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  • il y a 7 minutes
À six mois de l'élection présidentielle, le candidat insoumis Jean-Luc Mélenchon a tenu un meeting au Bourget pour présenter son programme ce samedi 7 novembre. Édouard Philippe (Horizons) a participé à un débat aux Rencontres de l'Avenir dans le Var. Fabien Roussel, candidat PCF à la présidentielle était aussi l'invité de BFMTV ce samedi 7 novembre.

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Transcription
00:00Bonjour Fabien Roussel. Bonjour Alice Darfeuille. Merci de nous recevoir au siège du Parti communiste à Paris.
00:06Vous, candidat à la présidentielle, vous dites vouloir mener une campagne heureuse, je vous cite,
00:13mais est-ce possible dans un pays franchement si fracturé et si tendu ?
00:19C'est une manière de dire que je refuse les discours déclinistes, catastrophiques, guerriers,
00:28ou à tous mourir à cause du climat, des guerres et des difficultés que l'on connaît.
00:33Ce n'est pas les nier. C'est une manière de dire aussi que l'on a plein d'atouts,
00:38plein de forces, plein d'énergie,
00:40une jeunesse qui a envie d'apprendre, qui a envie de s'engager pour le climat, qui conteste la guerre.
00:46Et donc, la campagne heureuse, c'est une manière de dire que l'on peut bâtir une France heureuse.
00:51Et je souhaite pouvoir porter ce message-là avec le sourire, avec l'espoir, avec l'envie de porter un
00:59message comme ça,
01:00bienveillant, constructif.
01:02Mais ça ne vous semble pas en décalage encore plus en ce moment avec ce qui se passe chaque semaine
01:08dans la rue ?
01:09Bien sûr.
01:10Est-ce que ce n'est pas un vœu pieux ?
01:12– Mais non, justement, c'est tout sauf un vœu pieux.
01:17C'est tout sauf un vœu pieux.
01:18On est aujourd'hui dans un pays qui, quels que soient d'ailleurs les candidats, les forces politiques,
01:24déclinent un discours sombre, décliniste, chacun l'habillant de différents mots
01:32et avec des propositions différentes.
01:34Or, je pense qu'on a besoin de mobiliser toutes les énergies, toutes les forces
01:40pour montrer que nous avons les ressources en nous, dans le peuple, dans nos savoir-faire, dans nos territoires.
01:46Nous avons tout pour pouvoir nous en sortir.
01:48Et c'est pour ça que je souhaite porter ce message.
01:51Et en fait, quand vous regardez les manifestations,
01:54bien sûr, il y a les images que la télévision tourne en boucle,
01:57des violences inadmissibles et insupportables.
01:59Mais il y a aussi toutes ces manifestations joyeuses, gays, familiales, musicales,
02:06qui, parfois même dans les cortèges parisiens, mais aussi dans des communes,
02:09des sous-préfectures, dans notre pays.
02:12Et c'est cette force-là que je souhaite pouvoir montrer aussi.
02:15Il y a de l'espoir. Moi, je souhaite le porter.
02:17– Avant de parler de l'espoir, on va évidemment le faire.
02:19Vous parlez vous-même des violences.
02:2270 000 forces de l'ordre mobilisées depuis maintenant quasiment trois semaines
02:28pour faire en sorte que les mobilisations se passent bien.
02:31C'est ça la solution.
02:33Il faut du bleu partout dans les rues en France
02:35pour que les mobilisations se tiennent à peu près calmement.
02:39– Mais il faut surtout des actes.
02:41Ce n'est pas du bleu qu'il faut, c'est des actes.
02:43Ce que l'on veut, c'est que le gouvernement produise des actes et rapidement.
02:47C'est-à-dire qu'il inscrive dans le projet de loi de finances
02:51des mesures pour l'école, pour nos lycéens, nos lycéennes, pour les étudiants.
02:56Des mesures pour le bâti, des mesures pour embaucher,
02:59former des enseignants et du personnel encadrant.
03:02On veut des actes sur les salaires, sur les retraites.
03:05On veut des actes sur la facture énergétique, sur l'essence,
03:09mais aussi l'électricité et le gaz.
03:11Vous savez que dans ma commune de Saint-Amant-les-Eaux,
03:14les gens commencent à s'inquiéter de la facture qu'ils vont avoir à payer
03:17dans les loyers, dans les HLM, parce que les charges vont exploser.
03:20Mais je l'entends partout, ça.
03:22Et donc, on veut des actes.
03:24Or, aujourd'hui, le gouvernement laisse les manifestants manifester,
03:29met beaucoup de bleu dans la rue, mais n'apporte pas de réponse.
03:33C'est pour ça qu'il y a une colère qui bouillonne et qui parfois déborde.
03:37– Mais des réponses seront apportées, a priori, lundi.
03:40Il y aura une conférence sociale.
03:41Vous nous direz quels actes vous attendez, vous en particulier.
03:44Mais malgré ça, nouveau samedi de mobilisation, ces dernières heures,
03:50les syndicats de l'Éducation nationale appellent d'ores et déjà à la grève le 10 novembre,
03:54sans attendre de savoir ce qui va être redit lundi.
03:57On a le sentiment quand même que, quelle que soit la réponse politique,
04:01elle sera insuffisante, que finalement, maintenant, c'est dans la rue que ça se joue.
