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00:00Europe 1, la France bouge, 20h30, 21h30, Elisabeth Assayac.
00:06Bonsoir à toutes et à tous, bienvenue dans la France bouge, nous sommes ensemble jusqu'à 21h30 sur Europe 1.
00:10On va découvrir comme chaque soir des talents et des entreprises françaises.
00:14Chaque soir un coach expérimenté qui donne des conseils et ce soir c'est David Smadja qui est avocat dont
00:21le métier est de consolider des start-up.
00:23Il est le fondateur du cabinet Milestone Avocat. Bonsoir David.
00:26Bonsoir Elisabeth.
00:27Comment ça va ?
00:28Mais écoutez il fait un peu froid mais tout va bien.
00:29Oh là qu'est-ce qu'il fait froid ? On est passé, enfin bon on ne va pas parler
00:32météo maintenant mais bon il fait très froid.
00:34Allez Alain ce soir dans la France bouge, une entreprise qui reconditionne du matériel informatique est au cœur de son
00:40recrutement de l'inclusion
00:42puisque des détenus sont formés et recrutés pour toutes les opérations de production.
00:47Ce soir c'est un patron engagé avec des convictions sincères qui est parmi nous.
00:52C'est vous Cyril Berthier, bonsoir.
00:54Bonsoir.
00:55Vous êtes le président de Alteco.
00:57Tout à fait.
00:57Bienvenue dans la France bouge.
00:59Chaque soir je le disais une start-up, ce soir c'est YOTI.
01:03C'est une entreprise sociale et solidaire qui a été fondée en 2021 et elle est spécialisée dans le reconditionnement
01:09de jeux et de jouets de seconde main là aussi au sein d'ateliers d'insertion implantés en milieu carcéral.
01:47Bonsoir Jacques Grimond.
01:48On a fait aussi avec des employés en cours de café avec des employés en cours de réinsertion avec des
01:51détenus.
01:51Bonsoir Clotilde de Gilbert.
01:53Bonsoir.
01:54Bienvenue, vous êtes la fondatrice de l'association Wake Up Café et donc du restaurant, puisque vous allez en, on
02:00espère en ouvrir plein d'autres.
02:02Le Quai Liberté, la France bouge. Nous sommes ensemble jusqu'à 21h30. Christophe Pierrot est en régie et c'est
02:08parti. Nous sommes sur Europe 1.
02:10Europe 1, 20h30, 21h30, Elisabeth Assaillac.
02:141, 2, 3, recommence-moi.
02:20Recomence-moi.
02:23Recomence-moi.
02:24Santa explique que la vie est faite de cycles où l'on peut toujours tout réinventer et repartir de zéro
02:29et c'est le cas ce soir.
02:30La vie est un cycle et dans ce cycle il y a le reconditionnement.
02:34Oui, j'ai réussi à y aller directement dans ce reconditionnement. Pour vous donner une idée, environ 2,7 millions
02:41d'ordinateurs sont reconditionnés chaque année en France.
02:45C'est très important. Qu'est-ce qui nous pousse à acheter du reconditionné ? Tour de table.
02:49Allez, Clotilde de Gilbert, est-ce que vous achetez du reconditionné ? Et si c'est non, ce n'est
02:53pas grave.
02:54Alors, je vais être très honnête, pas très souvent, mais pour Wake Up Café, avec les 120 salariés qu'on
02:59a, c'est important pour faire des économies de se tourner vers le reconditionné.
03:04Donc, c'est plutôt dans le sens de l'économie que je le fais.
03:06Jacques Grimond ?
03:07Du reconditionné, effectivement, c'est beaucoup sur l'électroménager. Je trouve qu'il y a toujours des prix intéressants.
03:13Et puis, il y a souvent un projet social derrière qui permet de soutenir une économie circulaire.
03:18David Smadja ?
03:19Moi, sur la téléphonie, oui, parce que je casse mon téléphone tous les six mois.
03:22C'est vrai ?
03:23Oui, parce que je le pose là, il tombe.
03:24Quand vous êtes énervé, vous le jetez ?
03:25Non, je ne le jette pas, mais disons que je suis maladroit.
03:27Donc, plutôt qu'acheter du neuf, maintenant, je passe par du reconditionné.
03:30Cyril Berti, avant de découvrir Alteco, vous, j'imagine que c'est votre quotidien ?
03:34Moi aussi, c'est une des formations professionnelles, effectivement.
03:37Et puis, ça fait partie de mes valeurs.
03:38Donc, dès que je peux, dès que je vais acheter quelque chose, c'est toujours un réflexe de regarder si
03:43ça existe en reconditionné.
03:45Diana N'Goma a promené le micro européen dans les rues de Paris.
03:48Elle a posé cette question.
03:50Allez, écoutez.
03:50Moi, je suis complètement adepte des produits reconditionnés.
03:53J'achète depuis des années téléphone, ordinateur, tablette.
03:57Je trouve qu'on a tendance à acheter du neuf par réflexe, mais ce n'est pas toujours nécessaire.
04:02Déjà, d'un point de vue écologique, c'est intéressant, parce que ça permet de prolonger la durée de vie
04:06des appareils plutôt que de les jeter.
04:08Et financièrement, c'est beaucoup plus avantageux.
04:10Honnêtement, à l'utilisation, je ne vois quasiment aucune différence.
04:14C'est une manière de consommer plus intelligente.
04:15Ce qui m'a surtout attiré concernant les produits reconditionnés, c'est le prix, parce que c'est vraiment moins
04:20cher que le neuf.
04:21Et franchement, j'ai été agréablement surpris parce qu'il fonctionnait parfaitement.
04:25Si je peux avoir un téléphone qui fonctionne aussi bien, je ne vois pas pourquoi je paierais davantage.
04:29Après, je fais quand même attention à la garantie et à l'état du produit.
04:33Moi, ça m'est déjà arrivé d'acheter des produits reconditionnés.
04:36Je ne suis pas du tout opposée à ce principe du reconditionnement.
04:39Au contraire, je trouve que c'est une super alternative pour certains appareils comme les smartphones, les tablettes.
04:45En revanche, c'est vrai qu'il y a des produits que je préfère largement acheter neuf, surtout l'électroménager.
04:51Pour ce genre d'achat, j'ai vraiment besoin d'être rassurée sur la fiabilité et surtout la durée de
04:56vie du produit.
04:57Même si je sais que les appareils reconditionnés sont vérifiés, qu'il y a une garantie, j'ai toujours une
05:03petite appréhension.
05:04Et dans mon esprit, c'est vrai qu'acheter neuf, ça reste quand même un gage de qualité et de
05:08tranquillité.
05:11Voilà, ils ont abordé plein de thèmes que nous allons aborder ce soir dans la France Bouge.
05:15Fiabilité, prix du réduit des produits.
05:18On va le voir ce soir avec l'entreprise invitée de la France Bouge, Alteco.
05:24En route vers les trophées de l'avenir, Europe 1 LCL.
05:28Et ce soir, à l'occasion des trophées de l'avenir, Europe 1 LCL, place à l'impact social avec
05:34vous, Cyril Berthier.
05:36Vous êtes le patron d'Alteco parce qu'il y a encore quelques jours ici sur Europe 1 pour vous
05:40faire découvrir ces candidats en route vers les trophées de l'avenir.
05:43Alors Alteco, c'est quoi ? Vous savez qu'il y a un rituel dans la France Bouge, Cyril.
05:47C'est le pitch. On vous écoute.
05:50Alors Alteco, c'est un expert français du reconditionné depuis 2014.
05:55Notre atelier est basé près de Lyon.
05:57Un peu plus de 100 salariés donnent chaque jour une seconde vie à des produits high-tech.
06:01Notre mission est simple, rendre l'informatique plus durable et plus accessible.
06:05Notre particularité, c'est la diversité de notre offre avec la même promesse de qualité.
06:10Des ordinateurs ou tablettes en passant par les objets connectés, les accessoires ou les imprimantes.
06:14Le reconditionné, c'est bien plus que le smartphone.
06:17Concrètement, nous effaçons les données, nous testons, réparons et nettoyons les appareils.
06:21Nous évaluons leur état esthétique et nous leur assurons une garantie.
06:26Ces appareils sont ensuite commercialisés, en grande distribution.
06:29On est présent dans plus de 1000 magasins, en e-commerce et avec les entreprises qui s'équipent de plus
06:34en plus en reconditionnées.
06:36De la reprise de parc jusqu'au service après-vente, tout est réalisé en France.
06:40C'est un métier exigeant, mais qui a du sens pour l'environnement, pour le pouvoir d'achat et pour
06:45l'emploi local.
06:46Très complet, excellent pitch.
06:48Merci Cyril Berthier, président de Alteco.
06:51On commence d'abord par votre histoire.
06:53Elle commence il y a une douzaine d'années.
06:56Vous êtes salarié à ce moment-là d'une entreprise spécialisée dans des cartouches d'imprimantes, c'est ça ?
07:01Exactement.
07:02C'est un gros 6 en cartouche d'encre d'imprimantes qui s'appelle la MA France, qui est en
07:08banlieue lyonnaise.
07:09Je suis en charge des projets de développement de cette société.
07:15On lance différentes activités.
07:17Il y en a une qu'on identifie et qu'on me charge de creuser.
07:23qui est l'objet complémentaire, qui est l'imprimante.
07:27On part d'un constat qui est de dire qu'un fabricant de cartouches d'encre compatibles,
07:31il passe son temps à essayer de remplacer, d'avoir toujours des nouveaux modèles d'imprimantes qui sortent très régulièrement.
