00:00Oui, oui, alors c'est vraiment un appel solennel à l'ensemble des forces vives du territoire.
00:04Bien sûr, l'État déconcentré, donc M. le Préfet, M. le Recteur, l'État décentralisé, donc la région, le département,
00:12l'ensemble de nos parlementaires, de nos élus qui défendent notre cause au niveau national,
00:16et bien sûr, l'ensemble aussi de nos partenaires économiques, du mot socio-économique.
00:20C'est pour eux qu'on forme nos étudiants, c'est pas pour nous.
00:23On forme pour pouvoir les insérer aussi dans le tissu économique.
00:25Alors ce que vous disiez, c'est quelle est la situation aujourd'hui de l'Université de La Réunion ?
00:28La situation est très, très compliquée.
00:30Alors nous restons un établissement d'excellence, puisqu'aujourd'hui les collègues ne travaillent plus à 100%, mais à 300%,
00:35et c'est bien pour ça que l'établissement tient aujourd'hui, mais nous souffrons d'un manque cruel de
00:40besoins.
00:41Je le rappelle, on a des chiffres très récents qui sont validés par les différents conseils d'administration.
00:46500 postes en moins d'enseignants, d'enseignants-chercheurs, c'est un taux d'encadrement pédagogique deux fois inférieur à
00:52la moyenne nationale.
00:52On a une dotation globale d'à peu près 38 millions en moins par rapport à l'université comparable qui
00:59n'a pas payé la surrémunération et l'indexation.
01:01Et bien évidemment sur le bâti, on est extrêmement inquiet, puisque nous sommes sur un bâti très dégradé aujourd'hui,
01:07et il nous faudrait au bas mot 15 millions pour vraiment le strict minimum, et pour vraiment tout réparer ces
01:1438 millions.
01:14Donc vous voyez que nous n'avons pas aujourd'hui les moyens de relever ce défi.
01:17L'État a annoncé cette semaine un plan d'un milliard pour le bâti universitaire en France. Est-ce que
01:23vous savez si vous serez concerné ?
01:24Oui, alors effectivement un milliard, c'est de manière pluriannuelle, jusqu'à 2031, ça équivaut à 200 millions dès 2027
01:31pour 50 universités.
01:33Nous avons la chance de faire partie de la liste de ces 50 universités.
01:36Par contre, nous ne savons toujours pas quel montant va être alloué à notre université,
01:41et quel est le plan de construction, quels sont les bâtiments qui se seront concernés.
01:46Donc nous attendons maintenant effectivement des précisions.
01:49Puis, vous savez, il y a des annonces, et puis il y a un budget qu'il faut faire voter
01:53au niveau national.
01:53Je crois qu'on n'est pas encore dans une situation où on peut être serein,
01:57justement pour savoir si on aura un budget en début d'année ou pas.
02:01Mais ça, ça ne répond pas au manque d'encadrement ?
02:02Non, du tout, puisque ça ne concerne que l'aspect immobilier.
02:06Pour l'instant, sur le taux d'encadrement pédagogique, nous n'avons pas de perspective.
02:11Alors, nous sommes en train de construire un contrat d'objectif de moyenne et de performance avec le rectorat,
02:15qui représente l'État sur le territoire en matière d'éducation.
02:18Nous allons nous clairement inscrire dans ce contrat, effectivement, ce plan,
02:22en tout cas l'amorçage de ce plan de rattrapage.
02:25Parce que pour le moment, le contraire, c'est que vous êtes plutôt en train de faire des économies.
02:28Ben oui, puisque comme vous savez, ça ne nous a pas échappé qu'il y a une dernière,
02:31nous avons affiché un déficit fort.
02:34Et donc, nous sommes passés en condition de retour à l'équilibre,
02:37c'est-à-dire la nécessité, l'obligation, en fait, pour nous,
02:40de mettre en place un certain nombre de mesures pour revenir à l'équilibre.
02:44Et parmi ces mesures, il y a effectivement la réduction de la masse salariale.
02:47Oui, donc c'était un peu paradoxal.
02:49Nous souffrons cruellement d'un écart, d'une inégalité cruelle par rapport à l'hexagone en termes de masse salariale.
02:56Et malgré tout, pour retrouver l'équilibre, on doit réduire la masse salariale.
03:01C'est très compliqué.
03:02On a entendu des étudiants parler de parcours sup.
03:04On se trouve que c'est quelque chose qui les préoccupe.
03:06Et ce que vous disiez, c'est que justement, avoir plus de moyens,
03:08c'est une réponse aussi à la sélection de parcours sup.
03:11Bien sûr, ce qui pose problème, en fait, véritablement, avec parcours sup,
03:13c'est les capacités d'accueil.
03:15Voilà, et c'est pour ça que certaines filières sont sélectives.
03:17Et donc, si effectivement, on a plus de moyens en termes d'enseignants,
03:21en sciences chercheuses, qu'on arrive à augmenter le taux d'encadrement pédagogique,
03:25naturellement, ça va aider à augmenter les capacités d'accueil.
03:28Voilà, donc à part pour les filières qui sont naturellement sélectives,
03:31mais en tout cas, pour la grande majorité des filières,
03:34si on a les capacités d'accueil, on peut bien évidemment accueillir beaucoup plus d'étudiants.
03:38Même si, encore une fois, chez nous, le problème reste limité par rapport au national,
03:43puisque la plupart de nos filières sont non sélectives.
03:46Nous avons même un problème de filières massifiées,
03:48ce qui pose problème dans ces filières où il y a des salles à 70 personnes.
03:53Voilà, donc en général, un étudiant à La Réunion,
03:56il peut y avoir des exceptions,
03:57mais globalement, arrive à trouver une place à l'Université de La Réunion,
04:01même si ça ne correspond pas forcément à son premier choix.