- il y a 14 heures
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Sois belle et tais-toi ! Delphine Seyrig, portrait d'une icône libre. Cours du vendredi par Nicole Fernández Ferrer (archiviste en audiovisuel, traductrice, présidente du Centre audiovisuel Simone de Beauvoir).
Diva aux yeux de nombreux cinéphiles, Delphine Seyrig est engagée dans le mouvement féministe et pour les droits humains.
Elle s’initie à la vidéo auprès de Carole Roussopoulos. Elle est une des Muses s’amusent et des Insoumuses. Leurs vidéos détournent les codes et les normes et sont « exemplaires d’une pratique de la désobéissance qui prend forme à travers un usage politique de la vidéo, capable de faire dialoguer l’humour, la critique sociale et l’émergence d’un regard féministe » (Giovanna Zapperi). Elle réalise entre autres Sois belle et tais-toi ! devenu iconique.
En 1982, Delphine fonde avec Carole Roussopoulos et Ioana Wieder le Centre audiovisuel Simone de Beauvoir, unique lieu d’archives vidéo et film consacré aux femmes, à leurs droits, leur création, leur histoire.
Plus d'infos:
https://www.forumdesimages.fr/videos
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Le Forum des images est une institution de la Ville de Paris.
Un lieu, toutes vos envies.
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Elle s’initie à la vidéo auprès de Carole Roussopoulos. Elle est une des Muses s’amusent et des Insoumuses. Leurs vidéos détournent les codes et les normes et sont « exemplaires d’une pratique de la désobéissance qui prend forme à travers un usage politique de la vidéo, capable de faire dialoguer l’humour, la critique sociale et l’émergence d’un regard féministe » (Giovanna Zapperi). Elle réalise entre autres Sois belle et tais-toi ! devenu iconique.
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Art et designTranscription
00:00:03Merci Pauline et merci à vous toutes et tous d'être là ce soir.
00:00:08On va essayer de faire un petit tour autour de Delphine Serig.
00:00:13Elle a fait beaucoup de choses dans sa vie.
00:00:15Je ne vais pas vous parler de tout ce qui concerne son activité de comédienne, de théâtre, d'actrice.
00:00:22On va plutôt se focaliser sur ce qu'elle a fait par rapport à la vidéo qu'on appelle militante
00:00:28ou activiste
00:00:28qui démarre à la fin des années 60.
00:00:30Vous allez pouvoir voir certains extraits des vidéos qu'elle a réalisées ou co-réalisées.
00:00:38Je remercie vraiment le Forum des images de donner l'opportunité de parler de cette partie de la vie de
00:00:43Delphine Serig
00:00:44qui est peu connue en fait et grâce à cette rétrospective entre Maria Schneider et Delphine Serig.
00:00:50On a une meilleure idée de ce qu'étaient ces femmes.
00:00:54On va espérer que tout va marcher au niveau de la technique.
00:00:57Ça marchait avant que vous arriviez.
00:01:05Il ne faut pas que vous voyez les coulisses.
00:01:09J'ai intitulé ça Delphine Serig, vidéaste insoumuse hors des sentiers battus.
00:01:15Insoumuse, ça vient du fait que le groupe qu'elle formait avec Carole Rousseau-Poulos,
00:01:19qui est aussi une des fondatrices du centre, est une des premières vidéastes à la fin des années 60.
00:01:24Et Yohana Vidère, traductrice et amie proche de Delphine,
00:01:29elles avaient donc ce nom d'insoumuse qui vient en fait d'un lapsus.
00:01:35En parlant, le mari de Carole voulait dire insoumise.
00:01:39Et comme ils avaient parlé des muses juste avant, il a dit insoumuse.
00:01:42Il s'est donc excusé et on lui a dit mais non mais c'est trop génial.
00:01:45Et donc elles ont gardé ce nom d'insoumuse qui se traduit dans certaines langues mais pas toutes.
00:01:50Et hors des sentiers battus, c'est parce que je trouve qu'elle a été toute une partie de sa
00:01:55vie
00:01:56dont a parlé d'ailleurs Alexandre Moussa qui a donné un cours de cinéma la semaine dernière,
00:02:01je crois que c'était, ou la semaine d'avant.
00:02:03Alexandre Moussa a parlé justement de cette partie de sa vie où elle était dans les sentiers très battus
00:02:07avec le cinéma de René, etc. que vous connaissez.
00:02:13Alors on va faire des petits retours en arrière.
00:02:16Alors prenez une caméra et descendez dans la rue.
00:02:18Pour les plus vieux et vieilles d'entre vous, ça doit vous rappeler quelque chose.
00:02:23J'essaie de vous faire participer.
00:02:25Bon alors mai 68.
00:02:27Donc c'est une affiche qui a été faite au Beaux-Arts de Paris.
00:02:30Et donc le conseil c'était pourquoi prenez une caméra et descendez dans la rue.
00:02:34A l'époque c'était l'ORTF, évidemment il n'y avait pas internet, il n'y avait pas d
00:02:38'autres chaînes de télévision.
00:02:39Donc c'était ce qu'on appelait la voie de son maître.
00:02:42Et donc l'idée c'était pour documenter nos propres luttes, on prend une caméra et on descend dans la
00:02:45rue.
00:02:46Donc les caméras à l'époque c'était Super 8 et 16 qui étaient utilisés pour le reportage ou le
00:02:50documentaire.
00:02:53Là on voit, alors pour vous montrer que Delphine Serig est dans la rue très tôt, là c'est en
00:02:571972.
00:02:59Vous reconnaissez peut-être à gauche Agnès Varda, à gauche gauche.
00:03:04Au milieu je crois que c'est une réalisatrice dont j'ai oublié le nom maintenant, et Delphine Serig qui
00:03:09se penche apparemment, qui interpelle Agnès Varda.
00:03:13Donc elle est déjà dans la rue à cette époque.
00:03:15Un tout petit peu avant, le monsieur que vous voyez à gauche qui est donc le patron de Sony, je
00:03:23dis le nom de Sony, je ne vais pas leur faire de pub, mais on est bien obligé.
00:03:26C'est eux qui ont lancé la première caméra qu'on appelle PortaPak, qui est cette petite caméra que vous
00:03:31voyez, qui a pris différentes formes dans l'histoire de la vidéo.
00:03:36Et quand a été lancée cette caméra PortaPak, l'idée, donc c'était en 1965 aux Etats-Unis, c'est
00:03:41arrivé en 1969 en Europe, l'idée c'était que les familles, les amis allaient prendre cette caméra,
00:03:47vous savez pour filmer des fêtes de villages, des mariages, je ne sais pas, des cérémonies religieuses, enfin peu importe,
00:03:53des cérémonies sportives.
00:03:54Et en fin de compte, ce sont surtout des activistes qui se sont emparés de ces caméras, et notamment les
00:04:00féministes.
00:04:02Alors pourquoi les femmes s'emparent de ces caméras ? D'abord parce que c'est un matériel qui coûte
00:04:05moins cher que le 16 mm, on n'a pas besoin d'aller au laboratoire pour développer,
00:04:10on voit immédiatement ce qu'on a fait, donc ça nous paraît banal avec nos téléphones portables maintenant, mais c
00:04:15'était une grande nouveauté de l'époque.
00:04:16Et aussi parce que personne ne savait s'en servir, donc les écoles de cinéma qui étaient majoritairement masculines,
00:04:23tous les profs hommes, là ils ne savaient pas non plus quoi faire avec, donc elles ont pu en fait
00:04:27développer comme ça toute une pratique.
00:04:29Et au même moment, d'autres activistes de par le monde s'en sont emparés, comme les Black Panthers aux
00:04:35Etats-Unis,
00:04:35d'ailleurs certains ont été formés par Carole Rousseau-Poulos au montage, et aussi les Palestiniens, donc beaucoup de groupes
00:04:42comme ça
00:04:42qui n'avaient pas des moyens énormes et qui voulaient documenter leur propre lutte.
00:04:49Ici je vous montre une petite, une publicité faite par Sony.
00:04:55Alors Sony voulait montrer que c'était très facile à utiliser, bon déjà la preuve c'est que les femmes
00:05:00peuvent s'en servir,
00:05:01mais là on a une pub vraiment sexiste et classiste, puisque Sony nous dit peut-être qu'on les a
00:05:08faites un petit peu trop faciles à utiliser,
00:05:10puisque vous voyez ce sont des femmes de ménage qui se filment et qui voient le retour sur l'écran.
00:05:15Donc c'est vraiment la publicité vraiment sexiste et classiste de Sony, et ils en ont fait comme ça plusieurs,
00:05:23mais ça a eu beaucoup de succès, donc voilà c'est un peu de l'humour, on va dire, qui
00:05:28se voulait caustique,
00:05:29mais qui est tombé un peu à côté de la plaque je pense.
00:05:34Alors ici vous reconnaissez Delphine Serig bien sûr, et donc j'ai choisi de vous montrer cette image,
00:05:40parce qu'on voit la taille du matériel de l'époque, qui n'a rien à voir avec ce qu
00:05:43'on utilise maintenant.
00:05:44Maintenant on peut faire du montage dans un train ou dans un bus sans étaler tout ce matériel,
00:05:50donc il y a d'énormes magnétoscopes, vous voyez, qui tournent avec des bandes,
00:05:54puisque c'était des bandes vidéo au départ, il y a un écran de contrôle,
00:05:57bon là elle fait un petit peu semblant de travailler je pense, avec de la neige,
00:06:01et à côté d'elle, à droite de sa main, il y a des bandes vidéo,
00:06:05donc qui sont aussi très importantes, très grosses,
00:06:08et surtout tout ce matériel pèse très lourd et coûte assez cher,
00:06:13et donc les premiers montages, je vous indique ça pour vous dire que les premiers montages
00:06:17se sont faits notamment à Paris, parce qu'il y avait pas mal de lieux,
00:06:20à Paris c'était à l'école des Beaux-Arts, donc il y avait un banc de montage qui avait
00:06:23été acheté par l'école,
00:06:24et donc ça faisait les 3-8 comme disait, il y avait les artistes à un moment,
00:06:28les activistes féministes à un autre, les anarchistes à un autre moment,
00:06:32et les machines tournaient en fait en continu.
00:06:36Et là on va rentrer donc vraiment dans ce que Delphine Serig a développé,
00:06:40en 1974, elle fait un stage vidéo avec Carole Rousseau-Poulos,
00:06:45Carole faisait des stages vidéo réservés aux femmes,
00:06:49elle faisait ça chez elle, et comme elle habite dans le 14ème,
00:06:52ça se passait aussi à l'extérieur, au parc Montsouris, etc.
00:06:55Donc elle donnait des caméras et du son à des stagiaires,
00:06:58qui devaient faire un film en fin de stage.
00:07:01J'en ai fait un moi-même, mais bien après, quelques années après Delphine.
00:07:06Et donc c'est pour vous montrer aussi le matériel qui était utilisé à l'époque,
00:07:09donc c'est ces fameuses bandes vidéo qui étaient fabriquées par Sony et d'autres ensuite.
00:07:14Et Delphine va se lancer dans un premier tournage, très très rapidement,
00:07:20et je vais vous montrer après un extrait,
00:07:22mais entre temps je vais vous faire entendre une voix que vous allez reconnaître.
00:07:26Tout ce que je vais faire, c'est vous donner envie d'imaginer à votre guise,
00:07:31la femme qui se nomme ainsi Delphine Sérigue.
00:07:36Delphine Sérigue est née au Liban, dans la plus belle lumière du monde, dit-elle.
00:07:41Elle est grande pour une Française, elle est mince,
00:07:45elle a un très beau corps, des yeux très très bleus,
00:07:50le teint orange clair, blonde la plupart du temps.
00:07:55Quand elle marche, tout son corps bouge et elle ne fait pas plus de bruit qu'un enfant.
00:08:02Ce visage maigre, en dehors de toute mode,
00:08:06sur lequel est posé le sourire de l'humour universel,
00:08:10ou de l'intelligence, c'est pareil.
00:08:14Ce qui arrive aux autres, soit en bien, soit en mal,
00:08:19elle le partage comme jamais je n'ai vu partager la joie ou le malheur.
00:08:23La seule entrave à sa liberté, c'est l'injustice dont les autres sont victimes.
00:08:33Je vous fais donc écouter, vous avez reconnu la voix ?
00:08:37Bravo, Jeanne Moreau !
00:08:39C'est bien, pardon ?
00:08:43Excusez-moi, je vois que vous suivez bien.
00:08:46Donc c'est en fait un texte qui a été écrit par Marguerite Duras.
00:08:50Je ne sais pas si vous connaissez un petit livre qui s'appelle
00:08:52« C'est les yeux verts », je crois, je ne peux pas me tromper,
00:08:54je n'ai pas vérifié avant de venir.
00:08:55C'est-à-dire, qui rassemble toutes les critiques ou les analyses qu'elle a faites
00:09:00d'un certain nombre de réalisatrices, comédiennes, comédiens.
00:09:03Et donc c'est à partir de ce texte qu'en fait a été tourné.
00:09:08Et ce que vous voyez là, le titre que vous avez vu apparaître,
00:09:11Delphine Serig parlait elle-même,
00:09:13c'est le dernier projet qu'avait fait Carole Rousseau-Poulos
00:09:16avant de malheureusement décéder d'un cancer.
00:09:19Elle avait fait ce projet autour de son amie Delphine Serig,
00:09:22ce qu'elle appelait sa « compagnera » en espagnol.
00:09:25En fait, il n'y a pas vraiment d'équivalent en français,
00:09:27c'est comme camarade, compagne, c'est un peu les deux en même temps.
00:09:30Et donc elle avait décidé de faire un portrait de Delphine.
00:09:33Je vous laisse voir le reste, pardon, je l'ai interrompu.
00:09:37Mais elle n'a pas pu finir en fait ce portrait.
00:10:00Donc elle parle, je parle pas allemand, mais je comprends l'anglais,
00:10:03donc elle parle de sa propre mère, Delphine Serig,
00:10:05sa mère faisait du bateau.
00:10:07Donc sa mère, elle est née au début du XXe siècle
00:10:09et c'était une aventurière.
00:10:11Donc elle évoque sa mère aussi, qui est une figure pour elle aussi de référence.
00:10:15Et donc ce film, vous allez voir un résultat de ce film
00:10:20parce que Babette Mangold, des années après,
00:10:22a essayé de terminer ce film de Carole,
00:10:24mais je vous en dirai plus tout à l'heure.
00:10:27Donc là, s'il y a des personnes sensibles dans la salle,
00:10:31c'est une reconstitution d'une incarcération avec des tortures.
00:10:35C'est la première vidéo que Delphine Serig a faite
00:10:38et je vais vous expliquer pourquoi.
00:10:39Elle n'a jamais fait de reconstitution de cette sorte-là.
00:10:43Mais c'est parce qu'en fait, Inès Etienne Roméo,
00:10:45qui était une militante d'extrême-gauche brésilienne,
00:10:49dans les années 70, avait été incarcérée
00:10:51et avait été violentée, violée, torturée.
00:10:55Et donc il y a une campagne internationale.
00:10:57Elle avait une amie comédienne brésilienne
00:11:00qui l'a informée de la situation.
00:11:02Elle a tout de suite prévenu
00:11:03tout le réseau féministe européen et mondial.