07:39Et à côté de ça, on voit des quantités dans les entreprises d'imprimantes qui partent en destruction
07:43et sur lesquelles on ne peut pas donner de deuxième vie.
07:45Donc vous vous êtes dit, on va en faire quelque chose.
07:49Au début, vous démarrez, je crois qu'il y a trois salariés.
07:52C'est ça.
07:52On crée à la base une filiale dans laquelle il y a trois salariés.
07:58On est en tête dès le début qu'on ne fera sûrement pas que de l'imprimante.
08:02Très rapidement, vous allez vers d'autres produits.
08:04Oui, très rapidement.
08:06Les ordinateurs, les écrans.
08:07C'est ça.
08:07Les tablettes, etc.
08:10Et finalement, on se retrouve un peu au bon endroit au bon moment parce qu'on est au début presque
08:17de l'essor du smartphone reconditionné.
08:21Au début, vous n'allez pas sur le smartphone parce qu'il n'y avait pas assez de volume.
08:25Parce qu'on n'était pas habitué comme David Smadja à récupérer des smartphones tous les six mois reconditionnés.
08:30On a choisi de ne pas faire du smartphone parce que le smartphone reconditionné, il est un peu en avance
08:35par rapport à l'informatique.
08:37Aujourd'hui, il y a quasiment un smartphone sur cinq qui est vendu, qui est en reconditionné.
08:42Et l'informatique est un peu de retard.
08:44Et en fait, il y avait des acteurs qui faisaient beaucoup de volume sur le smartphone.
08:47Donc vous, vous n'êtes pas allé là-dessus.
08:49Maintenant, ça y est, vous y êtes.
08:50C'est en complément.
08:51C'est en complément.
08:53Douze ans plus tard, une centaine de salariés, des locaux...
08:58Vous avez des usines ?
08:59C'est ça.
09:00En fait, on a une usine.
09:01C'est extraordinaire comme histoire.
09:04On a déménagé en 2024 dans un nouveau site qui fait 4000 m².
09:10qui est dédié à l'informatique reconditionnée.
09:13Donc effectivement, une centaine de salariés.
09:17C'est ça.
09:18Un Caluire juste à côté de Lyon.
09:19À quel moment, Cyril Berthier, vous vous êtes dit, ça y est, je tiens un vrai marché ?
09:24Parce qu'il y a douze ans, ça t'a tonné.
09:27Oui, ça a commencé doucement.
09:30D'ailleurs, ça n'a pas été facile au début.
09:32Et il y a eu vraiment un virage.
09:34En fait, nous, on a été dans les premiers à proposer de l'informatique reconditionnée à la grande distribution.
09:40Il commençait à avoir du smartphone.
09:42Et nous, on arrivait en disant, vous avez déjà du smartphone, on va vous proposer autre chose.
09:46Donc ça, c'était 2018.
09:50Et on a eu quelques enseignes qui ont commencé à nous accompagner là-dedans.
09:54Et en fait, ça a tout de suite pris des proportions qui étaient assez impressionnantes.
09:58Oui, parce que vous pouvez attirer, grâce à cela, beaucoup plus de clients potentiels, parce que c'est moins cher.
10:04Ça coûte combien, par exemple, un ordinateur reconditionné ?
10:09En fait, c'est très variable suivant les générations, etc.
10:13Mais ce qu'on se dit, c'est qu'en général, c'est entre moins 15% et ça peut
10:18aller jusqu'à moins 60%.
10:20Alors, ça fait une grosse fourchette.
10:21Mais sur un produit récent, on est plutôt sur moins 15%.
10:26Et plus on va être sur un produit ancien, et plus on va creuser les cartes.
10:29On reste sur la structure de l'entreprise.
10:31Après, on va aller sur le recrutement, parce que ça aussi, ça nous intéresse.
10:34C'est votre particularité, c'est avec les détenus.
10:36Mais on va y revenir dans un instant.
10:37En 2021, vous franchissez une nouvelle étape.
10:39Vous réalisez un LBO, c'est-à-dire pour devenir actionnaire majoritaire.
10:43C'était important pour vous de prendre votre envol, de devenir totalement indépendant ?
10:47C'est ça, parce qu'en fait, on avait ce statut de filial.
10:51Et en fait, petit à petit, il y avait des enjeux qui étaient un petit peu différents.
10:57On devenait quasiment aussi gros, finalement, que la société mère.
11:01Donc là, il faut qu'on se structure.
11:04Et c'est ça.
11:04Et en fait, il y avait plein de questions qui se posaient autour de ça.
11:08Et effectivement, à ce moment-là, on avait besoin d'avoir un actionnaire qui...
11:13Les décisions, c'est un marché qui bouge beaucoup.
11:15Les décisions, elles se prennent de manière très rapide.
11:18Et donc, voilà, on avait besoin d'avoir un actionnaire majoritaire.
11:20Alors, au début, je n'imaginais pas forcément pouvoir encaisser ça.
11:25En tout cas, il y avait des enjeux financiers derrière.
11:28Il a fallu apprendre à jouer avec ça.
11:30Et aujourd'hui, vous êtes rentable ?
11:32Alors, en fait, on est...
11:33Depuis toujours, vous êtes rentable ?
11:34Oui, la société a 12 ans.
11:36Ça fait 10 ans qu'on est rentable.
11:38Un chiffre d'affaires de...
11:39On est aux alentours des 30 millions.
11:4130 millions d'euros de chiffre d'affaires.
11:44Et en plus, vous avez fait un choix très fort, Cyril Berthier.
11:47C'est que, pour conserver les emplois en France,
11:50parce qu'il y a une concurrence très importante,
11:54depuis 2021, donc à la date où vous êtes devenu totalement indépendant,
11:58vous travaillez avec des prisons.
12:00C'est ça.
12:01Pour permettre à des personnes, à des détenus,
12:03de participer au reconditionnement des produits.
12:08Racontez-nous.
12:09En fait, c'est venu, j'allais dire presque un peu par hasard.
12:12En tout cas, c'était...
12:13Je crois que c'est votre belle-sœur qui est proc,
12:15c'est-à-dire que c'est procureur qui vous a...
12:17C'est ça.
12:17Ma belle-sœur qui est magistrate, exactement,
12:19qui m'a réquis.
12:19Ça faisait partie des discussions dans les réunions de famille.
12:23Et pourquoi tu ne travailles pas avec des prisonniers ?
12:25Exactement.
12:26C'est un sujet qui lui tient beaucoup à cœur.
12:28Et voilà, bon.
12:30Effectivement, on est parmi une société qui...
12:32On doublait de taille quasiment tous les ans.
12:34Donc, ça n'était pas forcément dans mes priorités au départ,
12:37même si la partie engagement social
12:39était une des valeurs qui sont très fortes pour moi.
12:43Et en fait, à un moment donné,
12:45justement, on avait du mal à suivre les cadences
12:47et à suivre la croissance.
12:48Et donc, ça a commencé comme ça.
12:50On a une saisonnalité qui est très forte.
12:52Parce que, en fait, sur la fin de l'année,
12:54nous, on enchaîne la rentrée des classes,
12:55le Black Friday, Noël.
12:57Donc, en fait, on fait énormément de volume
12:58sur le deuxième semestre.
13:00Et il y a une année, on s'est dit,
13:01comment on va s'en sortir ?
13:02Et donc, j'ai ressorti un petit peu
13:05cette idée-là du chapeau.
13:07Donc, c'était un hasard.
13:07Et finalement, ce hasard a bien fait les choses
13:09puisque ça devient quasiment, je trouve,
13:13l'une des valeurs principales de l'entreprise,
13:16de ce que vous racontez.
13:17Oui, ça fait partie aujourd'hui des valeurs.
13:19Et en fait, au départ, on s'en est servi,
13:20on en est pour passer un cap
13:22et de manière un peu ponctuelle.
13:24Et on leur a donné, très honnêtement,
13:26au départ, des tâches
13:28qui n'étaient pas forcément les plus intéressantes.
13:31Et en fait, on s'est posé,
13:33une fois qu'on a laissé passer la grosse période,
13:35pour dire, bon, qu'est-ce qu'on fait maintenant ?
13:37Et là, on s'est dit, bon,
13:39un, ils nous ont expliqué que
13:41si on voulait vraiment aider ces personnes-là,
13:43il fallait qu'on fasse ça dans la durée
13:45et pas juste au moment où on a besoin.
13:48Et puis qu'après tout,
13:50on pouvait les faire monter en compétences.
13:51Donc, petit à petit, on a eu nos équipes
13:52qui sont allées dans les prisons,
13:55formées sur place.
13:57Voilà.
13:57Et donc, en fait,
13:58on les a fait monter en compétences
14:00sur des opérations
14:01qui devenaient même très techniques.
14:02Par exemple,
14:03donc, vous recrutez au sein même des prisons.
14:06C'est ça que vous nous dites ce soir ?
14:08Alors, en fait,
14:08on est accompagné par quelqu'un
14:10qui est spécialisé là-dedans,
14:12qui s'appelle Jepsa,
14:13qui, lui, va organiser le travail dans la prison.
14:16Et effectivement,
14:17donc, nous, on va sur place.
14:18Donc, lui, il va faire cette partie
14:20recrutement, entre guillemets.
14:21Mais c'est un recrutement,
14:22pourquoi, entre guillemets ?
14:24C'est un recrutement.
14:25Oui, c'est un recrutement.
