00:00L'Europe veut riposter contre Starlink, le fournisseur d'accès à Internet d'Elon Musk.
00:05Cette bataille est fondamentale.
00:07Et cette bataille concerne une technologie particulière, le Direct-to-Device.
00:12Concrètement, comment ça marche ?
00:14Il s'agit de permettre à un appareil, un smartphone par exemple,
00:17de se connecter directement à un satellite dans l'espace,
00:21sans passer par une antenne-relais au sol.
00:23Une infrastructure clé pour nos usages civils,
00:26mais aussi potentiellement pour des usages militaires.
00:30Et sur ce marché, un acteur se détache clairement.
00:32Starlink, le réseau de satellites développé par SpaceX, l'entreprise fondée par Elon Musk.
00:38L'entreprise américaine possède une constellation d'environ 10 000 satellites.
00:42C'est colossal, si vous voulez un ordre d'idée,
00:45ça correspond aux deux tiers de tous les satellites actifs présents actuellement en orbite.
00:50Sur ces 10 000 satellites, environ 650 peuvent être dédiés au fameux Direct-to-Device.
00:55Or, et vous allez comprendre vite le problème,
00:58côté européen, la seule constellation en orbite basse aujourd'hui opérationnelle,
01:03OneWeb, exploitée par Eutelsat, compte environ 650 satellites,
01:07et elle n'est même pas en mesure de proposer le Direct-to-Device.
01:11L'Europe prépare bien sa propre constellation, Iris au carré,
01:15un réseau de 290 satellites pour des communications sécurisées,
01:18mais les premiers lancements ne sont pas attendus avant 2029.
01:21Il y a donc une vulnérabilité européenne.
01:24Mais Bruxelles a une nouvelle arme dans sa main.
01:27De nouvelles fréquences radio à attribuer,
01:30celles qui concernent le Direct-to-Device.
01:32En fait, les autorisations accordées depuis 2008 à des opérateurs américains
01:37arrivent à expiration en mai 2027.
01:40Et l'Union européenne essaye maintenant de dire
01:43« On va changer la règle du jeu pour assurer notre souveraineté sur ces fréquences. »
01:47« J'appellent donc tous les opérateurs télécoms,
01:49les opérateurs de constellations et les industriels
01:52à constituer sans attendre une alliance européenne du Direct-to-Device
01:57capable de fournir d'ici 2030 une offre conforme aux exigences de qualité internationale. »
02:05Voilà le plan de la Commission.
02:06Réservé les deux tiers de la bande à des opérateurs basés en Europe,
02:10le dernier tiers resterait ouvert aux acteurs non-européens
02:13comme Starlink ou Amazon Leo qui devraient se le partager.
02:17Et pour peser dans cette attribution,
02:19quatre géants des télécoms envisagent de s'allier.
02:22L'allemand Dutch Telecom, le français Orange,
02:25le britannique Vodafone et l'espagnol Telefonica
02:27qui ont signé lundi 19 octobre une lettre d'intention pour une candidature commune.
02:33Mais cet élan impulsé par Bruxelles n'est pas vraiment du goût de SpaceX.
02:36Ces derniers mois, l'entreprise a intensifié son lobbying
02:39pour défendre ses intérêts
02:41et même l'administration américaine commence à hausser le temps.
02:44Andrew Puzder, l'ambassadeur américain auprès de l'UE,
02:47a menacé de représailles dévastatrices.
02:50Mais quand on y pense, c'est menace.
02:52C'est justement l'argument numéro un
02:54pour que nous, Européens, soyons souverains sur nos satellites.
02:57Disposer de nos propres équipements,
02:59c'est éviter, demain, d'être à la merci de représailles,
03:03qu'elles soient américaines ou chinoises ou autres.
03:05Sur le Direct-to-Device, cela aurait des vertus sur nos communications civiles
03:10et potentiellement sur nos communications militaires.
03:12Car la dépendance à Starlink, l'Ukraine la vit déjà, par exemple.
03:16Pas encore pour du Direct-to-Device,
03:18mais pour l'accès à Internet par satellite.
03:20Sur le front, l'armée ukrainienne s'appuie largement
03:23sur les terminaux Starlink et sur Starshield,
03:25la déclinaison militaire du réseau,
03:27et donc sur Elon Musk et sur Donald Trump.
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