00:11:06Et il y a une grande campagne qui a été montée
00:11:08pour inonder les ambassades et les consulats brésiliens
00:11:11de par le monde de demande de libération
00:11:13d'Inès Etienne Roméo.
00:11:15Et elle va rester quand même incarcérée quelques années.
00:11:18Et donc elle a choisi, voilà,
00:11:19de montrer en fait assez crûment
00:11:21la réalité de ce que pouvait être cette incarcération.
00:11:35Deux ou trois jours après la disparition d'Inès,
00:11:39sa famille avait commencé à la chercher,
00:11:41mais les autorités niaient systématiquement son emprisonnement.
00:11:45Au mois d'août 1971, cependant,
00:11:48un policier de Minas Geres annonce à la famille d'Inès
00:11:52qu'elle est morte depuis 40 jours.
00:11:56Tout de suite, la famille se présente
00:11:58devant les autorités militaires
00:11:59pour leur dire que le policier
00:12:01leur a annoncé la mort d'Inès.
00:12:04Cette fausse information, en réalité,
00:12:07a sauvé la vie d'Inès.
00:12:09Dans la mesure où la famille réclamerait son corps,
00:12:12les autorités seraient contraintes
00:12:13de présenter un cadavre de 40 jours.
00:12:16La police n'a pas d'autre solution
00:12:18que de rejeter Inès,
00:12:20enceinte d'un des policiers,
00:12:22dans le jardin de la maison de ses parents.
00:12:26Avec un très grand effort,
00:12:28elle gagne la porte
00:12:29et sa famille revoit Inès
00:12:31après 100 jours.
00:12:35C'était un vrai squelette.
00:12:38Elle était paniquée,
00:12:40sûre que les policiers allaient tout de suite
00:12:41mitrailler la maison,
00:12:43tuer les adultes et les enfants.
00:12:44Elle ne demandait qu'un revolver pour se tuer
00:12:47avant que la police ne le fît.
00:12:49Elle ressemblait à un petit animal affreux,
00:12:52craintif, inquiète.
00:12:54Après 100 jours de torture,
00:12:56de terreur,
00:12:58elle ne parlait que de mort.
00:13:00Elle ne voulait pas menacer la vie de sa famille.
00:13:04Cachées dans la rue,
00:13:05les policiers attendaient
00:13:06que quelqu'un de la famille
00:13:08sorte avec Inès.
00:13:09À ce moment-là,
00:13:10il pourrait la tuer
00:13:11et se justifier après.
00:13:13La terroriste que vous cherchez,
00:13:14nous l'avons abattue en fuite
00:13:16près d'une maison
00:13:17à bello horizonte.
00:13:19Mais conscientes de ce piège,
00:13:21la famille d'Inès
00:13:22veut rendre la chose publique.
00:13:24Tout de suite,
00:13:25ils allument la maison,
00:13:27téléphonent à des amis
00:13:28et à l'hôpital
00:13:28en demandant une ambulance
00:13:30et un service médical.
00:13:32Ils disent simplement
00:13:33qu'il s'agit d'un cas
00:13:34très grave et urgent.
00:13:35L'ambulance arrive
00:13:37et conduit Inès
00:13:38à une clinique.
00:13:39Les voitures des policiers
00:13:41la suivent
00:13:42mais ne peuvent faire
00:13:43aucun attentat.
00:13:48Quelqu'un de la famille
00:13:49d'Inès raconte
00:13:50« Quand je rentre
00:13:51dans sa chambre à l'hôpital,
00:13:53je n'ai pas le courage
00:13:54de la regarder longuement.
00:13:56Elle a maigri de 20 kilos.
00:13:58Elle pèse 28 kilos.
00:14:00Sur le lit,
00:14:01elle reste immobile et nue.
00:14:03Son corps,
00:14:04plein de pustules
00:14:05et de blessures,
00:14:06est couvert de pus.
00:14:07Quand je rentre,
00:14:08elle me regarde
00:14:09et se lève pour me parler
00:14:10mais elle ne réussit pas
00:14:12vu son état de faiblesse,
00:14:14de fragilité.
00:14:16Sa cuisse était aussi maigre
00:14:18que mon bras,
00:14:19j'ai bien remarqué.
00:14:20En plus,
00:14:21son corps sent mauvais
00:14:22à cause des blessures
00:14:23qui sont en état
00:14:24de putréfaction.
00:14:27Son visage,
00:14:28auparavant ovale,
00:14:29est si maigre
00:14:30que les os
00:14:30percent presque sous la peau.
00:14:33Tout cela me panique.
00:14:35Quelques secondes après,
00:14:36je marche jusqu'à son lit.
00:14:37nous nous étreignions
00:14:39et nous commençons
00:14:40à pleurer.
00:14:41Tout en pleurant,
00:14:43elle me chuchote.
00:14:45Ils m'ont fait tout ça
00:14:46et en plus,
00:14:47ils m'ont violée.
00:14:48Je n'ai pas eu de force
00:14:49pour réagir.
00:14:51Je ne pouvais pas marcher.
00:14:52J'avais déjà subi
00:14:53pendant trois mois
00:14:54toute espèce
00:14:55de torture physique.
00:14:56Quand j'étais seule
00:14:57dans ma cellule,
00:14:59après une séance
00:14:59de torture,
00:15:00l'un d'eux est entré
00:15:01et a commencé
00:15:02à me violer.
00:15:04Je me sentais faible,
00:15:05je me comparais
00:15:06à un ver.
00:15:07Il a fait de mon corps
00:15:09ce qu'il a voulu.
00:15:10Il a usé de moi
00:15:11de la façon
00:15:11la plus dégoûtante,
00:15:13la plus inhumaine,
00:15:14la plus grossière
00:15:15du monde.
00:15:16Quand il a fini,
00:15:17il m'a laissée seule
00:15:18et je me traînais
00:15:19sur le sol.
00:15:20Je criais
00:15:21de toutes les forces
00:15:22que j'avais encore.
00:15:25Ce court-métrage
00:15:26sera montré
00:15:26dans la séance
00:15:27qui suivra.
00:15:29J'en dirai
00:15:30un peu plus
00:15:30tout à l'heure.
00:15:31Ensuite,
00:15:32à la même époque,
00:15:33Delphine Seric,
00:15:34qui avait joué
00:15:37et rencontré
00:15:37Jane Fonda
00:15:38aux Etats-Unis,
00:15:40apprend que
00:15:41Jane Fonda
00:15:41a fait un montage
00:15:42diapositive
00:15:43contre la guerre
00:15:45du Vietnam
00:15:45et notamment
00:15:46sur le rôle
00:15:46des femmes
00:15:47pendant la guerre
00:15:47du Vietnam.
00:15:49Delphine va donc
00:15:50décider avec
00:15:50Samy Frey
00:15:51de traduire
00:15:52ce montage
00:15:53et de le diffuser
00:15:55en France.
00:15:56Vous allez en voir
00:15:57un extrait.
00:15:59Évidemment,
00:15:59comme maintenant,
00:16:00on n'installe plus
00:16:00des diapositives
00:16:02pour faire ça,
00:16:03on l'a donc
00:16:04numérisé
00:16:04et vous allez entendre
00:16:06quand même
00:16:06le petit bruit
00:16:07pour les personnes
00:16:07qui connaissent
00:16:08le petit gling
00:16:09de la diapo
00:16:10qui passe
00:16:10qu'on a choisi
00:16:11de garder.
00:16:12Ce document
00:16:13a été restauré
00:16:14par une université
00:16:16américaine
00:16:16avec des étudiantes.
00:16:19La destruction
00:16:20de la culture
00:16:21vietnamienne
00:16:22et l'envahissement
00:16:23forcée
00:16:23du matérialisme
00:16:24des USA
00:16:25a engendré
00:16:26un puissant
00:16:27anti-américanisme.
00:16:28En 1970,
00:16:30le mécontentement
00:16:31dans les grandes villes
00:16:32avait atteint
00:16:33un degré
00:16:33d'intensité
00:16:34tel qu'il
00:16:35constituait
00:16:35une des menaces
00:16:36principales
00:16:36au régime
00:16:37de Thieu.
00:16:38Il y avait
00:16:38beaucoup de rues
00:16:39où un Américain
00:16:40ne pouvait pas
00:16:40marcher
00:16:41sans se faire
00:16:41tuer.
00:16:42Mais Thieu
00:16:43a déclaré
00:16:43ouvertement
00:16:44« Nous battrons
00:16:45à mort
00:16:45tous ceux
00:16:46qui exigent
00:16:46une paix
00:16:47immédiate. »
00:16:48Et ce fut
00:16:49l'escalade
00:16:49dans la répression.
00:16:50Selon une organisation
00:16:52quaker,
00:16:53l'American
00:16:53Friend Service
00:16:54Committee,
00:16:55il y a aujourd'hui
00:16:56plus de 2 à 300 000
00:16:57prisonniers politiques
00:16:58dans les prisons
00:16:59et les cages
00:16:59à tigres.
00:17:00La moitié
00:17:01de ces détenus
00:17:02sont des femmes
00:17:03et des enfants.
00:17:05Le comité
00:17:05des femmes
00:17:06pour le droit
00:17:07à la vie
00:17:07se constitua
00:17:08en 1970.
00:17:09Il exige
00:17:10que soit respectée
00:17:11la dignité
00:17:12des femmes,
00:17:13le droit
00:17:13pour les femmes
00:17:14de combattre,
00:17:15le retrait
00:17:15des troupes américaines,
00:17:17la formation
00:17:17d'un gouvernement
00:17:18de réconciliation.
00:17:20À la suite
00:17:21de quoi,
00:17:21des centaines
00:17:22de femmes
00:17:22sont arrêtées
00:17:23et torturées,
00:17:24y compris
00:17:25Mme Gobatan,
00:17:26que voici,
00:17:27avocate.
00:17:28Elle a un doctorat
00:17:29de l'Université
00:17:29de Columbia
00:17:30à New York
00:17:30et elle est fondatrice
00:17:32du comité.
00:17:33Voilà Mme Gobatan
00:17:35après un an
00:17:36d'emprisonnement
00:17:36arrivé sur un brancard
00:17:38soutenu par son mari
00:17:39devant un tribunal
00:17:41militaire régional
00:17:42qui juge
00:17:43les cas d'atteinte
00:17:44à la sécurité nationale.
00:17:45À la suite
00:17:46de tortures
00:17:47infligées
00:17:48malgré sa mauvaise santé,
00:17:49son cœur
00:17:50avait cessé de battre.
00:17:51Il lui fallait
00:17:52un stimulant cardiaque
00:17:53et de la respiration
00:17:54artificielle
00:17:54pour la maintenir en vie.
00:17:56Elle n'a pas été
00:17:57conduite à l'hôpital.
00:17:58Elle a été reconduite
00:17:59en prison
00:18:00où elle est encore.
00:18:01Les témoignages
00:18:02des prisonniers
00:18:03eux-mêmes
00:18:04révèlent qu'au cours
00:18:05d'une séance
00:18:05de torture
00:18:06couramment
00:18:06infligée aux femmes,
00:18:07on insère
00:18:08dans leur vagin
00:18:09des serpents vivants,
00:18:10des bouteilles
00:18:11pleines de boissons
00:18:11gazeuses
00:18:12et des ampoules électriques.
00:18:14On leur attache
00:18:15aussi des électrodes
00:18:16à la vulve,
00:18:17au bout des seins,
00:18:18aux aisselles
00:18:19et à la langue.
00:18:21Une jeune femme,
00:18:22Fueng Luang,
00:18:23dans la plus grande
00:18:24prison de Saigon,
00:18:25a écrit un poème
00:18:27racontant
00:18:27qu'un grand nombre
00:18:28de ses amis
00:18:28avaient chanté
00:18:29un chant de libération
00:18:30à l'occasion
00:18:31de l'anniversaire
00:18:32de la fondation
00:18:33du FML.
00:18:35Le voici.
00:18:36À peine
00:18:37les gardiens
00:18:38ont-ils tourné
00:18:38les talons,
00:18:39les rires éclatent
00:18:40de plus belle
00:18:41et de plus belle
00:18:42les douces voies
00:18:42à l'unisson
00:18:43et plus rythmées encore
00:18:45défient la rage
00:18:46impuissante
00:18:47des gardiens.
00:18:48Une telle force
00:18:49dans des corps
00:18:50si frêles
00:18:50tiendrait-elle
00:18:51de l'enchantement ?
00:18:53En représailles
00:18:53de la veille,
00:18:54des vieilles mères,
00:18:55des petites sœurs,
00:18:5713 ans à peine,
00:18:58pour avoir chanté,
00:18:59ont eu leur part
00:19:00de coups.
00:19:01Qui a mené le chant ?
00:19:02Un silence résolu.
00:19:04Au pied du mur,
00:19:06elles sont tombées
00:19:06évanouies.
00:19:08Donc, en fait,
00:19:09dans ce montage,
00:19:10vous voyez,
00:19:11c'est pour montrer
00:19:12aussi l'aspect
00:19:13international
00:19:13ou transnational,
00:19:15comme on disait
00:19:15à l'époque,
00:19:16de toutes ces activistes
00:19:17féministes
00:19:18et notamment
00:19:18de Delphine Serig
00:19:20qui va parcourir
00:19:21le monde
00:19:22pour en fait
00:19:23aussi des causes
00:19:24et qui va aussi,
00:19:25avec la connaissance
00:19:26qu'elle a de la vidéo
00:19:27et de son approche,
00:19:28en profiter justement
00:19:29pour faire un certain
00:19:30nombre de films.
