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  • il y a 5 minutes
En sanctionnant Huawei en 2019, Washington a involontairement accéléré l’essor de RISC-V, un standard de processeur ouvert et libre. Une révolution discrète qui redessine la souveraineté technologique mondiale.

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00:0015 mai 2019. Pendant son premier mandat, Donald Trump déclare la guerre à un grand fabricant chinois.
00:12Du jour au lendemain, Huawei n'a plus accès aux technologies américaines,
00:16il n'a plus le droit d'utiliser certains logiciels ou composants clés.
00:19Pour quelqu'un qui fabrique notamment des téléphones portables, c'est plutôt embêtant.
00:23Huawei perd aussi l'accès à une technologie indispensable, ARM.
00:26C'est une architecture de puces utilisée par presque tous les smartphones au monde.
00:30Cette décision, ça a été une grosse claque pour l'industrie des semi-conducteurs et pour tous ceux qui gravitent
00:36autour.
00:36Derrière les puces que nous utilisons chaque jour, il y a des architectures, des standards et des licences
00:41contrôlées par une poignée d'entreprises ou par des décisions politiques.
00:46Mais en sanctionnant la Chine, Washington a peut-être obtenu l'effet inverse de ce qu'il voulait.
00:51Il a contribué à l'accélération d'une révolution discrète, RISC-V, une architecture de processeurs,
00:56ouverte et libre.
00:58Et l'ironie de l'histoire, c'est qu'elle a été inventée aux Etats-Unis.
01:01Alors, qu'est-ce que RISC-V ?
01:03Est-ce que ça va vraiment bouleverser l'industrie des semi-conducteurs ?
01:06Et la Chine a-t-elle vraiment tout compris ?
01:08Je m'appelle Eva Talma, je suis journaliste vidéo aux Echos, bienvenue dans ce nouveau décryptage.
01:18Pour comprendre RISC-V, on va laisser la Chine, Donald Trump et les puces de côté un instant
01:23et on va revenir aux fondamentaux, le logiciel.
01:26Un composant électronique qui intègre un microprocesseur ne va pas faire grand-chose s'il n'y a pas un
01:32logiciel qui tourne.
01:34Andrea Gallo est le PDG de RISC-V International.
01:37Ça va être du sable un peu cher.
01:41Un logiciel, c'est une suite d'instructions.
01:43Il peut demander à la machine d'additionner deux nombres, de déplacer une donnée
01:47ou encore de lire une information en mémoire.
01:49Pour ça, les développeurs utilisent des langages de programmation comme Python, Java ou C-Sharp.
01:54Le problème, c'est que le processeur ne comprend pas ces langages.
01:57Lui, il ne comprend que des instructions très basiques représentées en binaire.
02:02Il faut donc faire le lien entre les deux et ça, c'est le rôle de Lisa pour Instruction Set
02:07Architecture
02:08ou Architecture de jeu d'instruction en français.
02:10C'est un petit peu une espèce d'interface entre deux choses qui n'ont rien à voir.
02:14D'un côté, c'est du logiciel et de l'autre, c'est du hardware, du matériel.
02:18Olivier Saintiès est directeur de recherche à INRIA.
02:21Il travaille depuis 10 ans sur RISC-V.
02:22Le jeu d'instruction, c'est vraiment l'ensemble des instructions que peut exécuter un microprocesseur.
02:27Pour faire simple, Lisa, c'est la notice qui permet aux processeurs et aux logiciels de se comprendre.
02:32Chaque architecture peut avoir des définitions d'instruction qui sont un peu différentes.
02:37Certaines peuvent être plus complexes, plus riches, qui peuvent faire des choses plus compliquées
02:42et d'autres peuvent être plus simples et plus rapides.
02:45Ce qui veut dire que toutes les Lisa ne parlent pas la même langue.
02:47Historiquement, plusieurs architectures se sont développées en parallèle, chacune avec son propre langage.
02:53Aujourd'hui, deux familles dominent largement les processeurs que nous utilisons.
02:57X86, développé par Intel, et ARM, qui repose sur du risque.
03:01Bon, la bonne nouvelle, c'est qu'on a presque fait la moitié de cette partie ultra-technique.
