29elle le raconte
00:54:29si vous avez vu le film,
00:54:32ou en tout cas,
00:54:32si vous avez le DVD.
00:54:33et c'est quelque chose
00:54:34sur lequel elle revient très souvent,
00:54:36qu'elle n'a pas pu faire le film
00:54:38dans les conditions
00:54:39qu'elle souhaitait,
00:54:40puisqu'elle n'avait pas
00:54:41du tout de financement,
00:54:43et que c'est grâce à Lelouch,
00:54:44Claude Lelouch,
00:54:45qui lui a donné
00:54:47de la pellicule,
00:54:48qu'elle a pu
00:54:50aller tourner
00:54:51la scène du viol,
00:54:52qui est la plus éprouvante
00:54:54du film,
00:54:55qui se trouve
00:54:56dans les 10-15 premières minutes,
00:54:58et qui dure quand même
00:55:00un temps suffisamment long,
00:55:01ce qui a été un peu
00:55:02l'angle d'attaque
00:55:04d'une critique
00:55:06qui n'a pas beaucoup
00:55:07apprécié
00:55:10ce qu'elle donnait
00:55:11comme ça à voir.
00:55:13Et donc,
00:55:13une fois qu'elle est rentrée
00:55:15à Paris avec ce film,
00:55:16elle va faire monter
00:55:18les scènes du début,
00:55:20et c'est encore là
00:55:22par des personnes
00:55:23qui ont eu vent
00:55:24du travail
00:55:25qu'elle faisait,
00:55:26une démonteuse,
00:55:27que des producteurs
00:55:28vont s'impliquer
00:55:31dans son projet,
00:55:32et le film,
00:55:34contrairement à
00:55:37ce qu'on aurait pu attendre,
00:55:38le film est un relatif
00:55:39succès public,
00:55:40alors il faut que je retrouve
00:55:41mes chiffres,
00:55:42mais je pense qu'elle est
00:55:42à 2 millions
00:55:44ou un petit peu plus,
00:55:46ce qui est très étonnant,
00:55:48et elle est la première surprise,
00:55:49je pense.
00:55:51Donc, il y a un...
00:55:53dans le public
00:55:54qui va au cinéma,
00:55:55malgré la dureté
00:55:57du sujet,
00:55:58il y a quand même
00:55:59quelque chose
00:56:00dans le public
00:56:01qui touche,
00:56:02et là,
00:56:02cette question,
00:56:03le lien avec le texte
00:56:05de Viviane Forrester
00:56:06sur ce regard,
00:56:08cet autre regard,
00:56:09il est vrai
00:56:10que ce n'est pas
00:56:11la première fois
00:56:11qu'il y avait un viol
00:56:12dans un film,
00:56:13mais c'était sans doute
00:56:14la première fois
00:56:15que le viol donnait
00:56:19tout le reste du film
00:56:20autour de cette question,
00:56:22c'est pour ça
00:56:22que j'ai pris cet extrait,
00:56:23puisqu'on voit bien
00:56:23que sa mère
00:56:24et son amie
00:56:25ne sont pas tout à fait
00:56:26sur la même longueur d'onde
00:56:27sur ce qu'on fait ensuite,
00:56:30et d'ailleurs,
00:56:32le reste du film,
00:56:33dès lors qu'elle retrouve
00:56:34par hasard
00:56:35un des violeurs,
00:56:37va être de convaincre
00:56:39son entourage
00:56:40qu'elle veut
00:56:40finalement porter plainte,
00:56:42et son compagnon
00:56:43n'est pas le plus enthousiaste,
00:56:45c'est de le dire,
00:56:47mais en revanche,
00:56:48comme il y a un côté
00:56:48assez didactique
00:56:49que beaucoup ont critiqué
00:56:51d'ailleurs en disant
00:56:52c'est la caillate au féminin,
00:56:54en parlant de Yannick Bellon,
00:56:55parce que c'est vrai
00:56:56que souvent ces films
00:57:00sont un peu comme caillates,
00:57:02c'est-à-dire dans une dénonciation
00:57:04que certains et certaines
00:57:05peuvent trouver
00:57:06un petit peu trop
00:57:07systématique, rigide
00:57:08ou je ne sais quoi d'autre,
00:57:10en tout cas pour ce film-là,
00:57:13elle donne à entendre
00:57:15et à voir des féminités,
00:57:20des masculinités,
00:57:21c'est pas parce qu'on est une femme
00:57:22qu'on va nécessairement soutenir
00:57:24telle ou telle décision.
