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  • il y a 7 minutes
«La France a été tellement dénigrée que l'assimilation des petits Français est plus compliquée», note Charlotte d'Ornellas

Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce mardi, Pascal Praud revient sur la gauche qui cible à nouveau les médias d'information.

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Transcription
00:00Même Edouard Philippe a parlé, effectivement, il s'est fait reprendre justement par l'émission quotidienne et par Jean-Michel
00:04Apathy,
00:04parce qu'il a simplement dit qu'il y avait une part d'immigration.
00:08C'est tortueux, ça, son expression.
00:09Il faut voir ce qu'on voit, ici.
00:11Bon, écoutez ce qu'a dit M. Edouard Philippe.
00:13Écoutez Edouard Philippe.
00:15Ce modèle d'intégration, il connaît des ratés, il connaît des imperfections,
00:19et que dans les images que nous avons vues des pillages, je ne parle pas des pillages,
00:25il y avait de fait un certain nombre, un nombre important de jeunes français, sans doute,
00:34que je considère comme des français, issus de l'immigration,
00:37ce qui traduit, ce qui traduit un sujet, qu'on doit regarder les yeux dans les yeux.
00:41Et on doit s'interroger sur comment est-ce qu'on fait nation,
00:45comment est-ce qu'on fait nation pour ceux qui sont arrivés il y a une, deux ou trois générations,
00:49et pour les autres.
00:51Maud Bréjon a dit la même chose, toujours avec beaucoup de lucidité,
00:55au-delà de Maud Bréjon.
00:56Je crois qu'Edouard Philippe a dit tout haut ce que beaucoup de français pensent tout bas,
01:01à savoir qu'on a un problème d'intégration, qui est réel aujourd'hui en France.
01:06On ne le découvre pas, et on a essayé d'y répondre, d'ailleurs, depuis plusieurs années.
01:10Je repense à ce qu'a porté Gérald Darmanin lorsqu'il était au ministère de l'Intérieur.
01:15Est-ce que ce problème est parfaitement résolu ?
01:17La réponse est évidemment non, et c'est une question qui est éminemment complexe.
01:22Néanmoins...
01:22Et quand il est accusé de racisme par Jean-Luc Mélenchon...
01:24Je voudrais encombre dire sur cette deuxième partie-là,
01:27parce que ce que fait Jean-Luc Mélenchon dans son communiqué
01:32est au fond inquiétant à deux titres.
01:36D'abord parce que désormais, tout ce qui se situe à droite,
01:40d'Olivier Fort pour Jean-Luc Mélenchon,
01:43est qualifié de raciste.
01:45à partir de Raphaël Luxman, globalement, jusqu'à tout ce qui est plus à droite,
01:50est mis dans le même sac.
01:51Et donc ça, c'est extrêmement dangereux.
01:53Deuxièmement, parce qu'il s'en prend là encore de manière très directe,
01:58très directe, à une journaliste qui n'a fait que son travail.
02:02Et ce n'est pas la première fois que ça arrive.
02:04Moi, je vous renvoie vers les propos de Sophia Chikourou
02:06durant la campagne municipale à Paris,
02:10avec des propos extrêmement virulents.
02:12La manière, au fond, dont la France insoumise aujourd'hui
02:15choisit ses médias, donne des bons et des mauvais points
02:17aux journalistes, à quelque chose de profondément antidémocratique.
02:23Sonia Mabrouk, qui nous regarde et qui a tweeté il y a quelques minutes.
02:27Quel plaisir d'écouter Pascal.
02:28CNews est une chaîne formidable.
02:29J'y reviendrai bien.
02:30Non, c'est pas ça, pardon.
02:31Procès en racisme, partout et pour tous, a-t-elle tweeté.
02:38Ne rien céder aux censeurs en chef qui veulent choisir les invités
02:42et les idées sous couvert d'une pluralité hémiblégique.
02:45Solidarité entière aux reporters ciblés de toutes les rédactions.
02:48Mon amitié à Régine Delfour, courageuse et sincère.
02:51Eh bien, merci Sonia.
02:52Merci Sonia.
02:53Et moi, j'ai eu beaucoup de plaisir à travailler avec elle.
02:56Et c'est une journaliste de grande qualité.
02:58Et elle a d'ailleurs un certain succès.
03:00Non, mais sur Maude Bréjon, je trouve ses propos très courageux.