14:27C'est ça.
14:27Il y a une sélection, etc.
14:29Et effectivement,
14:30en plus, nous,
14:31nos opérations,
14:31comme elles sont techniques
14:34et qualifiantes, finalement,
14:35parce qu'en fait,
14:35c'est vraiment la personne
14:37qui a travaillé quelques années
14:38à réparer des tablettes.
14:41En sortant,
14:41c'est quelque chose
14:42qu'elle peut valoriser.
14:44Et donc, voilà.
14:45Donc, dans les opérations
14:46qu'on peut donner en exemple,
14:47c'est ça.
14:47Nous, on a une des prisons
14:49sur lesquelles on fait énormément
14:50de réparations de tablettes.
14:51Quelle prison ?
14:53C'est à Rion,
14:54pas très loin.
14:55C'est plutôt des femmes,
14:56des hommes détenus ?
14:57On a les deux.
14:58Les deux ?
14:58D'accord.
14:59Et vous voyez des parcours,
15:01des personnes
15:01qui sortent
15:03de leur quotidien
15:05grâce à ce que vous leur proposez
15:06avec votre entreprise ?
15:07Alors ça,
15:08c'est des sujets
15:08qu'on n'a pas encore.
15:10En tout cas,
15:11on a une volonté
15:12avec notre partenaire
15:14de dire,
15:15et ça a été clairement dit,
15:16de dire,
15:17à la sortie des détenus,
15:19on est clairement,
15:20on peut être recruteur.
15:22On n'a pas encore eu
15:23cette expérience-là
15:25concrètement,
15:26mais ça fait partie
15:27des choses
15:28qu'on veut pousser.
15:28Allez, vous restez avec nous
15:30tourne à table à France Bouche.
15:31Cyril Berthier,
15:31président de Alteco,
15:32en route vers les trophées
15:33de l'avenir Europe 1 LCL,
15:35à suivre Yoti,
15:36une entreprise
15:37qui combine réemploi
15:38et réinsertion des détenus aussi,
15:40en partant d'un principe simple.
15:42Les jouets
15:42peuvent avoir aussi
15:43plusieurs vies.
15:44Allez,
15:44à tout de suite.
15:46Europe 1
15:47La France Bouche
15:4820h30,
15:4921h30
15:50Elisabeth Assayac
15:51Les portes du pénitentiaire
15:56bientôt vont se fermer
16:02Et selon que je dirai
16:05Ce soir,
16:05quand la France Bouche,
16:06les portes du pénitentiaire
16:08qu'on va garder en tête
16:09toute la soirée
16:10à l'occasion des trophées
16:11de l'avenir Europe 1 LCL,
16:13nous sommes avec un candidat
16:14en route vers ces trophées
16:15avec Cyril Berthier,
16:17président de Alteco.
16:18C'est une entreprise
16:19qui est née il y a 12 ans,
16:20qui fait du reconditionnement
16:21d'ordinateurs,
16:22de tablettes,
16:22d'écran,
16:23avec plus de 1000 points de vente.
16:25Et la particularité
16:26de cette entreprise,
16:27c'est pour ça que vous venez
16:28d'entendre les portes
16:28du pénitentiaire,
16:29c'est que le recrutement,
16:30c'est le recrutement
16:31de personnes détenues.
16:32Depuis 5 ans,
16:33Alteco travaille
16:34avec 3 prisons.
16:36Ça fait combien
16:36de détenus,
16:38de prisonniers
16:39qui travaillent
16:39pour votre entreprise,
16:40Cyril Berthier ?
16:41Ça dépend un peu
16:42des périodes de l'année,
16:43mais on est aux alentours
16:44d'une vingtaine.
16:45À l'origine,
16:46c'était un besoin,
16:47ça me paraît peu,
16:47parce qu'il y a quand même
16:48beaucoup de détenus en France.
16:49Il y a beaucoup de détenus,
16:50oui.
16:51On ne va pas pouvoir
16:51tous les...
16:52Non, mais 20,
16:53c'est très peu.
16:53Comment ça se fait ?
16:54C'est lié à des compétences spéciales
16:57ou juste par rapport
16:58à votre besoin ?
16:58Oui, c'est plus par rapport
16:59à notre besoin.
17:01L'idée, quand même,
17:02nous,
17:04ça rajoute une complexité,
17:05mine de rien,
17:06de travailler.
17:06Il faut faire les ailes à tour
17:07avec le matériel,
17:08avec les prisons.
17:09Vous apportez le matériel
17:10en prison ?
17:11Exactement.
17:11Et eux,
17:12ils ont une salle dédiée
17:13pour leur travail ?
17:14Exactement.
17:14D'accord.
17:15Ils ont des horaires classiques,
17:16comme si on travaillait
17:17dans votre usine ?
17:19Non, alors,
17:19ils travaillent,
17:20de mémoire,
17:21c'est cinq heures par jour,
17:22je crois.
17:23Donc, effectivement,
17:24c'est des horaires
17:24qui sont plus réduites.
17:27Mais, effectivement,
17:27sinon,
17:27c'est un atelier
17:28qui pourrait ressembler
17:29à celui qui est chez nous.
17:30Allez,
17:31on va rester dans cet univers-là
17:32avec une autre entreprise,
17:33ce soir,
17:33une start-up dans la France bouge,
17:35elle s'appelle Yoti.
17:39Europe 1,
17:39le talent de la France bouge.
17:41C'est un talent aussi.
17:43Jacques Grimond,
17:44vous êtes le cofondateur de Yoti,
17:45vous avez 34 ans.
17:47La start-up est née
17:47il y a cinq ans,
17:48c'est ça ?
17:49C'est ça.
17:49Et vous,
17:50à l'origine,
17:51vous souhaitiez devenir avocat,
17:53comme David Smatja.
17:54Exactement.
17:55J'avais pris la voie
17:55de l'avocature.
17:57Donc,
17:58tout en suivant
17:58vos études de droit,
18:00vous vous engagez
18:01à la Croix-Rouge.
18:03Et là,
18:04vous gravissez
18:04les échelons
18:06petit à petit
18:06jusqu'à siéger
18:07au sein du conseil
18:09d'administration,
18:09de réfléchir
18:10à la stratégie
18:11de la Croix-Rouge.
18:12Je vous laisse nous raconter.
18:13Exactement.
18:14J'ai commencé
18:15en tant que bénévole
18:16et puis,
18:17la beauté de cette maison,
18:18c'est de permettre
18:19de prendre des responsabilités
18:20assez vite,
18:21même quand on est jeune.
18:22Et donc,
18:22j'arrive au conseil d'administration
18:23et on me confie
18:24la stratégie textile
18:26de la Croix-Rouge française.
18:27Il y a 600 boutiques
18:28aujourd'hui
18:28à la Croix-Rouge française.
18:29Et en travaillant
18:30sur ce sujet,
18:31je m'aperçois
18:31qu'il y a un angle mort
18:33qui sont les jeux
18:34et les jouets
18:34de seconde main
18:36qu'on a en quantité astronomique.
18:38L'ADEME nous dit
18:39qu'il y a 100 000 tonnes
18:40de jeux de jouets
18:40qui sont jetés chaque année,
18:42que la moitié
18:42peut être conditionnée.
18:43Et avec un ami,
18:44Vincent Corrège,
18:45qui lui était parti
18:45dans la voie
18:46de l'expertise comptable,
18:48après le Covid,
18:48on se dit
18:49qu'il y a quelque chose
18:49à faire autour de ça.
18:50Ça vous parle ?
18:51Je vous vois sourire
18:51David Smadjak.
18:52On n'a pas encore entendu David ?
18:54Moi, je trouve
18:55que toutes ces sociétés-là,
18:56vous vous attaquez
18:57à un problème
18:57que personne ne veut regarder
18:58aujourd'hui,
18:59c'est les sujets
19:00de surpopulation carcérale.
19:01On a quasiment
19:02plus de 90 000 prisonniers
19:05pour 60 000 places en France
19:06et il y a moins
19:06d'un détenu sur trois
19:07qui travaille.
19:08Donc franchement,
19:08moi, je suis admiratif
19:11de ces projets
19:12qu'on a autour
19:13de la table ce soir.
19:14Alors, après,
19:14Alteco, c'est Yoti.
19:16Donc, vous laissez
19:17un peu tombler
19:19la vocature ?
19:20C'est ça, oui.
19:21Jacques, parce que finalement...
19:22Encore des espoirs
19:23de mes parents.
19:23Oui, mais vous voulez donner
19:25du sens à votre vie.
19:27Le Covid a été
19:28un élément déclencheur.
19:29Oui, tout à fait.
19:29C'est le moment
19:30où on se retrouve
19:31pendant deux mois
19:32à réfléchir sur
19:33qu'est-ce qu'on a vraiment
19:33envie de faire
19:34dans les prochaines années
19:35et je retrouve
19:37un ami de lycée,
19:38Vincent,
19:38et on se dit
19:39qu'on a quelque chose
19:39à faire.
19:40Donc, lui,
19:40il laisse tomber aussi
19:41l'expertise comptabilité ?
19:42Il laisse tomber aussi
19:43ce sujet-là
19:44et on se retrouve
19:44avec la volonté
19:45de porter un projet écologique,
19:47le reconnissement
19:47des jeux jouets
19:48de seconde main
19:48et puis une dimension sociale,
19:51la réinsertion professionnelle
19:52des personnes détenues.
19:53Pourquoi les personnes détenues,
19:54vous aussi ?