00:57:27De la même façon,
00:57:28le personnage,
00:57:29le mari de son ami
00:57:31qu'on voit dans La Deux-Chevaux,
00:57:34qui est joué par Pierre Arditi,
00:57:36va être un personnage
00:57:37extrêmement positif
00:57:39qui lui est dans un questionnement
00:57:41par rapport à la masculinité,
00:57:43par rapport à la violence,
00:57:44ce qu'on n'appelait pas encore
00:57:45les VVF,
00:57:46les violences VSS sexistes et sexuelles,
00:57:50par rapport au viol
00:57:51et on sent que c'est quelqu'un
00:57:52qui est important aussi
00:57:54au scénario
00:57:54pour amener
00:57:55le compagnon de Nicole,
00:57:59la victime
00:58:00ou la survivante,
00:58:01comme on dirait aujourd'hui,
00:58:04à peut-être changer
00:58:05un petit peu de regard
00:58:06par rapport à ce qui est arrivé
00:58:08à sa compagne
00:58:09et lui faire comprendre
00:58:10que la victime,
00:58:11c'est pas lui,
00:58:11mais c'est elle.
00:58:13Et donc,
00:58:13il y a un côté,
00:58:14il y a des scènes
00:58:15qui sont
00:58:17tout à fait bienvenues,
00:58:18c'est-à-dire
00:58:19tout n'est pas blanc,
00:58:19tout n'est pas noir,
00:58:20il y a vraiment
00:58:21une volonté de nuance
00:58:23qui était tout à fait essentielle
00:58:25pour un tel sujet
00:58:27mais qui a sans doute
00:58:28séduit le public
00:58:29et comme souvent,
00:58:31comme pratiquement toujours,
00:58:32le succès d'un film
00:58:34va permettre à Belon
00:58:35d'en faire d'autres,
00:58:36même si par rapport
00:58:37à sa longévité,
00:58:40parce qu'elle est morte
00:58:41la même année,
00:58:41c'était la doyenne
00:58:42avant Varda,
00:58:44elle est morte
00:58:44la même année que Varda
00:58:45mais sans le même impact
00:58:46que Varda
00:58:47et elle avait un an de plus
00:58:48je crois,
00:58:50elle a fait peu de films
00:58:51parce qu'en fait,
00:58:52il y avait un côté
00:58:53un petit peu clivant
00:58:54dans ses choix
00:58:55de réalisation.
00:58:57Donc on est,
00:58:58c'est pas Z,
00:58:59c'est pas les films politiques,
00:59:00c'est pas mourir d'aimer
00:59:01que Kayad va faire
00:59:02et qui va avoir
00:59:03un grand succès,
00:59:04on est dans quelque chose
00:59:05qui touche à une forme
00:59:06d'intimité
00:59:06et en tout cas,
00:59:07c'est quelque chose,
00:59:09alors je ne suis pas en train
00:59:09de dire qu'un homme
00:59:10n'aurait pas pu faire ce film
00:59:11mais en tout cas,
00:59:12elle,
00:59:12elle a choisi pour elle,
00:59:13c'était un sujet
00:59:15à mettre
00:59:17sur le devant,
00:59:18sur les écrans
00:59:19et d'une façon
00:59:20qui permette
00:59:21une sorte
00:59:22de réflexion
00:59:26autour de
00:59:32les modes
00:59:33de compensation judiciaire
00:59:37mais en tout cas,
00:59:37jusqu'à quel point
00:59:38les femmes
00:59:38pouvaient s'unir
00:59:40puisque même si on n'a pas
00:59:42des scènes comme ça
00:59:42de collectif
00:59:43comme on a pu en voir après,
00:59:45il y a quand même
00:59:45ce désir de montrer
00:59:47qu'il y a une voie possible
00:59:48et pas simplement oublier
00:59:50et laisser tomber.