03:04Mais ça me paraît absolument délirant qu'on en soit encore là
03:06et qu'on se refuse à ce point à nommer l'éléphant dans la pièce.
03:09Évidemment qu'il y a une sur-représentation des enfants de l'immigration
03:12dans les émeutes des dernières semaines.
03:14Ah oui, mais cette expression, il ne faut pas l'employer.
03:16Oui, mais il n'y a pas que moi qui l'emploie.
03:17Il y a la préfecture de police de Paris qui l'utilisait également.
03:20Au lendemain des émeutes de 2023, c'était un rapport de l'inspection générale
03:24de l'administration et un rapport d'inspection générale de la justice
03:40et aujourd'hui, ça vous vaut l'opprobre sociale.
03:43Ça vous vaut la disqualification.
03:45Alors même que tous les hauts fonctionnaires qui sont le nez dans le guidon
03:50toute la journée la voient, et tous les Français la voient aussi.
03:53Charlotte Dornelas.
03:53Ce n'est pas la nommée qui pose problème, c'est considérer que c'est un problème.
03:56Parce que quand Jean-Luc Mélenchon, au tout début du mouvement,
04:00vous explique qu'il y a une répression de la police
04:03et que cette répression a un arrière-gour raciste,
04:05j'aimerais vraiment que quelqu'un qui a la chance
04:08de pouvoir recevoir Jean-Luc Mélenchon, puisqu'il ne veut pas nous parler,
04:12lui pose la question, un arrière-gour raciste, c'est-à-dire ?
04:15C'est-à-dire ?
04:16C'est-à-dire que pourquoi est-ce que la répression a eu un arrière-gour raciste ?
04:20C'est bien qu'il voit qu'il y a, parmi les émeutiers ce jour-là,
04:25beaucoup de personnes racisées, pour reprendre leur vocabulaire.
04:28Donc, nommer la réalité, tout le monde l'a fait.
04:32Dans Libération, ils ont dit, oui, c'est vrai, comment ne pas le voir ?
04:35Simplement, c'est une explication pour Libération qui est socio-économique, on va dire.
04:40Donc, tout le monde peut avoir des explications différentes
04:43et des solutions différentes à ça.
04:45L'explication socio-économique, l'écrasante majorité des familles du 93
04:50ne sont pas des pilleurs et des casseurs.
04:52C'est-à-dire que ce n'est pas parce qu'on est dans un quartier populaire
04:54et qu'on est pauvre, qu'on va les casser pieds.
04:57Mais je sais, c'est pour appuyer sur ce que disait Charlotte.
05:00Je vous dis simplement, il y a différentes explications de la situation
05:03et il y a surtout différentes solutions,
05:06qui sont un peu les grandes absentes, d'ailleurs, de la séquence.
05:08Personne ne nous explique comment on va sortir de ce cauchemar à répétition.
05:13Alors que moi, j'aimerais...
05:14L'armée n'est pas à la babyster.
05:17À chaque fois qu'on a un problème, c'est soit l'armée, soit l'école, soit la justice.
05:20On ne devrait avoir une petite cloche.
05:21Il va quand même falloir qu'il y ait une entreprise politique.
05:24Mais moi, j'aimerais simplement poser la question à tous les candidats à la présidentielle.
05:28Oui, nous avons un problème d'intégration, comme on dit depuis quelques années,
05:32comme ça personne ne rentre dans le dur et voilà.
05:34Simplement, on a un problème d'assimilation de tous les petits Français à la France.
05:41Parce que la France a été tellement délaissée.
05:44Et alors là, Jean-Luc Mélenchon n'est pas responsable uniquement.
05:47La France a été tellement battue, tellement dénigrée,
05:51tellement son histoire est nulle, on va aller dans la repentance,
05:55que l'assimilation de tous les petits Français,
05:58et donc a fortiori de petits Français qui sont issus de parents ou de grands-parents,
06:03qui ont une autre histoire, qui se sont arrachés à une autre histoire,
06:06pour qui c'est plus difficile, bien sûr, la greffe ne prend pas.
06:11Oui, par la force des choses.
06:12Écoutons Jean-Michel Apathy, je vous l'avais passé hier, on va le passer plus court,
06:15parce qu'effectivement, ça participe à cet état d'esprit qui existe dans les médias.

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