00:19:32On va donc passer maintenant
00:19:33dans les mêmes années,
00:19:34donc c'est des années
00:19:34quand même très riches
00:19:35en production,
00:19:37Delphine Serig
00:19:38et d'autres féministes
00:19:39vont organiser
00:19:40une soirée de soutien
00:19:41à Paris
00:19:42par rapport à
00:19:43ce qu'on a appelé
00:19:44les trois marias
00:19:45ou les trois portugaises,
00:19:46donc ces trois écrivaines
00:19:47et poètes
00:19:48qui avaient été
00:19:50menacées de prison
00:19:51par l'État,
00:19:52par la dictature portugaise
00:19:53parce qu'elles avaient
00:19:54écrit un livre
00:19:55en fait
00:19:55sur un peu
00:19:57la condition des femmes
00:19:58au Portugal,
00:19:59qui était un pays
00:20:01sous dictature
00:20:02déjà depuis des années
00:20:03où la condition
00:20:04des femmes
00:20:04était vraiment
00:20:05très déplorable
00:20:06et la condition
00:20:06des personnes aussi,
00:20:08du prolétariat,
00:20:09on va dire,
00:20:09des gens qui travaillaient
00:20:09dans les usines
00:20:10était très dégradée
00:20:11et elles vont parler
00:20:12en fait un petit peu,
00:20:14je comparais un peu ça
00:20:15à ce qu'a fait
00:20:16Simone de Beauvoir
00:20:17au sortir de la Seconde Guerre mondiale
00:20:19avec le deuxième sexe
00:20:19où elle a fait un panorama
00:20:20de ce qui se passait
00:20:21dans le monde
00:20:21mais là c'est un texte
00:20:23qui est écrit à trois mains
00:20:24donc elles se réunissaient
00:20:26une fois par semaine
00:20:27ou une fois tous les 15 jours
00:20:28et elles partageaient leurs textes
00:20:30certaines écrivaient de la poésie
00:20:31d'autres des essais
00:20:33voilà il y avait différentes
00:20:34d'autres c'était plus
00:20:35des romans
00:20:36donc en fait
00:20:37elles ont mélangé
00:20:38tous ces textes
00:20:40et ça a donné
00:20:40une édition
00:20:41qui a donc été interdite
00:20:43par le gouvernement
00:20:44et pour éviter
00:20:45qu'elles aillent en prison
00:20:46que le procès se termine
00:20:48par une peine d'emprisonnement
00:20:50donc il y a eu
00:20:51cette mobilisation internationale
00:20:54dont a fait partie Delphine
00:20:56et à Paris
00:20:57au théâtre de Chaillot
00:20:58a été organisée
00:20:58une nuit des femmes
00:20:59pour les soutenir
00:21:00et elle lit certains textes
00:21:02donc vous allez l'entendre
00:21:03lire des textes
00:21:04de ces femmes
00:21:04Nous voilà au Portugal
00:21:06en plein air
00:21:07de la libération de la femme
00:21:08la femme boche
00:21:10est universitaire
00:21:11travaille
00:21:11la femme boit
00:21:12la femme fume
00:21:13la femme discute
00:21:14des concours de beauté
00:21:15la femme porte la mini maxi-jupe
00:21:18les rottes passent
00:21:19le temps passe
00:21:19il gémérale devant les hommes
00:21:21la femme prend la pilule
00:21:22rassez quoi
00:21:23des jambes et des aisselles
00:21:24porte le bikini
00:21:25la femme sort seule la nuit
00:21:27va au lit avec son amoureux
00:21:28la femme dort nue
00:21:29la femme comprend
00:21:31c'est déjà ce que veulent dire
00:21:32certains mots
00:21:33tels que
00:21:33orgasme
00:21:34vagin
00:21:35ferme
00:21:35testicule
00:21:36érection
00:21:36frigidité
00:21:37clitoris
00:21:38masturbation
00:21:39buve
00:21:40les femmes entraînent
00:21:41dans l'intimité des toilettes
00:21:42des administrations
00:21:43où elles sont envoyées
00:21:44pendant les récréations
00:21:45des lycées
00:21:46dans les universités
00:21:47dans les chambres
00:21:48à huis clos
00:21:48où on déjà dit
00:21:49qu'elle racontait
00:21:50des anecdotes
00:21:50sur scène
00:21:51certains détails
00:21:52intimes du lit
00:21:53et prennent
00:21:54certaines libertés
00:21:55de langage
00:21:56et ainsi se modernisent
00:21:57se libèrent
00:21:57ce promeur
00:22:03ensuite Delphine
00:22:04va attaquer
00:22:05son plus grand projet
00:22:06qu'elle avait déjà
00:22:06en tête
00:22:07depuis plusieurs années
00:22:08et ça va être
00:22:09Sois belle et tais toi
00:22:10que vous avez peut-être vu
00:22:11qui a été montré en salle
00:22:12ici il y a deux semaines
00:22:14je pense
00:22:15je suis mauvaise en date
00:22:16donc on l'a présenté
00:22:18donc il y a deux semaines
00:22:19il est sorti en salle
00:22:21en 2023
00:22:22et tout ça aussi
00:22:23grâce à une convention
00:22:24que nous avons
00:22:25avec la bibliothèque nationale
00:22:26de France
00:22:26qui nous permet
00:22:27non seulement
00:22:27de numériser
00:22:28nos collections
00:22:29mais aussi
00:22:30de les restaurer
00:22:31donc il y a eu
00:22:31une restauration
00:22:32image et son
00:22:33qui a pris pas mal de temps
00:22:34entre temps
00:22:35il y a eu le Covid
00:22:35et tout ça
00:22:36donc ça a un peu
00:22:36ralenti les choses
00:22:37mais ça a donné
00:22:38un très bon résultat
00:22:39et là vous voyez
00:22:40la bande originale
00:22:42en fait
00:22:42de Sois belle et tais toi
00:22:44que je vous laisse découvrir
00:22:45donc Sois belle et tais toi
00:22:46pour les personnes
00:22:46qui ne le connaissent pas encore
00:22:47c'est un entretien
00:22:49avec 23 comédiennes
00:22:51françaises
00:22:52et nord-américaines
00:22:53Delphine Serric
00:22:54posant les questions
00:22:55qu'elle se pose elle-même
00:22:55sur sa profession de comédienne
00:22:57et donc c'est filmé
00:22:58toujours de la même façon
00:22:59avec des gros plans
00:23:01ou des plans moyens
00:23:02où les comédiennes
00:23:03voilà
00:23:03expliquent en fait
00:23:04comment elles vivent
00:23:05leurs conditions de comédienne
00:23:06par rapport
00:23:06sur les plateaux
00:23:08de Hollywood
00:23:08ou en France
00:23:09c'est assez international
00:23:11et ce film
00:23:12d'ailleurs
00:23:12vient d'être
00:23:14vient de sortir
00:23:15au Japon
00:23:16et il a beaucoup de succès
00:23:17donc comme quoi
00:23:18c'est 50 ans après
00:23:19ça marche toujours
00:23:22je ne reçois que des rôles
00:23:23de schizophrénie
00:23:24folle
00:23:26lesbienne
00:23:30meurtrière
00:23:30que des choses comme ça
00:23:32que je n'ai pas vraiment
00:23:33envie de faire
00:23:34maintenant
00:23:45je ne sais pas
00:23:45j'aimerais bien
00:23:46j'aimerais bien faire
00:23:47des films plus légers
00:23:48faire des films
00:23:49plus légers
00:23:50ou faire un film
00:23:51comme Céline et Julie
00:23:52en tant que
00:23:53qu'est-ce que j'aurais aimé
00:23:55faire ça
00:23:59et aussi tourner
00:24:00avec des hommes
00:24:02si je tourne
00:24:03avec des hommes
00:24:03partenaires
00:24:04au moins qu'ils soient
00:24:05de mon âge
00:24:06qu'ils soient plus
00:24:07tu vois
00:24:08vrai
00:24:09même Nicolson
00:24:09c'est mieux que Brando
00:24:10mais c'est pas ça
00:24:13il a 40 ans
00:24:15presque
00:24:16presque
00:24:1623
00:24:19Standing
00:24:19of the women
00:24:23in our motion
00:24:24features
00:24:24are
00:24:25sort of
00:24:26adjuncts
00:24:27to the story
00:24:29most of the stories
00:24:31are about men
00:24:33and the women
00:24:34are incidental
00:24:35by being a black woman
00:24:37in the early days
00:24:38I played
00:24:39many, many maids
00:24:41and there was
00:24:42very little else
00:24:43like I just said
00:24:45unless you were
00:24:47very black
00:24:47a play a slave, on a plantation, or something like that.
00:24:52And yet, much of that, because of the wrong shade of black.
00:24:58Black women, you mean?
00:25:00Well, yes, black.
00:25:01All white at the back.
00:25:03Well, there has been evolution, as far as black women are concerned.
00:25:08You can hardly get a role as a maid, anymore, than Hollywood think that's verboten.
00:25:15Mais je pense que les maids sont des gens, aussi.
00:25:18Oui.
00:25:19Ça dépend de comment ils sont écrit,
00:25:20ou si ils sont personnes ou une extension de la tray.
00:25:23Oui.
00:25:24Et les gens ont des services de la maison.
00:25:29Et donc, si ils sont bien écrit...
00:25:35Je n'ai rien à faire pour les maids.
00:25:41Mais, aujourd'hui, nous avons des services,
00:25:45des travailleurs, des nurses, des mothers,
00:25:50et ce genre de choses,
00:25:52plus d'avant.
00:25:54Et, d'ailleurs, il y a eu des rachs
00:25:57de ce qu'on appelle « blaxploitation» pictures,
00:26:01exploiting le ghetto.
00:26:04Je n'ai pas fait des des photos.
00:26:11L'actrice que vous venez de voir, c'est Mehdi Norman.
00:26:14Beaucoup d'actrices, évidemment, dans ce film,
00:26:16sont aujourd'hui décédées.
00:26:17Mais ça donne une bonne idée, en fait,
00:26:19de ce qui se passait de chaque côté de l'Atlantique,
00:26:22avec des problématiques qui se rejoignent.
00:26:25Et le texte de « Sois belle et tais-toi »
00:26:27pendant le confinement,
00:26:29alors je ne sais plus lequel, le premier, le deuxième, le troisième,
00:26:31mais bon, peu importe,
00:26:32a été joué à la table par les comédiennes de la comédie française,
00:26:36qui nous avaient demandé l'autorisation de le faire.
00:26:38Et donc, elles ont lu, en fait, parce que ça dure deux heures,
00:26:41elles ont lu les deux heures, en fait, de texte,
00:26:44en fait, d'entretien.
00:26:45Et à la fin, donc, elles étaient autour d'une table.
00:26:48Et à la fin, elles se sont tournées vers la caméra
00:26:50et la metteuse en scène leur a demandé « et aujourd'hui ? ».
00:26:53Et là, elles ont dit…
00:26:54En fait, elles répétaient un peu les choses qui avaient été dites,
00:26:57donc en 76, donc presque 50 ans après.
00:27:01Là, je ne vous montre pas d'extrait de ce qu'a filmé Delphine Serric.
00:27:05Vous la voyez en bas avec une caméra,
00:27:07et vous la voyez en haut, à côté de Lula,
00:27:09qui était une des…
00:27:11Alors, elle n'aimerait pas qu'on dise ça.
00:27:13Ce n'était pas une des leaders, mais une des représentantes
00:27:15de la lutte des prostituées qui a eu lieu en 1975 en France
00:27:18et ensuite ailleurs.
00:27:20Les femmes…
00:27:21Je dis prostituées parce que c'est le mot qu'on employait à l'époque.
00:27:23Les travailleuses du sexe, on dirait aujourd'hui,
00:27:26s'étaient enfermées dans une église à Lyon
00:27:28pour protester contre les mauvais traitements de la police
00:27:31et aussi pour protester contre le fait qu'il y avait du racket,
00:27:34en fait, qu'on racketait de l'argent auprès d'elles,
00:27:37notamment pour avoir de l'argent pour les campagnes électorales.
00:27:40Donc, tout ça a été expliqué dans le film.
00:27:41Et Delphine a décidé, donc, d'aller les filmer.
00:27:43Vous voyez, elle était très…
00:27:45Depuis qu'elle avait appris à filmer,
00:27:46elle était vraiment très active.
00:27:49Elle parle d'ailleurs aussi dans ce congrès,
00:27:51mais en fait, les rushs ont été perdus,
00:27:53donc on ne sait pas du tout ce qu'elle a filmé.
00:27:55On n'a jamais retrouvé,
00:27:56on espère peut-être qu'un jour,
00:27:57dans un placard ou dans une cave,
00:27:59quelqu'un les retrouvera, on ne sait jamais.
00:28:02Et à la même époque,
00:28:04elle va avec Carole Rousseau-Poulos.
00:28:06Pareil, c'est pour aussi une histoire de solidarité.
00:28:09Vous connaissez peut-être Valérie Solanas
00:28:11qui a écrit un livre aux États-Unis en 1967
00:28:14qui s'appelle Scum Manifesto,
00:28:16qui est un pamphlet, en fait,
00:28:18contre la société hétéropatriarcale.
00:28:20Et le livre a été épuisé.
00:28:23Il a été traduit en France une première fois épuisé.
00:28:26Et Carole et Delphine vont, en fait,
00:28:28décider de lire une partie du texte devant des caméras,
00:28:32tout en utilisant, vous allez voir,
00:28:35derrière elles, et c'est fait en temps réel,
00:28:37elles ont mis une télévision où passent les informations,
00:28:40en fait, du jour, les journaux télévisés.
00:28:42Et c'est devenu, voilà, une performance,
00:28:46même si à l'époque,
00:28:47je pense qu'elles n'auraient pas pensé
00:28:48que c'était une performance.
00:28:49Et ça fait partie de tout ce travail
00:28:51qu'elles font autour de ce que j'ai dit tout à l'heure,
00:28:55la voix de son maître ou la télévision,
00:28:56c'est-à-dire prendre soi-même les armes,
00:28:58les retourner, les armes de la télévision
00:29:00ou de la culture
00:29:02et les retourner contre les personnes
00:29:03qui vous oppriment.
00:29:06Parce que la masturbation suffit à ça.
00:29:10Point.
00:29:16Pour satisfaire son ego, non plus.
00:29:22Point.
00:29:26Cela n'explique pas le baisage de cadavres et de bébés.
00:29:29Point.
00:29:34« Complètement égocentrique »,
00:29:39« Incapable de relations,
00:29:45de sympathie
00:29:47ou d'identification.
00:29:50«
00:29:56Et rempli d'une sexualité vaste »,
00:30:00Virgule.
00:30:32L'armée clandestine irlandaise, l'IRA, a été très embarrassée. Elle a tout de même qualifié de collaboratrice et d
00:30:39'opportuniste écœurante, je cite, les 20 000 manifestantes catholiques et protestantes qui ont défilé sans incident. Ce mouvement féminin a
00:30:46été déclenché par la mort de trois enfants lors d'une fusillade entre soldats britanniques et clandestins de l'IRA.
00:30:54Au Liban, les violents bombardements continuent. Les duels d'artillerie font des dégâts considérables et beaucoup de victimes. Des mortiers
00:31:01de 120 mm et des canons de 135 et de 155 mm ont été utilisés par les deux camps.
00:31:08En Afrique du Sud, les manifestations reprendront avec violence lundi dans les cités africaines.
00:31:16Complètement égocentriques, incapables de relations, de sympathie ou d'identification.
00:31:22Oui, donc là, en fait, l'idée, c'est aussi de montrer ce que dénonce en fait Valéry Solanas. On
00:31:28voit en fait toutes les guerres, les manifestations qui se passent au même moment.
00:31:32Et aussi, alors là, Delphine, en fait, elle traduit directement. Elle a le livre en anglais. Elle fait la traduction
00:31:37en direct.
00:31:38Et Carole tape à la machine. Donc, elles ont choisi aussi de montrer parce que Delphine Serig ne voulait pas
00:31:43être la vedette, en fait la star, parce que c'était quand même une star,
00:31:47en tout cas dans les années 60 et des années 70. Et donc, elles ne voulaient pas se mettre en
00:31:50avant. C'est pour ça qu'elles ont choisi ce dispositif, en fait,
00:31:53où elles se font face et où Carole tape à la machine. Et au bout d'un moment, d'ailleurs,
00:31:57elle va s'arrêter.
00:31:58Et c'est aussi une dénonciation en même temps du rôle de la secrétaire, voilà, qui est complètement dépendante de
00:32:03la personne qui lui donne des ordres.
00:32:06Ensuite, à la même époque, c'est vraiment une époque très riche. Je ne sais pas si vous vous souvenez,
00:32:12en 1975, l'ONU décide que l'année,
00:32:17enfin le thème de l'année, puisqu'il y a des thèmes toutes les années, le thème de l'année
00:32:21sera l'année de la femme.
00:32:24Donc, c'est intéressant. Ça nous fait rire parce que la femme, évidemment, n'existe pas. C'est plutôt les
00:32:28femmes. Mais bon, on va passer sur le titre.