03:05N'abandonnez pas maintenant.
03:06C'est mon cas.
03:07Pitié.
03:08On retrouve surtout l'architecture ARM dans les smartphones, les objets connectés,
03:12mais aussi dans les Macs d'Apple depuis qu'ils ont des puces Apple,
03:15et de plus en plus dans les PC Windows.
03:17Pourquoi ?
03:18Parce que ARM repose sur des instructions relativement simples et une efficacité énergétique.
03:22De l'autre, il y a X86, l'architecture historique d'Intel,
03:26qui est surtout utilisée dans les PC fixes, les ordi de gaming, les stations de travail et les serveurs.
03:31Bref, là où on demande aux processeurs d'envoyer du lourd.
03:33Ça, c'est parce que X86 utilise des instructions plus complexes
03:37qui lui permettent de faire plein de choses en une seule fois.
03:40Résultat, l'architecture est aussi un peu plus gourmande en énergie.
03:44Comme ces deux architectures ne parlent pas la même langue,
03:46un logiciel écrit pour l'une ne peut pas tourner nativement sur l'autre.
03:50Et c'est d'ailleurs pour ça que vous avez parfois le choix entre plusieurs versions d'un même logiciel.
03:54Une fois qu'un écosystème s'est construit autour d'une architecture,
03:56il devient extrêmement difficile d'en sortir.
03:59Et celui qui pose problème aujourd'hui, c'est ARM.
04:02Ça, c'est parce que si X86 reste cantonnée au monde du PC traditionnel et des serveurs,
04:07ARM est devenue incontournable.
04:09De vos téléphones jusqu'au réseau de télécom, sa technologie est partout.
04:13Et le problème, c'est qu'Arm fonctionne sur un modèle 100% propriétaire.
04:16Elle fixe ses tarifs, choisit à qui elle vend ses accès
04:19et verrouille l'innovation selon sa propre stratégie commerciale.
04:22This has implications for the whole supply chain.
04:25Those are the ones that provide the core for the computing in every mark.
04:31This may have, let's say, good things, right ?
04:34Because there is a monopoly, so everything is super well aligned.
04:38Angel Berrio est chief product officer chez Kinturus,
04:41une entreprise espagnole qui travaille sur la standardisation de RISC-5.
05:03Bon, je ne vais pas vous raconter toute l'histoire de la boîte aujourd'hui
05:06parce que mon collègue Harold l'a déjà fait dans une autre vidéo.
05:09Et d'ailleurs, il y avait beaucoup de gens qui parlaient de RISC-5 en commentaire.
05:12Si vous voulez creuser le sujet, je vous la recommande.
05:14Mais pour résumer en quelques phrases,
05:16ARM a construit son modèle économique autour d'une idée assez simple.
05:19Ne pas fabriquer les puces, mais vendre les technologies qui permettent de les concevoir.
05:23ARM vend des licences pour utiliser son jeu d'instruction
05:26et puis il fournit ce qu'on appelle des IP,
05:29donc des bibliothèques matérielles qui permettent de construire des processeurs à partir de ça.
05:33Et donc, ça, ça se paye.
05:35Concrètement, des fabricants comme Qualcomm ou Nvidia
05:37peuvent utiliser l'architecture ARM pour concevoir leurs propres processeurs.
05:41Et les tickets d'entrée sont très élevés.
05:43Comptez 1 à 10 millions de dollars de frais de licence juste pour accéder au plan de l'architecture.
05:48C'est sans compter la taxe de 1 à 2% qu'ARM prélève sur chaque puce vendue qui utilise
05:52son architecture.
05:54Alors vous vous en doutez, ce système crée une énorme dépendance.
05:57Quand l'architecture que vous utilisez appartient à quelqu'un d'autre,
05:59vous dépendez évidemment de ces règles.
06:01C'est d'ailleurs ce qui a déclenché une guerre entre ARM et le géant des puces Qualcomm.
06:06En 2021, Qualcomm rachète Nuvia,
06:09une startup qui développe des processeurs ARM hyper performants.
06:12Mais ARM considère que la licence de Nuvia ne peut pas simplement être transférée à Qualcomm.
