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  • il y a 3 heures


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00:00Puisque j'évoque ce qui se passe dans la rue, je vous confirme qu'il y a plus de 3000
00:04commerçants qui ont été affectés par les mouvements des derniers week-ends.
00:08Je partage le chiffre communiqué par CCI France selon lequel ça coûte un milliard et demi par week-end à
00:15l'ensemble de ces commerçants,
00:17avec des effets induits, des effets de halo, bien sûr, sur l'image de la France, mais également sur un
00:22certain nombre d'autres réalités économiques,
00:25sur l'amont industriel de ces commerçants en particulier, c'est évidemment extrêmement préoccupant à l'approche des effets de
00:31fin d'année.
00:33Bien s'agissant des textes budgétaires, je le dis très clairement, ils nuiront gravement à l'économie.
00:41L'état de la France en matière de prélèvements obligatoires, de prélèvements sur les entreprises en particulier, a été très
00:49précisément confirmé,
00:50parce que nous, nous le savions récemment par l'OCDE, par Eurostat, par le Sénat lui-même, à travers un
00:57excellent rapport.
00:58Et je vous invite, pour qui ne l'aurait pas déjà fait, à prendre connaissance d'une étude publiée par
01:02Accès-Code en début de semaine,
01:04selon laquelle les entreprises françaises sont les moins rentables d'Europe.
01:08Alors est-ce qu'elles sont mal gérées ? C'est une question qu'on peut se poser.
01:11Ça n'est pas ma conviction.
01:13En regard, on a des performances économiques qui sont macroéconomiques, que vous connaissez parfaitement, qui sont très préoccupantes.
01:21Le mythe selon lequel tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes est bien un mythe.
01:26On voit au fil des mois la situation se dégrader en termes de croissance, en termes de chômage et d
01:32'emploi,
01:33en termes, et c'est ça qui me paraît le plus préoccupant, d'investissement, avec en particulier sur le troisième
01:37trimestre,
01:38une baisse qui est absolument glaçante, au même moment où on devrait, au contraire, avoir une accélération de l'investissement
01:45au regard d'une intensification de la compétition internationale, au regard des enjeux climatiques,
01:51qui, à eux seuls, devraient occasionner, ça avait été chiffré il y a quelques années, 40 milliards d'euros supplémentaires
01:56par an,
01:57donc 10% d'augmentation des investissements des entreprises.
02:00Et puis, bien sûr, les investissements auxquels on se doit dans l'urgence pour implémenter l'intelligence artificielle dans nos
02:06entreprises.
02:07Cette baisse de l'investissement présage d'un nouveau décrochage de l'économie française.
02:14Le nombre de défaillances d'entreprises est sur un plateau, il n'augmente plus que très légèrement,
02:19mais enfin, on est quand même sur un rythme de 70 000 à 75 000 défaillances d'entreprises.
02:25Ce qui me frappe le plus, c'est que la taille moyenne de ces entreprises augmente, pour situer les choses,
02:29au regard donc d'une quasi-stagnation du nombre de dossiers,
02:32les montants versés par l'AGS, qui, je le rappelle, prend en charge les salaires des entreprises en procédure collective,
02:39à fin septembre, le montant est augmenté de 17%.
02:43Voilà.
02:44Bon, je ne reviens pas sur la situation des finances publiques,
02:46on est parfaitement conscient qu'elles sont dans une situation critique
02:50et qu'elles se dégradent de jour en jour.
02:53Donc on est en regard, évidemment, soucieux de contribuer au rétablissement des finances publiques,
02:58mais certainement pas de la manière dont on nous demande de le faire.
03:02Dit autrement, pour nous, les PLF et PLFSS 2027 se fondent sur des erreurs stratégiques.
03:09D'abord, une erreur stratégique quant au scénario macroéconomique.
03:12Je crois qu'à peu près tout le monde convient dorénavant que l'hypothèse de croissance de 1% en
03:182027,
03:19sauf divine surprise sur le cours du pétrole,
03:22mais qui n'adviendra pas au plus tôt avant la fin du premier semestre,
03:27ce scénario est complètement improbable.
03:33Nous, notre hypothèse, c'est qu'on sera plutôt,
03:35compte tenu en particulier de l'acquis de croissance ou du non-acquis de croissance,
03:38en définitive, qu'on aurait dès le début d'année,
03:40on serait plutôt sur une croissance de 0,4% à 0,5%,
03:44avec évidemment un impact sur les soldes publics.
03:49On regarde là où il faudrait donc doper l'activité, soutenir l'activité,
03:54et par votre conséquence soutenir l'emploi.
03:56J'attire votre attention sur un nouveau point.
03:58Moi, je suis choqué de voir que dans le débat public, on ne parle même plus d'emploi.
04:03Les syndicats eux-mêmes ne parlent plus d'emploi.
04:05Ils parlent de pouvoir d'achat, on le comprend très bien,
04:07mais plus personne ne parle d'emploi.
04:09Or, la situation de l'emploi en France, non seulement se dégrade,
04:13mais si on la compare à celle de nos pays concurrents, et voisins d'ailleurs,
04:19chez eux, l'emploi ne se dégrade pas.
04:21Ils restent d'ailleurs sensiblement inférieurs,
04:24le taux de chômage aux alentours de 5%,
04:26mais ça s'explique très simplement.
04:29Nos pays voisins ont des croissances sensiblement supérieures à la nôtre.
04:33L'Espagne aura une croissance 5 à 6 fois supérieure à la nôtre cette année.
04:36La Pologne, une croissance 5 fois supérieure à la nôtre.
04:40Vous avez vu que l'Allemagne corrigeait.
04:41L'Allemagne qui a ses problèmes, ils sont lourds.
04:44Enfin, l'Allemagne corrige sa prévision de croissance pour 2026 et pour 2027,
04:48et en 2026, la croissance allemande devrait être 2 fois supérieure à celle de la France.
04:53Donc le vrai problème de la France, c'est un problème de croissance,
04:56à raison de plus pour ne pas proposer des budgets récessifs.

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