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  • il y a 4 jours
FR3 Planete Chaude Armenie 1993

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00:00:32Mesdames, Messieurs, bonsoir.
00:00:34Quand on voit les soubresauts qui agitent aujourd'hui encore la Russie,
00:00:37on s'est dit que décidément, l'Empire soviétique n'en finit pas d'exploser, d'éclater.
00:00:42Et le film que vous allez voir ce soir emporte témoignage.
00:00:45Il nous emmène dans une région qui, il n'y a pas si longtemps, faisait la une de l'actualité.
00:00:50C'était avant que le silence ne retombe, un silence qui est aujourd'hui plus lourd sans doute que tous
00:00:55les récits de combats.
00:00:56Cette région, c'est le Caucase, ou si vous préférez, c'est là qu'on trouve l'Arménie, l'Azerbaïdjan
00:01:02ou encore la Géorgie.
00:01:04Trois régions, trois républiques qui ont comme des résonances de guerre civile.
00:01:09Alors j'imagine qu'à l'époque, lorsque vous regardiez la télévision, vous vous demandiez d'où venait cette haine
00:01:13qui déferlait sur vos écrans.
00:01:15Et bien ce soir, Jean-Michel Meurice et Stéphane Dudoynon retournent aux sources et évoquent les archives pour apporter une
00:01:21réponse à cette question.
00:01:23Et vous allez le voir, c'est bien dans le passé qu'il faut chercher les traces des guerres à
00:01:28venir.
00:01:39Ne fermez pas les yeux.
00:01:45Il y a des images d'aujourd'hui, banales et terribles.
00:01:51Des images qui en rappellent d'autres.
00:01:56Il y a 75 ans.
00:02:03Un génocide qu'on voulait oublier.
00:02:06Les Arméniens.
00:02:12Il faut regarder.
00:02:15Savoir.
00:02:17Comprendre ce qui s'est passé.
00:02:18Et ce qui recommence.
00:02:21Aujourd'hui.
00:02:25Au Caucase.
00:02:38Il arrive.
00:02:40Il arrive aussi que les statues et les empires s'effondrent.
00:02:48Il arrive aussi que les statues et les empires s'effondrent.
00:02:59Il arrive aussi que la fin d'un empire commence par l'espoir.
00:03:12Et se prolonge dans la violence, dans l'horreur et le chaos.
00:03:19Il arrive qu'ici, au Caucase, l'histoire soit fatalement cruelle.
00:03:26Le Caucase.
00:03:29Entre la mer Noire et la mer Caspienne.
00:03:32Une mosaïque d'une centaine de peuples et trois républiques.
00:03:36La Géorgie.
00:03:38L'Azerbaïdjan.
00:03:39Et l'Arménie.
00:03:43Depuis 1987, des conflits au Karabakh.
00:03:49Au Nakichevan.
00:03:51En Ossétie.
00:03:54En Abkhazie.
00:03:56Et en Tchétchénie.
00:03:58Des conflits où se mêlent des questions complexes de territoire, de culture, de religion et d'autonomie nationale.
00:04:05Des conflits liés, comme en Palestine et comme en Yougoslavie, au retrait de l'Empire ottoman devant les grands empires
00:04:11occidentaux, il y a un siècle.
00:04:14Une dangereuse poudrière.
00:04:16Une région étroite.
00:04:17Un pont entre l'Asie et l'Europe.
00:04:20Depuis toujours un lieu d'échange et de migration.
00:04:22Et aussi d'invasion.
00:04:25Un pont, mais aussi une barrière de haute montagne.
00:04:30Une terre belle, mais brutale et tourmentée.
00:04:34Où sont venus se battre les grands empires voisins.
00:04:36Le grec, le romain, le byzantin, l'arabe, le mongol, le turc, le perse et le russe.
00:04:43Dont le flux et le reflux ont transformé la région en puzzle de territoires revendiqués par des peuples destins différents.
00:04:49Les azéries, musulmans apparus plus tard que les arméniens, chrétiens, les ont chassés vers les régions montagneuses.