19:54Je vous pose la même question
19:55qu'à Cyril.
19:58On avait identifié
20:00via un documentaire
20:00qu'il y avait
20:0170% des personnes
20:03qui sortent de détention
20:04qui récidivent
20:05dans les cinq ans.
20:06C'est un chiffre
20:06qui est assez glaçant
20:07et on s'est dit
20:09qu'il y avait
20:09quelque chose à faire.
20:10Donc, échec
20:10de la politique
20:11de la réinsertion.
20:12Exactement
20:13et donc,
20:13à notre petite échelle,
20:14on s'est dit
20:14si on amenait
20:15du travail en détention,
20:16c'est un levier
20:17absolument colossal
20:19pour favoriser
20:19la réinsertion
20:20donc, essayons.
20:21Il se trouve
20:22qu'on a été
20:22très bien accueillis
20:23par l'administration pénitentiaire
20:24alors qu'on était tout petits.
20:26C'est vrai ?
20:26Donc, ça veut dire
20:27qu'ils attendent
20:28des projets comme ça ?
20:28Evidemment,
20:29l'administration pénitentiaire
20:30a besoin de travail
20:31en prison.
20:32Les détenus aussi
20:33attendent beaucoup.
20:34Je crois que le chiffre
20:35a été dit,
20:35c'est moins d'un tiers
20:36des personnes détenues
20:36qui travaillent
20:37et quand on est
20:39en maison d'arrêt
20:3923 heures par jour
20:40dans sa cellule,
20:41oui, sortir 6 heures
20:42pour travailler.
20:42Sortir ces 9 mètres carrés,
20:43on est content.
20:44Sortir ces 9 mètres carrés,
20:45gagner de l'argent
20:45et commencer à préparer
20:46la suite,
20:47c'est absolument fondamental.
20:49Allez, on va découvrir
20:50Yachty.
20:51Jacques Grimond,
20:51c'est à vous
20:52en une minute pour le pitch.
20:53En une minute,
20:54Yachty,
20:55c'est deux constats.
20:56Un constat écologique,
20:57chaque année,
20:58il y a 100 000 tonnes
20:58de jeux de jouets
20:59qui sont jetés.
21:00Un constat social,
21:01il y a une grande partie
21:02des personnes détenues
21:03qui récidivent à la sortie.
21:05La solution,
21:06c'est Yachty,
21:07une structure
21:08qui est spécialisée
21:08dans la réinsertion
21:09professionnelle
21:10des personnes détenues
21:11via des ateliers
21:12en prison.
21:12On est nous-mêmes
21:13employeurs
21:14d'une centaine
21:15de personnes détenues
21:15en détention.
21:16Et dans nos ateliers,
21:18c'est vrai que c'est un peu particulier
21:19puisque c'est des jeux,
21:20des jouets,
21:21un univers qu'on n'a pas
21:21forcément l'habitude
21:22de connaître en détention.
21:23Des jeux des jouets
21:24qu'on va collecter
21:25dans les crèches,
21:25dans les écoles,
21:26dans les entreprises
21:26qui vont être reconditionnés
21:28dans nos ateliers
21:29par les personnes détenues
21:30qui acquièrent un savoir-faire
21:31et ensuite vendus
21:33sur notre site internet
21:34yachty-shop.fr
21:35pour les particuliers
21:36mais aussi de plus en plus
21:37pour les collectivités
21:38qui achètent des jeux,
21:39des jouets de seconde main
21:40et ainsi peuvent bénéficier
21:42de réductions importantes.
21:43Merci pour votre pitch,
21:44Jacques Grimond,
21:45co-fondateur de Yachty.
21:47Allez,
21:47les réactions tournent la table.
21:49Cyril Berthier,
21:49président de Alteco,
21:50votre regard sur Yachty ?
21:52Moi,
21:53je trouve ça extraordinaire.
21:54Pour le coup,
21:54je suis papa de deux enfants
21:57et on voit passer
21:59beaucoup de jouets.
21:59On favorise aussi
22:01clairement dès qu'on peut
22:02mais oui,
22:03il y a un vrai enjeu.
22:05On partage beaucoup de choses
22:07entre les deux entreprises.
22:08David Smadja,
22:09coach de ce soir.
22:10Moi,
22:10j'ai adoré le modèle.
22:11J'adore déjà le fait
22:12que l'accompagnement
22:13à la réinsertion finalement,
22:14il est financé par l'État
22:15parce que si je ne dis pas de bêtises,
22:16ça relève quand même
22:17d'une politique publique
22:18et le reconditionnement
22:20par contre
22:20va permettre de financer
22:21les ventes
22:22en e-commerce,
22:23vous l'avez dit,
22:24et dont je crois
22:24quasiment la moitié
22:25c'est financé
22:26par des collectivités.
22:27Donc en fait,
22:28c'est vraiment
22:28un cercle virtuel.
22:29Parce qu'il y a une loi
22:29qui oblige les collectivités
22:31à acheter des jeux
22:32et des jouets de seconde main.
22:33C'est exactement ça
22:34et c'est vrai que je trouve
22:36que le modèle,
22:37il est prouvé.
22:38Alors aujourd'hui,
22:38vous êtes dans un certain nombre
22:40de prisons,
22:41il faut accélérer
22:41pour essayer d'aller chercher
22:42au moins une centaine
22:43parce que franchement,
22:44vu l'accueil que vous avez,
22:46je ne vois pas comment
22:46on ne peut pas systématiquement
22:48vous ouvrir les portes.
22:50Jacques Grémence.
22:51Tout à fait,
22:52aujourd'hui,
22:52on est dans six établissements
22:53pénitentiaires.
22:55Il y en a une centaine
22:56qui pourraient accueillir
22:56le projet Yoti
22:57et vous avez souligné
22:59un point très important,
23:00c'est qu'il y a
23:01un modèle économique hybride.
23:02On a le chiffre d'affaires
23:04issu de la vente
23:04de jeux et jouets de seconde main
23:05mais on a aussi
23:06les dotations
23:06du ministère du Travail
23:08qui fait un calcul
23:08très rationnel
23:09en disant
23:10une personne en détention
23:11elle ne peut pas rechercher
23:12un emploi,
23:13elle n'a pas accès à internet,
23:13elle ne peut pas faire d'entretien,
23:14elle ne peut pas aller sortir
23:16rencontrer une entreprise
23:17et donc,
23:18le temps qu'on va faire gagner
23:19en préparant la réinsertion
23:21dans les murs de la prison,
23:22c'est du temps
23:23pendant lequel
23:23elles ne seront pas au RSA,
23:24elles ne seront pas au chômage
23:25en sortant.
23:26C'est pour ça
23:26qu'on a des dotations
23:27du ministère du Travail
23:28et on a aujourd'hui
23:2965% des personnes
23:31qui ont travaillé chez Yoti
23:32qui à la sortie,
23:34le jour de leur sortie,
23:35ont un CDI,
23:36un CDD de plus de six mois
23:37ou une formation.
23:38Mais où, chez vous ?
23:39Non, pas chez nous,
23:39à l'extérieur.
23:40Parce qu'en fait,
23:41ils valorisent
23:41ce qu'ils ont fait
23:42grâce à vous ?
23:43En fait, dans l'atelier,
23:44il y a la dimension production
23:45mais il y a aussi
23:45un accompagnement professionnel,
23:47on a des conseillers
23:48en insertion professionnel
23:49qui vont leur faire leur CV,
23:51coacher à l'entretien
23:52et puis surtout,
23:53les convaincre
23:54de mettre fin
23:54à leur carrière criminelle.
23:56La carrière criminelle,
23:57elle est souvent le fruit
23:59d'une conjonction.
24:00Aujourd'hui,
24:0050% des gens
24:01qui rentrent dans nos ateliers
24:02n'ont jamais travaillé leur vie.
24:03Donc, quand on ne travaille pas
24:04et qu'on a besoin d'argent,
24:05on peut le trouver ailleurs,
24:06souvent dans les activités illégales.
24:07Et donc,
24:08pour les aider à sortir
24:09de cette carrière criminelle,
24:10il faut les convaincre
24:10et quoi de mieux
24:11qu'un emploi intéressant,
24:13passionnant
24:13qui va permettre demain
24:14de financer une vie
24:16dans la société.
24:17Une vie plus agréable,
24:18une vie insérée.
24:19Il y a des détenus
24:20peut-être qui vous ont marqué,
24:21vous vous en avez rencontré aussi ?
24:23Oui, pendant trois ans,
24:24j'étais à l'atelier
24:25dans la prison de Bois-Darcy
24:27et il y a eu beaucoup d'expériences.
24:28Il y en a une
24:28dont je me souviens particulièrement
24:30puisque c'est une personne détenue
24:31que j'ai croisée à l'extérieur
24:33quand j'étais en train
24:33de faire mes courses
24:35et elle est venue me voir
24:36pour me dire
24:37que Yoti,
24:38ça l'avait considérablement
24:41aidée à sortir.
24:41Ça l'avait aidée en détention,
24:42elle avait gagné de l'argent,
24:43elle était sortie de sa cellule,
24:44elle n'avait pas été
24:45dans un schéma d'oisiveté
24:47et à l'extérieur,
24:48elle a fait une formation
24:49d'électricien
24:49et maintenant,
24:50elle a un emploi
24:51qui rémunère bien
24:52et qui l'intéresse.
24:53Mission accomplie.
24:54Vous restez avec nous,
24:55on se retrouve dans un instant
24:56tout de suite
24:56s'il point sur l'info.