04:05– Alors, je me permets de vous contredire, parce que j'ai bien lu les appels des organisations syndicales.
04:12Le 10 novembre, c'est un appel des organisations de jeunesse
04:16et des syndicats de l'enseignement supérieur.
04:18Parce que ce qu'a annoncé le gouvernement jusqu'à maintenant, pour eux, est insuffisant, largement insuffisant.
04:25Et donc, ils attendent à ce que le gouvernement aille plus loin.
04:29ouverture de place dans l'enseignement supérieur en nombre suffisant pour tous nos enfants.
04:33De l'argent immédiatement et pas des prêts sur 4 ans pour les régions, pour nos lycées.
04:39L'abrogation des parcours sup, ce sont des choses très concrètes qu'ils attendent.
04:43Et donc, ils appellent à manifester le 10 novembre prochain et nous en serons.
04:46– Mais il y aura des rencontres lundi, M. Roussel, c'est un moyen de faire pression.
04:49– Concernant les salaires, c'est mis à l'ordre du jour d'une conférence sociale,
04:55vous avez raison, qui va se tenir lundi.
04:58Et les syndicats disent déjà que s'ils ne sortent rien de ces rencontres,
05:04parce qu'ils en ont l'habitude, des conférences sociales,
05:07s'il n'y a pas un ordre du jour précis,
05:09s'il n'y a pas une direction qui est donnée par le gouvernement,
05:12il n'en sortira rien.
05:13Et à ce moment-là, effectivement, il faudra continuer de se mobiliser.
05:16Et nous en serons aussi.
05:18Jusqu'à ce que le gouvernement mette à l'ordre du jour une augmentation,
05:22pas seulement du SMIC, mais de l'ensemble des salaires.
05:25Vous savez que c'est ça le problème.
05:26Le SMIC est indexé sur l'inflation, mais pas l'ensemble des salaires.
05:31Ce qui fait qu'aujourd'hui, il y a une centaine de branches professionnelles,
05:33où il y a des salariés qui étaient au-dessus du SMIC il y a quelques années,
05:36ils sont en dessous aujourd'hui.
05:38Il y a les agents de la fonction publique qui ont des salaires en dessous du SMIC,
05:42et nous sommes obligés de verser une indemnité compensatrice
05:45qui ne cotise même pas la retraite.
05:47On a un vrai problème sur tous les salaires qui sont au-dessus du SMIC.
05:50Et ça, c'est une conférence sociale qui doit mettre à l'ordre du jour
05:54une augmentation généralisée des salaires.
05:57– Concrètement, qu'est-ce qui doit en ressortir de cette conférence sociale ?
06:00– Augmentation, dans quelles mesures, à quel niveau ?
06:03– C'est une augmentation généralisée des salaires.
06:05Nous demandons, nous, de porter le salaire, le SMIC, à 2200 euros brut.
06:12Brut parce que les cotisations, ça compte pour financer la protection sociale.
06:16La CGT porte une proposition qui n'est pas loin de celle-là.
06:19La CFDT propose 150 euros pour tous les salariés.
06:23La conférence sociale doit débattre de ces propositions
06:27et faire en sorte que les salaires au-dessus du SMIC,
06:31en fonction du niveau de salaire, augmentent progressivement
06:34et que les augmentations soient plus fortes pour les petits salaires,
06:37moins fortes pour les salaires plus élevés.
06:39Mais c'est comme ça que l'on met en musique
06:42une augmentation généralisée des salaires.
06:45Ça ne se fait pas par la loi.
06:46Il y a une loi, en revanche, qui devrait être prise rapidement,
06:51c'est le rétablissement de l'échelle mobile des salaires
06:54qui existait jusque dans les années 80,
06:56c'est-à-dire que l'ensemble des salaires augmentait automatiquement
07:00quand le SMIC augmentait.
07:02Comme cette loi a disparu,
07:04aujourd'hui, c'est une conférence sociale
07:06qui peut rétablir une augmentation généralisée des salaires.
07:10– Mais est-ce que du coup, il n'y a pas un côté quand même
07:13bon, allez-y, syndicats, organisation patronale,
07:16maintenant, à vous de trouver la solution, là où d'autres ont échoué ?
07:20Au contraire, vous dites, non, il est sain et il est sage
07:24que les corps intermédiaires reviennent au cœur de ces négociations.
07:28– Bien sûr, et vous avez raison, parce que tout le monde le dit,
07:31ces dernières années, les corps intermédiaires,
07:34les syndicats notamment, ont été méprisés.
07:37– C'est le grand retour des corps intermédiaires.
07:38– Vous avez bien vu que pendant la réforme des retraites à 64 ans,
07:42il y avait une unité syndicale, pendant tout le long de la contestation,
07:46tout le long du débat parlementaire, ils ont été méprisés,
07:49tout comme les millions de salariés qui ont manifesté.
07:51C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles il y a tant de colère aujourd'hui,
07:55parce que c'est tout ça qui ressort quelque part,
07:57on ne nous a jamais écoutés, et donc maintenant, on va aller jusqu'au bout.
08:00Voilà, ça c'est ce que j'entends en ce moment.
08:02Mais je reviens sur les corps intermédiaires.
