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  • il y a 2 jours
Aujourd'hui, dans les "4V", Francis Letellier revient sur les questions qui font l'actualité avec Manuel Bompard, député des Bouches-du-Rhône et coordinateur de La France Insoumise.

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00:00— Bonjour, Louise. Et oui, on est en place. Bienvenue dans lesquels vérités. Bonjour à tous.
00:04Et moi, l'invité aujourd'hui, Emmanuel Bompard. Bonjour, Emmanuel Bompard, coordinateur de la France insoumise, député des Bouches-du
00:09-Rhône.
00:10L'auteur, tout à l'heure, on le disait dans le journal de 8 heures de l'attentat terroriste raciste
00:13de Trappes, va être présenté aujourd'hui au juge.
00:15Emmanuel Macron a annoncé un hommage national prochainement, qui sera présidé par Sébastien Lecornu. Si vous y êtes invité, vous
00:22y allez ?
00:22— Évidemment. Je pense que c'est très important que le pays tout entier, la nation tout entière, rende hommage
00:28à Pengo Bossio-Vangui, aux personnes qui ont été blessées aussi.
00:33Vous savez qu'une fillette de 12 ans, en particulier, a été criblée de balles. Et je pense que c
00:36'est important que ce soit le pays tout entier qui leur rende hommage.
00:39— Ça doit être un moment d'union nationale. Donc tout le monde est le bienvenu dans ce moment, à
00:43vos yeux ?
00:43— Écoutez, quand on fait un hommage national, tout le monde est invité. Après, chacun regardera devant sa conscience s
00:50'il a l'impression que sa place est à cette cérémonie.
00:52Et je pense qu'un certain nombre de responsables politiques qui ont tenu ces dernières années des propos, et qui
00:59continuent d'ailleurs à les tenir depuis ce drame,
01:01des propos particulièrement inacceptables et particulièrement insupportables, je vise en particulier l'extrême droite,
01:06qui, encore en début de semaine, continuait à avoir des propos, notamment à l'égard de la ville de Trappes,
01:11qui étaient des propos extrêmement insupportables.
01:13— Donc pour vous, ils n'ont pas forcément leur place à cette cérémonie ?
01:15— Je vous dis, c'est un hommage national. Tout le monde est invité. Ensuite, chacun regarde devant sa conscience.
01:19Mais en tout cas, personnellement, et avec la France insoumise, nous y serons, évidemment.
01:23Et j'en profite pour dire mon soutien aux personnes blessées. Mes condoléances.
01:28— Hier soir, Emmanuel Macron a dénoncé une désinhibition d'un antisémitisme chez certains, une désinhibition du racisme chez les
01:35autres.
01:35Est-ce que vous êtes d'accord, vous, pour dire que les deux doivent être combattus en même temps ?
01:39— Évidemment. Évidemment. Et quand on est un mouvement antiraciste conséquent, comme l'est la France insoumise, on lutte contre
01:45toutes les formes de racisme.
01:46On lutte contre l'antisémitisme. On lutte contre l'islamophobie. On lutte contre la négrophobie.
01:50Et donc, je mets en garde le président de la République de ne pas opposer l'un à l'autre.
01:55Il faut lutter contre les deux. Et pas seulement dans les phrases, pas seulement dans les mots, mais aussi dans
01:59les politiques qui sont mises en œuvre.
02:00Lutter contre les discriminations dans l'accès à l'emploi, dans l'accès au logement. Lutter contre la haine en
02:04ligne. Voilà tout ce qu'on peut faire. Et il faut des réponses politiques.
02:06— Au lundi, il y avait deux rassemblements contre le racisme organisés. L'un à la Courneuve avec Jean-Luc
02:10Mélenchon.
02:11Et pendant le même temps, à Paris, autour du maire socialiste de Paris, Emmanuel Grégoire, où il y avait Raphaël
02:15Glucksmann aussi.
02:15Pourquoi la gauche n'est pas unie dans ces circonstances-là ?
02:18— Non, mais M. Le Télé, il y avait d'autres rassemblements aussi.
02:21— Je parle de ceux-là, parce que c'est quand même l'image de la gauche divisée. Alors que
02:23d'habitude, la gauche, contre le racisme, elle est unie.
02:26— Mais je crois qu'il faut qu'elle le soit unie.
02:28— Mais pourquoi elle n'était pas ?
02:29— Attendez, il y a eu des rassemblements dans un certain nombre de villes. À Paris, un rassemblement a été
02:32organisé. À la Courneuve aussi.
