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  • il y a 3 minutes
Route du Rhum - Destination Guadeloupe 2026 / Ce trimaran a TOUT gagné visite d'Actual Ultim 4 avant la Route du Rhum - Destination Guadeloupe

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Sport
Transcription
00:00Bonjour à tous, je vous fais visiter le bateau qui a gagné la dernière route du Rhum.
00:03C'est un très marrant, il a trois coques, il fait 32 mètres de long, le mât culmine à 37
00:06mètres de haut.
00:07Cette année, il porte les couleurs d'Actual Ultimate 4 et c'est moi qui prends le départ.
00:11Il a gagné la plupart des autres courses ces dernières années.
00:13Venez, je vais vous montrer le cockpit, là on dirige le bateau.
00:43Bien, bien à l'intérieur, en plus il pleut, on s'abrite au bon moment.
00:45On peut voir que notre cockpit il est abrité, justement c'est parce qu'on va de temps en temps
00:50à des vitesses vraiment assez folles.
00:52On est beaucoup plus en sécurité, des embruns et du vent.
00:55Alors nous, on est dans la catégorie ultime, les Maxi Trimaran.
00:59Les ultimes, c'est les bateaux les plus rapides de la route du Rhum.
01:02On peut atteindre des vitesses de temps en temps, on peut avoir des vitesses à 50 nœuds, voire un peu
01:06plus.
01:09On a trois coques, on a trois safrans, une dérive avec un plan porteur et deux foils qui nous permettent
01:14vraiment de soulever le bateau au-dessus de l'eau.
01:16Là, en ce moment, ça souffle, on voit qu'il y a 45 nœuds dans le port.
01:19Nos foils, nos appendices dans l'eau, c'est des pièces très lourdes qui sont à plus de 600 kg
01:23le foil.
01:24Les voiles sont extrêmement lourdes aussi.
01:26On a envoyé un Grand Jeen Hiker qui fait presque 450 m² pour une demi-heure, trois quarts d'heure
01:32pour laisser la voile, la dérouler.
01:34La surface maximum entre GV haute plus le Grand Jeen Hiker, ça fait 650 m².
01:49Voici le poste de barre.
01:51On a un volant à bas bord et un volant à tribord.
01:55Il faut savoir qu'on est à trois quarts du temps sous pilote automatique.
01:58Le pilote automatique, on n'appuie pas forcément bêtement sur un bouton.
02:02On dirige le bateau, on regarde les sensations du bateau et après, par la suite, on peut enclencher le pilote
02:08automatique parce qu'on est sûr de nos réglages de voile.
02:12Et on peut modifier un petit peu tous les réglages du pilote automatique.
02:16Le but, c'est d'essayer de reproduire les mouvements d'un être humain à la barre.
02:21Il faut savoir que le vent, il change en permanence régulièrement.
02:23Il forcine, il diminue, il prend de la gauche, il prend de la droite.
02:26Et donc, on adapte en permanence les réglages du bateau.
02:29On a un volant qu'on actionne très souvent.
02:31C'est l'aile de raye.
02:32C'est un plan porteur au niveau de la dérive qui gère l'altitude de vol du bateau.
02:36On peut gérer l'incidence des foils du bateau.
02:40Et aussi, la base de la voile, j'ai envie de dire, c'est le réglage des voiles.
02:44Donc, on a le chariot de grand voile.
02:46On écarte la grand voile ou on la rapproche.
02:48Ou les voiles d'avant, qu'on règle la tension des coudes sur les gros winch.
02:52Et ça, c'est en permanence.
02:53Donc, on regarde un petit peu le réglage des voiles.
02:56Un peu les données, tous les instruments qui sont là.
02:59Si le vent, il bouge, il évolue.
03:01Les charges de structure aussi dans le bateau, c'est important.
03:04De ne pas être trop dans certaines charges et de peur de casser le bateau.
03:09Et on regarde aussi, dès qu'on peut, autour de nous.
03:12Pour voir s'il n'y a pas des bateaux de pêche, des cargos.
