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Dans une lettre adressée aux préfets, et consultée par CNEWS ce jeudi, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez alerte sur un «risque de violences urbaines» et de «nouvelles exactions» qu'il estime «très élevé» pour la journée du 31 octobre, qui coïncide avec la Toussaint et Halloween. Laurent Nuñez a présenté le dispositif sécuritaire.

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Transcription
00:00Je suis donc avec M. le préfet de police, M. le directeur général de la police nationale, M. le major
00:06général de la gendarmerie nationale et Mme la directrice générale adjointe de la sécurité civile et de la gestion des
00:11crises pour présenter le dispositif d'ordre public qui sera mis en œuvre pour la journée de l'acte 3
00:17du 31 octobre.
00:19Alors, j'ai adressé un télégramme au préfet hier, fixant un certain nombre d'instructions, déclinant un dispositif que je
00:30vais vous présenter à l'instant.
00:34Comment va se passer cette journée ?
00:35Alors, à date, nous avons plusieurs appels à rassemblement de voix publiques, donc des manifestations.
00:42Donc, il y a plusieurs appels. Au moment où on se parle, les préfets sont en train de discuter avec
00:47les organisateurs sur les modalités d'organisation de ces rassemblements de voix publiques.
00:54Les règles qui s'appliqueront seront les mêmes que celles qui ont prévalu le 24 octobre.
00:59Donc, chaque préfet, en fonction des circonstances locales, évidemment, appréciera la situation.
01:05Mais il est bien évident que, compte tenu des troubles graves à l'ordre public, qui ont eu lieu le
01:0917 octobre, compte tenu de ce qui s'est passé le 24 octobre,
01:14où les défilés se sont déroulés sans incident majeur, mais avec des velléités assez fortes de certains groupes à risque,
01:22de se rendre dans les centres-villes pour commettre un certain nombre d'exactions.
01:25Le dispositif policier mis en place les en a empêchés.
01:29Mais la volonté, la velléité d'aller commettre des dégradations est bien là.
01:33Elle est toujours là. Et donc, par conséquent, localement, les préfets prendront des décisions qui autoriseront ces rassemblements de voix
01:42publiques, évidemment,
01:43mais pas dans les centres-villes, où il y a des risques de troubles à l'ordre public, et plutôt
01:47dans les zones périphériques.
01:49Et par ailleurs, évidemment, s'assureront que le déclarant, l'organisateur, a un service d'ordre qui permet de faire
01:57face à d'éventuels débordements
01:59et surtout à tenir de manière tout à fait correcte ces rassemblements de voix publiques.
02:05Donc on a bien cette double condition, qui est appréciée localement, encore une fois, par chaque préfet.
02:09Mais comme le 17 octobre, on a eu des troubles à l'ordre public importants dans bon nombre de villes,
02:14comme le 24, on a eu de nouveau cette velléité d'un certain nombre d'individus,
02:18de groupes à risque, ultra-gauche, extrême-gauche, ultra-gauche radicalisée,
02:23et extrême-gauche radicalisée, évidemment, les préfets prendront des arrêtés,
02:28qui seront des arrêtés d'interdiction partielle.
02:31Les manifs seront autorisés en dehors des centres-villes.
02:35Dans le même temps, on constate que sur les réseaux sociaux,
02:40on a beaucoup d'appels à faire dégénérer ces rassemblements de voix publiques.
02:44Donc évidemment, le dispositif policier qui sera mis en place veillera à les encadrer
02:48et à faire en sorte qu'elles se déroulent dans les meilleures conditions possibles.
02:52Ça, c'est pour la partie manifestation de voix publiques.
02:56Encore une fois, je le redis, les préfets sont en cours de discussion avec les organisateurs
03:00pour les modalités de déroulement de ces manifestations de voix publiques.
03:05Dans le même temps, le 31 octobre, donc, est la journée d'Halloween,
03:10et nous enregistrons sur les réseaux sociaux de nombreux appels à rassemblements,
03:19aux alentours de 20 heures, en tout cas dans la soirée, on va dire.