06:16Bon, l'histoire a fini devant le tribunal,
06:18et si Qualcomm a gagné, la tech a réalisé une chose.
06:21Qu'est-ce qui se passe si le fournisseur principal d'architecture
06:24décide de couper les licences sur un coup de tête ?
06:31Ce plan B est né à l'université de Berkeley en Californie à l'été 2010.
06:36A l'époque, le professeur Kruste Asanovic et les doctorants Yun-Sup Lee et Andrew Waterman
06:41travaillent sur la conception de processeurs.
06:43Mais ils font face à un mur.
06:44Pour utiliser les architectures du marché dans leurs cours,
06:47il faut négocier pendant des mois avec des avocats et payer des licences hors de prix.
06:51Il se tourne alors vers David Patterson, un autre professeur de Berkeley,
06:54pour lancer un projet d'été de trois mois.
06:57L'idée, c'est de concevoir leur propre architecture adaptée à leurs besoins académiques.
07:01C'est lui qui a proposé le concept d'avoir des jeux d'instructions
07:06beaucoup plus simples, moins riches, plus rapides.
07:09Petite parenthèse, à l'époque, les travaux de David Patterson
07:12avaient inspiré une petite entreprise britannique
07:14qui voulait créer sa propre puce,
07:16la A-Corne-Risque-Machine,
07:18qu'on connaît aujourd'hui sous le nom d'Arm.
07:21Ironie de l'histoire, 30 ans plus tard,
07:23Arm est devenu un modèle totalement fermé et payant.
07:26Bon, fin de la parenthèse.
07:28En trois mois, l'équipe de Berkeley conçoit donc une toute nouvelle architecture,
07:32mais cette fois-ci, 100% libre et ouverte.
07:35Son petit nom, c'est Risk Five.
07:37Elle va Risk Five.
07:39Risk Five ?
07:39Non, Risk Five.
07:40Non, j'arrive pas. Risk Five.
07:42C'est l'accent, c'est le sud.
07:43Au départ, personne n'imagine que ce projet va dépasser les murs de l'université
07:48jusqu'à un événement inattendu.
07:50Donc ils avaient publié les manuels, les spécifications.
07:54Et à un moment donné, ils ont changé quelque chose
07:56et quelqu'un a envoyé un email en disant
07:59« Pourquoi vous avez changé ça ?
08:01Notre produit ne va plus marcher. »
08:04Et c'est là qu'ils ont découvert qu'il y avait des équipes
08:07qui l'utilisaient pour des produits.
08:09C'est là que les créateurs de Risk Five comprennent qu'ils tiennent un truc.
08:12Mais une bonne nouvelle amène souvent son lot de questions existentielles
08:15« Comment garantir que leur architecture reste ouverte
08:18si elle commence à intéresser de grandes entreprises ? »
08:22Alors pour protéger leur création,
08:23ils créent en 2015 la Foundation Risk Five
08:25au cœur de la Silicon Valley en Californie.
08:28La fondation espérait vaguement attirer une poignée de grandes entreprises
08:31pour les aider à poser les bases du standard.
08:33Ils en attirent finalement 42,
08:35parmi lesquels Google, NVIDIA, IBM, Qualcomm ou encore Western Digital.
08:40Et NVIDIA, eux, ils vont se donner à fond.
08:43Dès 2016, NVIDIA commence à remplacer ses propres technologies
08:46par du Risk Five pour une partie de sa flotte.
08:48Le résultat, c'est qu'en 2024,
08:50NVIDIA a intégré plus d'un milliard de cœurs Risk Five dans ses puces.
08:54Mais pour comprendre comment une telle métamorphose a été possible,
08:57il faut saisir une nuance fondamentale.
08:59Risk Five n'est pas de l'open source,
09:01c'est un open standard.
09:03Bon, d'ailleurs entre nous,
09:04moi j'avais pas bien compris la différence au début,
09:06et c'est mon interlocuteur qui me laisse gentiment faire marquer.
09:08Je voudrais faire une petite correction,
09:10c'est pas de l'open source, mais open standard.
09:13La différence est qu'en open standard,
09:16c'est les spécifications.
09:18Nous, on rigole en disant qu'on fait que du PDF.