24:58Europe 1,
24:59la France bouge.
25:03Vous êtes bien dans la France bouge,
25:05nous sommes ensemble
25:05jusqu'à 21h30
25:06sur Europe 1
25:07et ce soir,
25:08à l'occasion
25:08des Trophées de l'année
25:09Europe 1,
25:10nous sommes avec un candidat,
25:12Cyril Berthier,
25:12président de Alt-Eco.
25:15C'est le reconditionnement
25:16de nos produits,
25:18nos produits comme
25:19les ordinateurs,
25:20les tablettes,
25:21les téléphones aussi
25:22et ça tout a démarré
25:24avec le reconditionnement
25:25d'imprimantes.
25:26C'était il y a 12 ans,
25:27vous nous lisez tout à l'heure.
25:28Aujourd'hui,
25:29ce n'est pas la plus grosse partie
25:30de votre activité,
25:31c'est une petite partie
25:32et en 2021,
25:33vous avez racheté
25:33une bonne partie des actions
25:35pour devenir majoritaire.
25:36Aujourd'hui,
25:36c'est une centaine de salariés
25:37dans la banlieue de Lyon
25:38et pour garder les emplois
25:40en France,
25:41vous êtes allé aussi
25:42notamment recruter
25:44du côté des maisons d'arrêt,
25:45du côté des détenus,
25:46des prisonniers
25:47et ça,
25:47c'est formidable
25:48puisque vous permettez,
25:49au-delà de votre activité,
25:51vous favorisez
25:52la réinsertion,
25:53on le disait tout à l'heure,
25:54avec aussi Jacques Grimont,
25:56le cofondateur de Yoti.
25:58Yoti,
25:58c'est du reconditionnement
26:00de jouets,
26:01de jeux et de jouets.
26:02Vous travaillez avec
26:03plus d'une...
26:03Combien de personnes détenues ?
26:04Une centaine de personnes détenues
26:05chaque jour
26:06qui descendent dans nos ateliers.
26:07C'est extraordinaire.
26:08Les critères pour aujourd'hui Yoti,
26:09il faut être en situation
26:10régulière évidemment.
26:11Oui,
26:11l'objectif étant
26:12qu'on puisse travailler
26:13à la sortie.
26:13Bien sûr,
26:14c'est ça l'objectif.
26:15Oui,
26:15c'est pour ça
26:15puisque comme on a des dotations
26:16du ministère du travail,
26:17il faut pouvoir travailler
26:17à la sortie
26:18et ensuite,
26:19il faut qu'un reliquat de peine
26:20de moins de trois ans.
26:21L'objectif,
26:21c'est qu'on se positionne
26:22sur la fin de peine,
26:23sur des courtes peines
26:24où on va venir vraiment
26:25travailler la réinsertion.
26:26La personne va sortir
26:27dans six mois en moyenne.
26:28Il reste six mois
26:29dans nos ateliers.
26:30Donc,
26:31c'est plutôt en fin de peine.
26:32C'est une façon
26:33de favoriser la réinsertion,
26:35de la facilité,
26:36de donner envie.
26:37David Smadja,
26:38le coach de ce soir
26:38de la start-up,
26:39vous disiez,
26:40elle est virtueuse,
26:41elle s'attaque aux problèmes
26:43de ces personnes
26:43en réinsertion.
26:45Mais ce soir,
26:46Jacques a un vrai besoin,
26:47c'est qu'il pourrait être
26:48dans beaucoup plus de prison.
26:49Comment fait-il ?
26:50C'est une bonne question,
26:54mais le premier point,
26:55c'est que vous êtes rentré
26:56à Bois-d'Arcy.
26:57Vous avez quasiment,
26:57vous l'avez dit,
26:58frappé à la porte.
26:59Pour essayer d'aller chercher,
27:01on a quoi ?
27:01Plus de 600 prisons
27:02aujourd'hui en France.
27:05Et est-ce qu'il ne faut pas
27:06essayer directement
27:07d'aller voir
27:07le ministère de la Justice ?
27:08Je pense qu'elle a
27:08une agence dédiée,
27:09il me semble,
27:10dont la mission est principalement
27:11de développer le travail
27:12en détention.
27:13Et je crois qu'elle a
27:15déjà cartographié
27:16au moins plus de 20
27:17ou 25 000 m2
27:17de disponibles aujourd'hui
27:19pour accueillir,
27:20si vous voulez,
27:20des ateliers.
27:22Donc,
27:22est-ce qu'il ne faut pas
27:23aller continuer
27:24à taper à la porte,
27:25évidemment,
27:26de ce ministère
27:26et de ses agences
27:28pour convaincre précisément
27:29aujourd'hui
27:30de vous accueillir
27:31en plus grand nombre ?
27:31Parce que j'imagine
27:32que vous n'allez pas
27:32aller taper à la porte
27:34de chacune des prisons,
27:34ça prendrait trop de temps.
27:36Mais je pense
27:37qu'il y a quelque chose aussi
27:39pour le coup
27:40qui concerne un peu
27:41tout le monde,
27:41c'est qu'il faut essayer
27:42de faire finalement bouger
27:44la politique publique.
27:45Et je pense qu'il faut
27:46parler chiffres.
27:46Parce qu'il y a une donnée
27:47qu'on n'a pas,
27:48qui est presque une prise
27:49de conscience,
27:50c'est le coût
27:50d'une durée de détention
27:51en prison,
27:52ce que ça coûte à l'État
27:53et ce que ça coûte
27:54chaque année.
27:55On est quasiment
27:55à plus de 40 000 euros
27:56par an par détenu.
27:57Par détenu !
27:58Donc,
27:58vous imaginez bien
27:59que si grâce à vous,
28:00ces détenus-là
28:01trouvent un emploi
28:02et ne reviennent pas
28:03en prison,
28:03parce que c'est principalement
28:04l'objectif aujourd'hui
28:05des projets
28:05qu'on a autour de cette table,
28:07imaginez l'économie
28:08aujourd'hui réalisée.
28:09Donc,
28:09je pense qu'il faut
28:09tous se réunir
28:11avec cet objectif commun
28:12de parler chiffres
28:14auprès des pouvoirs publics
28:15pour leur expliquer
28:15l'économie réalisée.
28:16on ne les entend pas assez.
28:18Il faut faire bouger
28:19cette politique publique
28:21peut-être pour les prochaines élections.
28:22Je pense que...
28:23Il y a quelque chose.
28:25C'est vraiment vertueux,
28:26mais c'est un élément
28:27à mon sens
28:27qui est fondamental.
28:28Quand j'ai fait mes recherches
28:29et que j'ai vu ça,
28:30je me disais
28:30à quel point aujourd'hui
28:31des projets comme les vôtres
28:32sont importants,
28:33ne serait-ce que
28:34dans une politique d'économie
28:36que l'on doit réaliser
28:37compte tenu aujourd'hui
28:37de la conjoncture qu'on connaît.
28:39Jacques Grimond,
28:40c'est joué.
28:40Une fois qu'ils sont reconditionnés,
28:42on les trouve uniquement
28:43sur votre site.
28:43On les achète tout
28:44parce que là,
28:45on s'approche des fêtes
28:46de fin d'année.
28:46Ça peut donner des idées.
28:48Exactement.
28:48C'est sur le site uniquement
28:49yoti-shop.fr
28:51où vous avez tous les jouets jouets.
28:53Particularité intéressante.
28:54Ils sont reconditionnés en prison.
28:55Ils sont stockés en prison.
28:56Ils sont expédiés aussi
28:58depuis la prison.
28:59Donc, on a toute la chaîne de valeur
29:00qui est intégrée.
29:01Et ça, le consommateur le sait ?
29:03Ça se voit ?
29:04C'est décrit ?
29:04Oui.
29:05Ça a été un choix aussi.
29:07C'est de jouer la transparence.
29:08Certains nous disaient
29:09parce que vous êtes en prison,
29:11on n'acceptera pas
29:12d'acheter vos jouets.
29:13D'autres nous disaient
29:13ils trouveront que c'est...
29:15Le fameux,
29:15c'est pas possible,
29:16ça va pas marcher.
29:17Exactement.
29:18Et en réalité,
29:19soit les gens qui achètent
29:21ne font pas forcément attention.
29:22Ils savent qu'on a 5 sur 5
29:24sur Google.
29:24Donc, il y a des bonnes notes.
29:25La qualité est là.
29:26Le prix est là.
29:27Tout va bien.
29:28Et puis, il y en a
29:28qui font effectivement attention
29:29et qui se disent
29:30en plus de faire un geste écologique,
29:32je vais faire un geste social.
29:34Mais ils font quoi les détenus
29:35quand ils reconditionnent le jouet ?
29:37Vous les formez ?
29:38Ils ont appris
29:38parce que c'est pas inné
29:40de reconditionner un jouet.
29:41C'est comme reconditionner
29:42pour Alteco
29:43une tablette
29:45ou un smartphone.
29:46Exactement.
29:46Alors, c'est pas inné.
29:47Je dirais d'autant plus
29:48avec un public
29:49qui souvent a très peu joué
29:50dans son enfance.
29:51Et les jeux de société,
29:53par exemple,
29:53j'ai vraiment découvert des gens
29:53qui ne savaient pas
29:54ce que c'était
29:55qu'un jeu de société.
29:56Donc, nous, on a...
29:57On en est là, bien sûr.
29:58On est loin, oui.
29:59Donc, on a différentes lignes
30:01de production.