08:04En fait, la démocratie sociale, c'est constitutif de notre démocratie.
08:10Or, cette démocratie sociale qui consiste à travailler
08:12avec les représentants des salariés notamment, mais le mouvement associatif aussi,
08:17eh bien, cette démocratie sociale, elle a été bafouée, méprisée.
08:21Il est important de l'écouter, mais il ne faudrait pas,
08:25il ne faudrait pas que le gouvernement ouvre une porte
08:28avec cette conférence sociale, sous-entendu on va vous écouter,
08:32mais que derrière, cette porte soit automatiquement fermée,
08:35en disant, c'est pas possible, on ne peut pas le faire.
08:36– Parce que c'est une possibilité, on est d'accord que c'est une possibilité.
08:40Hier, nous recevions sur BFMTV Michel Picon,
08:43qui représente les petites et moyennes entreprises,
08:46et qui disait, lui, il exprimait une grande inquiétude,
08:48et il disait, une augmentation de 100 euros du SMIC,
08:52rien que 100 euros, mettrait à terre des milliers de petites entreprises.
08:56– Mais c'est bien pour ça, c'est bien pour ça que je dis,
09:00je réaffirme que cette conférence sociale n'a de sens et de valeur
09:05que si le gouvernement met un ordre du jour précis,
09:09qui est-à-dire une augmentation généralisée des salaires,
09:11et les moyens pour accompagner les entreprises.
09:15– Quels moyens ?
09:15– Et donc, aujourd'hui, l'État, ça a été recensé
09:19par une commission d'enquête parlementaire,
09:22verse annuellement 211 milliards d'euros d'aides publiques aux entreprises,
09:27sous forme de subventions et de prêts.
09:29211 milliards d'euros versés indistinctement aux très grosses entreprises,
09:34comme aux petites, mais surtout les très grosses,
09:36sans rien leur demander en échange,
09:38y compris à des boîtes qui distribuent des centaines de milliards d'euros de dividendes.
09:42Ce n'est plus possible.
09:43Nous disons que dans le cadre d'une augmentation généralisée des salaires,
09:47il faut accompagner les petites,
09:48et ne pas aider celles qui n'en ont pas besoin.
09:52Et c'est pour ça qu'une augmentation des salaires dans le secteur privé
09:55doit se faire avec un dispositif d'accompagnement des entreprises.
09:59Et par exemple, je fais une proposition.
10:02Pourquoi ne pas baisser, ça c'est un autre dispositif,
10:05la facture énergétique des entreprises ?
10:07Nous sommes nombreux au Parlement à demander la baisse de la TVA
10:11sur le gaz, sur l'électricité, sur l'essence.
10:14Ce sera tout de suite des marges de manœuvre supplémentaires
10:17pour toutes les entreprises, y compris nos PME, nos TPE.
10:21Donc, des solutions pour donner des marges de manœuvre aux entreprises,
10:25aux petites boîtes, c'est possible.
10:27Mais il faut que le gouvernement l'indique
10:29et l'écrive dans le projet de loi de finances pour pouvoir le faire.
10:33– C'est-à-dire que ce soit intégré à la feuille de roue budgétaire
10:36qui est discutée en ce moment ?
10:38– Et mis dans le panier de la discussion de la conférence sociale.
10:41C'est-à-dire, c'est possible d'augmenter les salaires
10:44et nous allons vous accompagner et on va le faire ensemble.
10:46– Mais quand bien même c'est intégré à cette feuille budgétaire,
10:49cette feuille de roue budgétaire, vous voyez bien l'équivage politique du moment,
10:52Fabien Roussel, est-ce que ça a une chance d'être adopté ?
10:55– Il y a une augmentation de salaire à mettre dans le projet de loi de finances,
11:00c'est celui des agents publics.
11:01Ça par contre, ce n'est pas la conférence sociale qui va le régler.
11:03Ça c'est l'État employeur qui doit le faire.
11:06Donc il n'y a pas que la conférence sociale, il y a aussi le budget de l'État.
11:09Et là, je renvoie au mouvement social.
11:12Chaque député a quand même des comptes à rendre à ses électeurs et ses électrices
11:16quand même, qui sont nombreux aujourd'hui à manifester.
11:19Et ceux qui ne manifestent pas, qui n'en pensent pas moins.
11:21Mais si demain on met à l'ordre du jour une augmentation de 10 à 15%
11:26de l'ensemble des salaires, y compris des infirmières, des instituteurs, des enseignants,
11:32mais aussi des gardiens de la paix, fortement mobilisés, des douaniers,
11:38mais enfin, tout le monde va s'en satisfaire.
11:42Celui qui dira, je les entends à l'extrême droite dire, hors de question de faire ça,
11:46il faudra qu'il l'assume, il faudra qu'il vote contre à l'Assemblée nationale.
11:49Moi je veux la vérité des prix.
11:51Voilà, nous nous sommes pour, nous c'est clair.
11:54Je sais que l'extrême droite est contre.
11:56Mais c'est comme ça qu'on verra la vérité.
11:57Et comme ça dans 6 mois, quand il faudra voter pour les candidats à la présidentielle,
12:01eh bien on saura qui vote quoi sur les salaires.
