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  • il y a 19 ans
Le Making Of de TERMINUS, une pièce de theatre qui s'est jouée du 9 mai au 13 juin 2006 à l'Espace Rachi et qui est en tournée dans toute la France depuis le mois de septembre 2006.

Une pièce de Hadrien RACCAH
Mis en scène par ANNE BOUVIER

Avec Hadrien RACCAH
Vincent BARBIER
Gina NDJEMBA

L’attente d’une vie nouvelle
Hiver 1947. A quelques heures de New York. Trois individus se retrouvent devant un arrêt de bus avec le même désir : tenter l'aventure du « Rêve Américain ». James, irlandais, des images plein la tête veut conquérir Hollywood. Sur un banc est assise Dorothy, chanteuse de Jazz métisse qui veut tout recommencer. Puis arrive Aaron, juif polonais, qui ne sait pas encore ce qu'il veut faire du lendemain. Au bout de cette attente, au bout du chemin. Terminus.

Note de l'auteur
Cette route au milieu de nulle part… Où nous mène-t-elle cette route ? Aujourd’hui, le brouillard… Et demain ? Il y a ce banc, cet arrêt de bus et puis rien… Il y a le silence. Trois personnages, trois destins se retrouvent ici. Terminus New York. Demain tout sera différent mais aujourd’hui tout est à faire, tout est à reconstruire. James, Dorothy et Aaron se retrouvent aujourd’hui, au carrefour de leur vie. L’attente d’un bus, l’attente d’une vie nouvelle. Comment se trouver, comment se réaliser malgré un passé lourd, malgré une histoire forte. Où trouver la force de dépasser la souffrance ?

Comment Aaron peut-il survivre après les camps de concentration ? Comment survivre lorsque l’on n’a plus de famille ? Comment donner un sens à sa vie quand sa vie n’a plus de sens ?

Dorothy malgré la ségrégation, malgré les humiliations veut s’en sortir grâce au chant. Les rêves de Dorothy sont plus grands que la vie. Elle a été grande chanteuse de cabaret, grande actrice de cinéma, a connu beaucoup d’hommes… Réalité ? Imaginaire ?

Et James, semblable à beaucoup d’irlandais qui ont émigré aux Etats-Unis. James, ce jeune homme ambitieux qui tente d’oublier une enfance sans histoire, une enfance sans amour, entre un père absent et une mère alcoolique. Chacun sa souffrance. James aime l’Amérique, l’Amérique des stars et d’Hollywood. Le monde imaginaire, le monde du rêve et de l’espoir. James veut devenir acteur, il rêve devant Charles Chaplin ou Clark Gable. Il veut croire que tout est possible, qu’il pourra un jour accéder à ce bonheur qui paraît aujourd’hui si loin. Si loin ? Parfois le bonheur vous attend au prochain arrêt de bus…

Le but de cette pièce n’est pas d’apporter les réponses aux questions qu'elles posent. Le spectateur est libre d’interpréter comme il l’entend la fin de l’histoire. L’important n’est peut-être pas la fin mais le chemin. James deviendra-t-il un grand acteur hollywoodien ? Dorothy (re ?) deviendra-t-elle une grande chanteuse ? Aaron parviendra-t-il à reconstruire sur des cendres ? Je l’espère mais je ne le sais pas. En revanche la rencontre, le moment passé ensemble à attendre ce bus qui ne vient pas, aura probablement une influence sur leur vie future. Peut-être que cette attente sur ce banc, au milieu de nulle part permettra à chacun (de nous ?) d’y voir plus clair.

Aujourd’hui encore ce problème subsiste. J’ai situé cette pièce à la fin des années 40 mais elle est toujours d’actualité. Les questions que se posent les personnages sont les questions que nous nous posons encore aujourd’hui. La question du lendemain est intemporelle. À vingt ans la vie est devant soi, mais que faire ?

Terminus n’est pas une pièce sur le désespoir mais sur l’espoir. Que reste-t-il du « rêve américain » aujourd’hui ? Nos personnages se tournent vers une image qu’ils ne connaissent pas. L’inconnu, l’imaginaire les attire non pour ce qu’il est mais pour ce qu’il représente. Aujourd’hui, ce n’est peut-être plus l’Amérique qui fait rêver. Aujourd’hui, chacun a son Amérique…
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