03:23Nous avons de nombreux appels à rassemblements qui émanent de la mouvance d'ultra-gauche,
03:28de l'extrême-gauche radicalisée, de certains sites de gilets jaunes radicalisés
03:32qui invitent les gens à se rendre sur des rassemblements de voix publiques
03:38à partir de 20 heures, dont de nombreuses villes de France,
03:42avec des messages qui sont particulièrement, on va dire, violents,
03:50avec des messages qui appellent à faire la révolution, à mettre en place l'insurrection.
03:55J'en ai quelques-uns sous les yeux.
03:57Et donc, on est très loin de messages revendicatifs ou à caractère festif,
04:02mais bien sur des messages qui incitent très clairement à la commission de troubles graves à l'ordre public.
04:08Il va sans dire que ces rassemblements, bien évidemment,
04:11qui se dérouleront à partir de 20 heures, peut-être un peu avant ou peut-être un peu après,
04:15seront bien évidemment interdits par les préfets.
04:19Les appels à ces rassemblements, tels que nous les voyons sur les réseaux sociaux,
04:24j'en ai évidemment quelques extraits ici, mais vous pourrez évidemment les consulter sur les réseaux sociaux,
04:28sont extrêmement explicites et ce sont des appels très clairs au fait de commettre des violences,
04:35des exactions, des débordements.
04:36Donc, ces rassemblements seront interdits.
04:39Et s'ils venaient néanmoins à se tenir, ils seront bien évidemment dispersés.
04:45Et le cas échéant, il y aura évidemment des interpellations.
04:49Je dois dire d'ailleurs que ces appels à rassemblements ne sont pas exclusifs
04:55d'appels à commettre des pillages, à commettre des saccages.
04:59Et là encore, les messages sont très explicites.
05:01Et évidemment, donc, la réponse qui sera portée sera de la plus grande fermeté.
05:08La présentation que je viens de faire de la journée du 31 octobre,
05:11donc à la fois avec ces rassemblements de voie publique,
05:13ces appels à rassemblements sur la voie publique en soirée, voire en nuit,
05:17laisse à penser que la journée du 31 octobre, telle que je viens de la décrire,
05:23est une journée qui est à risque très élevé de troubles à l'ordre public.
05:27À risque très élevé de troubles à l'ordre public.
05:30Et donc, c'est bien évidemment une journée qui présente à bien des égards
05:33un caractère atypique, à la fois par ces risques de troubles à l'ordre public élevés
05:39et aussi par le fait qu'elle va commencer avec des rassemblements en cours de journée
05:43et elle se poursuivra très probablement dans la soirée, voire même très tard dans la soirée.
05:48Donc, c'est donc une journée extrêmement atypique.
05:50Ce qui nous conduit évidemment à déployer un dispositif policier extrêmement important
05:55qui va d'abord se composer d'un certain nombre de mesures de police administrative,
05:59donc les arrêtés d'interdiction dont j'ai parlé,
06:02de rassemblements dans les centres-villes, notamment en soirée,
06:06l'encadrement des manifestations telles que je les décris.
06:09Et je le redis, les manifestations ne se tiendront pas dans les centres-villes
06:12où il y a eu des troubles à l'ordre public.
06:14Les préfets prendront des arrêtés.
06:15Elles ne pourront se dérouler qu'à la périphérie.
06:17Et quand l'organisateur a présenté des garanties en termes de sécurité de leur organisation.
06:24Le dispositif policier comprendra pour l'ensemble du territoire national 70 000 effectifs.
06:30Donc, c'est le même volume que le 24 octobre.
06:34Mais en sachant que nous n'avons pas, vous savez, une partie des effectifs ont été déployés à Orléans
06:39pour assurer la sécurisation du congrès, du rassemblement national,
06:44congrès, puis meeting, congrès du samedi, meeting du dimanche.
06:48Donc, c'est un dispositif qui demeure un dispositif exceptionnel.
06:52Sont mobilisés les effectifs, l'ensemble des effectifs locaux.