00:59:53Donc les critiques
00:59:54sont assez négatives,
00:59:56je vous ai déjà dit
00:59:57qu'elles n'avaient pas eu
00:59:59l'avance,
01:00:00en tout cas,
01:00:01c'est un film
01:00:02qui marque,
01:00:03je n'ai pas pris
01:00:04que des films
01:00:05qui marquent
01:00:05ni que des films
01:00:06qui ont marché
01:00:07mais en tout cas,
01:00:08c'est un film
01:00:09qui est resté
01:00:09dans cette décennie
01:00:10et quand on parle
01:00:11du cinéma
01:00:11fait par des femmes,
01:00:12c'est un des titres
01:00:13qui vient quand même
01:00:14assez rapidement
01:00:14à l'esprit
01:00:15quand on parle
01:00:16des années 70.
01:00:19Alors,
01:00:19dans un tout autre style
01:00:20et assez loin
01:00:24de Bélon,
01:00:25on a un film,
01:00:27il y a deux films,
01:00:29j'ai choisi,
01:00:30Aloïse est avec
01:00:33Delphine Serig
01:00:34et je crois qu'il était,
01:00:35il me semble
01:00:36que je l'ai vu
01:00:38dans le programme,
01:00:41j'ai choisi
01:00:41Georges Qui
01:00:43qui est un film
01:00:44de Michel Rosier,
01:00:46la Georges en question
01:00:47et notre Georges national,
01:00:51Georges Sand
01:00:54et contrairement aux autres,
01:00:58Michel Rosier
01:00:59était journaliste,
01:01:00donc on n'est pas
01:01:00nécessairement
01:01:01dans une démarche
01:01:02comme certaines
01:01:05des comédiennes
01:01:06qu'on verra ensuite,
01:01:07les Colisséros
01:01:08et Curis
01:01:09par exemple,
01:01:09mais on est
01:01:11dans une démarche
01:01:13plus politique
01:01:14sur laquelle
01:01:15je reviendrai
01:01:15quand on aura vu
01:01:16le troisième extrait,
01:01:18donc Georges Qui,
01:01:191973.
01:01:26Albert et Barbès
01:01:27sont en prison,
01:01:29Louis Blanc
01:01:30est exilé
01:01:31en Angleterre,
01:01:34Pierre Leroux
01:01:34a quitté la France,
01:01:38Baurie
01:01:39a fui vers la Belgique,
01:01:43tous mes amis
01:01:43sont loin,
01:01:51Essayons de travailler.
01:01:54Écrivez pour un journal.
01:01:57Oh, il faudrait faire
01:01:58des concessions
01:01:58dont je ne me sens pas capable.
01:02:01Et puis mon âme
01:02:02a été brisée,
01:02:04découragée.
01:02:06Il faut attendre
01:02:06qu'elle guérisse.
01:02:09Je suis résignée
01:02:11devant cette volonté
01:02:11du peuple
01:02:12qui semble dire
01:02:13je ne veux pas
01:02:14aller plus vite
01:02:15que cela
01:02:16et je prendrai
01:02:17le chemin
01:02:17qui me plaira.
01:02:21aimez-vous
01:02:22un peu,
01:02:22madame.
01:02:29Monseau,
01:02:33regardez la demoiselle
01:02:34comme elle est bleue,
01:02:36comme elle est belle.
01:02:46Il y a certains pièges
01:02:48dans lesquels
01:02:48je tomberai toujours.
01:03:08on est dessus.
01:03:10On est dessus.
01:03:25J'ai adressé aux hommes de mon temps une suite d'interrogations très sincères.
01:03:30Je leur ai demandé quelle était la moralité du mariage,
01:03:34telle qu'on le contracte et telle qu'on le considère aujourd'hui.
01:03:38Je me suis permis de leur demander comment ils entendaient et comment ils expliquaient l'amour.
01:03:45Plus tard encore, je leur demandais ce que c'était que le droit social et le droit humain.
01:03:56Le monde extérieur a toujours agi sur moi plus que je n'ai pu agir sur lui.
01:04:01Je suis devenue un miroir où mon propre reflet s'est effacé,
01:04:06tant il s'est rempli du reflet des figures et des objets qui s'y confondent.
01:04:12L'homme fort a toujours voulu se bâtir une demeure pour l'éternité,
01:04:15au lieu de comprendre qu'il n'avait qu'à dresser des temps pour sa génération.
01:04:18La loi, au lieu d'être considérée comme un poteau de mort autour duquel il faut accumuler les chaînes et
01:04:23les cadenas pour en serrer les hommes,
01:04:25doit être un arbre de vie.