03:16On regarde aussi les nuages quand même.
03:17Un petit peu, on regarde l'extérieur.
03:19Pour savoir s'il n'y a pas des grains qui arrivent sur nous.
03:21Et on regarde aussi un peu tout ce qui se passe sur la plage d'avant.
03:25Parce qu'il y a les voiles qui sont rangées devant.
03:26Il y a des choses qui peuvent s'abîmer ou s'emmêler un peu en extérieur.
03:30Donc, on a un œil un petit peu en permanence comme ça sur tous ces éléments-là.
03:34Une fois qu'on a trouvé les bons réglages du bateau, les bons réglages de voile.
03:38Donc, on reste en veille ici, dans ce siège de veille.
03:42On est plutôt bien positionné.
03:45Avec un winch pas loin en sécurité pour éviter de chavirer.
03:51Ou continuer d'ajuster les réglages des voiles.
03:53Il faut continuer à ajuster le réglage de pilote automatique.
03:56Suivre la concurrence, la carteau, discuter avec la cellule routage.
04:01Et avoir une bonne vision sur tout le réglage avec toutes les données du bateau.
04:05Souvent, les gens pensent qu'on ne voit pas beaucoup autour dans nos cockpits.
04:10Mais en fait, on a une très bonne vision sur les données.
04:12Quand on est dans un peu de mer, auprès, face aux vagues.
04:15Et que le bateau est en plein vol.
04:17Il y a des mouvements assez...
04:20Ça ne tape plus.
04:22Il y a une sorte de bruit à cause du vent.
04:24Mais plus trop de bruit par rapport à la mer.
04:26On est comme sur de la mousse.
04:30Ou comme si on volait au-dessus de l'eau.
04:32C'est des sensations qui sont complètement différentes de ce qu'on peut avoir dans la voile en général.
04:38Même les mouvements du bateau sont différents.
04:40C'est un bateau qui navigue à plat.
04:42Pas du tout jité.
04:43Comme les anciens trimarans de l'époque.
04:45Ou comme sur un monocoque.
04:46On se sent vraiment sur tout léger.
04:49Même grâce à 17 tonnes de bateau de carbone.
04:52On a la sensation d'une légèreté immense.
05:07Pour ressentir le bateau, on utilise vraiment tous nos sens.
05:10Les fesses, les pieds, les vibrations, les mouvements.
05:13C'est hyper important.
05:14On sent qu'il y a quelque chose dans un appendice, une vibration inhabituelle.
05:19Pour sentir le bateau, ça devient un instinct.
05:21À force de naviguer, il n'y a pas forcément...
05:23Le but, c'est d'arriver, sans se concentrer, à ressentir avec nos sens
05:27si le bateau barre bien, navigue bien, s'il n'est pas trop chargé.
05:31On peut sentir des bruits un peu particuliers.
05:34Visuellement aussi, on peut réussir à le décrire.
05:37Savoir s'il y a quelque chose qui va ou pas sur le bateau.
05:40Et le but, c'est de, sans se concentrer, de tout de suite savoir si le bateau va bien ou
05:43pas.
05:44C'est sûr qu'en début de course, inconsciemment, on va plus se concentrer pour essayer de repérer ces moments
05:48-là.
05:48Et à l'arrivée d'une autre route du Rhum, souvent on dit les derniers jours,
05:52on ne fait qu'un avec le bateau.
05:54Et dès qu'il a le moins de problèmes, on le sent et on le ressent.
06:02Alors le départ, c'est une ambiance assez particulière parce qu'on est très nombreux à bord
06:06quand on part juste de Saint-Malo pour aller vers la ville de départ.
06:10En face de Saint-Malo, on est 8 équipiers à bord, avec moi,
06:13qui m'aide à hisser les voiles, à commencer à préparer la procédure de départ.
06:17Et quelques minutes avant le top départ, l'équipe saute à l'eau en combinaison de survie, en combinaison sèche
06:23et sont récupérés par des semi-rigides.