06:55Nous avons procédé à des rappels sur les congés, à la suppression des repos
06:59pour avoir le maximum d'effectifs présents sur le territoire national.
07:03Sont mobilisés l'ensemble des forces mobiles disponibles,
07:07ainsi que tous les services spécialisés qui seront évidemment engagés.
07:11Je pense notamment à la BRI, au RAID, au GIGN,
07:14évidemment à l'ensemble de nos drones, l'ensemble de nos hélicoptères,
07:18les brigades écaisses, les unités synophiles.
07:20Les 26 blindés centaures seront également déployés
07:24sur l'ensemble du territoire national, dont une partie à Paris.
07:27Et puis, nous mobiliserons évidemment l'ensemble de nos lanceurs d'eau.
07:31Concernant la doctrine, c'est extrêmement important.
07:34Je vais insister là-dessus, sur la doctrine, c'est-à-dire la doctrine opérationnelle
07:38qui sera celle de l'ensemble de ces effectifs.
07:41Ce sera une doctrine extrêmement réactive.
07:43On ne tolérera aucun débordement, aucun débordement.
07:47Il y aura des interventions systématiques.
07:48Nous avons, j'ai demandé à l'ensemble des forces de sécurité intérieure,
07:52d'abord à l'ensemble des préfets, et puis ces consignes ont été relayées
07:55par les directeurs généraux et par M. le préfet de police,
07:57des doctrines d'extrême fermeté.
07:59Les troubles à l'ordre public que nous attendons sont importants,
08:02donc les forces réagiront avec une grande fermeté,
08:05beaucoup de réactivité, beaucoup de mobilité,
08:07pour disperser, puis, le cas échéant même, interpeller les groupes à risque.
08:12Les forces seront prépositionnées sur l'ensemble du territoire national,
08:15dans toutes les villes, et en amont de l'accès à ces villes,
08:18il y aura des contrôles de flux, ce qu'on appelle les contrôles de flux,
08:21les mêmes que nous avons mis en place le 24 octobre,
08:25sur les axes routiers, dans les gares, dans les réseaux ferroviaires,
08:28pour éviter que des personnes, évidemment, mal intentionnées,
08:31se rendent dans ces centres-villes.
08:34Donc il y aura un très haut niveau de contrôle.
08:36Il sera plus élevé que celui du 24 octobre,
08:38et il aura vocation surtout à durer,
08:40compte tenu de l'amplitude de cette journée du 31 octobre
08:42et des événements qui sont attendus.
08:44Il aura vocation, ces contrôles auront vocation à durer toute la journée.
08:48Je veux également dire, pour rassurer nos commerçants,
08:52que le dispositif qui avait été mis en place pour protéger les centres-villes
08:55sera évidemment reconduit, au même titre que celui qui avait été mis en place
08:59pour les centres commerciaux qui se trouvent à la périphérie des villes,
09:02et pour lesquels, en zone police, on a mobilisé énormément de gendarmes
09:07qui sont venus sécuriser ces centres commerciaux.
09:10Évidemment, eu égard aux nombreux appels à commettre des pillages
09:14que l'on enregistre sur les réseaux sociaux,
09:16ce dispositif sera reconduit et amplifié.
09:19Voilà, donc cette doctrine, c'est une doctrine de grande réactivité,
09:22une doctrine opérationnelle qui se veut efficace et extrêmement ferme.
09:27Je veux le dire avec beaucoup de détermination.
09:30J'ai réuni d'ailleurs ce matin les préfets en visioconférence
09:33avec les directeurs généraux, le préfet de police.
09:35Tout le monde est sur le pont pour apporter une réponse extrêmement ferme
09:39à ces débordements, s'il devait y en avoir.
09:41Extrêmement ferme.
09:42Évidemment, nous mobiliserons les unités d'investigation judiciaire
09:47pour pouvoir traiter en flagrance les auteurs de ces débordements.
09:50Je vous rappelle que pour le 24 octobre, il y a eu plus de 1 400 interpellations,
09:561 435 pour être précis.