00:32:30D'ailleurs, ça sera repris par pas mal de mouvements féministes. Et donc, ça permet aussi d'avoir de l
00:32:35'argent pour faire des colloques,
00:32:36des conférences, faire des films. Il y aura d'ailleurs un certain nombre de rencontres qui auront lieu grâce à
00:32:40ça.
00:32:41Et en France, à la télévision française, un monsieur qui s'appelle Pivot. J'ai oublié son prénom maintenant. Merci.
00:32:50Bernard.
00:32:50Ah, je vois que vous suivez. C'est bien. Alors, Bernard Pivot, qui avait une émission littéraire, on lui demande,
00:32:56comme c'est l'année de la femme et on est au mois de décembre, on lui dit, est-ce
00:32:59que vous pourriez faire quelque chose
00:33:00sur cette année de la femme ? Et donc, il va trouver la bonne idée d'inviter des misogynes à
00:33:05venir témoigner
00:33:06de ce que l'année de la femme leur évoque. Donc, le titre de l'émission de l'époque, qui
00:33:12est passé donc à la télévision
00:33:13à une heure de grande écoute, s'appelait 1975. Ouf, l'année de la femme, c'est fini. Donc, que
00:33:19vont faire nos chers amis féministes,
00:33:21là, les insommuses. Delphine va enregistrer l'émission, ce qui était une prouesse technique à l'époque.
00:33:27Ce n'est pas du tout comme maintenant où on appuie sur un bouton, même pas, on le fait assis
00:33:30sur son fauteuil.
00:33:32Elle a dû donc installer ce gros magnéscope que vous avez vu au début, faire bien démarrer au bon moment,
00:33:36faire attention que la bande soit assez longue. Donc, bon, elle a réussi, elle a tout enregistré.
00:33:41Ensuite, elle a rameuté, donc, ses amis. Et à quatre, elles ont décortiqué, en fait, cette émission.
00:33:46Et elles ont, de façon très artisanale, ajouté des petites pancartes, des intertitres, de la musique, des rires.
00:33:54Et donc, vous allez en voir un petit bout. Ça s'appelle « Maso et miso vont en bateau »,
00:33:57qui vous évoque peut-être un titre. Il y a des cinéphiles dans la salle.
00:34:04Céline et Julie vont en bateau, exactement. Donc, c'est un clin d'œil.
00:34:22Nous, les femmes ne font pas la cuisine. Elles font de la cuisine, mais elles ne font pas la cuisine.
00:34:42La meilleure preuve, c'est qu'il n'y a jamais eu de grands chefs qui étaient femmes, qui sont
00:34:46des femmes.
00:34:47Il n'y a jamais eu un grand auteur gourmand qui a été une femme.
00:34:49Et ça, ça s'explique de différentes manières. D'une part, parce que faire être un grand chef, c'est
00:34:55beaucoup de travail, c'est très dur, c'est très difficile.
00:34:58Et je sais bien que maintenant, les cuisines sont climatisées, il y a le gaz et l'électricité.
00:35:03C'est quand même beaucoup moins dur qu'autrefois, mais c'est quand même un boulot extrêmement dur.
00:35:07Ça, c'est une chose. Et puis, il y a également une autre chose, c'est que ce que je
00:35:10reproche à la cuisine féminine,
00:35:11aux femmes qui font la cuisine normalement, elles le font tous les jours, mais on ne sait pas de cette
00:35:15cuisine-là dont nous allons parler.
00:35:16C'est la cuisine de tous les jours, c'est la cuisine quotidienne.
00:35:18Ça, c'est fatigant aussi.
00:35:20C'est très fatigant aussi, je veux bien croire, mais elles s'y appliquent de moins en moins, elles prennent
00:35:23la cuisine.
00:35:23Parce que les femmes ont du talent en cuisine.
00:35:25Certainement pas. Certainement pas. Voyons enfin, ça se saurait, on les verrait avoir inventé un plat,
00:35:31on verrait un bocus femme, on verrait quelque chose comme ça.
00:35:36Un bocus femme. C'est pas mal.
00:35:39Un bocus femme.
00:35:39Un bocus femme.
00:35:41Articulé, parce que c'est le féminin, justement, pour les cartes arrières.
00:35:46Oui, et bien c'est très bien. La meilleure preuve, puisque vous parlez de féminin,
00:35:49et bien chef n'a pas de féminin, vous allez dire une chefesse ?
00:35:51Chef-ten.
00:35:52Chef-ten, que c'est ça ? La chef-ten de l'étoile d'or.
00:35:56Non mais attendez, ce que vous contestez, c'est l'esprit créateur de la femme.
00:35:58Ce que vous contestez, c'est l'esprit créateur de la femme.
00:36:00La femme a peut-être trop d'imagination. Lorsqu'elle fait un plat, ce qu'elle veut faire un grand
00:36:04plat,
00:36:04et bien elle ne suit pas la recette classique, alors on ne sait pas du tout ce que ça va
00:36:07donner, vous comprenez ?
00:36:08Et ça, c'est terrible en cuisine. Une femme ne réussit jamais deux fois le même plat que ça, c
00:36:12'est pas possible.
00:36:12Alors lorsqu'elle veut faire un plat, bon, elle met ses petits oignons à mijoter,
00:36:16et puis d'un coup elle s'apercelle, elle se dit, au nom de nom, est-ce que je vais
00:36:18avoir des bras pour sortir ce soir ?
00:36:20Elle file quand dans sa salle à manger, ou dans cette huile, elle laisse tout russir,
00:36:24et le morceau de viande est complètement cramé, vous comprenez ?
00:36:27Elle n'a pas d'idée de suite pour la grande cuisine.
00:36:30Vous êtes célibataire ?
00:36:31Pour rien, pour rien !
00:36:32Non, mais sur, je suis marié, voyons, enfin quoi !
00:36:36Maime la ministre va répondre.
00:36:50Non, non, mais vous, vous en avez pas d'idée de suite, laisse brûler la viande, tout le monde le
00:36:54sait tous les jours.
00:36:55Vous rentrez chez vous, vous dînez, vous n'avez jamais mangé un dîner correct.
00:36:57bien que du moins à l'esprit créateur et l'esprit de faire une grande recette et c'est là
00:37:05c'est là
00:37:06nous on nous emmenons n'est ce pas et c'est impossible la meilleure proche vous disait
00:37:10citez moi vous les cités tout à l'heure vous parlez sérieusement qu'est-ce qu'elle dit sérieusement
00:37:24servilement elle a dit servilement non sérieusement elle a dit sérieusement sérieusement elle a dit
00:37:40sérieusement pour parler sérieusement j'avais donné un très bon argument tout à l'heure et que les
00:37:45conditions dans lesquelles on a on fait la cuisine quand on est un grand chef dans un grand restaurant
00:37:49sont sont presque intolérables physiquement pour une femme c'est tout à fait les conditions dans
00:37:53lesquelles on a on fait la cuisine quand on est un grand chef dans un grand restaurant sont sont
00:37:57presque intolérables physiquement pour une femme c'est tout à fait vrai sont presque intolérables
00:38:02physiquement pour une femme c'est tout à fait vrai sont sont presque intolérables physiquement pour
00:38:06une femme c'est tout à fait vrai c'est extrêmement dur c'est l'argument peut-être principal principal
00:38:33Je vous propose maintenant, madame la ministre, s'il vous plaît, monsieur le misogyne,
00:38:38je vous propose d'écouter un autre fiefé miso de la politique, celui-là, il s'agit d'Alexandre Sanguinetti,
00:38:44il est interviewé par Anne Sinclair, et c'est un film de dominée, voici donc Alexandre Sanguinetti.
00:38:53Oui c'est moi, ben voilà, je me ramène.
00:38:56Vous m'avez dit, les femmes c'est un sujet détestable, c'est vrai ?
00:38:59Mais non, c'est pas un sujet détestable, dans les sociétés européennes, il y a l'un de temps qu
00:39:03'il est réglé.
00:39:04C'est vrai.
00:39:05Donc en fait, il déroule tout ce qu'on connaît déjà, c'est-à-dire que le problème est réglé,
00:39:11évidemment, dans les sociétés européennes,
00:39:12mais pas dans les sociétés, par exemple, musulmanes, etc.
00:39:15Donc c'est assez intéressant de le voir en entier, mais je crois qu'il est déjà...
00:39:19Oui, on l'a déjà présenté, donc on l'a déjà présenté ici, hein, ou on va le présenter ce
00:39:23soir ?
00:39:25On l'a présenté hier ? Ah ben voilà, oui.
00:39:27D'ailleurs, c'était moi qui l'ai présenté, en plus.
00:39:29Voilà, on ne sait plus ce qu'on fait.
00:39:31Donc là, d'ailleurs, je voulais vous dire que Maso et mis au vent en bateau a été restauré avec
00:39:35l'aide du Centre Pompidou,
00:39:36et le film précédent avait été restauré aussi, ce qu'un manifesto, avec l'aide de la Bibliothèque nationale de
00:39:42France.
00:39:42Il ne faut pas que j'oublie nos partenaires.
00:39:45Je vais... On va passer directement...
00:39:50Là, vous voyez Delphine Serric, donc c'est toujours les mêmes années, on est en 76.
00:39:54Elle va en faire une vidéo, mais je pense qu'on va être pris par le temps, là, pour vous
00:39:58montrer des extraits,
00:39:59qui s'appelle « Où est-ce qu'on se met ? ».
00:40:00Alors, ce n'est pas une faute d'orthographe, je vous rassure.
00:40:03C'est parce que c'était au cours de la manifestation du 1er mai.
00:40:07Donc des féministes décident d'aller à cette manifestation.
00:40:10Il s'est passé d'ailleurs quelques années auparavant la même chose avec des groupes LGBT,
00:40:14même si on ne disait pas LGBT à l'époque, mais peu importe,
00:40:17qui avaient été aussi ennuyés pendant la manif par les services d'ordre des syndicats.
00:40:21Et là, les féministes se retrouvent dans la même situation.
00:40:24C'est-à-dire que les syndicats n'ont pas envie d'avoir des féministes dans leurs pattes avec des
00:40:28banderoles et des chants.
00:40:29Et donc il va y avoir un certain nombre de bagarres physiques, vraiment, d'échanges de coups de poing.
00:40:36Là, on les voit au moment où tout se passe bien.
00:40:38Donc à gauche, vous reconnaissez Delphine Serig, et à droite, donc Johanna Vider avec toujours cette petite caméra porte-à
00:40:46-pâques.
00:40:47Elles vont l'année d'après se rendre à Stuttgart en Allemagne pour essayer de rendre visite à des détenus
00:40:57de ce qu'on a appelé la bande abadère, donc de, entre guillemets, de terroristes allemands.
00:41:03Mais elles viennent aussi pour voir comment les détenus sont incarcérés, ce qui se passe.
00:41:08Il y a eu plusieurs suicides, avec des gros guillemets, puisqu'en fait, c'est des gens qui, vraisemblablement, ont
00:41:13été assassinés.
00:41:14Et au retour de leur visite, donc à Stuttgart, à la prison, avec Simone Yves et des avocates, Delphine Serig
00:41:22donne une conférence de presse.
00:41:23Pour que la vérité soit faite, et donc pour que l'opinion internationale puisse se faire,
00:41:31il faut que nous exigions que tous les témoins puissent être entendus publiquement et ouvertement,
00:41:38et que l'ensemble des rapports d'expertise et d'autopsie soient connus.
00:41:43Les avocats n'ont pour le moment pas accès aux rapports d'autopsie d'aucun des prisonniers qui sont morts
00:41:50cette nuit-là,
00:41:52ni à aucun rapport d'expertise.
00:41:54Et ça, c'est donc trois choses qu'il est important, qui soient demandées sur un plan international,
00:42:01qu'Ingmar, seule survivante, soit entendue publiquement et ouvertement,
00:42:05que les rapports d'autopsie et d'expertise soient tous connus par l'ensemble de l'opinion internationale.
00:42:14Eux ne connaissent pas encore les résultats de ces autopsies,
00:42:17ce qui paraît bien étrange, puisque dans le cas d'Ingrid Schubert, ça a été connu dans les 48 heures.
00:42:24On se demande pourquoi il faut si longtemps pour avoir les résultats des expertises médicales et des diagnostics
00:42:29dans le cas des quatre suicidés et de Herngard.
00:42:35Petit détail aussi, c'est que les mêmes démarches ont été faites auprès du juge de Verena Becker,
00:42:42à Stuttgart cette fois, et qu'elles ont eu le même succès.
00:42:46Ah oui, non, alors là, on continue notre voyage, on coupe entre voyage et analyse.
00:42:53Donc on ne voit pas la salle, mais la salle est pleine,
00:42:55parce qu'évidemment, il y a beaucoup d'intérêt sur le fait qu'elles se sont rendues sur place
00:42:58et elles n'ont pas pu accéder aux femmes qui étaient incarcérées,
00:43:01mais elles ont quand même pu rencontrer un certain nombre d'avocats sur place ou d'activistes.
00:43:06De la même façon, deux ans après, 1979, le chat tombe en Iran
00:43:13et donc les femmes descendent dans la rue pour exprimer leur volonté.
00:43:19Je raccourcis un peu parce qu'on n'a pas beaucoup de temps,
00:43:21mais les femmes descendent dans la rue aussi pour exprimer leur volonté d'avoir des droits.
00:43:25Donc il y a une énorme manifestation, beaucoup de réunions, ça dure des jours et des jours.
00:43:30Il y a peut-être des personnes qui s'en souviennent.
00:43:33Et en Iran, il y a un certain nombre de féministes qui sont présentes, de féministes du monde entier.
00:43:37Donc Kate Millett, avec sa compagne Sophie Kerr,
00:43:40elles vont à la fois filmer, prendre des photos et enregistrer des bandes sonores.
00:43:46Tout cet ensemble très précieux a été confié par Kate Millett,
00:43:50qui aujourd'hui est décédée, mais qui est venue travailler avec nous en France
00:43:53pour sauvegarder tout ce matériel,
00:43:55qui d'ailleurs maintenant est utilisé par un certain nombre de réalisatrices iraniennes
00:44:00qui font un travail sur cette période.
00:44:02Et aussi, ça a été utilisé dans des expositions diverses et variées.
00:44:06Et donc on a notamment un tournage,
00:44:09là on ne sait pas de la vidéo, c'est du 16 mm,
00:44:13qui est muet.
00:44:13En fait, il n'y a pas de son, le son est à part,
00:44:15donc il n'a pas été...
00:44:16Mais vous voyez la présence,
00:44:19donc ça c'est au retour d'Iran, donc c'est à Paris,
00:44:21la conférence de presse qui est donnée par Kate Millett,
00:44:24et pourquoi j'en parle ?
00:44:26Parce que Delphine Serig va être la personne qui va traduire Kate Millett pendant cette conférence,
00:44:31et d'autre part, toutes les images qui ont pu être sorties d'Iran,
00:44:36l'ont été par Carole Rousseau-Poulos,
00:44:39qui en fait s'est fait passer pour une touriste,
00:44:41a mis tout ça dans sa valise,
00:44:43et est sortie d'Iran sans être inquiétée.
00:44:46Donc là vous voyez Kate Millett qui s'exprime,
00:44:48et Delphine Serig à côté d'elle qui l'a traduit.