06:25On appelle ça dans une drop zone, dans une zone particulière sur le plan d'eau
06:28où on peut larguer nos équipiers à bord, récupérés par nos semi-rigides.
06:32Et donc tu passes de toute cette pervescence du village avec les milliers de visiteurs
06:37à 8-9 en très restreint avec l'équipe.
06:41Et puis en 10 secondes, ça y est, t'es tout seul.
06:43Et dans quelques minutes, c'est le top départ de la route du Rhum.
06:475, 4, 3, 2, 1... Départ !
06:51Et c'est parti pour cette route du rhum de destination Guadeloupe.
06:55Et là, ça chauffe, ça se finit.
06:56Le top départ, c'est vrai qu'on est stressé, on est hyper-vigilant.
06:59C'est un moment qui est important parce que toute la flotte de la route du Rhum
07:02est au même endroit, au même moment, sur une même ligne de départ.
07:11C'est vrai qu'il y a énormément de flotte, il y a énormément de semi-rigide, de bateaux accompagnateurs.
07:15On peut vraiment, bêtement ou par malchance ou par manque de vigilance,
07:21abîmer le bateau, rentrer dans un autre bateau.
07:23Et donc c'est vraiment important de faire un beau départ pour soi,
07:28pour aussi l'armateur, pour les sponsors.
07:32et aussi de faire quand même très, très, très attention
07:35parce que la route du Rhum ne se joue pas sur le départ.
07:39Et on peut surtout...
07:40On ne gagne pas la route du Rhum sur le départ, mais on peut la perdre.
07:49En course, c'est très important d'aller vite.
07:52Mais pour aller vite, il faut être reposé, il faut être frais, il faut être lucide.
07:57Et pour ça, les phases de sommeil sont importantes.
08:00Donc on a dans le cockpit, là on passe 10% du temps.
08:05On a la cuisine, l'ordinateur avec la navigation et le lit.
08:10On voit que c'est un lit qui a été conçu et réfléchi par l'entreprise Blutex,
08:15une entreprise française de matelas, de literie.
08:18Un lit qui est vraiment conçu pour reposer le dos à mémoire de forme,
08:24avec un oreiller adapté et surtout des rebords pour essayer de limiter les mouvements du corps.
08:29C'est vrai que c'est très dur de réussir à s'endormir avec le corps qui balote dans tous
08:33les sens.
08:34Et c'est un aimant, je pense qu'en course large, en tout cas, le sommeil, c'est un aimant
08:39clé de la réussite et de la performance.
08:40C'est sûr que les premières 24 heures, tu as l'excitation de la course, c'est très compliqué de
08:46dormir.
08:48Souvent, il se passe aussi beaucoup de choses tactiquement en sortie de manche.
08:53Il y a beaucoup de trafic maritime.
08:55Donc, les premières 24 heures, on ne dort vraiment presque pas et de toute façon, on n'y arrivera pas.
08:59On commence à rentrer un petit peu dans une dette de sommeil et ça favorise forcément l'endormissement.
09:04Par contre, il ne faut pas non plus aller trop loin dans la dette de sommeil.
09:06Il y a un moment où il faut trouver son rythme.
09:09Même de temps en temps, le fait de s'allonger pendant 20 minutes sans s'endormir,
09:12mais en oubliant un petit peu la course, ça permet au bout de 20 minutes de se réveiller, enfin de
09:17se relever
09:19et d'avoir la sensation d'être reposé et d'avoir récupéré en fait.
09:24Donc, la récupération, elle n'est pas que par l'endormissement, c'est aussi réussir à s'évader et oublier
09:29un peu la pression de la course.
09:32En course, je fais la météo ou je discute aussi de la météo avec l'équipe routage.
09:38Donc, on a des logiciels de navigation pour savoir où on situe sur le plan d'eau
09:42et des logiciels pour récupérer des fichiers météo.
09:44Et on regarde ce qui se passe, on analyse pour éviter de se faire piéger
09:47par une dépression ou par un anticyclone ou par un effet d'une île.