01:04:26Le jour où cela sera, les institutions auront revêtu un caractère du mal,
01:04:32parce que l'essence même de la loi sera le renouvellement perpétuel des formes.
01:04:51Arrêtez, je vais écrire.
01:04:54Désolée pour la scène suivante, mais c'est moi qui fais les extraits,
01:04:59et comme je n'ai pas de table de montage, je fais ça de façon très artisanale.
01:05:03J'ai toujours du mal à arrêter l'extrait pile à l'endroit,
01:05:06mais en même temps, je me suis rendu compte que ce n'était pas complètement inutile de voir la scène
01:05:12suivante,
01:05:14quelquefois, ou en tout cas la première image.
01:05:15Donc là, on a Georges Sand, et on est loin des constructions habituelles de Georges Sand,
01:05:22comme Mangeuse d'Hommes, Fumeuse de cigares et Femmes travestis.
01:05:25Et il y a une volonté de...
01:05:27Je ne sais pas si vous vous souvenez, dans l'étape des matières des débuts,
01:05:30il y avait cette question sur l'histoire et les représentations de l'histoire.
01:05:33Et c'est vrai que les années 70 sont aussi une décennie
01:05:37durant laquelle l'histoire proche ou lointaine va être repensée.
01:05:44Je pense en particulier au Chagrin et la pitié,
01:05:47ou les films en tout cas qui vont remettre un petit peu en question
01:05:54la vision ou la version résistentialiste de la France pendant l'occupation.
01:06:00Et donc, outre ces questions sur la Seconde Guerre mondiale,
01:06:05qui sont quand même assez récurrentes,
01:06:07on va avoir des initiatives.
01:06:10Alors, Aloïse est un petit peu différent,
01:06:12puisqu'il porte sur Aloïse de Kermadec.
01:06:14Non, c'est des liens de Kermadec,
01:06:17mais sur la peintre Aloïse Poira,
01:06:23qui était une peintre,
01:06:24en tout cas qui a été enfermée dans un asile de l'aliéné
01:06:27pendant une partie de sa vie,
01:06:28avec Georges Key, on est dans une volonté un petit peu très ironique,
01:06:32très humoristique.
01:06:33C'est un film qui est assez drôle,
01:06:35dans lequel, comme on le voit dans cette scène-là,
01:06:38alors j'ai eu beaucoup de mal à trouver l'extrait qui parlait, qui portait,
01:06:42puisqu'en fait, elle va mélanger.
01:06:44Il y a un côté anachronique, mais qui n'est pas gratuit,
01:06:48enfin, pas complètement gratuit.
01:06:50On va avoir, il y a Deleuze,
01:06:52dans son seul rôle au cinéma,
01:06:55il y a des personnages
01:06:58qui sont des personnages contemporains.
01:07:00On va voir arriver une Deux-Chevaux,
01:07:01encore une,
01:07:02à un moment, dans la cour de Nohan.
01:07:05Mais il y a, en même temps,
01:07:06des éléments sur la politique,
01:07:08ou le politique,
01:07:10qui sont récurrents,
01:07:11et qui font que ce n'est pas simplement
01:07:13un petit divertissement avant-garde,
01:07:15un peu expérimental.
01:07:16Et le fait de prendre Viazinski,
01:07:18enfin, la comédienne Anne Viazinski,
01:07:21qui était quand même associée à Gauda,
01:07:23je ne sais pas dans quelle mesure ça a joué
01:07:26dans la réception,
01:07:27que vous trouverez,
01:07:28je ne vais pas cliquer,
01:07:29parce que sinon, ça va faire ressortir,
01:07:30je vois l'heure qui tourne de façon terrible.
01:07:32Donc, en tout cas,
01:07:34vous avez sur le site de la Cinémathèque
01:07:36une page sur la réception
01:07:38où j'ai emprunté cette citation,
01:07:43qui est assez intéressante,
01:07:44sur la réception du film à l'époque,
01:07:46qui a été plus ou moins bien reçue,
01:07:49au niveau de la critique,
01:07:50mais c'est intéressant aussi de voir
01:07:52comment l'idée qu'on se fait d'une décennie
01:07:54par rapport aux critiques qu'on lit
01:07:56peut être décalée par rapport
01:07:58à ce que les gens allaient réellement voir.