09:58Évidemment, nous nous remettons en situation d'interpeller
10:00et surtout de traiter judiciairement, sous l'autorité des parquets,
10:04les auteurs de ces exactions.
10:07Donc c'est un message que je passe qui est d'une...
10:10Je le redis, je réemploie ce mot d'une très grande fermeté
10:13pour cette journée du 31 octobre.
10:16Et ce message, il s'adresse évidemment aux pilleurs, aux casseurs
10:19et à tous ceux qui en appellent à l'insurrection dans notre pays.
10:23Nous aurons une réponse ferme et républicaine.
10:26Et évidemment, les cortèges partout où les préfets les auront validés,
10:31seront encadrés, seront sécurisés pour que la liberté de manifester
10:35et la liberté d'expression puissent trouver à s'exprimer.
10:38Dans chaque département, les préfets communiqueront demain
10:42sur le dispositif particulier qui est mis en place sur leur territoire.
10:45Et je veux terminer ce propos avant de répondre à vos questions
10:49pour avoir un mot de remerciement appuyé pour les forces de sécurité intérieure
10:53qui, une nouvelle fois, sont mobilisés dans cette période de congés.
10:57Policiers, gendarmes, forces de sécurité civile, évidemment également,
11:02les sapeurs-pompiers, les marins-pompiers à Marseille,
11:05la brigade des sapeurs-pompiers à la préfecture de police.
11:08Je veux également avoir une pensée pour l'ensemble de ces forces de sécurité
11:11qui vont à nouveau s'engager le 31 octobre pour assurer la sécurité de nos concitoyens
11:16et faire en sorte que cette journée se déroule dans les meilleures conditions possibles
11:20avec à la fois, évidemment, et je le redis, la possibilité de manifester
11:24dans des conditions autorisées et, d'autre part, que nous puissions assurer
11:29un ordre public qui soit irréprochable et qui sera, encore une fois,
11:33je réemploie le mot et je l'emploie et j'assume de l'employé,
11:36nous aurons une réponse extrêmement ferme avec les fauteurs de troubles
11:39que nous attendons avec beaucoup de détermination
11:41s'ils envisageaient de venir, évidemment, dans les centres-villes.
11:44On sera extrêmement ferme et déterminé.
11:46Voilà, venir, évidemment, dans les centres-villes.
11:48On sera extrêmement ferme et déterminé.
11:50Voilà ce que je voulais vous dire en quelques mots
11:52et je veux bien prendre, on peut prendre quelques questions
11:54si vous le souhaitez.
11:58Bonjour, M. le ministre, Martin Beaumère pour France Télévisions.
12:01Vous l'avez dit, cette manifestation aura lieu le même jour
12:04que la fête d'Halloween.
12:05En quoi est-ce que cela complique les choses pour vous
12:08qu'il y ait à la fois cette manifestation et cette fête d'Halloween
12:11et en quoi est-ce habituellement une soirée qui est compliquée
12:15à gérer en termes de maintien de l'ordre ? Merci.
12:18Habituellement, c'est une soirée où il y a parfois des violences urbaines.
12:23Ces dernières années, un peu moins quand même
12:25par rapport à ce qu'on a connu il y a quelques années.
12:27Donc ça, évidemment, ça reste d'actualité.
12:30Et d'ailleurs, on a adressé des instructions au préfet
12:32qu'ils ont commencé à mettre en œuvre depuis ces jours derniers
12:36de contrôle des flux également pour appréhender le maximum
12:40de mortiers, de tirs d'artifices, etc.
12:42Ça, c'est la journée d'Halloween classique.
12:44Mais là, vous voyez bien qu'il y a des appels aussi à rassemblement
12:47au titre de cette journée du 31 octobre dans les centres-villes.
12:50Et donc, ce qui fait que c'est un peu différent de la journée du 17 ou du 24,
12:55c'est que la journée a vocation à se prolonger un peu plus tard
12:57dans la soirée du fait des festivités d'Halloween.
13:00Donc c'est ça le sujet, c'est cette élongation.
13:02Mais le dispositif policier, il sera en place sur toute cette période.