30:01Les jeux de société,
30:03les Legos,
30:03les Playmobil,
30:04les Barbies,
30:04les poupées,
30:08chaque fois,
30:08il y a des processus
30:09qui sont mis en place.
30:10On a un système d'information.
30:11Les personnes détenues
30:11travaillent sur un ordinateur
30:13qui est connecté
30:14à notre système d'information.
30:15Ça aussi,
30:15c'est l'administration pénitentiaire
30:16qui fait un effort
30:17et qui a autorisé ce système-là.
30:19Et ils sont accompagnés
30:21sur les différentes étapes.
30:21Donc, à la fin,
30:22ils ont des compétences
30:23qui peuvent être valorisées
30:24à l'extérieur
30:25dans l'industrie du reconditionnement,
30:27mais aussi, de manière générale,
30:28dans l'entreprise
30:28parce qu'elles ont appris
30:29à se lever
30:30qu'est-ce que c'est
30:30un contrat de travail,
30:31une paye, un patron,
30:32des obligations,
30:33des contraintes
30:33et une relation de travail
30:35qui est une relation
30:36parfois qu'ils découvrent.
30:36Et ils sont payés combien ?
30:38Ils sont payés 45% du SMIC
30:39qui est le taux légal.
30:41À cela, il faut rajouter...
30:43Le taux légal
30:43quand on est détenu.
30:44Exactement.
30:45Alors, précision
30:46qui n'est pas lié
30:46à la qualité
30:47de personnes détenues
30:48mais qui est plutôt lié
30:49à l'environnement.
30:50C'est-à-dire que,
30:51c'était bien dit tout à l'heure
30:52par Cyril,
30:53quand on est en détention,
30:54il y a des contraintes.
30:55On ne rentre pas quand on veut,
30:56on ne rentre pas avec ce qu'on veut,
30:57on ne rentre pas avec qui on veut,
31:02contraintes
31:02qui font que si c'était
31:03un salaire identique à l'extérieur,
31:05il n'y aurait pas d'intérêt
31:06ou pas de modèle économique
31:08pour pouvoir travailler en détention.
31:10Donc, le processus de recrutement
31:12avec des détenus,
31:13il est plus complexe ?
31:15Pas forcément.
31:16Pour le coup,
31:16ça, c'est un vrai avantage
31:17de travailler en détention.
31:19C'est qu'à Bois-d'Arcy,
31:20par exemple,
31:20prenons l'exemple de cet atelier.
31:23C'est une prison
31:24où il y a 450 places
31:26mais il y a environ 900 à 1000 détenus,
31:28ça dépend.
31:28Et effectivement,
31:29la grande majorité
31:30cherche un emploi,
31:31veut travailler.
31:31Donc, recruter en prison
31:33une fois qu'on y est implanté,
31:34ce n'est pas si difficile que ça
31:36parce que beaucoup veulent travailler.
31:38Cyril Berthier,
31:39vous vous confirmez,
31:40vous êtes le président de Alteco.
31:42Oui, complètement.
31:43Je confirme
31:43et ce que je disais,
31:45c'est que
31:45je pense que
31:46on partage ça un peu
31:47avec Yoti,
31:48c'est que finalement,
31:49à l'intérieur
31:50des travaux
31:51qui vont être donnés
31:52aux détenus,
31:53finalement,
31:53on fait partie
31:53de ceux qui sont
31:54les plus intéressants.
31:55Donc finalement,
31:56il y a presque une...
31:58Une compétition
31:58pour pouvoir vous travailler
32:00avec vous.
32:00Oui, c'est ça.
32:00Et donc,
32:01il va falloir qu'ils montrent
32:04qu'ils aient envie,
32:05finalement,
32:06et qu'ils ont envie
32:07de bien faire les choses
32:07pour pouvoir avoir ces pièces.
32:10Mais vous,
32:10vous ne faites pas passer
32:11les entretiens.
32:11Vous travaillez avec une personne,
32:13avec un groupe,
32:14un prestataire.
32:15Pourquoi ?
32:16Pour le coup,
32:17c'est un métier à part.
32:19Il faut être présent,
32:20sur place,
32:20tous les jours.
32:22nous,
32:22c'est pas...
32:22Vous,
32:23donc,
32:23ça veut dire qu'aujourd'hui,
32:24dans votre façon de recruter,
32:25de manager Cyril Berthier,
32:27le CV a peu d'importance ?
32:29Alors nous,
32:30en interne,
32:31complètement.
32:31Et c'est un autre aspect social
32:34de la société.
32:36On est vraiment...
32:37Et ça,
32:38c'est plutôt...
32:38C'est partie un peu
32:39de mes convictions,
32:40à la base,
32:41qui est de dire,
32:42on a énormément de parcours
32:44qui sont des parcours accidentés,
32:45des reconversions,
32:46des gens qui ont évolué
32:47dans l'entreprise.
32:49Et voilà.
32:50Et effectivement,
32:51d'ailleurs,
32:51on a évolué petit à petit.
32:54Et effectivement,
32:54typiquement moi,
32:55dans mes entretiens,
32:56je ne regarde plus du tout le CV.
32:58On regarde la personne
32:59qu'on a en face.
33:00En général,
33:01on a...
33:01C'est intéressant.
33:03David,
33:03je me tourne vers vous.
33:05Cette histoire
33:05de ne plus trop regarder le CV,
33:07d'être orienté vers,
33:08finalement,
33:09vers ce qu'on sait faire,
33:11vers ce qu'on est,
33:13c'est quelque chose
33:13qu'on retrouve régulièrement.
33:15David ?
33:16Totalement.
33:16Et d'autant plus
33:17qu'en fait,
33:17on est sur des métiers
33:20où on va avoir
33:21une montée en compétence.
33:22Et ensuite,
33:23effectivement,
33:23quand la montée en compétence
33:24est là,
33:26on reproduit,
33:26évidemment,
33:27parfois les mêmes gestes.
33:28Donc,
33:29c'est vrai que ça permet aussi
33:31de s'affranchir
33:31et de rentrer
33:32dans une espèce
33:32de dynamique
33:33très opérationnelle.
33:35Moi,
33:35ce qui m'a marqué,
33:35et je fais un peu l'avocat,
33:36c'est qu'on a parlé
33:38du contrat,
33:39mais c'est un contrat de travail
33:40entre les murs.
33:41Et c'est ça qui est particulier.
33:42C'est que depuis 2022,
33:43on a créé ce fameux contrat
33:45d'emploi pénitentiaire
33:46qui est un contrat
33:47avec, je crois,
33:47une période d'essai.
33:48Ça veut dire qu'on est
33:50à 45% du SMIC,
33:51mais on a une période d'essai.
33:52On a des cotisations
33:52et ces cotisations
33:53ouvrent au chômage.
33:54Donc,
33:54ça veut dire qu'on est vraiment
33:55dans une dynamique
33:56d'emploi qui démarre,
33:58qui a vocation à perdurer,
33:59pour laquelle on cotise
33:59et on se réinsère d'autant plus.
34:01Clotilde Gilbert,
34:02on va vous écouter
34:02dans un instant.
34:03Ça vous parle tout ça
34:04puisque vous,
34:04vous avez beaucoup,
34:06beaucoup travaillé
34:06au sein de prison.
34:08Ça me parle énormément
34:09parce que l'inaction,
34:11le fait de ne rien faire
34:12toute la journée,
34:13déstructure,
34:14déshumanise,
34:15désocialise la personne.
34:17eu une activité en détention.
34:20La capacité de se réinsérer
34:21est très, très, très, très faible.
34:23Donc,
34:24ces projets sont extraordinaires.
34:26On a des projets extraordinaires
34:27ce soir autour de la table
34:28de la France Bouge.
34:28Vous restez avec nous.
34:29Cyril Berthier,
34:31c'est le moment du quiz,
34:32vous savez,
34:32dans la France Bouge.
34:33Tous les soirs,
34:34il y a César Dian
34:34qui nous concocte
34:35un petit quiz.
34:36Je vous pose des questions
34:37et vous répondez.
34:38Allez, c'est parti.
34:39Cyril Berthier,
34:40vous avez commencé votre carrière
34:41dans les achats,
34:43notamment dans des grands groupes
34:45comme PSA,
34:46c'est ça ?
34:46Et Schneider Electric ?
34:47Tout à fait.
34:48Est-ce que vous avez toujours eu
34:49ce goût pour l'entreprenariat
34:51ou c'est venu progressivement ?
34:54C'est toujours quelque chose
34:55que j'ai eu dans un coin de la tête.
34:57Et effectivement,
34:58j'ai attendu un petit peu,
35:00mais quand l'opportunité s'est présentée,
35:01j'ai sauté dessus.
35:02Donc, vous aviez un peu envie.
35:04J'avais complètement envie.
35:05Vous avez des parents entrepreneurs ?
35:07Pas du tout.
35:08Pas du tout.
35:09Vous venez de nous dire
35:10que le CV a peu de place maintenant.
35:13Ce qui vous intéresse,
35:14c'est le parcours,
35:15les possibilités d'évolution.
35:17Est-ce que finalement,
35:17quand on regarde en arrière,
35:19on recrute un peu trop souvent
35:22sur le passé,
35:23sur le CV
35:24et pas sur ce qu'il est ?
35:26Oui, c'est vraiment le constat
35:28qu'on a fait.
35:29Il faut s'attarder.
35:31Il y a des compétences à vérifier.
35:33Mais après, il faut s'attarder
35:34à la personne qu'on a en face.