01:08:00Et dans le cas de Georges Key,
01:08:03il a fait 30 000 entrées,
01:08:04ce qui n'est quand même pas très, très...
01:08:08ce qui n'est pas très beaucoup, on va dire.
01:08:11En même temps,
01:08:15la question du nombre d'entrées
01:08:17est liée aussi au nombre de copies,
01:08:18au nombre de salles où le film était montré,
01:08:21et là, je serais curieuse,
01:08:23je n'ai pas retrouvé les données,
01:08:24mais je serais curieuse,
01:08:25puisqu'elle n'est même pas dans
01:08:26Cibille au box-office,
01:08:27là où j'ai pris les pages du box-office.
01:08:31Sur Michel Rosier, il y a d'autres films,
01:08:34mais pas du tout Georges Key.
01:08:35Alors qu'on aurait pu imaginer,
01:08:37quand même, c'est un casting de choix,
01:08:38il y a Bulogier, il y a Planchon,
01:08:41enfin, il y a des gens qui comptaient
01:08:43dans ce petit milieu cinéma-théâtre de l'époque,
01:08:47mais ce n'est pas le cas.
01:08:48Et je trouvais que dans les innovations,
01:08:54en tout cas dans les nouveautés
01:08:55qu'on pouvait trouver dans les années 70,
01:08:58des démarches comme celles de Kermadec avec Héloïse
01:09:01ou Rosier avec Georges Sand,
01:09:06a été tout à fait intéressante.
01:09:08Et en tout cas, j'avais très, très envie
01:09:10de partager ça avec vous.
01:09:12Alors, si on reste dans cette histoire de regard,
01:09:17d'autres regards plutôt peut-être liés
01:09:21à une certaine utopie,
01:09:23alors que ça fait un petit peu écho,
01:09:24ça, à mes premières pages,
01:09:26en tout cas de la version britannique
01:09:28des années 70, je pense à Colline Serrault.
01:09:32Alors, j'aurais beaucoup, beaucoup aimé
01:09:33vous montrer un extrait de
01:09:34Mais qu'est-ce qu'elles veulent,
01:09:37qui est introuvable.
01:09:38Donc, Mais qu'est-ce qu'elles veulent,
01:09:41c'est un documentaire réalisé par Colline Serrault.
01:09:45Alors, elle, elle ne rencontre pas le louche,
01:09:47mais elle rencontre Antoinette Fouque,
01:09:51à qui elle parle de ce projet,
01:09:52qu'elle voulait appeler l'utopie,
01:09:55et dans lequel elle voulait interroger
01:09:57des femmes de tout métier,
01:09:58toutes conditions,
01:09:59tous âges et toutes origines,
01:10:02pour parler de ce qu'elles voulaient,
01:10:05et de ce qu'elles espéraient,
01:10:06leurs rêves, etc.
01:10:08Et donc, elle part avec un ingénieur du son,
01:10:11ils sont deux,
01:10:12elle va tourner comme ça,
01:10:13elle va avoir des heures et des heures
01:10:15de tournage,
01:10:16et ça va donner ce film,
01:10:18Mais qu'est-ce qu'elles veulent,
01:10:19qui est très loin des films didactiques
01:10:23qu'on trouvait dans le cinéma des années 70,
01:10:26où, comme disait un critique,
01:10:29l'esthétique, c'était bourgeois,
01:10:31et donc l'esthétique, c'était chiant,
01:10:33je cite.
01:10:35Et elle, elle fait un choix,
01:10:36au contraire,
01:10:37il y a des plans qui sont absolument magnifiques,
01:10:40de ces femmes qui s'expriment,
01:10:42et entre chaque témoignage,
01:10:44il y a ces vagues,
01:10:45ces plans de vagues comme ça,
01:10:46ce ressac de vagues qui se brisent,
01:10:49contre les rochers,
01:10:52elle, elle fait un choix esthétique,
01:10:54et puis elle met du bac,
01:10:55bon, bref, on est loin du documentaire,
01:10:58des documentaires à la Vautier,
01:11:00ou à d'autres,
01:11:01qui sont par ailleurs très puissants
01:11:04dans leur dénonciation de telle ou telle cause,
01:11:06mais elle, elle est un petit peu dans autre chose.