13:06Voilà, c'est encore un effort que nous demandons à nos policiers
13:09et nos gendarmes.
13:09Et encore une fois, je veux vraiment les en remercier.
13:14Bonjour, monsieur le ministre.
13:16Xavier Domanie de France Inter.
13:17J'ai deux questions à vous poser.
13:18La semaine dernière, on a eu plusieurs cas de groupes citoyens
13:22qui voulaient, disait-il, protéger les commerçants.
13:26Il apparaît que certains de ces groupes seraient constitués
13:28de militants d'ultra-droite.
13:30Est-ce que vous avez un message à adresser à celles et ceux
13:33qui voudraient, j'allais dire, se substituer aux forces de l'ordre
13:37sur ce point ?
13:38Une deuxième question qui concerne aussi monsieur le préfet de police
13:41de Paris, s'agissant des manifestations dans la capitale.
13:45En sortant d'ici, d'une rencontre avec vous,
13:48les organisations lycéennes et étudiantes ont dénoncé
13:52une volonté d'empêcher de manifester.
13:54Qu'est-ce que vous répondez à ça ?
13:56Et notamment aussi aux organisations syndicales
13:59qui évoquent des recours impossibles, en tout cas des arrêtés
14:06d'interdiction trop tardifs pour pouvoir les contester
14:10devant la justice administrative et qui sous-entendent notamment
14:15une stratégie de la part de la préfecture de police sur ce point.
14:19Merci beaucoup.
14:20D'abord, sur les groupuscules, effectivement, dans une quinzaine
14:23de villes, on a constaté que des groupes d'ultra-droite
14:25s'étaient constitués pour aller protéger, j'ouvre les guillemets,
14:28des commerçants.
14:30Donc on a vu qu'il y a eu aussi beaucoup de prise à partie
14:32avec des éléments de la mouvance d'ultra-gauche.
14:35Systématiquement, les forces de l'ordre sont intervenues
14:37pour les séparer.
14:38Ce qui assure l'ordre public dans ce pays, c'est la police et la gendarmerie
14:41sous l'autorité des préfets.
14:42Que les choses soient claires.
14:43Et ces groupuscules, quand ils se constituent et comme ils l'ont fait
14:47parfois en groupe de combat, ça suffit à engager des poursuites judiciaires.
14:51Je crois que les préfets, dans la plupart des villes où ces groupes
14:54se sont constitués, ont saisi les procureurs de la République,
14:57bien évidemment.
14:58Et un certain nombre de ces militants d'ultra-droite ont été interpellés.
15:02Il y en a eu 11 à Nice qui ont été interpellés.
15:04Et deux à Rouen.
15:05Donc je veux le souligner.
15:07Concernant les manifestations, les cortèges,
15:12le préfet de police est en discussion avec les organisateurs.
15:15J'ai effectivement reçu des représentants des organisations syndicales
15:17lycéennes et étudiantes qui nous disaient que nous nous livrions
15:22à des entraves au droit de manifester.
15:24Pas du tout.
15:24On est vraiment dans l'équilibre constitutionnel de la garantie
15:29de la liberté de manifester, mais aussi la garantie qui est aussi
15:32un principe constitutionnel d'assurer la sécurité de nos concitoyens.
15:35Et c'est un équilibre qui a été trouvé par chaque préfet,
15:38notamment par le préfet de police,
15:39de faire en sorte que ces cortèges ne se déroulent pas
15:42là où il y a eu des troubles à l'ordre public.
15:44Donc ce qui fonde la décision des préfets,
15:46prévenir des troubles à l'ordre public,
15:47mais que la liberté de manifester puisse néanmoins s'exprimer.
15:50Et ces cortèges sont donc en revanche autorisés
15:53à l'écart des centres-villes.
15:55Voilà, c'est ce que j'ai redit aux organisations syndicales
15:59de lycéens et d'étudiants.
16:00Loin de nous la volonté d'entraver ces manifestations.
16:03Sinon, elles seraient purement et simplement interdites.
16:05Ce n'est pas le cas.