35:35C'est quelqu'un avec qui
35:35on va travailler tous les jours.
35:37Donc, est-ce que j'ai confiance en elle ?
35:40Est-ce que j'ai envie de travailler avec elle ?
35:41C'est des choses qui sont importantes.
35:43Vous avez construit Alteco progressivement.
35:45Vous avez privilégié les fonds propres au début
35:47plutôt que des grandes levées de fonds.
35:49Est-ce que vous êtes naturellement prudent
35:51aussi dans les décisions de management ?
35:53Oui, complètement.
35:54On dénote un petit peu dans le marché où on est
35:56où il y a eu énormément de levées de fonds.
35:58Et à un moment donné,
36:00c'est un marché qui est en croissance
36:01et qui a attiré énormément les investisseurs.
36:04Finalement, quand on regarde un petit peu en arrière,
36:06je pense qu'on a choisi de ne pas faire ça
36:09parce que c'est une conviction de ma part
36:11de dire qu'en fait, on est sur un marché
36:13qui est difficile,
36:13sur lequel les marges sont serrées.
36:16Et en fait, je pense que finalement,
36:18c'est ce qui nous a, on va dire,
36:19c'est ce qui fait qu'aujourd'hui,
36:21Alteco est encore là.
36:22Parce qu'en fait, on aurait eu des dépenses
36:24qui auraient été déraisonnables, je pense.
36:27Ça nous pousse dans ce sens-là.
36:29Quelle est la décision dont vous êtes le plus fier
36:31depuis la création de votre entreprise ?
36:33Aujourd'hui, on est une entreprise
36:35de l'économie sociale et solidaire.
36:37Donc l'idée, c'est de trouver le bon équilibre
36:40entre la partie économique,
36:44environnement et sociale.
36:45Et donc en fait, il y a toujours cette espèce
36:47d'équilibre qu'il faut arriver à trouver.
36:49Et en fait, finalement,
36:50presque la partie environnementale,
36:52on a essayé de la pousser assez loin,
36:54mais c'était presque inné finalement
36:56parce qu'en fait, on est sur des produits reconditionnés.
36:58Par contre, la partie sociale,
37:00on n'était pas obligé d'aller là-dedans.
37:02Et en fait, on s'est donné beaucoup de choses.
37:05On s'est rajouté un peu des contraintes,
37:07entre guillemets,
37:07mais finalement,
37:08qui sont aussi une force de l'entreprise.
37:10Mais voilà, en tout cas,
37:11donner cette dimension sociale à l'entreprise,
37:13c'est vraiment la chose dont je suis le plus fier.
37:16Merci Cyril Berthier,
37:17président de Alteco.
37:18One more time.
37:25One more time.
37:27Death Punk.
37:28Ça vous parle.
37:29On ne l'a pas mise par hasard.
37:31On ne l'a pas mise par hasard.
37:32Eh bien, là, on est en plein dedans.
37:34C'est de l'électronique,
37:35c'est du français.
37:36Et puis voilà,
37:37One more time,
37:38c'est le produit qui repart encore une fois dans le circuit.
37:41Donc voilà.
37:41C'est ce qui résume un petit peu Alteco.
37:43Allez-vous rester avec nous
37:44dans un instant,
37:45au quatrième et dernière partie de la France Bouge
37:47avec Clotilde Gilbert,
37:48qui est la fondatrice de l'association Wake Up Café.
37:51Et puis, les raisons d'espérer pour 2027
37:53avec vous, Cyril Berthier.
37:54Ce sera juste après Vanessa Paradis.
37:56Rendez-vous.
37:58Europe 1.
37:58La France Bouge.
38:0020h30, 21h30.
38:02Elisabeth Assayac.
38:03Et acte, la vie est belle.
38:07Soudain, elle est blouille.
38:10On essaye de rendre la vie plus belle ce soir sur Europe 1
38:13avec le reconditionnement.
38:15Mais oui, parce que derrière ce mot reconditionnement,
38:18il y a des entrepreneurs qui font travailler des détenus.
38:21Et c'est ça qui nous a intéressés ce soir dans la France Bouge.
38:24Nous sommes avec Cyril Berthier, le président de Alteco.
38:27En route vers les trophées de l'avenir Europe 1 LCL
38:30dans la catégorie impact social.
38:33Et on le voit depuis le début de l'émission.
38:34Si vous nous rejoignez, je vous invite à réécouter.
38:36Il y a toute cette notion de rentabilité.
38:38Parce que vous êtes rentable depuis quasiment le début.
38:40Vous êtes en croissance.
38:41En croissance de combien chaque année ?
38:43On va dire que là, il y en a une première partie où on doublait de chiffres.
38:47Et donc là, on est revenu sur des niveaux qui sont plus raisonnables,
38:49mais qui restent de l'ordre de 10%.
38:51Vous, une fois que c'est reconditionné,
38:53ça va dans les magasins de la grande distribution ?
38:56C'est notre principal marché, effectivement.
38:57Votre principal marché.
38:58Quand on a toutes ces journées de grèves et de manifestations
39:02qui ne cessent de s'accumuler,
39:04comme ça a été le cas aujourd'hui,
39:06est-ce que vous voyez, vous, même si vous n'êtes pas distributeur,
39:09il y a un impact sur les commandes ?
39:11Il y a un impact auprès de vos fournisseurs, de vos clients ?
39:16Non, pas de vos fournisseurs, de vos clients.
39:17De vos clients, oui, tout à fait.
39:19Oui, clairement, on le voit.
39:22Nous, on est un petit peu loin, du coup,
39:24parce qu'on a un intermédiaire vers le marché.
39:27Mais ce qu'on voit, effectivement,
39:29on voit surtout, j'ai l'impression,
39:31un peu d'attentisme, finalement, pour eux.
39:33On est dans une situation où personne n'hésite, finalement,
39:36avant d'acheter.
39:37Et on voit beaucoup d'attentisme sur les achats.
39:39Nous sommes toujours avec notre coach de ce soir,
39:41David Smadja, le confondateur de MyStone Avocat.
39:44Jacques Grimont, confondateur de Yoti,
39:46qui, lui aussi, reconditionne des jeux et des jouets
39:51grâce à...
39:52Combien de détenus travaillent avec vous ?
39:54Une centaine.
39:55Une centaine de détenus.
39:56Vous travaillez avec plus d'une...
39:57Combien de maisons d'arrêt ?
39:58Avec six établissements pénitentiaires.
40:00Avec six établissements pénitentiaires,
40:02avec six prisons.
40:03Jacques Grimont et l'autre invitée de ce soir,
40:09elle est complètement altruiste.
40:11C'est comme ça que je vois son parcours,
40:12puisqu'elle s'est consacrée à des missions de bénévolat depuis toujours.
40:17C'est vous, Clotilde Gilbert,
40:18fondatrice de l'association Wake Up Café.
40:21Europe 1.
40:22Le coup de cœur de la France bouge.
40:24Vous avez consacré toute votre vie, jusqu'à présent,
40:27à des missions de bénévolat.
40:28Oui, jusqu'à créer Wake Up Café.
40:30Jusqu'à créer Wake Up Café.
40:35Vous avez eu...
40:38Votre dernière mission, tant que bénévole,
40:40a été celle d'aumônière dans une maison d'arrêt,
40:42celle de Nanterre.
40:43Exactement.
40:44Oui.
40:44Je vous laisse nous raconter un petit peu.
40:46C'est-à-dire que pendant sept ans,
40:47trois à quatre jours par semaine,
40:49vous alliez dans cette maison d'arrêt.
40:51Oui.
40:51J'allais, comme tous les aumôniers de prison,
40:54de toutes les religions et de toutes les prisons.
40:57En fait, on a une particularité,
40:59c'est que pour les personnes qui ont ce droit
41:01et l'accès au soutien spirituel,
41:06les aumôniers de prison ont les clés des cellules.
41:09C'est-à-dire que moi, j'arrivais tous les matins
41:11à la maison d'arrêt de Nanterre
41:12et je demandais les clés du bâtiment C.
41:15Et après, je pouvais aller voir les personnes
41:17qui souhaitaient rencontrer un aumônier.
41:19Voilà.
41:20A priori, c'était plutôt des aumôniers chrétiens,
41:22des personnes qui cherchaient un aumônier chrétien.
41:25Mais il se trouve que j'allais voir,
41:27dès qu'on me demandait.
41:28Et du coup, je voyais aussi beaucoup de personnes
41:30de toutes les religions.
41:31De toutes les religions.
41:32Et c'est comme ça que vous avez eu cette envie
41:34d'aller plus loin avec Wake Up Café.
41:39Je crois qu'il y a une rencontre,
41:40c'est celle d'un amiral.
41:43C'est l'amiral Braque de la Perrière
41:44que j'avais rencontré dix ans auparavant
41:47et qui, lui, avait créé une association.
41:49Il allait voir les magistrats.
41:50Il leur disait,
41:50tous ces mineurs entre 13 et 18 ans
41:53qui sont enfermés,
41:54plutôt qu'ils tournent comme des lieux en cage,
41:56disaient-ils.
41:58Les trois derniers mois de leur incarcération,
42:01vous me les confiez.
42:02Et avec des militaires,
42:04avec des pompiers,
42:05avec des chefs d'entreprise,
42:06on les remet dans le monde du travail.
42:07On leur redonne un cadre de vie,
42:09une hygiène de vie.
42:09Ça m'avait beaucoup parlé.
42:12Et je m'étais dit,
42:13un jour, j'irais en prison.