00:45:09Métier masculin
00:45:13On a chacune nos raisons de faire la vidéo.
00:45:15Moi c'est, je crois, principalement parce que je suis une actrice,
00:45:18et que j'interprète toujours les choses des autres,
00:45:21et que j'aime bien de temps en temps avoir une expression à moi,
00:45:26et dire ce que moi je pense de certaines choses,
00:45:28ou traiter des sujets qui moi m'intéressent.
00:45:30Souvent encore un peu.
00:45:32Attends, mais...
00:45:34C'est pas le même cadre dans la...
00:45:38Tout petit peu le coin.
00:45:44Quelqu'un dans la lumière.
00:45:47Eh ben...
00:45:47L'intelligence...
00:45:50Désouvre un peu Delphine,
00:45:52parce que c'est le couple menton.
00:45:53Ouais, ouais, ouais.
00:45:54Voilà.
00:45:56Explique-moi, quand est-ce qu'ils auront un peu...
00:45:58Une copie de trois quarts de pouce pour les maisons de la culture.
00:46:01De maso et miso.
00:46:02De maso et miso.
00:46:03Ils sont en train de faire un réseau culturel à travers toute la France,
00:46:08d'une sélection de bandes vidéo.
00:46:11Ils ont pris miso et miso vont en bateau,
00:46:13et on va leur faire une copie de trois quarts de pouce,
00:46:16parce qu'ils sont équipés en trois quarts de pouce.
00:46:18Alors, elles vont circuler dans tout ça ?
00:46:20Oui.
00:46:20Nous avons fait ensemble une bande vidéo.
00:46:23Cette bande s'appelait Maso et miso vont en bateau,
00:46:26et c'était à propos d'une émission où Françoise Giroux était l'invité d'honneur,
00:46:30à l'époque où elle était ministre de la Condition féminine.
00:46:34Et cette émission, nous l'avions enregistrée pendant qu'elle passait à la télévision,
00:46:39et nous avions trouvé qu'il fallait y répondre,
00:46:42que nous n'étions pas d'accord avec ce qui se disait devant la télévision.
00:46:48Donc, on a fait une émission-réponse.
00:46:50Enfin, pas une émission, une bande-réponse.
00:46:53Donc, vous voyez, elle explique le processus.
00:46:55Donc, c'est tout ce travail qu'elles font par rapport à la télévision,
00:46:58ou bien aux médias, très important.
00:47:01Donc, c'est un reportage qui a été fait en 1980,
00:47:04et qui donne un témoignage.
00:47:06Et la personne qui était à gauche, totalement à gauche,
00:47:08c'est Johanna Vider, donc la troisième fondatrice.
00:47:10Et vous voyez un peu le matériel aussi qu'elle utilisait à l'époque,
00:47:13et les raisons pour lesquelles elle filme.
00:47:16Donc, vous voyez que là, il s'est déjà passé une dizaine d'années,
00:47:18où elles ont engrangé les unes et les autres,
00:47:21surtout Carole, parce que c'est elle qui a commencé à faire les premières vidéos en 1970.
00:47:25Elles ont déjà une dizaine d'années de bande-vidéo,
00:47:29qui circulent grâce à Mon Oeil, qui est un collectif de distribution.
00:47:33Mais elle se demande bien qu'est-ce qu'elle pourrait faire.
00:47:36Donc, elle les envoie dans des maisons de la culture,
00:47:38parce qu'en plus, à l'époque, il n'y avait pas de vidéoprojecteur.
00:47:40Donc, à chaque fois qu'on voulait montrer les vidéos,
00:47:42il fallait installer du matériel.
00:47:43Donc, c'était assez... Voilà, ça prenait du temps,
00:47:46et on n'avait pas toujours l'argent non plus pour acheter tout ce matériel.
00:47:50Et elles vont... Quand la gauche...
00:47:51Donc, on est en 80. En 81, il y a des élections en France.
00:47:55La gauche revient au pouvoir, et elles se disent,
00:47:58c'est peut-être le moment d'essayer de faire quelque chose de ces archives.
00:48:01Parce que Carole avait déjà un projet, en fait, de centre audiovisuel
00:48:05autour de la vidéo plutôt des États-Unis.
00:48:08Mais elles vont, en apprenant qu'il y a un ministère des droits de la femme,
00:48:14donc vous voyez le changement de langage, on avait la condition féminine,
00:48:17maintenant c'est les droits de la femme,
00:48:19elles vont donc proposer un projet, en fait,
00:48:23à la fois d'archives et de production.
00:48:25Ça peut paraître banal aujourd'hui,
00:48:28c'est un peu comme l'histoire du téléphone et de la vidéo,
00:48:31mais c'était une très bonne idée,
00:48:32parce que beaucoup de militants faisaient tourner leurs films
00:48:35au moment où ils en avaient besoin pour documenter des luttes,
00:48:38mais ensuite, ça repartait dans des placards.
00:48:40Donc là, leur idée, c'est de continuer à montrer
00:48:43ce qui a déjà été fait depuis 10 ans,
00:48:44mais de continuer à produire et de couvrir un peu
00:48:47toutes les nouvelles thématiques.
00:48:49Et on sait que dans les années 80,
00:48:51alors on appelait ça aussi l'institutionnalisation du féminisme,
00:48:56parce qu'il y a des lois sur le travail qui vont apparaître,
00:48:59des lois sur les crèches,
00:49:00enfin, beaucoup de choses vont se passer.
00:49:02Mais elles, elles vont quand même essayer de continuer à travailler,
00:49:05justement, par exemple,
00:49:06sur ce qu'on appelle les métiers dits féminins ou dits masculins.
00:49:10Elles vont faire pas mal de travail là-dessus.
00:49:11Elles vont faire beaucoup de films aussi
00:49:13autour des violences sexuelles et de l'inceste.
00:49:16Donc il y a beaucoup de productions.
00:49:18Là, voilà nos trois fondatrices.
00:49:20Donc Yona Vider à gauche,
00:49:22Carole Rosopoulos au centre
00:49:24et Delphine Serric devant les locaux
00:49:26qui se trouvaient,
00:49:27pour les personnes qui ont envie de se promener,
00:49:2932 rue Maurice-Ripoche dans le 14e.
00:49:31La maison existe toujours.
00:49:33Et là, vous les voyez encore devant un banc de montage
00:49:35en train de travailler.
00:49:38Et l'équipe de l'époque,
00:49:42donc il y a en bas Carole Rosopoulos,
00:49:43Delphine Serric et Daniel Mitterrand
00:49:45qui étaient venus soutenir le centre.
00:49:48Et en haut, vous avez Daniel dont j'ai oublié, pardon,
00:49:51le nom de famille.
00:49:52Au milieu, vous reconnaissez peut-être quelqu'un
00:49:55qui est moi et Annie Cancé
00:49:57qui était l'administratrice de l'époque
00:49:58et qui est maintenant dans le conseil d'administration.
00:50:01Donc il y avait, là, c'est qu'une partie de l'équipe,
00:50:03on était sept.
00:50:04Et aujourd'hui,
00:50:05vous pourrez féliciter,
00:50:06parce que normalement,
00:50:06il y a Barbara Alves,
00:50:08la directrice du centre,
00:50:09qui est là.
00:50:10L'équipe, maintenant,
00:50:11c'est plus que quatre personnes
00:50:12et avec beaucoup plus de projets.
00:50:14Donc c'est une prouesse.
00:50:17Quand ce centre, donc,
00:50:19a existé de 82 à 92,
00:50:23donc je vous montre là un extrait
00:50:25de Delphine et Caroline Soumuse
00:50:27qui va vous en dire un petit peu plus.
00:50:29Je trouve que c'est...
00:50:32C'est important de savoir
00:50:34que nous avons ça dans notre passé.
00:50:37Beaucoup de femmes ignorent
00:50:38qu'elles ont une histoire.
00:50:43On a fondé, il y a trois ans,
00:50:46un centre,
00:50:47qui est le centre audiovisuel Simone de Beauvoir,
00:50:50qui est un centre qui a voulu, justement,
00:50:53conserver la mémoire
00:50:54de toutes ces luttes de femmes
00:50:56qui avaient été filmées par des femmes à l'époque.
00:50:59Tous ces documents sont conservés maintenant
00:51:01au centre audiovisuel Simone de Beauvoir
00:51:03qui veut créer une mémoire
00:51:06qu'on n'oublie pas ces choses-là
00:51:07et que les femmes puissent aller aussi
00:51:09se reconnaître dans des modèles
00:51:10de femmes non conformistes.
00:51:13Oui, donc je disais,
00:51:14il y avait Yvette Roudy,
00:51:15ministre des droits de la femme,
00:51:19et donc aussi Simone de Beauvoir
00:51:22qui a fréquenté le centre
00:51:23jusqu'à son décès en 1986.
00:51:26Elle était très soutenante
00:51:28et notamment pour aller chercher de l'argent
00:51:29pour financer,
00:51:30parce qu'au début,
00:51:31pour les personnes qui s'en souviennent,
00:51:33il y avait beaucoup d'argent pour la culture
00:51:34dans les premières années
00:51:35avec Mitterrand,
00:51:36et puis après,
00:51:37ça a dégringolé
00:51:38et ça a été beaucoup plus difficile.
00:51:40Donc il y avait un certain nombre
00:51:41d'activités qui étaient organisées à l'époque
00:51:43et Delphine était vraiment très...
00:51:45pour avoir travaillé avec elle,
00:51:46je peux vous dire que c'était quelqu'un
00:51:47qui aimait bien travailler,
00:51:49qui était toujours présent.
00:51:50Donc par exemple,
00:51:51on avait organisé
00:51:51toutes les projections
00:51:54à l'épée de bois
00:51:55avec toutes les bandes vidéo
00:51:56de l'époque
00:51:57et il y avait donc des débats,
00:51:59etc.
00:51:59et c'était montré.
00:52:01À la même période,
00:52:02enfin,
00:52:03Delphine Serig a toujours en tête,
00:52:05déjà depuis plusieurs années,
00:52:06elle l'avait évoqué,
00:52:08de faire un film sur Calamity Jane
00:52:10et les lettres de Calamity Jane
00:52:11à sa fille,
00:52:12dont on ne sait pas
00:52:12si elles ont existé vraiment,
00:52:13il y a toujours un débat là-dessus.
00:52:15et donc elle va partir en repérage
00:52:17dans le Montana,
00:52:18à Billings exactement.
00:52:20Donc je vais vous montrer
00:52:21un petit extrait
00:52:22de ces rushs
00:52:23qu'on a retrouvés
00:52:24il y a quelques années.
00:52:26C'est fini,
00:52:27c'est fini,
00:52:27c'est fini,
00:52:27c'est fini,
00:52:28c'est fini,
00:52:28et je vraiment
00:52:29j'ai un bon part
00:52:31de ça fait.
00:52:32Je suis un publisher,
00:52:34et je suis juste
00:52:35vraiment content
00:52:35avec ça.
00:52:36Et vous pouvez voir
00:52:37que j'ai
00:52:39fait beaucoup
00:52:40de ça,
00:52:41donc c'est
00:52:42un grand livre.
00:52:44Et puis,
00:52:45ici,
00:52:46c'est un petit
00:52:47de la petite
00:52:49diarie
00:52:50que
00:52:51Calamity Jane's
00:52:52daughter,
00:52:52Jean Hickok McCormick,
00:52:54sold,
00:52:54out in our museum.
00:52:55We had that printed up.
00:52:56It only has a portion
00:52:57of the diary
00:52:58and the letters
00:52:58printed in it.
00:53:00Really?
00:53:00And this is the one.
00:53:02Do you have
00:53:02other letters
00:53:03of Calamity?
00:53:04I mean,
00:53:04does the diary
00:53:05have more letters
00:53:06than in this?
00:53:06Oh, yes.
00:53:07There's probably
00:53:08twice as much
00:53:09as what is printed
00:53:10in this little booklet,
00:53:11but I did have
00:53:12the whole thing
00:53:13copyrighted
00:53:13before I published
00:53:15the little booklet.
00:53:16And then,
00:53:17I just published
00:53:18part of it
00:53:19because we just
00:53:19wanted to be able
00:53:20to sell it,
00:53:21you know,
00:53:21for not very much
00:53:22and we didn't want
00:53:23to go into a big,
00:53:23cost of printing,
00:53:27you know.
00:53:29What are the things
00:53:30that they went wrong on?
00:53:32Oh, first of all,
00:53:34you know,
00:53:34there's so many,
00:53:35many authors
00:53:36said that she was not
00:53:38born in Princeton,
00:53:39Missouri.
00:53:39and I found the deeds
00:53:44to her father's land
00:53:45and her brother's land.
00:53:47I mean,
00:53:47her, yes,
00:53:48her father's land
00:53:49and his brother's land.
00:53:50And I found this
00:53:51Virginia City,
00:53:52Montana article.
00:53:54Look at the date,
00:53:551864,
00:53:57and this is proof
00:53:58that she was there
00:53:59and it tells about
00:54:01Calamity Jane,
00:54:02Martha Jane Canary
00:54:04at that time,
00:54:05going into this
00:54:06better neighborhood.
00:54:07So in fact,
00:54:08she does all this
00:54:09research,
00:54:09she goes to a bank
00:54:11where they are
00:54:11going to save
00:54:11the so-called
00:54:12original letters
00:54:13of Calamity Jane
00:54:14to her daughter.
00:54:15And this project
00:54:16that Delphine
00:54:18tened a lot,
00:54:19unfortunately,
00:54:20she will not
00:54:20find money
00:54:22to do it
00:54:22when she's interested.
00:54:25And she will
00:54:26have a refuse.
00:54:27We have the letters
00:54:27from the CNC
00:54:28who think
00:54:29that the project
00:54:30is not quite interesting.
00:54:32And unfortunately,
00:54:33she will have
00:54:33a cancer
00:54:34and she will
00:54:35have a few years
00:54:35after,
00:54:36without having
00:54:36been able to
00:54:36the mener
00:54:37to the bout.
00:54:37But like I said,
00:54:38it will be repris
00:54:39by Babette Mangold
00:54:40a few years
00:54:41after.
00:54:42So I will...
00:54:43How many time?
00:54:46Un quart d'heure?
00:54:47D'accord.
00:54:49On va peut-être...
00:54:50Donc,
00:54:51I just wanted to
00:54:52show you
00:54:53a little bit
00:54:53but on va...
00:54:53A little bit
00:54:54on a extrait
00:54:56of Letter Zone
00:54:57which has been
00:54:58tournée
00:54:58by Chantal Ackerman.
00:55:00So it's a theater
00:55:01which was played
00:55:02at Paris.
00:55:04Là aussi,
00:55:05ce sont des lettres
00:55:07entre une mère
00:55:07et une fille.
00:55:08Donc, la mère,
00:55:10c'est Sylvia Place.
00:55:11Non, la mère,
00:55:12c'est Madame Place
00:55:13et la fille,
00:55:14c'est Sylvia Place,
00:55:15la poète
00:55:15que vous connaissez peut-être.
00:55:17Donc,
00:55:17vous avez peut-être
00:55:17lu des textes
00:55:19qui est connus...
00:55:19Enfin,
00:55:20dont souvent,
00:55:22on dit,
00:55:22voilà,
00:55:22elle s'est suicidée
00:55:23en mettant la tête
00:55:24dans son four.