16:06Après, la semaine dernière, et j'en terminerai par là
16:08pour répondre au troisième point de votre question,
16:10il s'est passé quelque chose d'un peu inédit, c'est vrai,
16:13c'est qu'on avait pu arrêter un certain nombre,
16:16on avait pu arrêter le principe d'un certain nombre d'itinéraires
16:19qui ensuite ont été remis en cause par les préfets.
16:21Ça a été le cas de M. le préfet de police,
16:22ça a été aussi le cas du préfet du Loire à Orléans,
16:24où la manifestation, l'itinéraire a été modifiée.
16:26Pourquoi ? Parce qu'on avait connaissance du risque de troubles à l'ordre public,
16:29qui se sont révélés au dernier moment,
16:32et donc on a évidemment modifié les itinéraires.
16:35Mais ça n'a remis en rien en cause ces manifestations.
16:39Et ça a été fait d'ailleurs dans de nombreuses villes.
16:41Et je tiens à dire que dans l'ensemble, dans la plupart des villes,
16:44quand il y a eu des recours devant le tribunal administratif,
16:47ces arrêtés modifiant les itinéraires des manifestations,
16:51modifiant ces itinéraires par rapport à la déclaration initiale,
16:53ont été la plupart du temps validés par le tribunal administratif.
16:56Donc on a bien cette garantie entre la liberté de manifester, d'expression,
17:02et la préoccupation du ministre de l'Intérieur et des préfets,
17:05qui est de la garantir, cette liberté,
17:07mais en même temps de garantir la sécurité de nos concitoyens
17:09et la sécurité des biens.
17:14Bonjour M. le ministre, Milan Argelas pour BFM TV.
17:17J'ai deux questions.
17:18D'abord la première, est-ce qu'on a des projections chiffrées
17:20sur la journée de samedi de manifestants attendus dans toute la France,
17:24en région parisienne, mais précisément aussi hors région parisienne ?
17:27Et deuxième question, sait-on combien de forces de l'ordre ont été blessées
17:30depuis le début du mouvement lycéen, en comptant le 17 octobre et le 24 octobre ?
17:34Merci.
17:34Oui, alors sur les forces de l'ordre blessées,
17:41on a dépassé le millier de forces blessées, de policiers, gendarmes,
17:45donc évidemment le nombre est conséquent.
17:47Fort heureusement, ce sont souvent des blessés plutôt légers,
17:50mais il y a eu aussi des blessures extrêmement graves.
17:53Il y a des fonctionnaires de police qui ont été hospitalisés,
17:56je veux le redire, et certains ont même été évacués inconscients.
17:59Heureusement, les choses se sont arrangées ensuite,
18:01mais voilà, c'est évidemment une de nos préoccupations,
18:03car les prises à partie des forces de sécurité intérieure
18:05sur les graves incidents qui interviennent pendant ces journées de mobilisation
18:10sont absolument incroyables.
18:12C'est des jets de pavés, des jets de mortiers en tir tendu,
18:14et on a même vu, on l'a vu à Paris, avec des jets de cheminées depuis un toit.
18:18Donc voilà, on a des agressions qui sont extrêmement violentes.
18:22Sur la participation, oui, nous la connaissons, évidemment.
18:25Les services de renseignement, qu'il s'agisse de la direction du renseignement
18:27de la préfecture de police, qu'il s'agisse de la direction nationale
18:31du renseignement territorial, on fait leur travail.
18:35On a un certain nombre d'estimations.
18:36Je ne vous les donnerai pas, parce qu'on ne les donne pas,
18:38mais on peut penser qu'on aura une mobilisation aussi importante
18:43que celle du 24 octobre.
18:44Voilà ce que je peux vous dire.
18:48On a dépassé le millier.
18:50On vous précisera le chiffre exactement.
18:53Étienne, le chiffre précis de...
18:56Paron ?
18:56Voilà, c'est 1100.
18:58Donc je vous disais un millier, c'est 1100.
19:011193.
19:02Voilà, vous avez un chiffre précis.
19:04Est-ce qu'il y a d'autres questions ?