42:14Et il se trouve que dix ans après,
42:16j'ai eu cette occasion
42:18d'aller chanter dans une prison,
42:19dans la prison de Nanterre,
42:20pour la première fois.
42:21Et c'est à ce moment-là,
42:23en découvrant aussi l'impact du chant
42:25sur le fait de se réveiller,
42:27de se remettre debout
42:28et d'avoir envie d'aller plus loin,
42:32que j'ai créé une chorale dans la prison.
42:34On a tourné des clips vidéo
42:36grâce à l'administration pénitentiaire
42:38qui nous a fait des autorisations incroyables.
42:39On a même eu un clavier dans une cellule.
42:41Donc ça a été des grandes démarches
42:44auprès de la direction
42:45de l'administration pénitentiaire.
42:47Et là, pour sortir le disque
42:50qu'on avait enregistré en prison,
42:51il fallait créer une structure.
42:52Donc on crée Wake Up Café
42:54pour sortir ce disque.
42:55Mais il se trouve que ce disque
42:57n'est jamais sorti,
42:57alors qu'il est excellent.
42:58Mais vous avez créé cette association.
43:00On l'a créé parce que...
43:01Et en fait, elle est créée
43:02et surtout, elle est devenue
43:04une association de réinsertion
43:07parce que les chanteurs,
43:08un jour, me disent...
43:10En fait, tu sais que le dit,
43:11si j'avais un boulot dehors,
43:13un logement, je pourrais sortir plus vite.
43:17Et je me suis dit,
43:18en fait, ces gars-là,
43:18ils ont payé leur dette à la société.
43:21Ils ont tout en eux
43:22pour intégrer la société
43:24et vivre pleinement dans cette société
43:26en devenant des acteurs positifs
43:29de cette société.
43:30Et du coup, je suis allée voir
43:31d'abord un chef d'entreprise,
43:33puis un autre, puis un autre,
43:34en leur disant,
43:34ces personnes-là,
43:35je les connais individuellement.
43:37Et je pense que nous,
43:39société civile,
43:40en donnant une chance
43:41à des personnes qui ont payé
43:43leur dette à la société,
43:44on peut permettre
43:45de diminuer la récidive.
43:47Et c'est comme ça que,
43:49du coup,
43:49ces chefs d'entreprise
43:50ont accepté
43:51de faire ces embauches.
43:53Ils m'ont rappelé
43:54quelques mois après
43:54en me disant,
43:55tu as été un petit peu naïf
43:56parce qu'en fait,
43:56ça ne suffit pas
43:57d'avoir un travail à la sortie.
43:59En fait, le fait d'être incarcéré,
44:01le fait de son parcours aussi
44:04au préalable
44:05et d'être incarcéré,
44:07fait qu'à la sortie,
44:08il faut tout refaire.
44:09Et comme beaucoup d'entre eux,
44:11on l'a dit,
44:12ils n'ont pas cette chance
44:13de travailler.
44:14Et avec Alteco,
44:15ils sont plus sur des rails.
44:18Bien sûr.
44:19Tout ce qu'on peut faire
44:19en détention
44:20permet une meilleure réinsertion.
44:22Donc, vous avez créé
44:23ce Wake Up Café,
44:27cette association.
44:28C'est une maison
44:29avec jardin
44:30en plein centre-ville.
44:31Alors aujourd'hui,
44:31on est présents
44:32dans 12 villes.
44:33On travaille
44:34avec l'administration
44:34pénétentiaire.
44:35Et dans ces 12 villes,
44:36c'est une maison
44:37avec un jardin
44:38en plein centre-ville
44:39où on accueille
44:40les sortants de prison
44:41qui sont souvent
44:42en aménagement de peine.
44:43Donc, avec le SPIP
44:45et les magistrats,
44:46en fait,
44:46il y a un dedans-dehors
44:48qui permet
44:49de les accueillir
44:50dès le jour
44:51de leur sortie
44:51et de leur permettre
44:52un encadrement
44:53assez fort,
44:55un accompagnement
44:56très rapproché
44:57qui leur permet
44:58de tout reconstruire.
44:59Donc,
44:59d'avoir des papiers à jour,
45:00de s'inscrire
45:01à France Travail,
45:03de refaire son CV
45:04ou de le faire
45:05parce qu'effectivement,
45:06comme disait Jacques,
45:07beaucoup n'ont jamais travaillé.
45:09Et donc,
45:09il y a tout à apprendre
45:10du monde du travail
45:11avant de pouvoir
45:12intégrer le monde du travail
45:13pour assurer
45:14un emploi qui va durer.
45:16Bien sûr.
45:16Et dans ce cas,
45:18Wake Up Café
45:20est en train de devenir
45:22aussi des restaurants
45:23puisque au fur et à mesure,
45:24vous vous êtes dit
45:25maintenant que
45:26ces anciens détenus
45:27peuvent travailler,
45:28on va leur proposer
45:29un vrai job.
45:30En fait,
45:31on a créé
45:31l'été Liberté,
45:32donc sur le bateau
45:32de Thalassa,
45:33juste là,
45:34au pied de Boconel,
45:35vous pouvez le voir
45:35par la fenêtre.
45:36Pas loin des bureaux.
45:37Pas loin.
45:38On a créé ce lieu
45:40spécifiquement dédié
45:41à l'embauche
45:42de sortants de prison
45:43accompagnés par
45:44Wake Up Café
45:44pour un certain nombre
45:46d'entre eux
45:46où le risque de récidive
45:47est entre 3 jours
45:48et 3 semaines
45:49si on ne leur donne pas
45:50tout de suite un salaire.
45:51Et je dis un salaire
45:52plutôt qu'un emploi
45:53parce qu'en fait,
45:54ça vient après
45:55le fait de les préparer
45:57à rentrer
45:58dans le monde du travail
45:59et c'est vraiment
46:00tous les codes
46:00du monde du travail
46:01qu'il faut qu'ils découvrent,
46:02qu'ils choisissent
46:03pour pouvoir en vivre.
46:05Donc l'objectif
46:06avec ces restaurants,
46:07c'est d'en faire plusieurs.
46:08Alors le restaurant,
46:09oui,
46:09mais là,
46:10on est aussi sur un projet
46:11avec Yoti
46:12pour créer
46:14des ateliers
46:15de torréfaction.
46:16On ne savait pas.
46:17Oui,
46:18en fait,
46:18on va devenir client
46:19de Yoti
46:21si tout se passe bien
46:22et si on continue
46:22à bien travailler
46:23avec l'administration pénitentiaire
46:24pour créer
46:26une marque de café
46:27et d'abord
46:28donner du travail
46:29en détention
46:30parce que c'est vraiment,
46:31on voit un vrai impact
46:33sur les personnes
46:34quand elles ont effectivement
46:35travaillé en détention
46:36pour leur réinsertion
46:37à la sortie.
46:38Et donc,
46:38on va créer
46:38des ateliers de torréfaction
46:40qu'on va démarrer
46:41avec Yoti
46:43prochainement
46:43pour le déployer
46:45si ça marche après
46:46sur l'ensemble
46:46des lieux
46:47où nous sommes.
46:47Merci Clotilde Gilbert,
46:49fondatrice de l'association
46:50Wake Up Café.
46:51Avant de nous quitter
46:51Cyril Berthier,
46:52vous savez qu'on est
46:53à quelques mois
46:53de l'élection présidentielle
46:55donc le moment est venu
46:57d'aller regarder
46:57un petit peu plus loin
46:58et d'y placer
46:59beaucoup d'espoir.
47:01Europe 1
47:02La France bouge
47:04Les raisons d'espérer
47:05Les raisons d'espérer
47:07pour 2027
47:09Cyril Berthier
47:10quelles sont-elles ?
47:12Je trouve qu'on a un pays
47:14aujourd'hui
47:15encore plus
47:16en période d'élection
47:18où on a beaucoup de sujets
47:19qui sont clivants
47:21et en revanche
47:22quand on regarde
47:22l'économie circulaire
47:24finalement
47:24quel que soit
47:25on l'a vu finalement
47:26dans les interviews
47:26en début d'émission
47:27quelles que soient
47:28les opinions politiques
47:29quel que soit le milieu
47:31en fait ça semble faire
47:32vraiment consensus
47:33ça nous rassemble
47:34ça fait que grandir
47:37donc nous
47:39le reconditionner
47:40en informatique
47:40c'est une petite partie
47:41de ça
47:43mais je vois vraiment
47:44l'évolution
47:45depuis un peu plus
47:45de 10 ans
47:46et donc voilà
47:47c'est une dynamique
47:48qui a l'air de faire
47:50qui ne peut que continuer
47:51et vu les enjeux
47:53environnementaux
47:53qui sont face à nous
47:54je pense que
47:54c'est une vraie bonne nouvelle
47:56et une vraie raison d'espérer
47:57Merci Cyril Berthier
47:58président de Alteco
47:59d'être venu ce soir
48:00dans la France bouge
48:01sur Europe 1
48:02un grand merci
48:02Jacques Grimond
48:03pour IOT
48:03merci Clotilde de Gilbert
48:05pour Wake Up Café
48:06et un grand merci
48:07David Smadja
48:08fondateur du cabinet
48:09Mystone Avocat
48:10excellente soirée
48:11sur Europe 1
48:11tout de suite
48:12Valérie Dermont
48:13pour la libre antenne
48:14bonsoir Valérie
48:15bonsoir Elisabeth
48:16bonsoir Valérie Dermont

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