09:20Les manuels, les jeux d'instructions,
09:22c'est des PDF compliqués, mais c'est des PDF.
09:26En open source, ça veut dire que c'est un design,
09:29c'est une réalisation.
09:30C'est un peu comme le Wi-Fi.
09:31La norme définit les règles que les appareils doivent respecter
09:34pour communiquer entre eux,
09:35mais elle ne fabrique ni les puces,
09:37ni les logiciels qui l'utilisent.
09:38Bah, Risk Five, c'est pareil.
09:40Bah, la Wi-Fi ?
09:42Moi, je dis le Wi-Fi.
09:43Hop, c'est pour avoir la séquence.
09:46Qui dit la Wi-Fi ?
09:47Ah ouais ?
09:49N'importe quelle entreprise peut donc prendre cette spécification
09:52et concevoir sa propre implémentation,
09:54c'est-à-dire sa propre version physique d'un processeur
09:57qui reprend les règles de Risk Five.
09:58Ce qui veut dire qu'elle peut vendre un produit basé sur Risk Five
10:01sans partager aux autres les modifications qu'elle a pu apporter au langage.
10:05Et cette promesse du sur-mesure va séduire un secteur, l'automobile.
10:09Aujourd'hui, une voiture, c'est un véritable ordinateur roulant.
10:13Elle embarque des dizaines de calculateurs électroniques
10:15qui gèrent tout, du moteur aux airbags.
10:18Et contrairement à un smartphone,
10:20une voiture est conçue pour être produite et roulée pendant 15 à 20 ans.
10:42Pour les équipementiers, passer à Risk Five permet certes d'économiser des redevances,
10:46mais surtout de s'assurer qu'un fournisseur d'architecture ne va pas disparaître.
10:50Il y a beaucoup de petites entreprises ont développé cette technologie
10:54pour un programme de production qui dure 15 à 20 ans
10:58et qui nécessite des liabilités, maintenances et ainsi de suite.
11:02C'est très difficile de truster dans une de ces entreprises seulement.
11:06Le marché est assez volatile.
11:08Les petites entreprises qui peuvent disparaître dans 5 ans,
11:12qui peuvent être voté par votre compétiteur,
11:14et vous avez perdu le trust.
11:17Donc, il y a eu plusieurs problèmes pour résoudre dans cette chaîne de consommation.
11:21Alors, en août 2023, 5 grands acteurs des semi-conducteurs
11:24annoncent la création d'une entreprise commune, Quintoris.
11:27En 2024, ils sont rejoints par ST Microelectronics,
11:31une entreprise de semi-conducteurs.
11:32Leur objectif, c'est d'accélérer la commercialisation de produits
11:35basés sur Risk Five dans l'automobile.
11:37Et pour ça...
11:45Et ça ne s'arrête pas au secteur auto, loin de là.
11:50En 2023, plusieurs géants de la tech ont lancé le projet RISE,
11:53soutenu par la Linux Foundation,
11:55qui coordonne énormément de projets open source dans le monde.
11:58Google, Nvidia, Qualcomm et d'autres acteurs,
12:00ils mutualisent leurs connaissances et des dizaines de millions de dollars
12:03pour développer des outils open source
12:05pour rendre Risk Five exploitable dans des produits commerciaux.
12:08Yeah, of course, it's an open standard,
12:10but the benefit is not only lower licenses,
12:15but freedom, innovation,
12:18and as well as free for sovereignty reasons, right ?
12:23Souveraineté.
12:24Là, Angèle vient de nous lâcher un mot important.
12:26C'est parti pour un peu de géopolitique
12:28et notamment pour retrouver Trump et la Chine.
12:35Dans un monde où une grande partie des puces sont conçues en Californie,
12:39dépendre d'une architecture américaine n'est plus un choix technique,
12:42c'est aussi un risque géopolitique pour les États.
12:44Du jour au lendemain, quelqu'un dans une maison blanche pourrait dire,
12:48qui s'est passé pour la Chine,
12:50vous n'aurez plus le droit à des puces Intel,
12:52vous n'aurez plus le droit à des puces Nvidia,
12:54vous n'aurez plus le droit d'utiliser du ARM.