01:11:09Donc, je ne peux pas vous montrer ce,
01:11:11mais qu'est-ce qu'elles veulent,
01:11:12mais du coup, je voulais vous montrer un exprès
01:11:13de pourquoi pas,
01:11:15puisque un petit peu comme,
01:11:17dans l'autre sens que Kaplan,
01:11:18qui a pu financer la fiancée du pirate
01:11:21grâce au prix du regard Picasso,
01:11:23c'est grâce au prix de pourquoi pas,
01:11:25qui a eu le prix Georges Sadoul,
01:11:27que Colise Hérault va pouvoir monter,
01:11:30mais qu'est-ce qu'elles veulent,
01:11:32puisque elle a,
01:11:33bon, déjà, elle ne s'est pas montée,
01:11:34enfin, elle n'a pas le matériel,
01:11:36un peu comme Varda à ses débuts,
01:11:37et elle a ses heures,
01:11:40elle a 24 heures de film,
01:11:42et aucun moyen financier et technique
01:11:46pour les monter.
01:11:47Donc, pourquoi pas,
01:11:49donc, pourquoi pas,
01:11:50il sortait en 78,
01:11:5278, vous avez vu,
01:11:54si vous vous souvenez,
01:11:55sinon je vais vous rappeler,
01:11:5678,
01:11:58c'est l'époque du,
01:12:00de certains films à grand succès,
01:12:03dont,
01:12:05est-ce que je l'ai, 78 ?
01:12:07En tout cas, si,
01:12:08je dois l'avoir mis,
01:12:09ce qui m'intéresse ici,
01:12:11c'est que,
01:12:12c'est l'année où sort la cage au folle,
01:12:15et quand vous aurez vu l'extrait,
01:12:17vous comprendrez,
01:12:18qu'il y a eu énormément,
01:12:19fait des millions d'entrées,
01:12:20pourquoi je vous parle de la cage au folle.
01:12:23Si on peut lancer l'extrait de,
01:12:26pourquoi pas,
01:12:27avec Samy Frey,
01:12:29comme vous voyez peut-être,
01:12:30Christine Murillo et Mario Gonzalez.
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01:20:39Et j'ai choisi une scène qui n'est peut-être pas la plus féministe, en tout cas qui est
01:20:47quand même une scène importante et puis les plus signifiques d'entre vous reconnaîtront la citation indirecte.
01:20:54Donc on va passer le dernier extrait de Diabolomante qui sera suivi après de Cocktail Molotov, qui suit un petit
01:21:07peu l'histoire des deux sœurs.
01:21:10Donc là on est dans le dernier tiers du film.
01:21:25Ce qui prouve bien que nous sommes en présence d'acide.
01:21:38C'est bien, c'est bien, c'est bien, c'est bien.
01:21:46Je m'étais folle de pouvoir arrêter tes études.
01:21:54Mais je ne veux pas arrêter mes études. Je ne veux plus aller au lycée, ce n'est pas la
01:21:57même chose.
01:21:59Tu ne peux pas comprendre.
01:22:01Là-bas c'était comme si on était mariés.
01:22:04On retournait au lycée maintenant.
01:22:07Mais où vous avez habité ?
01:22:09Dans une ferme. On a travaillé.
01:22:13Ah !
01:22:14C'est fou que vous êtes à l'accord.
01:22:15Ça va pas bien nous casser les pieds, celle-là ?
01:22:19Allez, viens, on rentre.
01:22:20Ça va pas, non ?
01:22:21On peut être que je viens de nous chercher.
01:22:23Vous pouvez toujours essayer.
01:22:25Allez, viens, je n'ai pas d'histoire.
01:22:27Oh, bah c'est gaseau !
01:22:29Oh, bah je ne suis plus étonnée.
01:22:30Bon, bébé, sortez-dessous les dardes.
01:22:36Et vous ?
01:22:37Vous allez prendre racine ?
01:22:39Je vous dis merde.
01:22:40Pardon ?
01:22:40Je vous dis merde, merde, merde.
01:22:43Je vous dis merde, merde, merde !
01:22:46Je vous dis merde, merde, merde, merde !
01:22:51Je vous dis merde, merde, merde !
01:22:54Merde, merde, merde, merde, merde !
01:23:16Bon alors, qui a fait ça ?
01:23:18C'est Véronique Gauthier !
01:23:19Ça va pas, non ?
01:23:20Si, si, c'est Véronique Gauthier !
01:23:23Et vous devez pas bien aussi !
