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  • il y a 7 minutes
Alain Juillet, ancien directeur du renseignement au sein de la DGSE, analyse la situation en France, dans Face à l'info : «On assiste à une explosion de violence.»

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Transcription
00:00Je crois que ce n'est que la suite d'un processus qui s'est construit peu à peu dans
00:06le temps.
00:07Et aujourd'hui, on assiste effectivement à des explosions, une explosion de violence.
00:12Mais tout ça, en définitive, quand vous regardez, c'est une évolution.
00:18Parce que quand on veut s'exprimer, au départ, c'est un débat d'idées.
00:23Au départ, c'est vraiment un débat d'idées.
00:25Après, en général, quand on voit que le débat d'idées ne marche plus,
00:28et on essaie de faire des effets de masse, ce qu'on a vu cet après-midi.
00:32La CGT, par exemple, pourquoi cet après-midi, ça a été relativement calme ?
00:36Parce que la CGT avait mis son service d'ordre.
00:40Et quand une manifestation de la CGT a son service d'ordre, autant vous dire que ça ne bouge pas.
00:45– Ça marche droit.
00:45– Mais bien sûr que ça marche, parce que c'est une manifestation de masse organisée.
00:50Si, bien sûr, on laisse la liberté à chacun de faire ce qu'il veut,
00:54à ce moment-là, on rentre dans le chaos.
00:56Et le troisième volet, si vous voulez, quand on regarde ça,
00:59quand on regarde cette évolution, c'est justement,
01:01après, ce qui s'est passé dans ces dernières années,
01:04c'est que la France, il n'y a pas que la France, l'Allemagne aussi, l'Italie,
01:07enfin tous les pays d'Europe,
01:09on a évolué progressivement vers un individualisme absolument forcené.
01:13On est sortis de la collectivité, de l'esprit de collectivité,
01:17qui était l'esprit français, l'esprit aussi de tous les pays du Sud.
01:20Après la guerre, les gens avaient souffert, les gens se serraient les coudes.
01:24Ils étaient tous ensemble.
01:26Et peu à peu, on a laissé monter un individualisme,
01:29depuis mai 68, il faut dire la vérité.
01:32Depuis mai 68, on a eu une opposition de plus en plus forte,
01:36où chacun disait, il n'y a que moi qui compte,
01:39je ne regarde qu'au moins et mon intérêt.
01:41Et à partir de ce moment-là, la violence monte naturellement,
01:45parce que tout seul, pour s'exprimer, on ne peut pas jouer par la masse,
01:48et pour la plupart des gens qui veulent faire quelque chose,
01:51ils n'ont pas les idées suffisantes.
01:53Donc la conclusion, c'est qu'on débouche forcément sur la violence.
01:56Sous-titrage Société Radio-Canada
01:58Sous-titrage Société Radio-Canada

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