12:04Mais en attendant donc, du coup, sur les mesures à très court terme,
12:07vous la semaine prochaine, vous attendez des annonces sur le SMIC,
12:11sur les salaires, mais aussi sur potentiellement la TVA.
12:15D'autres sujets, qu'est-ce qui vous ferait arrêter les mobilisations ?
12:20Un coup de pouce sur le SMIC, mais en même temps une indexation des salaires sur le SMIC,
12:25au syndicat de trouver le mécanisme.
12:27Deux, des mesures d'accompagnement, et notamment sur la facture énergétique,
12:31pour les entreprises, mais aussi pour les ménages.
12:34Ça, ce sont des mesures contre la vie chère.
12:36Le gaz augmente de 70% en un an, l'électricité de 50%, l'essence de 50%,
12:41c'est pas possible.
12:42Les salaires ne suivent pas.
12:43Donc il faut baisser la facture énergétique des Français.
12:47Ce sera du pouvoir d'achat supplémentaire pour consommer, justement.
12:50Et donc nous voulons des mesures de ce type,
12:52et bien sûr une hausse des salaires pour les agents de la fonction publique.
12:56Et enfin, écouter ce que disent nos lycéens et nos lycéennes.
13:00Je pense que c'est la moindre des choses d'accorder aux régions
13:02les moyens qu'il faut pour faire un vrai plan de rénovation de nos lycées.
13:07Et enfin, planifier l'embauche d'enseignants et d'enseignantes
13:11sur les 5 ans qui viennent,
13:12pour pouvoir augmenter le nombre de places en études supérieures,
13:15mais aussi avoir plus de professeurs dans nos lycées.
13:20– Vous avez dit aussi tout à l'heure, abrogation de parcours sup, immédiate.
13:23– Oui, l'abrogation de parcours sup, il faut le faire.
13:26– Pas tout de suite, ce n'est pas réaliste.
13:29– Écoutez, on a fait 100 parcours sup avant.
13:32Et il y a un diplôme qui donne la vérité des prix,
13:38quand on parle de sélection, il y a un diplôme qui fait la sélection.
13:42C'est le bac.
13:43Et le bac doit redevenir le diplôme sur lequel on se base
13:47pour permettre à des jeunes d'accéder aux études supérieures.
13:50Il est anonyme, il est le même pour tous.
13:52La réforme blanquer qui a instauré le contrôle continu est très inégalitaire.
13:58Il faut la faire sauter.
14:00Et de cette manière, on peut abroger parcours sup.
14:03– Vous avez très bien expliqué ce que vous attendez la semaine prochaine,
14:08quelle réponse, dans quel domaine.
14:10Mais franchement, Fabien Roussel, même s'il en avait envie,
14:13parce qu'on sent quand même que le gouvernement a pris la mesure de la situation,
14:17avec tous ces rendez-vous prévus la semaine prochaine,
14:19le gouvernement a-t-il vraiment les moyens, les moyens financiers,
14:23de répondre à ces demandes, à cette crise ?
14:26– D'abord, l'augmentation des salaires et des mesures fortes contre la vie chère,
14:30et notamment les factures énergétiques, c'est indispensable.
14:32Ne pas faire ça, c'est non seulement continuer d'attiser la colère,
14:39les inquiétudes des Français, des entreprises,
14:40mais c'est aussi conduire la France à la récession.
14:44C'est pour ça que j'insiste là-dessus.
14:46C'est une mesure importante pour relancer notre économie.
14:50Dire que nous n'avons pas d'argent, c'est entretenir l'idée que la France est pauvre,
14:59que la France n'est pas la septième puissance économique au monde,
15:03que la France est aujourd'hui devenue un pays sous-développé tellement il est endetté.
15:08C'est faux. C'est faux. Je le dis, je le clame, la France, elle est riche.
15:14Elle est riche, sauf que toutes nos richesses sont captées par quelques-uns.
15:19Des familles, des grands groupes, des actionnaires.
15:23Et nous demandons tout simplement, nous, que l'argent qu'ils détiennent,
15:27le capital qu'ils détiennent, et qui nous appartient, c'est nos richesses,
15:31nous, travailleurs, que nous produisons.
15:33Eh bien que ça redescende, c'est le ruissellement à l'envers.
15:36Que ça rende distante pour nous, les travailleurs, pour nos services publics,
15:40pour nos écoles, nos hôpitaux.
15:41C'est pour ça que j'ai pris cette image du président de la République,
15:44qu'on peut secouer par les pieds et on verra les billets tomber.
15:48C'est l'image...
15:48Vous rediriez la même chose.
15:50Oui, c'est l'image du détenteur de capitaux, du patron d'un grand groupe,
15:56comme M. Pouyanné, qui ont amassé tellement d'argent
15:59qu'ils ne savent pas quoi en faire.
16:00Emmanuel Macron n'est pas Patrick Pouyanné.
16:02Non, mais il a été le serviteur zélé des plus riches et des institutions bancaires.
16:11Le serviteur zélé.
16:12Parce qu'il a tellement mis en place de mesures pour favoriser les plus riches,
16:17pour favoriser les dividendes, pour favoriser les actionnaires,
16:20qu'il a appauvri le budget de l'État.
16:23Pas la France, le budget de l'État.
16:25Nous avons perdu plus de 60 milliards d'euros par an de recettes
16:30provenant des dividendes, des plus riches, des revenus financiers.