02:33Hier soir, il y en avait un à Saint-Denis. Il y a un certain nombre de municipalités qui organisent...
02:37— Est-ce qu'il y a une différence d'approche ?
02:38— Non, je vais vous dire la raison pour laquelle nous, les insoumis, nous sommes plutôt allés à la Courneuve.
02:42C'est qu'il faut comprendre que dans ce moment-là, il y a une partie de la communauté nationale,
02:47une partie de nos concitoyens, nos concitoyennes qui ont peur, qui se disent « ça peut être moi, la personne
02:52suivante qui est visée ».
02:53Et donc ça nous a paru important d'être aux côtés des habitants de nos villes populaires qui font partie
02:58de ces gens qui ont peur.
02:59Et c'est la raison pour laquelle on a répondu à l'appel de Ali Djoara, le maire de la
03:02Courneuve, qui organisait ce moment dommage.
03:04— On va maintenant en venir au mouvement des lycéens. En particulier, le gouvernement a annoncé l'aménagement, dès cette
03:10année, de Parcoursup des mesures.
03:1228 élèves par classe maximum, 15 000 postes dans l'enseignement supérieur. Les lycéens commencent à saluer un premier pas.
03:18Est-ce que vous aussi, vous êtes sur la même longueur d'onde ?
03:20— D'abord, j'observe, et il faut les féliciter, les lycéens, que leur mouvement commence à faire bouger le
03:26gouvernement. Ça, c'est certain.
03:28Le gouvernement, qui, depuis des semaines et des semaines, était dans le déni, refusait d'y répondre, là, commence à
03:32se rendre compte qu'il va falloir apporter des réponses
03:34politiques. Maintenant, il faut dire que les réponses qui sont apportées, pour l'instant, elles sont très largement insuffisantes.
03:38La plateforme de revendication des organisations syndicales lycéennes et étudiantes, c'est 10 milliards d'euros pour pouvoir y répondre.
03:44Là, les mesures qui sont annoncées, c'est à peu près 400 millions d'euros. C'est moins de 5
03:47% des revendications.
03:47— Donc, pour vous, il n'y a pas matière à reprendre les cours dès lundi ?
03:50— Ah ben, c'est pas moi qui le décide, mais de ce que j'ai entendu, les lycéens ont
03:54l'intention de poursuivre leur mobilisation.
03:56Et je pense qu'ils ont raison. Parce que vous savez, vous pouvez annoncer que vous allez mettre un terme
04:01à parcours sub.
04:02Mais si, dans le même temps, vous ne créez pas les places supplémentaires à l'université pour que tout le
04:07monde puisse avoir des affectations,
04:08ça ne sert à rien pour vous prendre cet exemple-là. Donc, il faut aller bien plus loin.
04:11— Aujourd'hui, c'est jour de niche parlementaire de la France insoumise à l'Assemblée nationale.
04:14Autrement dit, c'est vous qui établissez l'ordre du jour à l'Assemblée nationale.
04:17Avec en tête, parmi les textes, l'interdiction de l'acétamipride qui avait été réautorisée, mais aussi d'autres sujets,
04:23comme par exemple l'indexation des salaires sur l'inflation et l'augmentation du SMIC.
04:27Le gouvernement, là-dessus, est prêt à donner un coup de pouce au SMIC, voire à avancer l'augmentation du
04:32SMIC.
04:33Est-ce que c'est déjà une première étape ?
04:34— Non. Honnêtement, c'est une plaisanterie. C'est-à-dire que chaque année, le SMIC doit être revalorisé sur
04:39la base de l'inflation.
04:40Normalement, c'est prévu au 1er janvier. Le gouvernement nous dit qu'il va nous faire un grand cadeau
04:44parce que peut-être qu'il envisage de le faire plutôt au 1er novembre ou au 1er décembre.
04:47— C'est toujours ça de pris.
04:48— Oui, d'accord. Mais ce n'est pas à la hauteur de la situation.
04:51Nous, nous souhaitons et nous proposons une augmentation du SMIC à 1 700 euros net.
04:55C'est le texte que nous avons déposé aujourd'hui à l'Assemblée nationale.
04:58Et on me dit que ce n'est pas possible. Attendez, la Belgique, l'Espagne ont, ces dernières années,
05:03augmenté le SMIC de quasiment 20 %. Et regardez, l'Espagne, c'est une économie qui se porte bien.