19:06Bonjour, M. le ministre.
19:07Léna Ménager pour RTL.
19:08Vous avez parlé d'une surveillance particulière
19:10concernant les centres-villes.
19:11Est-ce que vous avez identifié des communes ou des départements
19:14qui seraient plus à risque que d'autres ?
19:16On est plutôt sur des grandes villes ou des villes moyennes.
19:20Voilà.
19:21On a bien vu le 24 octobre.
19:23D'abord le 17 octobre, avec les nombreux pillages
19:25qui ont eu lieu, d'une part.
19:27Et on a bien vu avec le 24 octobre que la plupart des...
19:31Évidemment, les grandes villes, les villes moyennes
19:33et certaines villes de province,
19:35sans que ce soit péjoratif pour le ministre originaire de Bourges
19:39que je suis,
19:39mais on a eu aussi dans des villes plus moyennes
19:43des incidents et des volontés d'aller dans les centres-villes.
19:45Donc voilà.
19:46Le dispositif, il est en place partout.
19:47Il n'y aura pas de points faibles.
19:49On est en place partout.
19:53Bonjour, M. le ministre.
19:55Tombeck, Paris Match.
19:56Beaucoup de personnes appellent à manifester,
19:58à venir manifester déguisé.
19:59Est-ce que les masques sont interdits à la manifestation ?
20:02Vous avez...
20:03Alors, c'est une question...
20:04J'ai vu beaucoup de choses circuler, effectivement,
20:06là-dessus, sur les réseaux sociaux.
20:09Il y a un côté festif
20:11qui fait que les gens peuvent se déguiser.
20:15En tout état de cause.
20:16Compte tenu des appels que nous voyons sur les réseaux sociaux,
20:19qui sont, encore une fois, des appels extrêmement violents.
20:21Enfin, il y a des...
20:22J'ai amené quelques extraits.
20:25On appelle « Faites la révolution »,
20:27« Révolution », « Toute la nuit »,
20:29« Sortir de l'ombre », « La nuit des ténèbres ».
20:30On voit ce genre de messages circuler sur les réseaux sociaux.
20:33Il est bien évident que si des personnes venaient à répondre à l'appel
20:36qui est formulé,
20:38de se rassembler à partir de 20 heures,
20:41peut-être avant, peut-être après,
20:42sur un certain nombre de places publiques,
20:44ces manifestations seront considérées
20:46comme étant des attroupements visant à commettre des violences.
20:48Donc, elles seront dispersées, on interprèdera les gens.
20:50La dissimulation du visage dans l'espace public
20:52est interdite depuis une loi de 2010.
20:54Et depuis une loi de 2019,
20:56le fait de se dissimuler le visage
20:58dans une manifestation
21:00au cours de laquelle sont commis des troubles à l'ordre public
21:02ou au cours de laquelle on a de bonnes raisons
21:04de penser que des troubles à l'ordre public
21:06seront commis, c'est même un délit.
21:08Vous avez le visage dissimulé sur l'espace public
21:11sans aucun motif légitime, c'est une contravention.
21:13Quand c'est en manifestation
21:15et qu'on pense qu'il va y avoir des troubles à l'ordre public
21:17et là, les appels sont explicites,
21:18ça devient même un délit
21:19qui est puni d'une peine, je crois, d'emprisonnement
21:21d'un an, 15 000 euros d'amende.
21:23On appliquera ces textes.
21:24On appliquera ces textes pour ces rassemblements
21:27qui sont, je vous assure,
21:29quand vous lisez les réseaux sociaux,
21:30c'est tout sauf du festif
21:31ou même du revendicatif.
21:33Sur les rassemblements, bien sûr.
21:37Le prétexte de la nuit d'Halloween
21:39ne sera pas un motif légitime
21:41pour se dissimuler le visage dans l'espace public
21:43pour commettre des troubles à l'ordre public,
21:44que les choses soient claires.
21:45Et on a passé des instructions en ce sens
21:47à l'ensemble de nos effectifs.
21:55Merci.
21:55Merci.
21:56Merci.

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