16:36Ils étaient taxés beaucoup plus avant.
16:37Le serviteur zélé.
16:39Oui, c'est le serviteur zélé des banquiers, des capitalistes, des riches.
16:45Il a été le serviteur zélé de tout cela.
16:48Il leur a fait d'immenses cadeaux.
16:50C'est moi qui, en 2017, avais dit, c'est le président des riches.
16:53Nous sommes aujourd'hui, en 2026, à la fin de son mandat.
16:57Il a été, pendant près de 10 ans, le président des riches.
17:00Et voilà où nous en sommes.
17:01Le pays est en ébullition.
17:03Et c'est dramatique.
17:05Il a aussi utilisé ces termes, Emmanuel Macron.
17:07Il ne comprend pas pourquoi le pays est dans un tel état d'ébullition
17:11à 6 mois de la présidentielle.
17:13C'est une manière... Ça vous fait rire ?
17:14Bah oui.
17:15Mais enfin, s'il ne comprend pas qu'il vienne passer une semaine, 15 jours,
17:19dans un appartement de nos communes, de nos villages, de nos villes,
17:26en banlieue comme en ruralité,
17:29qui viennent vivre ce que vit un homme et une femme qui travaillent durement,
17:33comme celle que j'ai rencontrée la semaine dernière,
17:35qui travaillent dans l'automobile en poste,
17:38c'est-à-dire ou la nuit, ou le matin, ou le soir,
17:41et qui gagnent 1 500 euros net par mois,
17:43postés devant une machine, à faire 8 heures par jour le même geste,
17:46et comme ça tout le temps, et qui n'arrivent pas à payer ses factures,
17:50et qui s'inquiètent pour l'avenir de sa fille et de ses études,
17:53qui viennent vivre cette réalité-là.
17:55Et là, il comprendra peut-être que la politique qu'il a mise en œuvre
17:58a fait terriblement de mal à notre pays et au monde du travail.
18:02Et juste, du coup, comment vous qualifieriez ce qui est en train de se jouer dans la rue ?
18:06C'est une révolte, c'est le début de la révolution que vous appeliez au mois de septembre dernier.
18:12Comment qualifier ce qui se joue en ce moment ?
18:15– Pour moi, c'est un mouvement social puissant, fort,
18:21qui pour la première fois depuis longtemps réunit et des jeunes,
18:23et des salariés et des retraités.
18:25Il symbolise beaucoup tout ce que nous subissons depuis des années,
18:29comme une colère rentrée qui exulte pour la première fois.
18:33C'est un moment de tension, je l'admets,
18:36qui peut conduire au chaos, mais comme au meilleur.
18:39Et nous, responsables politiques, et moi responsables politiques,
18:41je souhaite que ça produise le meilleur.
18:44– Mais vous appelleriez encore aujourd'hui, même après le 17 octobre,
18:47à aller sur tous les ronds-points devant l'Élysée, à Matignon ?
18:50– J'aspire, comme à chaque fois, à des rassemblements pacifiques, populaires,
18:56joyeux, gais, plein d'espoir, heureux, comme je l'ai dit au début.
18:59J'aspire à ça.
19:01Encore faut-il qu'en face, nous ayons un gouvernement,
19:05un président de la République respectueux, à l'écoute,
19:10et qui entendent qu'en bas, nous, on souffre et on n'en peut plus.
19:16Qu'ils l'entendent ça, que les gens n'en peuvent plus.
19:18Et ils ont besoin tout simplement de pouvoir vivre et respirer.
19:22C'est pour ça que j'ai pris mon slogan de campagne,
19:24j'ai pris vivre comme slogan,
19:27parce que je trouve que c'est ce qui résume le plus ce que l'on ressent en ce moment.
19:31On veut vivre.
19:32– Alors parlons de votre campagne.
19:33– Vivre ensemble, vivre en paix, voilà, c'est minimum,
19:37c'est pas beaucoup que de demander de vivre.
19:39– Parlons de votre campagne, justement, Fabien Roussel,
19:42qui, quand même, a été marquée par une mauvaise nouvelle cette semaine.
19:46Quatre députés communistes et cinq ultramarins
19:49ont décidé de soutenir Jean-Luc Mélenchon pour cette présidentielle,
19:55considérant donc que de fait que vous n'étiez plus le candidat légitime,
19:59c'est quand même un sacré coup dur.
20:02– Non, c'est pas un coup dur, c'est pas une surprise en plus pour moi.
20:06Ils ne sont pas nombreux, ils sont quatre députés, en fait,
20:10à avoir fait le choix d'avoir soutenu Jean-Luc Mélenchon.
20:12– Dont le chef de groupe.
20:13– Oui.
20:14– Et ils disent, je précise, prendre leur responsabilité
20:18pour empêcher la victoire de Marine Le Pen.
20:20Est-ce que ce sont des traîtres ?
20:21– Écoutez, c'est pas très élégant ce qu'ils ont fait.
20:25J'ai été prévenu par l'AFP, par une dépêche,
20:29il n'y a même pas eu un petit coup de fil.
20:30– Pas très agréable.
20:31– Non, mais je dirais qu'une seule chose,
20:35c'est que moi j'ai un principe en politique qu'ils n'ont pas.