00:55:25C'est toujours
00:55:25ce que les gens disent
00:55:26mais ce n'est pas
00:55:27le plus intéressant
00:55:27de sa vie.
00:55:28Malheureusement,
00:55:29elle s'est suicidée.
00:55:30Ce qui est intéressant,
00:55:31c'est tous les textes
00:55:31qu'elle a écrits
00:55:32et aussi ses lettres
00:55:33où elle confie
00:55:34sa situation
00:55:35de femme mariée
00:55:36qui a des enfants
00:55:37et qui essaie
00:55:37d'écrire en même temps
00:55:38et qui ne sait pas
00:55:39comment s'en sortir.
00:55:40Et donc,
00:55:41ce film,
00:55:42cette pièce de théâtre
00:55:43a été ensuite
00:55:46rejouée
00:55:47sans public
00:55:47et Chantal Ackermann
00:55:49a ajouté aussi
00:55:50toute une bande sonore
00:55:51originale.
00:55:53Et donc,
00:55:53Delphine Serig
00:55:54joue le rôle
00:55:55de la mère
00:55:56et Coralie Serig,
00:55:58donc sa nièce,
00:55:59joue le rôle
00:55:59de la poète.
00:56:02Là,
00:56:03on mange
00:56:03les directeurs
00:56:04et les huiles
00:56:05de l'hôtel.
00:56:07Donc,
00:56:08les pourbois
00:56:08rapporteront
00:56:09souvent beaucoup moins.
00:56:11Je commence
00:56:12à m'inquiéter
00:56:13pour l'argent
00:56:14quand ton télégramme
00:56:15est arrivé.
00:56:16Mon Dieu,
00:56:17dire qu'à
00:56:18du manger
00:56:18et l'une des deux
00:56:20seules nouvelles
00:56:21gagnantes
00:56:21qui seront publiées
00:56:22dans un grand
00:56:23magazine national
00:56:24chic.
00:56:25Ma première pensée
00:56:26a été
00:56:26maman va pouvoir
00:56:27garder ses économies
00:56:29et s'acheter
00:56:29quelques jolis
00:56:30vêtements
00:56:30ou faire un voyage
00:56:31extra spécial
00:56:32ou quelque chose
00:56:33comme ça.
00:56:34En tout cas,
00:56:34moi,
00:56:35je me paye
00:56:36un manteau d'hiver
00:56:37et un tailleur
00:56:38extra spécial
00:56:39aux frais
00:56:40des Minetons.
00:56:41Sylvia et moi
00:56:42étions toutes les deux
00:56:43plus à l'aise
00:56:44en écrivant
00:56:44les mots
00:56:45de l'affection,
00:56:45de l'estime,
00:56:46de l'amour
00:56:47qu'en les exprimant
00:56:49de vie.
00:56:51Dieu merci
00:56:52pour ce qui est
00:56:52d'écrire.
00:56:53Nous l'avons fait.
00:56:54Tout va mieux.
00:56:55Maintenant que je n'ai plus
00:56:55à paniquer
00:56:56pour des questions
00:56:57d'argent.
00:56:57Je me retenais
00:56:58de parler.
00:56:59Même si j'ai les pieds
00:57:00embouillis.
00:57:01Parce que...
00:57:02Après cette première semaine.
00:57:04Comme elle avait
00:57:04bientôt 20 ans.
00:57:06Et que je laisse tomber
00:57:0620 plateaux.
00:57:07J'aurais la place.
00:57:09Des garçons
00:57:10pour m'apporter
00:57:10de la bière,
00:57:11du soleil.
00:57:12Quand je lui disais
00:57:13mon admiration,
00:57:14elle répondait...
00:57:15Et des copines
00:57:16jeunes et gays.
00:57:17Oh, bien sûr,
00:57:18toi, tu trouves toujours
00:57:19que je suis formidable
00:57:20et même jolie.
00:57:21Quelle vie.
00:57:22Parce que tu es...
00:57:23ta pauvre cinglée de fille,
00:57:25si vie.
00:57:26Ma mère.
00:57:30Malgré la tentation
00:57:31d'être lâche
00:57:32et de m'enfuir
00:57:33jusqu'à la maison
00:57:34en rampant,
00:57:36j'ai pris la résolution
00:57:37de tenir le coup
00:57:37pendant un bon mois
00:57:38d'essai.
00:57:39Ne t'inquiète pas,
00:57:40maman,
00:57:40mais surtout,
00:57:41envoie-moi des petites doses
00:57:42de conseils
00:57:43de temps à autre.
00:57:4417 juin 1952.
00:57:47Chère maman,
00:57:48ça fait une semaine
00:57:49que je suis ici
00:57:50et je suis en train
00:57:51de fêter cette belle journée bleue
00:57:53en passant mon heure
00:57:54de liberté du matin
00:57:55sur la plage.
00:57:56Inutile de te le dire,
00:57:57je suis dans une humeur
00:57:58un peu plus optimiste
00:57:59que lorsque je t'ai écrit.
00:58:00J'ai même une idée
00:58:01de nouvelle
00:58:02pour la revue 17 ans
00:58:04qui s'appellerait,
00:58:05titre ô combien approprié,
00:58:07la serveuse
00:58:08de la salle annexe.
00:58:09J'ai même une héroïne
00:58:10appelée Marley
00:58:11qui est naturellement...
00:58:13Moi !
00:58:14Je devrais pouvoir
00:58:15m'y mettre
00:58:15d'ici quelques jours.
00:58:16Et te l'envoyer à toi
00:58:17à taper
00:58:17et à déposer
00:58:18à la société des auteurs.
00:58:19Oh, comme j'aimerais
00:58:20être admise
00:58:21au séminaire d'été
00:58:22pour les écrivains
00:58:23à Breddloaf.
00:58:25Mais ça,
00:58:25c'est sûrement un rêve
00:58:27parce que d'habitude
00:58:28ce sont toujours
00:58:28les garçons
00:58:29qui gagnent ce genre de choses.
00:58:31Et mon style
00:58:31a encore beaucoup besoin
00:58:32de me rire.
00:58:33Quant à la salle annexe,
00:58:34je me dis
00:58:35que c'est un sale moment
00:58:36à passer
00:58:36et que je le mérite
00:58:37quand je pense
00:58:38à toutes mes bonnes fortunes,
00:58:39gagner des prix,
00:58:40aller à Smith
00:58:41et ce que les autres
00:58:42pensent de moi,
00:58:43je n'en ai rien à faire.
00:58:44Du moment que je suis toujours polie,
00:58:46aimable
00:58:46et accorte.
00:58:47Je vous embrasse tous.
00:58:49Sivy,
00:58:50votre philosophe
00:58:51de la salle annexe.
00:58:5425 juin 1952.
00:58:57Rien qu'un mot
00:58:58pour te faire savoir
00:58:59que je suis encore en vie.
00:59:01Jamais, il me semble,
00:59:03le travail ne m'a autant épuisée.
00:59:05Malgré tout,
00:59:06je garde mon époustouflant
00:59:07sens de l'humour
00:59:08et j'arrive la plupart du temps
00:59:09à rire.
00:59:10J'ai décidé catégoriquement
00:59:12de rentrer à la maison
00:59:12le 10 août.
00:59:13Ça fera deux mois
00:59:15que j'aurai passé
00:59:15à faire l'esclave
00:59:16pour 200 dollars
00:59:17et j'aurai besoin
00:59:18d'un bon mois
00:59:19pour récupérer physiquement
00:59:20et moralement.
00:59:22Vu l'importance
00:59:23et l'exigence
00:59:23de mes fonctions
00:59:24à l'université,
00:59:25je ne peux pas
00:59:26me permettre de craquer.
00:59:28En ce moment,
00:59:29je suis tout le temps
00:59:29tellement fatiguée
00:59:31que je n'arrive plus
00:59:32à assimiler quoi que ce soit
00:59:34excepté la manière
00:59:35dont les gens veulent
00:59:36leurs œufs
00:59:36au petit déjeuner.
00:59:38T'as le laissant
00:59:40suivi.
00:59:44Cette vidéo a aussi
00:59:45été restaurée
00:59:47grâce à Claire Atherton
00:59:48qui fait ici
00:59:49son premier travail
00:59:50avec Chantal Ackermann.
00:59:52Vous la connaissez peut-être,
00:59:52donc c'était sa monteuse
00:59:54et elle travaille
00:59:55sur ses expositions
00:59:56maintenant
00:59:56et donc on a pu restaurer
00:59:58quand même
00:59:58parce que les couleurs
00:59:59étaient un peu
01:00:01étranges
01:00:02avec le temps.
01:00:03On passe
01:00:04à un petit extrait
01:00:05d'un document
01:00:08Delphine Serig
01:00:09était très intéressée
01:00:10par tout ce qui concernait
01:00:11les maladies mentales
01:00:12et la psychiatrisation
01:00:14et l'antipsychiatrie
01:00:15et donc
01:00:16elle va
01:00:18comme vous le savez
01:00:19jouer
01:00:19le rôle
01:00:20d'Aloïse Corbaz
01:00:21donc une peintre
01:00:22qui avait été
01:00:23enfermée
01:00:24pendant des années
01:00:25dans un asile
01:00:26en Suisse
01:00:26et c'est donc
01:00:27Iliane de Kermadec
01:00:28qui va tourner
01:00:29ce film
01:00:29qui s'appelle
01:00:30Aloïse
01:00:30et à la même époque
01:00:32Delphine Serig
01:00:32va rencontrer
01:00:33une peintre
01:00:36et écrivaine
01:00:37vous allez voir
01:00:38je laisse découvrir
01:00:40Vous, pour moi,
01:00:42avez joué
01:00:43une aventure
01:00:44que nous devrions
01:00:47vraiment
01:00:48tous
01:00:48passer
01:00:49plus ou moins
01:00:50ou au moins
01:00:51j'ai pensé
01:00:51que je devrais
01:00:52passer
01:00:52et je n'ai pas
01:00:54eu le courage
01:00:58ou au moins
01:01:00le courage
01:01:01de aller
01:01:01comme mon aventure
01:01:03va aller
01:01:03et comme
01:01:05certaines personnes
01:01:05sont peut-être
01:01:06impressed
01:01:06avec des gens
01:01:07walking
01:01:07sur la moon
01:01:08mais j'ai pensé
01:01:12que vous avez
01:01:13fait quelque chose
01:01:13que j'aurais
01:01:14aimé
01:01:16et peut-être
01:01:17aimé
01:01:18à faire
01:01:18encore
01:01:18J'ai apprécié
01:01:21beaucoup
01:01:21l'exploration
01:01:23de l'intérieur
01:01:23de l'espace
01:01:24que de l'outre
01:01:25de l'espace
01:01:26car j'étais très
01:01:27thrilled
01:01:28de voir
01:01:28la télévision
01:01:29de la man
01:01:29sur la moon
01:01:30et j'ai pensé
01:01:32partie
01:01:32de mes
01:01:33inner
01:01:34aventures
01:01:35j'ai aussi
01:01:36très moved
01:01:38et
01:01:39thrilled
01:01:40de voir
01:01:41cette
01:01:41exploration
01:01:41de l'espace
01:01:42qui est
01:01:43encore
01:01:43dans le sens
01:01:44space
01:01:44dans le sens
01:01:48de l'outre
01:01:49et l'autre
01:01:49est
01:01:50inner
01:01:50j'ai pensé
01:02:20quand j'étais
01:02:22dans mes
01:02:22jeunes
01:02:22mon frère
01:02:242 1⁄2
01:02:25ans
01:02:25younger
01:02:25que moi
01:02:26était
01:02:26au premier
01:02:27de la
01:02:27breakdown
01:02:28et j'ai
01:02:30tellement mystifié
01:02:31j'ai pensé
01:02:42j'ai pensé
01:03:01Et ils, pour moi, nous avons beaucoup de choses en commun.
01:03:06Je pense que, en un moyen ou un autre,
01:03:10si c'est music ou painting ou un théâtre ou quelque chose,
01:03:14les gens qui ont été très en contact avec leur depth,
01:03:21par intention ou par accident, si ils ont fallé dans un break-down,
01:03:24ils sont, comme ça, très créative, en même temps.
01:03:28Potentially, au moins.
01:03:30Et, Alois, évidemment, qui vous avez bien joué,
01:03:34je l'ai vu le film le lendemain,
01:03:36évidemment, elle m'a dit qu'elle a été l'expression,
01:03:39la sukkana, la sukkana, la sukkana.
01:03:42Alors, Alois, en l'opposant de la façon de vous,
01:03:46parce que c'était un temps différent,
01:03:48elle était born trop early,
01:03:50pour avoir eu le chance de vivre ce que vous avez.
01:03:55Donc, elle n'a pas été vivant,
01:03:56une aventure, elle vivait totalement d'emprisonnement.
01:04:04Donc, c'est Marie Barnes, en fait, vous avez vu les titres de ses livres,
01:04:08donc, peintre et puis aussi auteur.
01:04:10Et à la suite de cette, et là, vous voyez Alois Corbaz,
01:04:13donc, devant d'une de ses peintures,
01:04:14à la suite, donc, de cette rencontre,
01:04:17Delphine Serig va avec Abraham Segal,
01:04:19donc, le réalisateur de Couleur Folie,
01:04:21monter un gros, gros festival autour du film et de la folie,
01:04:25avec énormément de films qui va circuler dans toute la France
01:04:28et qui va donner aussi lieu à des débats
01:04:30avec, donc, des psychanalystes, des psychiatres, des psychologues,
01:04:34des écrivains, des...
01:04:35Et on a toutes les...
01:04:36Là, par contre, on a de la chance,
01:04:38parce qu'on a tous les rushs, en fait,
01:04:39tout ce qui a été tourné autour de ces débats,
01:04:41et c'est absolument passionnant.
01:04:43On est donc en 1986,
01:04:47donc, c'est l'année où meurt Simone de Beauvoir.
01:04:51Delphine Serig était proche d'elle
01:04:53et elle était proche du centre.
01:04:54Et donc, elle va, un an après sa mort,
01:04:57lui dédier un film qui s'appelle Pour mémoire.
01:05:00Le 19 avril 1986, tout est matiné.
01:05:04Les Français ont préparé les rebonds de bouquet
01:05:06en écrivant à la hâte les noms de ces femmes
01:05:09ou de ces groupes de femmes.
01:05:10Et les messages étaient parfois trop longs
01:05:13pour être posés sur les rubans.
01:05:16Tigress Atkinson, pendant ce temps,
01:05:18précisait aux fleuristes dans les moindres détails
01:05:20les choix des fleurs que chaque femme ou groupe là-bas
01:05:23avait souhaité que l'on mis sur la tombe.
01:05:26Ils se vautent à tout prix que leurs souhaits soient respectés.
01:05:29Ils s'étaient engagés.
01:05:31Et nous, acharnés, nous écrivions avec des feutres,
01:05:34maladroitement, les noms des Américaines,
01:05:36ce qui explique que ces rubans ne soient pas les plus beaux,
01:05:39mais il fallait absolument qu'ils soient prêts pour la marche.
01:05:43À une heure de l'après-midi,
01:05:44la mission était accomplie et le rendez-vous tout.
01:05:57Le nouveau féminisme, comme on l'appelle,
01:05:59a commencé en France à peu près vers 1970.