12:57Et ce scénario s'est joué en mai 2019.
12:59Quand Washington place Huawei sur liste noire,
13:01le britannique ARM,
13:03qui a récemment été racheté par le géant japonais Softbank,
13:06ordonne immédiatement à ses équipes de suspendre tous leurs contrats
13:09avec la filiale de puces du géant chinois iSilicon.
13:12La raison ?
13:13L'architecture d'ARM intègre des brevets déposés sur le sol américain.
13:18Quelques mois plus tard,
13:19les experts d'ARM concluent que leurs architectures phares
13:21sont majoritairement d'origine britannique.
13:23Juridiquement, ARM conserve le droit
13:25de vendre des licences d'architecture à Huawei.
13:27Bon, malgré tout,
13:29les entreprises chinoises ont compris qu'ARM,
13:30et plus largement tous les modèles propriétaires,
13:33sont une épée de Damoclès permanente.
13:35Elles ont donc trouvé dans RISC-5
13:37une voie vers une souveraineté architecturale.
13:39Dès 2019,
13:41T-Ed, la filiale semi-conducteur d'Alibaba,
13:43a annoncé son premier processeur RISC-5.
13:46Aujourd'hui,
13:4711 des 23 membres premium de RISC-5 international sont chinois,
13:51plus de 60% des startups qui utilisent RISC-5 dans le monde sont basées en Chine,
13:55et la moitié des 10 milliards de puces RISC-5
13:58produites ces dernières années dans le monde
13:59provient d'entreprises chinoises.
14:01RISC-5 n'est ni une puce physique,
14:03ni un brevet privé.
14:05C'est un standard ouvert géré par une fondation neutre,
14:07ce qui veut dire que Washington ne peut pas en interdire l'accès.
14:10Pourtant, aux Etats-Unis,
14:12des élus font pression sur la Maison-Blanche
14:13pour restreindre l'accès de Pékin à RISC-5.
14:16La Chine communiste développe une architecture de puces en open source
14:19pour contourner nos sanctions
14:20et développer son industrie des puces.
14:23Si nous n'élargissons pas nos contrôles à l'exportation,
14:26un jour la Chine nous surpassera
14:27en tant que leader mondial en conception de puces.
14:30Face à ces pressions,
14:31RISC-5 International a tiré la sonnette d'alarme.
14:34Bloquer l'accès à la norme pourrait créer
14:36deux mondes d'architecture incompatibles,
14:38donc tout l'inverse de la philosophie RISC-5,
14:40et détruirait l'innovation mondiale.
14:42D'autant que la Chine n'est pas le seul Etat à faire ce calcul.
14:45Et moi j'ai vu le même niveau de maturité,
14:49de technologie, de compréhension, d'utilisation de RISC-5 partout.
14:54Donc c'est pas seulement la Chine,
14:56en Inde ils ont le Digital Independence RISC-5.
14:59Au Brésil, ils investissent énormément dans RISC-5,
15:03en Europe énormément,
15:04avec tous les projets financés par ChipJu.
15:07Selon une étude de RISC-5 International,
15:09l'architecture pourrait passer de 2,5% du marché en 2021,
15:13à près de 34% en 2031.
15:16Et pour comprendre jusqu'où va cette quête de neutralité,
15:18il suffit de regarder où la fondation a posé ses valises.
15:21En 2019, au plus fort de la guerre commerciale entre Washington et Pékin,
15:25les membres de RISC-5 ont voté le déménagement du siège de la fondation,
15:28de la Silicon Valley, vers Genève, en Suisse.
15:31Pourquoi la Suisse ?
15:33Tout simplement pour se mettre à l'abri des lois américaines
15:35et garantir aux ingénieurs chinois, européens ou même américains
15:39qu'aucune décision politique ne pourra leur couper l'accès au code source du jour au lendemain.
15:43Merci d'avoir regardé jusqu'au bout de ce décryptage plutôt costaud,
15:46même moi je m'attendais pas à ce que soit un aussi gros morceau.
15:49On espère que la vidéo vous a plu.
15:50Vous pouvez aussi nous retrouver en podcast sur Spotify et Apple Podcast.

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