20:38Moi j'ai un principe en politique, c'est le respect.
20:41J'ai le respect de mes concitoyens,
20:43j'ai un profond respect pour les valeurs de la République,
20:46et j'ai du respect pour la démocratie et les choix que l'on fait.
20:51La démocratie pour mon pays, la démocratie dans mon parti.
20:53Et il y a un choix qui a été fait majoritairement, démocratiquement,
20:57de présenter une candidature à l'élection présidentielle.
21:00Ce choix, il doit être respecté, même si on ne le partage pas,
21:03mais au moins être respecté.
21:04Ce qu'ils font, c'est contraire d'ailleurs à nos règles de vie.
21:11On ne peut pas être membre de deux équipes.
21:13– Et donc ?
21:14– Et donc nous leur avons demandé,
21:17par une résolution qui a été prise par notre Parlement,
21:21aujourd'hui même, nous leur demandons tout simplement d'eux-mêmes,
21:25de se mettre en dehors de nos instances.
21:27Et en tout cas, nous avons acté le fait que pendant le temps de cette campagne,
21:32ils ne pouvaient pas parler au nom du Parti communiste français,
21:35et ils ne pouvaient plus participer à notre vie du parti, à nos instances,
21:40parce qu'encore une fois, on ne peut pas soutenir un autre candidat
21:44et en même temps participer à la campagne de notre parti.
21:47– Nommons les choses, ils sont exclus.
21:48– Dans tous les partis, c'est comme ça.
21:50Non, parce qu'ils restent adhérents du Parti communiste français.
21:53Vous savez, nous, on n'est pas du genre à couper les têtes,
21:55comme d'ailleurs ça se fait chez ceux qui en rejoignent.
21:58– Je vous vois venir.
21:58– Mais nous, on ne coupe pas les têtes.
22:00– Comme ça se fait chez qui, par exemple ?
22:01– Moi, je préfère faire pousser des têtes que d'en couper.
22:06Donc, ils sont toujours membres du Parti communiste français,
22:08peut-être qu'ils vont se rendre compte en regardant le programme
22:12ou au fil de la campagne qu'ils ont commis une erreur.
22:15Ils seront toujours les bienvenus pour revenir à la maison.
22:17En tout cas, aujourd'hui, ce qui compte pour nous,
22:19et c'est l'appel que nous lançons,
22:22c'est déployons notre campagne encore plus.
22:25– Oui, mais peut-être qu'ils voient les sondages aussi, Fabien Roussel.
22:28Ils disent qu'ils font preuve de responsabilité.
22:32Vous êtes à 2% des intentions de vote, Jean-Luc Mélenchon.
22:35Lui est, pour l'instant, le plus à même de se qualifier au second tour.
22:40– Eh bien, justement, nous sommes à 6 mois de la campagne.
22:43Rien n'est joué.
22:45Tout est à construire.
22:46Ils sont quelques-uns à faire un choix, peut-être, électoraliste,
22:50en fonction des sondages.
22:51Nous, en tout cas, nous faisons le choix des convictions, des idées.
22:55Aujourd'hui, le moment est à l'unité, je dirais.
22:57L'unité du peuple pour faire céder le gouvernement.
23:00– Mais là, on n'y est pas, quand même, au Parti communiste.
23:02– Oui, mais c'est à eux qu'il faut poser la question.
23:04– Mais donc, pour vous, ils pensent à leur carrière politique avant tout ?
23:07– Pour nous, il y a de ça, certainement, derrière.
23:10Mais je vous dis, encore une fois, il n'y a eu aucune explication,
23:12qu'un coup de fil, mais peu importe.
23:13Les choses sont faites, les choses sont dites.
23:17Et je le redis ici, c'est l'occasion pour nous de déployer encore plus notre campagne,
23:22de nous donner de la force, de me donner de la force.
23:24Depuis, j'ai reçu des dizaines de parrainages, ça a débloqué plein de parrainages.
23:28– Vous en êtes à combien ?
23:29– Tant mieux, voilà, ça va être, on va vite atteindre les 500, ça va vite arriver.
23:33– Vous les aurez.
23:34– Ah mais, oui, c'est certain.
23:36Mais justement, c'est le signal que j'envoie à toutes celles et ceux
23:39qui ont vu le mauvais coup qui m'était fait,
23:42et qui se disent, comment on peut faire pour vous aider ?
23:45Eh bien, soutenez-moi, soutenez-moi.
23:47Rejoignez les appels à voter, rejoignez notre comité de parrainage,
23:52parrainez-moi, soutenez-nous financièrement, c'est maintenant que ça se passe.
23:55– Mais que dites-vous à ceux qui seraient tentés de faire comme ces députés communistes,
23:58qui seraient tentés de se tourner vers Jean-Luc Mélenchon ?
24:02– Mais chacun fait ses choix, encore une fois,
24:04mais quand on est adhérent d'une force politique,
24:07comme quand on est dans une association ou dans une entreprise,
24:11enfin, quand on est dans une famille,
24:13on ne peut pas manger dans les deux cantines en même temps.
24:17– Mais au-delà du Parti communiste.
24:20– On ne peut pas soutenir deux organisations en même temps.
24:22Et donc, il y a des choix à faire.