01:06:03Lorsque des femmes se sont rendues compte
01:06:05qu'il ne se disait pas de lutter à côté des hommes
01:06:07pour un monde meilleur
01:06:08et qu'il fallait qu'elles luttent elles-mêmes entre femmes
01:06:11contre leur oppression.
01:06:12Vous avez reconnu peut-être la voix de Simone de Beauvoir.
01:06:15Et là, c'est ce qui a été filmé.
01:06:17Vous voyez, le centre produisait.
01:06:18Elle faisait des captations, ce qu'on fait toujours aujourd'hui,
01:06:21de manifestations de rue, mais aussi de colloques universitaires, etc.
01:06:24Et là, tout l'enterrement de Simone de Beauvoir a été filmé.
01:06:28Les images sont impressionnantes,
01:06:29parce qu'on voit une foule de personnes de tous les âges,
01:06:31de tous les milieux,
01:06:33avec beaucoup de femmes, mais aussi des hommes.
01:06:35Il y a vraiment une grande quantité de femmes
01:06:37qui était présente.
01:06:38Et donc, Delphine Serig a recueilli,
01:06:40et le centre aussi,
01:06:42les banderoles,
01:06:42enfin, les petites...
01:06:43Tout ce qui avait été donné...
01:06:46Pas les banderoles, mais les...
01:06:47Comment on appelle ça ?
01:06:49Vous voyez, en fait, ce qu'on met sur les fleurs.
01:06:51Bref, les rubans, pardon.
01:06:53Voilà, j'ai trouvé le mot.
01:06:54Les rubans.
01:06:54Et donc, il y avait toute cette collection de rubans.
01:06:57Malheureusement, on ne les a pas retrouvés.
01:06:58Quelqu'un a dû, je ne sais pas, les emporter.
01:07:01Donc, je passe les collections du centre.
01:07:04Juste pour vous montrer les catalogues
01:07:05qui ont été faits juste avant la fermeture
01:07:07du centre audiovisuel Simone de Beauvoir,
01:07:09qui ferme en 92 pour des raisons financières
01:07:11et d'organisation.
01:07:12Vous reconnaissez le profil, peut-être,
01:07:15de Delphine Serig, qui filme.
01:07:17Et à gauche, c'est Simone de Beauvoir
01:07:19à tous les âges de sa vie.
01:07:21Donc, il y avait un catalogue papier qui existait.
01:07:24Et pour l'anniversaire, donc, du centre,
01:07:27un autre catalogue a été créé.
01:07:29Et pareil, on voit de nouveau Delphine Serig,
01:07:32donc, en profil.
01:07:34Alors là, on fait un grand bond en avant.
01:07:36Donc, le centre a fermé en 93,
01:07:37mais il a réouvert en 2003 avec une toute nouvelle équipe.
01:07:42Et vous voyez que maintenant, ça fait 23 ans qu'il existe.
01:07:45Je fais juste une petite parenthèse.
01:07:47Quand il a réouvert, on nous a dit
01:07:48que la vidéo féministe, ça n'intéressait personne.
01:07:52Donc, il devait y avoir une erreur quelque part.
01:07:55À partir des années,
01:07:57donc, le centre a redémarré, etc.,
01:08:00a fait beaucoup de numérisation,
01:08:01de restauration de ses films.
01:08:03Et deux commissaires d'exposition et universitaires
01:08:07vont nous proposer de faire une exposition
01:08:10autour de l'histoire de Delphine Serig,
01:08:11de la vidéo féministe.
01:08:13Et ça va donner lieu à la première exposition en 2019,
01:08:16donc, au LAM de Villeneuve d'Ascq,
01:08:18donc, près de Lille,
01:08:19avec, donc, à la fois des vidéos,
01:08:21des textes, des journaux.
01:08:23Il y aura même des costumes aussi,
01:08:25donc, tout autour de Delphine Serig.
01:08:27Et cette exposition va aussi aller
01:08:29au Reina Sofia à Madrid,
01:08:31à Stuttgart, à Vienne.
01:08:33Et ensuite, on va faire deux autres plus centrés
01:08:37sur Delphine et le centre audiovisuel Simone de Beauvoir,
01:08:40à la fois à Paris, donc à la Cité internationale des arts,
01:08:44puis à la Filmoteca des Catalunias à Barcelone.
01:08:48Et on avait l'intention de continuer notre tour du monde,
01:08:51mais bon, voilà, il faut trouver de l'argent
01:08:53pour pouvoir continuer.
01:08:55Je vais peut-être passer...
01:08:58Je regarde l'heure.
01:09:00Cinq minutes ?
01:09:04Je vous montre un extrait de Delphine et Carole à Saumuse.
01:09:11Et là, votre féminisme, au fond, consiste en quoi ?
01:09:18Consiste d'abord à ma communication avec d'autres femmes.
01:09:22Je crois que c'est ça, la première chose,
01:09:24c'est d'écouter d'autres femmes parler
01:09:26et puis de leur parler de soi aussi.
01:09:29Moi, j'ai un grand besoin de ça.
01:09:30Je ne pourrais pas vivre si je n'avais pas ça,
01:09:33si je ne pouvais pas parler avec d'autres femmes,
01:09:35de moi, d'elle et de toutes les autres.
01:09:42La fin est un peu abrupte, mais c'est fini.
01:09:45J'ai un petit peu accéléré parce qu'il y avait des passages un peu longs.
01:09:48Donc, en fait, ce que je voulais,
01:09:50par tous ces extraits que je vous ai montrés,
01:09:53photos, etc.,
01:09:54c'est vous montrer le parcours extrêmement riche,
01:09:56et il n'y a pas tout,
01:09:58de Delphine Serig,
01:09:59mais vous donner une idée un peu de tout ce sur quoi elle a travaillé,
01:10:03à la fois en vidéo,
01:10:04mais aussi son engagement pour le sentiment de voir,
01:10:06son engagement pour les droits humains,
01:10:08en règle générale.
01:10:10Parce que là, je vous ai montré ce qui concernait plus
01:10:13ses actions par rapport à des femmes,
01:10:14mais c'est quelqu'un aussi qui a soutenu Amnesty International,
01:10:17qui a fait des clips,
01:10:20qui est intervenu,
01:10:21qui a fait des visites.
01:10:22Il y a des choses aussi dont elle ne parlait pas,
01:10:24de façon officielle, on va dire,
01:10:26mais qu'elle faisait.
01:10:28Donc, c'est quelqu'un qui avait vraiment une activité de soutien,
01:10:30et qui, en même temps,
01:10:31continuait à travailler au théâtre.
01:10:33Alors, à partir des années,
01:10:35le milieu des années 70,
01:10:37en 75,
01:10:38elle va avoir trois films
01:10:39dans lesquels elle joue au Festival de Cannes,
01:10:41et ensuite,
01:10:42il va commencer à y avoir,
01:10:44on va dire,
01:10:44une descente dans son travail,
01:10:46parce qu'elle n'est pas appréciée
01:10:48sur les plateaux de cinéma,
01:10:50pour son féminisme,
01:10:51mais aussi parce qu'elle défendait
01:10:52les techniciennes et les techniciens,
01:10:54parce qu'on parle toujours de son féminisme,
01:10:56et son féminisme,
01:10:57ça concerne aussi les droits humains
01:10:58et les droits des travailleuses et des travailleurs,
01:10:59et donc,
01:11:00elle va aussi avoir certains producteurs
01:11:04et certains acteurs aussi
01:11:05qui vont dire,
01:11:06ah non,
01:11:07si c'est avec Delphine Serric,
01:11:08c'est pas la peine.
01:11:09Donc, elle va comme ça avoir des refus,
01:11:11et elle va pouvoir continuer à travailler au théâtre.
01:11:14Alors, je ne dis pas que le théâtre est exon
01:11:16de tout problème par rapport aux femmes et au féminisme,
01:11:20mais en tout cas,
01:11:20elle va trouver là,
01:11:21quand même,
01:11:22une façon de continuer à travailler,
01:11:24de pouvoir exprimer tout son talent,
01:11:28puisque c'est quelqu'un quand même,
01:11:30je ne sais pas si vous avez eu l'occasion
01:11:31de l'avoir au théâtre,
01:11:32mais c'était quelqu'un qui avait
01:11:33un grand talent de comédienne,
01:11:34à la fois au cinéma,
01:11:35mais aussi au théâtre.
01:11:36Et c'était aussi une grande lectrice,
01:11:40lectrice pour elle-même,
01:11:41mais aussi qui lisait des textes
01:11:43avec beaucoup de passion.
01:11:47Et ensuite,
01:11:48quand elle va,
01:11:49donc la partie sur le sentiment de Beauvoir,
01:11:51c'est pour montrer aussi
01:11:52son engagement au quotidien,
01:11:53parce que quand on joue,
01:11:55et qu'en même temps,
01:11:55on doit gérer aussi un centre
01:11:57avec les questions de subvention,
01:12:00de fonds qui sont à trouver.
01:12:02Et moi,
01:12:03je garde en mémoire le fait
01:12:04qu'elle et Simone de Beauvoir
01:12:06nous accompagnaient
01:12:07dans des ministères
01:12:09pour trouver des subventions.
01:12:11Donc,
01:12:11c'était pas mal d'avoir,
01:12:12d'un côté Delphine Serric,
01:12:14de l'autre Simone de Beauvoir,
01:12:15pour poser son dossier.
01:12:16Ça faisait un certain effet,
01:12:18quand même,
01:12:19aux ministres qui nous recevaient.
01:12:22Voilà,
01:12:22je voulais,
01:12:23maintenant,
01:12:24si vous avez des questions,
01:12:25des commentaires,
01:12:26des choses qui ont été un peu vides,
01:12:28qui vous ont...
01:12:30Il y a un micro qui peut circuler.
01:12:33Bonsoir,
01:12:33je voudrais savoir,
01:12:34je la connais pas trop,
01:12:35je la connais de nom,
01:12:36je voudrais savoir
01:12:37quel est le fil de sa vie
01:12:38qui l'a entraînée
01:12:39dans le combat féministe,
01:12:40parce que,
01:12:40à ces époques,
01:12:41il y avait des combats féministes,
01:12:43mais pourquoi elle s'est vraiment engagée
01:12:44toute sa vie
01:12:45dans ce domaine-là ?
01:12:50Alors,
01:12:51pourquoi elle s'est engagée ?
01:12:54Je pense que c'est quelqu'un,
01:12:55elle l'explique dans certains,
01:12:57dans certains,
01:12:59certains entretiens qu'elle a eus
01:13:00avec des journalistes à la télé
01:13:01ou par écrit.
01:13:03Elle dit qu'elle avait toujours senti
01:13:05quelque chose qui l'a dérangée,
01:13:06mais sans savoir exactement quoi
01:13:07par rapport à la situation des femmes.
01:13:09Elle parle aussi de l'influence de sa mère.
01:13:12Et puis après,
01:13:13il y a toute son expérience
01:13:14au cinéma et au théâtre,
01:13:16et je pense notamment
01:13:17à l'année dernière à Marianne Bannes.
01:13:19C'est-à-dire que pendant toute une époque,
01:13:20elle a été aussi cette star adulée.
01:13:23Et beaucoup de personnes pensaient
01:13:25que c'était quelqu'un de,
01:13:27voilà, un petit peu qui avait,
01:13:29qui était un peu au-dessus
01:13:30des réalités du monde
01:13:31et qui était cette très belle femme
01:13:32qui portait de la haute couture, etc.
01:13:35Et elle, il y a eu un moment
01:13:36où il y a eu un espèce de,
01:13:38de, comment dire,
01:13:39de clash dans sa vie
01:13:40où elle a eu envie
01:13:41d'être une autre,
01:13:43de faire autre chose.
01:13:45Et je pense que,
01:13:45mais je ne peux pas parler à sa place.
01:13:47Ça, c'est ce que je recoupe
01:13:48par rapport à tout ce qu'elle a pu dire.
01:13:50C'est-à-dire qu'elle a pris conscience aussi,
01:13:52bon, il y a eu 68,
01:13:54mais il y a eu surtout
01:13:54le mouvement de libération des femmes.
01:13:56Et elle a commencé à s'intéresser
01:13:58à tous ces mouvements
01:14:00qui naissaient en France et ailleurs.
01:14:02Et je pense que c'est là,
01:14:03elle s'est rendue compte
01:14:04qu'elle aussi,
01:14:05elle avait un intérêt personnel
01:14:08et elle avait une conviction,
01:14:09en fait, politique,
01:14:10qu'il fallait faire quelque chose
01:14:11par rapport à la situation des femmes
01:14:13en France et dans le monde.
01:14:15Parce qu'elle a très vite,
01:14:16en fait, eu cet intérêt.
01:14:17Alors, c'était quelqu'un
01:14:18d'une famille déjà très cosmopolite.
01:14:20Elle est née au Liban,
01:14:21à Beyrouth,
01:14:22parce que son père
01:14:22est la personne
01:14:24qui a fondé, en fait,
01:14:26l'école d'archéologie à Beyrouth.
01:14:27Et si vous allez à Beyrouth,
01:14:29au musée d'archéologie,
01:14:30il y a une plaque
01:14:30au nom du père
01:14:31de Delphine Serig.
01:14:33Donc, elle avait déjà cette...
01:14:35Après, elle a été aux Etats-Unis.
01:14:36Donc, elle a aussi travaillé
01:14:38aux Etats-Unis.
01:14:39Donc, c'est quelqu'un...
01:14:40Sa famille venait en partie de Suisse.
01:14:41Donc, il y a aussi cet aspect cosmopolite
01:14:43qui l'a certainement influencé.
01:14:45Mais elle a toujours eu un intérêt
01:14:47pour tous les pays du monde
01:14:48et toutes les situations.
01:14:50C'est quelqu'un qui a...
01:14:50Enfin, ça, je peux vous le dire
01:14:51pour l'avoir vécu
01:14:53en travaillant avec elle.
01:14:55qu'elle avait vraiment
01:14:56ce regard très international
01:14:58et très ouvert.
01:15:02Je ne sais pas si j'ai répondu
01:15:03à votre question, mais...
01:15:04Alors, il y a plusieurs...
01:15:05Il y a beaucoup de livres
01:15:06sur Delphine Serig.
01:15:07Au moins cinq, maintenant, je crois.
01:15:09Plus une BD.
01:15:10Alors, avec...
01:15:11Moi, je ne vais pas vous dire
01:15:12ce que j'aime et ce que je n'aime pas,
01:15:13mais bon...
01:15:14Mais en les croisant,
01:15:15si ça vous intéresse,
01:15:16je vous conseille d'aller en bibliothèque
01:15:17ou de les acheter comme vous voulez,
01:15:18mais de les lire
01:15:20parce que ça vous fait
01:15:20un portrait croisé
01:15:22de Delphine Serig.
01:15:23Donc, il y a des auteurs
01:15:24qui s'intéressent plus, justement,
01:15:26à la comédienne de fiction.
01:15:28D'autres qui vont plus s'intéresser
01:15:30aussi à son parcours de féministe
01:15:32ou de comédienne de théâtre.
01:15:34Et puis, vous allez trouver aussi
01:15:35des livres qui croisent
01:15:37les trois aspects de sa vie.