05:08Justement parce que quand vous relancez, quand vous permettez aux gens d'avoir du pouvoir d'achat,
05:12c'est le pays tout entier qui en profite. Donc non, on n'a pas besoin d'un tout petit
05:16coup de pouce.
05:16On a besoin d'une véritable revalorisation.
05:18— Il va y avoir des manifestations samedi, notamment à l'appel des gilets jaunes.
05:21Et puis une grande journée de mobilisation qui est annoncée comme telle, en tout cas avec tous les syndicats, le
05:255 novembre.
05:26Est-ce que vous êtes prêts à soutenir les manifestations samedi ?
05:29Ou vous dites qu'il faut plutôt se réserver pour le 5 novembre ?
05:31— Non, on soutient les manifestations ce samedi et les manifestations du 5 novembre.
05:35— Ce n'est pas les mêmes, hein ?
05:35— Non, je le sais. Et le 5 novembre, c'est un appel à l'appel de l'intersyndical,
05:40des différentes organisations syndicales. C'est aussi un appel à la grève, à la grève générale,
05:44a dit la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet.
05:47Et c'est un appel qu'on soutient et qu'on appuie absolument.
05:50Parce qu'il faut faire bouger le gouvernement qui, manifestement, ne bouge pas s'il n'y a pas de
05:53mobilisation.
05:54Et c'est la leçon que nous ont données les lycéens et la jeunesse.
05:56C'est en se mobilisant qu'ils ont obtenu que le gouvernement commence à bouger.
05:59— Vous savez qu'il y a toujours la crainte de violence, de pillage, comme on a connu le 17
06:02octobre.
06:02Il y a une commission d'enquête parlementaire qui a été mise en place,
06:04qui a du mal à se mettre en place, justement, parce que le Rassemblement national dit
06:08que, n'ayant pas de rapporteurs, ils vont bloquer les travaux.
06:10Est-ce qu'il faut revoir cette organisation, cette commission parlementaire ?
06:15— Non, les Insoumis n'ont pas de rapporteurs non plus.
06:17— Ça ne vous gêne pas, vous ?
06:18— Si, ça me gêne. On était candidats, mais c'est comme ça.
06:21— Mais vous ne bloquez pas, vous ?
06:22— Mais non, parce qu'il faut que...
06:23— Il n'y a pas besoin de revoir le...
06:24— Le 17 octobre a été un fiasco absolu du point de vue du maintien de l'ordre.
06:28Et donc, je crois nécessaire qu'il y ait une commission d'enquête
06:31pour comprendre ce qu'il s'est passé.
06:32Et la manière avec laquelle le Rassemblement national essaye de la saboter,
06:35je le trouve particulièrement indigne et particulièrement inacceptable.
06:38— Et le 17 octobre, le rapporteur a laissé entendre,
06:41au cours de cette commission d'enquête,
06:42qu'il pourrait interroger ou convoquer des dirigeants politiques,
06:45dont, par exemple, Jean-Luc Mélenchon.
06:47Ce serait...
06:47— Non, on n'a rien à cacher, mais ce n'est pas Jean-Luc Mélenchon
06:50qui est responsable du fiasco du 17 octobre.
06:52Ça ne vous choquerait pas.
06:53— Mais je ne sais pas.
06:53On verra ce que la commission d'enquête...
06:55— En général, les politiques sont invités dans ces commissions d'enquête.
06:57— On verra ce que la commission d'enquête décide.
06:59Mais là, il me semble que ce dont cette commission d'enquête
07:02doit permettre de déterminer, c'est quelles ont été les raisons
07:05d'un manque absolu d'anticipation, d'une mauvaise doctrine de maintien de l'ordre,
07:08qui non seulement n'a pas permis de garantir, par exemple,
07:11la sécurité des biens et des personnes,
07:13mais en plus a mis en danger les manifestants eux-mêmes.
07:14Parce que je voudrais rappeler quand même que dans ce mouvement social,
07:17c'est de nombreux jeunes qui ont perdu un œil, une main,
07:20et ça, c'est insupportable.
07:21— Merci, Manuel.
07:22On est venu sur le plateau des cas de vérité en ce jour,
07:24donc de Niche parlementaire et des filles,
07:25où il sera question aussi du rôle et du sort des AESH.
07:28— Exactement.
07:29— Merci beaucoup.
07:29— J'invite tout le monde à suivre ça en direct.
07:31— Merci beaucoup.
07:32À vous, Louise.
07:32— Merci à vous et bonne journée.

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