24:24Il y a un choix qui a été fait majoritairement chez nous,
24:26on l'assume, on se déploie, et puis on est en campagne.
24:28– Mais je parle au-delà du Parti communiste,
24:30parce qu'on voit que le même problème se pose du côté des écologistes,
24:33ces électeurs de gauche qui seraient tentés de se tourner vers Jean-Luc Mélenchon,
24:37plutôt que vers vous.
24:39– Qu'est-ce que vous leur dites ? Au fond, qu'est-ce qui vous différencie ?
24:42– En fait, j'ai un message simple.
24:44C'est qu'aujourd'hui, pour que la gauche puisse l'emporter,
24:47il faut qu'elle soit plus forte, parce qu'aujourd'hui, elle est trop faible.
24:52Quel que soit le candidat de gauche qui arrive au second tour,
24:55il ne fait pas plus de 30%.
24:56– Il reste la meilleure chance.
24:57– Mélenchon, le premier, il ne fait pas plus de 30%.
25:01Donc, face à Marine Le Pen, il est d'ailleurs celui donné le plus bas dans les sondages.
25:06C'est un sujet quand même, quand on veut battre l'extrême droite.
25:08Et donc, la question que je pose, moi, c'est comment nous faisons pour élargir ce socle ?
25:13Et donc, la question, ce n'est pas d'aller piquer des électeurs à droite ou à gauche.
25:17C'est pour ça que Jean-Luc Mélenchon fait un mauvais calcul
25:19en venant essayer de déstabiliser le Parti communiste français
25:23ou de nous prendre des électeurs.
25:24Alors, l'objectif, c'est d'avoir plus d'électeurs chacun, y compris moi, d'en avoir beaucoup plus.
25:31Et je pense que la gauche sera beaucoup plus forte et en capacité de l'emporter
25:35si justement, moi, demain, je suis un candidat qui arrive à faire 10, 12, 15%.
25:40Et c'est comme ça qu'on arrive à renforcer la gauche, pas en s'affaiblissant mutuellement.
25:44– Et comment vous faites pour faire plus ?
25:45Comment vous faites pour étendre, justement, pour élargir votre…
25:48– C'est le deuxième sujet que je dis par rapport à Jean-Luc Mélenchon
25:52qui essaye de débaucher des écologistes ou des communistes.
25:57– Ça fait partie du jeu, c'est une campagne.
25:59– Mais non, moi, je ne fais pas ça.
26:00Au contraire, le jeu pour l'emporter de main, c'est d'être en capacité de se rassembler,
26:06de ne pas s'insulter, de ne pas se faire de mauvais coups.
26:09C'est d'être en capacité de parler de nos programmes,
26:13des différences dans nos programmes, sans en même temps s'invectiver.
26:17Nous avons des différences dans nos programmes.
26:18Nous avons des approches différentes.
26:20De l'énergie, moi, je suis pour défendre l'énergie nucléaire.
26:23De la guerre, je ne suis pas un va-t'en-guerre.
26:25De l'Europe, je ne suis pas fédéraliste et je défends les nations européennes.
26:29Sur toutes ces questions, nous avons des différences.
26:31Eh bien, nous pouvons en débattre devant les Français.
26:33Les Français peuvent choisir le candidat de gauche dont ils se sentent le plus proche.
26:38Et c'est ça qui donnera de la force à la gauche.
26:40– Donc vous irez jusqu'au bout.
26:42– Mais la gauche n'a jamais gagné quand elle a eu un candidat unique.
26:46Au contraire, un candidat unique contribue à ce que ça désespère les électeurs
26:51parce qu'en plus, ils voient derrière ça de la tambouille et ils ont raison.
26:55– En parlant de tambouille, vous irez donc jusqu'au bout, jusqu'au premier tour.
26:58– Mais pour le second tour, est-ce que vous seriez prêt à tous les compromis
27:03pour faire en sorte que la gauche soit qualifiée au second tour ?
27:06– Non mais c'est la vraie question.
27:08– Oui, mais votre question, elle est beaucoup trop tôt.
27:11Est-ce que vous savez qui sera sur la ligne de départ ?
27:13– Parce que vous n'y avez pas pensé peut-être.
27:15– Mais non, mais enfin, moi j'attends de savoir qui sera sur la ligne de départ.
27:20Est-ce que vous savez si Marine Le Pen va pouvoir se présenter
27:22alors qu'elle a une mesure de justice qui lui pond au nez ?
27:25– Vous savez comme moi que c'est plutôt bien parti.
27:28– Mais oui, mais vous êtes marrante, vous ne faites pas…
27:30– De toute façon, vous n'allez pas faire votre vie en fonction de la candidature de Marine Le Pen.
27:35– Mais pas du tout.
27:36– Vous irez jusqu'au bout.
27:37– Mais j'attends de savoir quels seront les candidats, y compris à droite.
27:40Vous savez qui sera, primaire ou pas primaire ?
27:42– Non mais là, je vous parle de la gauche.
27:44Jean-Luc Mélenchon sera candidat.
27:45– Et à gauche, est-ce que vous savez qui ira jusqu'au bout à gauche ?
27:50Moi je peux vous dire…
27:51– Vous vous irez jusqu'au bout ?
27:51– Moi c'est clair, c'est certain.