01:23:58On ne change pas une équipe qui gagne, donc vous avez vu le plan suivant.
01:24:02Donc cette scène est sans doute une des citations à Zéro de conduite où on a le personnage de Tabard
01:24:13qui va comme ça réagir à un attouchement rejeté d'un professeur libidineux, je ne sais pas si ça vous
01:24:22rappelle des choses, dans Zéro de conduite.
01:24:25En tout cas, c'est une première tentative de féminiser le roman d'apprentissage qu'on va voir énormément par
01:24:32la suite, c'est-à-dire que ce ne sont pas les premières adolescentes au cinéma, je pense en particulier
01:24:36à Olivia de Jacqueline Audry ou à d'autres films,
01:24:39mais en tout cas, le choix, la focalisation sur des jeunes filles avec des questions et des questionnements propres à
01:24:47cet âge-là est quelque chose qui va être réellement initié par ce cinéma des années 70.
01:24:52Et dans les films qui ont été montrés à la cinémathèque en mai-juin, en particulier je pense au film
01:24:57de Jeanne Moreau, l'adolescente, ou Lumière, ou l'autre film Mais qu'est-ce que tu veux Julie de
01:25:04Charlotte Dubreuil,
01:25:05il y a un choix d'une focalisation sur la jeune fille qu'on n'avait pas auparavant, y compris
01:25:11d'ailleurs le film de Breillat qui n'est pas sorti à ce moment-là, mais qui date de 1976,
01:25:15Une vraie jeune fille.
01:25:15Donc on va trouver, là encore, dans l'idée d'un autre regard, de donner à voir ce que c
01:25:24'est que la jeune fille quand elle n'est pas fantasmée comme une Lolita.
01:25:28C'est-à-dire qu'on va avoir une autre manière de penser, se devenir femme qu'est la jeune
01:25:35fille.
01:25:35Et c'est intéressant parce que les années 70, c'est aussi une décennie, et là j'en prends pour
01:25:40preuve tout ce que des femmes de cet âge ont pu écrire,
01:25:44où des femmes vont se dire, ou prendre conscience qu'elles ne veulent pas avoir l'avis de leur mère,
01:25:51et que des jeunes femmes vont faire d'autres choix.
01:25:54Et je ne dis pas qu'il n'y en avait pas qui ne se posaient pas ces questions-là
01:25:58auparavant, mais en tout cas dans les représentations, on va voir à l'œuvre justement ce choix,
01:26:05ou en tout cas cette volonté peut-être d'avoir une vie qui ne soit pas la même, que ce
01:26:09soit au niveau conjugal en particulier, ou dans la reproduction, ou pas, dans ces choix-là.
01:26:16Et donc, je trouvais que vous voulez terminer là-dessus. D'abord, c'est un film qui a eu du
01:26:20succès, il a fait 4 millions d'entrées,
01:26:23donc c'est un film là aussi qui a touché un public, peut-être aussi par la nouveauté de ce
01:26:30qui était proposé, beaucoup plus que Le Dernier Baiser,
01:26:32qui a fait moins d'un million, mais en tout cas là on va avoir quelque chose, contrairement au Dernier
01:26:39Baiser, avec Diabolomante,
01:26:41qui pour moi est propre à cette décennie aussi. C'est-à-dire que si on, dans ses repères et
01:26:47réflexions, si on essaye de trouver une particularité,
01:26:50c'est aussi cette manière de politiser l'intime, vous savez le slogan, le personnel est politique, et ça se
01:26:57retrouve aussi dans les choix de personnages,
01:26:59et pas simplement dans les choix de sujets, comme le viol par exemple, qu'on a pu voir.
01:27:04Donc à travers ces quelques exemples, on voit déjà que ce qu'on appelle le cinéma des femmes, ou le
01:27:12cinéma féminin,
01:27:13ça recouvre une foultitude de choses, une foultitude de productions, de choix narratifs, visuels et autres,
01:27:22qui rendent difficile justement cette catégorisation qui devrait idéalement rendre compte de la multiplicité des parcours.
01:27:34Voilà, je sens qu'il faut que je m'arrête. En fait, je suis désolée, j'ai un peu débordé,
01:27:38mais en tout cas, je vous remercie pour votre attention.
01:27:40Applaudissements.
01:27:43Applaudissements.
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01:27:46Applaudissements.

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