09:50Quand c'est rouge, c'est qu'il y a beaucoup de vent.
09:52Quand c'est bleu foncé, c'est qu'il n'y a pas du tout de vent.
09:55Donc, la meilleure option, ce n'est pas forcément d'aller dans le rouge.
09:57Ce n'est pas non plus d'aller dans le bleu, c'est essayer de trouver le juste milieu.
10:01Ce n'est pas si simple que ça en course au large parce que c'est sûr qu'il y
10:05a des routes optimum
10:06qui soi-disant gagnent statistiquement, mais avec 50 empannages et 50 virements.
10:10Au final, ce n'est pas très réalisable et peut-être qu'on va chercher d'autres options
10:14un peu plus faciles à réaliser.
10:15La route, toutes les 4-6 heures, elle est actualisée.
10:18Pas forcément du tout au tout dans les options tactiques et stratégiques.
10:22On essaie de garder la même philosophie à chaque fois, sauf si un fichier météo change complètement.
10:28Mais souvent, on attend le deuxième fichier météo pour valider vraiment le changement.
10:31On échange beaucoup avec l'équipe routage dans le sens où je suis là, à l'endroit, à l'instant
10:36T.
10:39Eux, ils estiment le vent que je dois avoir ou ils ont quand même quelques infos vents.
10:43Mais moi, je suis seul à être là au moment présent.
10:47Donc, c'est aussi important que je leur transfère vraiment bien mes sensations, mes ressentis de la météo, de ce
10:52qui se passe.
10:54C'est sûr que la météo à terre, l'équipe à terre, ils n'ont pas forcément la vision des
10:58grains que je prends
10:59ou savoir à quel point c'est chaud de naviguer dans ces grains-là.
11:03Donc, on dialogue beaucoup pour leur expliquer tout ça et la tactique, elle se fait à plusieurs.
11:08Les bateaux vont très vite. On change très vite de climat, de météo, de paysage même presque.
11:16C'est sûr qu'à Saint-Malo, c'est un départ qui est hivernal, dans de la mer, dans du
11:19vent, souvent auprès,
11:21dans du froid, dans de la pluie, des conditions qui sont à gratte, qui n'aident pas l'endormissement.
11:27Et rapidement, au bout de 48 heures, on se retrouve au niveau des Canaries.
11:30Et là, on commence à enlever les cirés et on sort le short et les sous-couches légères.
11:36Et au bout de quelques jours, on est dans l'autre extrême.
11:39C'est la chaleur, l'humidité des Antilles et on sent qu'on voyage, on sent que le bateau va
11:45vite.
11:54L'arrivée, c'est un point très important de la course où il peut se passer énormément de choses.
11:58Je n'ai jamais passé la tête à l'anglais, le Tour de la Guadeloupe.
12:01Moi, c'est ma première route d'Europe, donc j'écoute les récits des différents marins
12:06qui m'ont tous rappelé plusieurs fois que c'est un moment de course important,
12:12que ça peut être très long le Tour de Lille, qu'il faut vraiment avoir beaucoup d'énergie,
12:15encore sous le coude, pour réaliser ce Tour de Lille.
12:19Vraiment, la course n'est pas terminée tant qu'il n'a pas coupé la ligne d'arrivée.
12:22J'ai un souvenir, une pièce de Guadeloupe.
12:27On a bien vu Alex Thompson sur une route du Rome,
12:31la dernière bataille d'un virement de bord entre Francis Joyon et François Gabart.
12:35Francis Joyon est passé juste devant François Gabart au dernier virement de bord au Tour de Lille.
12:38C'est un moment important.
12:39Si on arrive de jour ou de nuit, la météo n'est pas exactement la même.
12:43Les options pour le Tour de Lille ne sont pas exactement les mêmes.
12:45C'est un moment qui peut être autant stressant que le départ à Saint-Malo, je pense.
12:51Merci beaucoup de m'avoir accompagné dans la visite du bateau.
12:53On se retrouve sur le départ de la route du Rome.
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