27:54Ce qui se passe d'ailleurs en ce moment a plutôt tendance à nous souder,
27:58à nous faire redresser la tête pour y aller encore plus offensivement.
28:01Jean-Luc Mélenchon ira au bout, le reste après, je ne sais pas.
28:05– Mais vous diriez que vos divergences avec lui,
28:08elles sont avant tout idéologiques ou plutôt liées à sa stratégie ?
28:12– D'abord j'ai dit que j'éviterais d'émettre des critiques
28:19contre les autres candidats de gauche
28:21parce que justement je ne veux pas rentrer dans ce jeu-là.
28:23Mais j'invite les Français à regarder les différences que l'on a
28:27et dans notre programme, et il y en a, fondamentales.
28:30J'en ai cité quelques-unes tout à l'heure.
28:32On a des différences de tempérament, de personnes,
28:35les Français le voient, différentes, Jean-Luc Mélenchon,
28:38ce n'est pas difficile à voir.
28:42– Qu'est-ce qui est la différence la plus singulière selon vous
28:46en termes de tempérament, puisque vous en parlez ?
28:48– Peut-être que moi je fais une campagne justement positive, heureuse.
28:52Je n'en veux à personne au monde, je veux rassembler.
28:55J'aime les gens.
28:57– Mais lui, vous avez vu son slogan de campagne ?
28:59– J'aime les gens.
28:59– Liberté, égalité, solidarité.
29:01– Oui, oui.
29:02– C'est heureux ça aussi, non ?
29:03– Oui, oui, c'est très bien.
29:04– Vous n'y croyez pas ?
29:05– C'est très bien.
29:05– Moi j'invite les Français à choisir, à faire les différences entre chaque candidat
29:10et à faire en sorte que la gauche, demain, elle pèse 50% dans ce pays
29:15avec des mesures fortes, en capacité de rompre avec 10 ans de macronisme,
29:20parce que c'est ça l'essentiel.
29:21On a besoin de donner confiance, un avenir à nos enfants, on a besoin de relever le
29:26défi climatique, on a besoin de réindustrialiser la France, l'industrie, les entreprises qui
29:30ferment, c'est ça le sujet.
29:32Donc moi les bisbilles à gauche, ce n'est pas mon dada, ce n'est pas mon truc.
29:35Moi je vais rester concentré sur ce programme que l'on veut défendre pour faire gagner
29:39ses idées en France, dans mon pays.
29:41– Mais vous me disiez à l'instant, ce qui se passe en ce moment nous donne encore plus
29:45de force, encore plus envie de continuer.
29:47Mais comment vous expliquez qu'un homme et qu'un candidat comme Raphaël Glucksmann,
29:52lorsqu'il décide de se rendre à une manifestation jeudi dernier, soit hué, chahuté à ce point ?
30:00Qu'est-ce que ça dit ?
30:01– Ça ne donne pas une belle image justement de celles et ceux qui l'insultent ou qui le sifflent,
30:09parce que je pense qu'en ce moment, on a plutôt intérêt à être très nombreux dans la rue,
30:15et plus il y aura de responsables politiques et syndicaux dans la rue à soutenir ce mouvement, mieux c'est.
30:22On peut avoir des grandes divergences avec Raphaël Glucksmann, son programme, ses déclarations,
30:28et d'ailleurs j'en ai, et pour autant, moi je me satisfais plutôt quand je vois l'ensemble des
30:34forces de gauche
30:35et l'ensemble des syndicats présents dans une manifestation.
30:38– Là on n'y est pas, il est comme empêché de faire campagne.
30:40– Mais vous savez, parmi les syndicats c'est la même chose, il y a des divergences entre eux fortes,
30:46et pourtant ils arrivent à signer des déclarations ensemble, ils arrivent à défiler ensemble.
30:50C'est ça le défi que nous, nous avons. Et moi j'y suis prêt, moi je veux ça, je
30:55souhaite ça,
30:55et donc je n'irai jamais insulter l'un ou l'autre.
30:58Nous avons des différences, parfois même je me fais moi-même insulter,
31:03mais je mets ça de côté, l'intérêt du peuple, l'intérêt du monde du travail d'abord,
31:08il n'y a que ça qui me préoccupe.
31:10– De quel autre parti que le Parti communiste vous sentez le plus proche aujourd'hui à gauche ?
31:15Ce sera ma dernière question.
31:18– Eh bien vous savez, je suis bien incapable d'y répondre,
31:22parce que sur certains points je vais me sentir proche du Parti socialiste,
31:26sur d'autres points je vais me sentir plus proche du Parti écologiste,
31:31sur d'autres de la France insoumise, et donc ça serait difficile,
31:34il faudrait peut-être faire bosser une IA.
31:36– Ça s'appelle-le en même temps ? Peut-être ?
31:38– Peut-être, mais en tout cas, je pense que, comme je le disais tout à l'heure,
31:45une élection présidentielle, c'est un programme, c'est un homme,
31:49c'est une ambition pour le pays, et donc c'est difficile de comparer,
31:56et il faut regarder cet ensemble-là.
31:57– Et vous vous irez jusqu'au bout donc ?
31:58– Bien sûr, je suis déterminé.
32:00– Merci d'avoir été avec nous, merci pour cet entretien.
32:03– Merci.

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