01:15:41Moi, je vous conseillerais
01:15:42le livre de Jean-Marc Lalanne,
01:15:43en fait, qui est paru
01:15:44il n'y a pas très longtemps,
01:15:45que je trouve vraiment intéressant.
01:15:48Oui, bonsoir.
01:15:49Je me sens aussi Delphine Serig
01:15:51qui a été intéressée
01:15:52par les luttes LGBT
01:15:54et quelles sont les connexions
01:15:55du centre Simone de Beauvoir
01:15:58avec les archives LGBT ou autres ?
01:16:02Alors, effectivement,
01:16:04quand je disais que Carole
01:16:05a fait des vidéos très tôt,
01:16:09elle a filmé, par exemple,
01:16:10la première marche,
01:16:14enfin, manifestation.
01:16:15Alors, à l'époque,
01:16:16on aurait dit lesbienne,
01:16:17gay, trans,
01:16:18mais on va dire LGBTQIA+,
01:16:19pour simplifier.
01:16:20Donc, en 71,
01:16:22qui était donc un groupe
01:16:23qui s'était inséré
01:16:24dans la manifestation
01:16:26du 1er mai
01:16:26et où il y avait aussi
01:16:27eu des heures.
01:16:28On a donc un film chez nous
01:16:29qui s'appelle
01:16:30Le Phare,
01:16:31le Front Homosexuel
01:16:32d'Action Révolutionnaire,
01:16:33où on voit à la fois
01:16:33cette manifestation
01:16:35et on voit aussi
01:16:36les débats qu'il y a eu,
01:16:38en fait,
01:16:39dans les groupes LGBT
01:16:41avec aussi d'autres personnes
01:16:42qui n'étaient pas de ces groupes
01:16:43mais qui étaient des activistes
01:16:44à l'université de Vincennes.
01:16:46Donc, on a ce document
01:16:47chez nous
01:16:47qui montre cette lutte-là.
01:16:49et par exemple,
01:16:50quand elles ont créé le centre,
01:16:52évidemment,
01:16:52il fallait sauvegarder
01:16:53toutes ces vidéos
01:16:54dans cette vidéo-là
01:16:55et autant Carole
01:16:58que Delphine
01:16:58que Johanna
01:16:59étaient très concernées
01:17:01et sensibles
01:17:02à ces questions.
01:17:04Et le centre lui-même
01:17:05a une collection de films
01:17:06depuis les années 70
01:17:07jusqu'à aujourd'hui
01:17:08et fait encore rentrer
01:17:09des films
01:17:10qui concernent
01:17:11de façon large
01:17:12les questions LGBT
01:17:13dans le monde.
01:17:13Et d'ailleurs,
01:17:14le 19 octobre,
01:17:15nous avons une projection
01:17:17d'un film,
01:17:18alors j'ai encore oublié
01:17:19de prendre le nom
01:17:20de la...
01:17:20Donc, cette photographe tchèque,
01:17:22elle a à la fois documenté
01:17:24l'arrivée des chars russes
01:17:25à Prague
01:17:25mais elle a aussi documenté
01:17:27toute la vie LGBT
01:17:28de son époque,
01:17:30elle-même lesbienne,
01:17:31donc ça l'intéressait aussi.
01:17:33Donc, voilà,
01:17:34c'est un film
01:17:35qui vient de rentrer
01:17:35dans nos collections.
01:17:38Et par rapport
01:17:39alors aux archives,
01:17:40on est en contact
01:17:41et moi-même,
01:17:41j'ai fait partie
01:17:42pendant tout un temps
01:17:43du collectif archive LGBT
01:17:44de Paris et d'Île-de-France.
01:17:46Maintenant,
01:17:46je n'y suis plus
01:17:47parce que j'ai trop
01:17:48de travail par ailleurs
01:17:48mais donc on a des connexions
01:17:50très proches
01:17:51avec d'autres groupes aussi
01:17:51qui sont en France
01:17:52et aussi avec les bases
01:17:55de données
01:17:55qui concernent
01:17:56donc pas que le cinéma LGBT
01:17:58mais aussi toute la culture.
01:18:00Donc, il y a toujours
01:18:00une connexion
01:18:01depuis le début.
01:18:04Et d'ailleurs,
01:18:05ce soir,
01:18:05mais je n'ai pas...
01:18:06Enfin, il y avait
01:18:07trop de choses déjà.
01:18:08Je voulais vous montrer
01:18:09aussi des images
01:18:10que Delphine Serig a tournées
01:18:12mais qui sont totalement inédites.
01:18:14Il faudra qu'on les montre
01:18:14à une autre occasion.
01:18:16Et dans lesquelles,
01:18:16d'ailleurs,
01:18:17je souhaitais...
01:18:18Enfin, je souhaitais le montrer
01:18:19et en même temps,
01:18:19je ne savais pas
01:18:20si c'était vraiment le moment.
01:18:21Dans lesquelles,
01:18:22on voit Hélène Azera
01:18:23qui vient de décéder
01:18:25qui jouait dans une pièce
01:18:26avec Marie-France
01:18:27que vous connaissez peut-être
01:18:28qui est une chanteuse trans aussi
01:18:31et donc,
01:18:32elles avaient fait une pièce
01:18:33autour d'un texte.
01:18:37Alors,
01:18:38c'était autour
01:18:39de Marilyn Monroe
01:18:41et ça n'a jamais été monté
01:18:43en fait.
01:18:43Elle a tourné,
01:18:44tourné, tourné
01:18:45et ça n'a jamais été monté
01:18:46mais on a ses archives
01:18:47chez nous.
01:18:48Et donc,
01:18:48à l'occasion,
01:18:49il faudra qu'on les montre
01:18:50à la fois pour rendre hommage
01:18:52à Hélène Azera
01:18:52mais aussi à ce travail
01:18:53de Delphine Serig
01:18:55qui avait pris sa caméra
01:18:58parce qu'en fait,
01:18:58je ne sais pas si je l'ai assez dit,
01:19:00souvent,
01:19:00elles prenaient leur caméra
01:19:01comme ça,
01:19:01elles partaient
01:19:02filmer quelque chose.
01:19:03Il n'y avait pas de production,
01:19:05pas forcément d'argent
01:19:06pour le faire.
01:19:07Elles achetaient quelques mobiles
01:19:08ensuite elles montaient,
01:19:09elles achetaient quelques bandes,
01:19:10elles montaient les vidéos
01:19:11et voilà.
01:19:13Après,
01:19:13on s'occupait de trouver
01:19:14de l'argent pour terminer
01:19:15mais ce n'était pas
01:19:16la préoccupation première.
01:19:17Elles ont quand même filmé
01:19:19elles et d'autres aussi
01:19:20comme le collectif Vidéa
01:19:21ou d'autres collectifs.
01:19:22On fait beaucoup
01:19:23en fait de documents militants
01:19:25sans avoir de production
01:19:27au départ.
01:19:28Et l'autre chose aussi
01:19:30qui est caractéristique
01:19:31de ces années-là,
01:19:33ce qu'on n'a pas vu
01:19:33dans le générique là,
01:19:35c'est que la plupart
01:19:35des féministes qui filmaient
01:19:37signaient uniquement
01:19:38de leur prénom
01:19:38et pas de leur nom de famille.
01:19:40Donc des fois,
01:19:41on doit faire
01:19:42des petites enquêtes
01:19:42pour savoir
01:19:43mais qui était
01:19:43cette Jeannine
01:19:44qui a signé
01:19:45ou qui était
01:19:46cette Danielle ?
01:19:48Alors heureusement,
01:19:48par le réseau
01:19:49et par les connaissances,
01:19:50on finit par trouver.
01:19:51Et la volonté,
01:19:53c'était parce que
01:19:54en France,
01:19:56en général,
01:19:57vous avez le nom
01:19:58du père,
01:19:59ce qui n'est pas le cas.
01:20:00Moi, je m'appelle
01:20:01Fernand Desferrer,
01:20:02en Espagne,
01:20:02ce n'est pas du tout
01:20:03révolutionnaire,
01:20:03mais en Espagne et en Portugal,
01:20:04on a toujours le nom
01:20:05des pères et des mères.
01:20:07Donc on n'a pas cette...
01:20:07Donc en fait,
01:20:08la volonté de signer
01:20:09que par les prénoms,
01:20:10c'était de ne pas mettre
01:20:11le nom du père en fait.
01:20:12Ce qui n'est pas
01:20:13une invention
01:20:13des féministes
01:20:14des années 70
01:20:16puisque si je me souviens bien,
01:20:17les Saint-Simoniennes
01:20:18faisaient déjà ça
01:20:19donc ça remonte
01:20:20à bien plus longtemps.
01:20:21Elle est comme projet
01:20:23inachevé.
01:20:23Elle voulait aussi
01:20:25rendre hommage
01:20:25à sa mère,
01:20:26Hermine de Saussure
01:20:27et donc on n'a rien
01:20:29comme...
01:20:30Parce qu'à la fin
01:20:31de sa vie,
01:20:32elle devait...
01:20:33Je ne sais pas
01:20:34qui elle avait dit
01:20:35qu'elle voulait...
01:20:37Non,
01:20:38il y a beaucoup de projets
01:20:38mais je crois
01:20:39que s'il y a des cinéastes
01:20:40dans la salle,
01:20:41tout le monde le sait,
01:20:42on écrit beaucoup de choses,
01:20:43on fait des projets,
01:20:44on cherche de l'argent
01:20:45et puis après...
01:20:45Bon,
01:20:46elle a été rattrapée aussi
01:20:47par sa maladie.
01:20:48Donc Hermine de Saussure,
01:20:49sa mère qu'on appelait Miette
01:20:51et donc cette femme
01:20:52aussi aventurière
01:20:54et non,
01:20:55elle n'a pas terminé.
01:20:56Il existe quelques...
01:20:57Quelques rushs,
01:20:58quelque chose ?
01:20:59Parce que pour,
01:21:00par exemple,
01:21:00le projet...
01:21:02Bon,
01:21:03Babette Mangold
01:21:03a fait quelque chose...
01:21:05Enfin,
01:21:05je n'ai pas encore vu
01:21:06le documentaire
01:21:07qui va passer,
01:21:08je crois,
01:21:08dans le cycle.
01:21:09Oui,
01:21:09le film s'appelle
01:21:11Calamity Jane
01:21:12et Delphine Serig
01:21:13A Story.
01:21:14Donc c'est Babette Mangold
01:21:15qui est une cadreuse
01:21:16et une photographe
01:21:17qui a notamment
01:21:18fait le cadre
01:21:18de Jeanne Dielmann,
01:21:20donc vous la connaissez
01:21:21peut-être comme ça,
01:21:22mais qui est aussi
01:21:23une grande photographe
01:21:23qui a reçu un prix
01:21:24il y a quelques années
01:21:25à Arles
01:21:26pour l'ensemble
01:21:27de son travail.
01:21:28Elle a effectivement...
01:21:29Mais elle n'a rien
01:21:30sur la mère de Delphine
01:21:32dans le film.
01:21:32Ça porte.
01:21:34Quelqu'un m'a dit
01:21:34qu'en ce moment,
01:21:35je crois que c'est à Lausanne,
01:21:36il y a deux expositions
01:21:37consacrées à Hermine de Saussure
01:21:39parce que c'était
01:21:39une grande amie
01:21:40d'Ella Maillard
01:21:40donc comme Ella Maillard
01:21:42est quand même très connue.
01:21:43Voilà, c'était juste...
01:21:44Oui, et La Maillard
01:21:44est plus connue
01:21:45qu'Hermine de Saussure
01:21:46en effet.
01:21:47Oui, Hermine de Saussure
01:21:48était l'amie de Genèse,
01:21:50c'était La Maillard
01:21:50et voilà.
01:21:52Oui, elle faisait
01:21:53du bateau ensemble
01:21:54notamment.
01:21:55Oui, c'est vrai
01:21:56qu'elles ont fait
01:21:56beaucoup de choses ensemble.
01:21:57Mais elle ne faisait pas
01:21:58le tour du lac de Genève,
01:21:59elle faisait du bateau.
01:22:00Oui, je sais
01:22:01parce que justement,
01:22:02moi j'ai lu des...
01:22:03parce que j'avais une amie
01:22:03qui connaissait bien
01:22:04La Maillard
01:22:05qui allait lui rendre visite
01:22:06à Chandelin
01:22:06et j'ai connu...
01:22:11Oui, dès le début
01:22:12des années 90,
01:22:13je connaissais bien
01:22:14La Maillard
01:22:14par cette amie
01:22:15qui me racontait
01:22:16plein de choses, etc.
01:22:17Vous pouvez trouver
01:22:18si ça vous intéresse
01:22:19sur le site
01:22:20de la télévision suisse romande
01:22:22TSR,
01:22:22on trouve quelques documents,
01:22:25en fait quelques entretiens.
01:22:27Merci.
01:22:35Alors, je vous invite
01:22:36si vous n'en avez pas marre
01:22:38de Delphine Sérig
01:22:38et de moi
01:22:39à venir
01:22:40à la prochaine séance
01:22:41où vous aurez
01:22:42trois courts-métrages
01:22:43donc Inès
01:22:47Ascom Manifesto
01:22:48et on en a parlé tout à l'heure
01:22:49et Il n'y a pas qu'à baiser.
01:22:50Et il n'y a qu'à pas baiser.
01:22:52Alors, il y a...
01:22:53Donc, je redis
01:22:54que pour...
01:22:55Parce que là, dans Inès,
01:22:56en fait,
01:22:57je n'ai pas mis
01:22:57la partie la plus violente.
01:23:00Donc, dans Inès,
01:23:00il y a des choses
01:23:01quand même qui sont difficiles
01:23:02et dans Il n'y a qu'à pas baiser,
01:23:04on voit un avortement
01:23:05en temps réel
01:23:06par la méthode Carman
01:23:07donc d'aspiration.
01:23:07Donc, s'il y a
01:23:08des personnes sensibles,
01:23:09vous pouvez sortir,
01:23:10baissez la tête
01:23:11mais vous ne vous sentez pas gêné
01:23:12parce qu'on n'est pas
01:23:13forcément à l'aise
01:23:14avec ces images.
01:23:14Il n'y a rien de violent.
01:23:16Ça se passe très bien.
01:23:17La femme même rit
01:23:18et dit qu'elle a faim
01:23:19à la fin de l'avortement.
01:23:20Donc, ce n'est pas dramatique
01:23:22mais c'est quand même
01:23:23des images qui peuvent choquer.
01:23:24Donc, il ne faut pas
01:23:24se sentir gêné
01:23:26de ne pas les supporter.
01:23:28Je vous remercie beaucoup.
01:23:29Merci.
01:23:30Et si vous voulez...
01:23:32Applaudissements
01:23:33À la sortie,
01:23:35vous avez dû voir,
01:23:36il y a des affiches
01:23:36et des documents
01:23:37sur le centre.
01:23:38Donc, soit vous pouvez
01:23:39soutenir le centre
01:23:40en achetant des affiches
01:23:40mais vous pouvez aussi
01:23:41faire des dons.
01:23:42Toutes les sommes sont acceptées,
01:23:44bien sûr.
01:23:45Et voilà.
01:23:46Et je vous remercie beaucoup.
01:23:49Applaudissements
01:23:50Applaudissements
01:23:54Applaudissements
01:23:54Applaudissements
01:23:56Sous-titrage FR ?