00:04:56L'Arménie n'est plus aujourd'hui que le résidu d'un immense territoire qui s'est étendu pendant plus
00:05:01de mille ans sur le Caucase et l'Asie mineure, jusqu'à la Méditerranée.
00:05:06L'Asie mineure passe au 15e siècle sous la domination de l'Empire ottoman.
00:05:10Au 19e siècle, l'Empire russe gagne sur les Turcs et les Perses de nouvelles terres.
00:05:15Les arméniens du Caucase, eux, vivent en sécurité et participent à la richesse des grandes villes, à Bakou surtout, le
00:05:32plus grand centre pétrolier du monde.
00:05:34En 1905, grèves et insurrections ouvrières agitent la métropole industrielle.
00:05:40Pour enrayer les mouvements sociaux, la police tsariste encourage les pogroms.
00:05:44A Bakou, à Tiflis, au Karabakh, les Arméniens sont massacrés par les musulmans aziris.
00:05:49Et ce n'est pas fini.
00:05:51Depuis un an, c'est la guerre.
00:05:54Et pour restaurer l'Etat, maintenir l'Empire et lutter contre le séparatisme,
00:05:59la dictature des jeunes Turcs a entrepris d'éliminer les Arméniens d'Asie mineure.
00:06:21Ceux qui n'ont pas été massacrés sont emmenés vers le désert.
00:06:30Et souvent achevés en route.
00:06:38Pour les survivants, la famine et les épidémies.
00:06:43Plus de un million de morts en deux ans sur deux millions d'Arméniens.
00:06:52800 000 survivants et réfugiés sans patrie à la fin de la guerre.
00:07:10La fin de la guerre, c'est aussi la fin des tsars et des empires.
00:07:14L'indépendance pour la Géorgie, l'Azerbaïdjan et l'Arménie.
00:07:19Et le début des luttes pour fixer les frontières des jeunes Etats.
00:07:28En Géorgie, on fête le premier anniversaire de la liberté retrouvée.
00:07:33On goûte au charme de la social-démocratie.
00:07:54Mais les jeunes républiques n'en ont pas pour longtemps.
00:08:05L'armée rouge est déjà en Azerbaïdjan.
00:08:09Où la classe ouvrière est importante.
00:08:14L'Arménie est prise en tenaille entre les Russes et les Turcs.
00:08:17qui cherchent au Karabakh et au Nakitshevan
00:08:20à faire la jonction avec les Azéries, contre les Russes.
00:08:28L'hiver est rude.
00:08:29C'est la famine, les épidémies, les réfugiés.
00:08:36Alors il vaut encore mieux les Russes, même rouges, que les Turcs.
00:08:44Ce jour-là, dans Erevan, le peuple était silencieux.
00:08:48Ce jour-là, aussitôt, arrestation, réquisition, la police politique est à l'œuvre.
00:08:54Les chefs militaires et tous les officiers emmenés vers une destination inconnue.
00:09:02Un mois plus tard, sous le prétexte de massacres inter-ethniques,
00:09:06l'armée rouge entre en Géorgie.
00:09:16Dans la tradition impériale,
00:09:18Staline, comme avant lui les Tsars,
00:09:20divise cette région trop sensible pour mieux la tenir en main.
00:09:26Il charcute, il divise, il neutralise, il oppose.
00:09:34Tchétchène et Ingouche, Osset, Balkar, Tchérkès, Abkhaz.
00:09:42L'Arménie, qui a déjà perdu ses territoires d'un atelier oriental,
00:09:45est encore amputée de territoire au Caucase.
00:09:48Le Karabakh, dont la population est à 95% arménienne,
00:09:52est brutalement rattachée à la République d'Azerbaïdjan,
00:09:55comme le Nakitshevan,
00:09:57peuplé à moitié de musulmans azéries.
00:10:00Lénine veut séduire l'Orient musulman
00:10:02avant de le gagner à la révolution.
00:10:06Mais sous la Pax Soviética,
00:10:09tous les problèmes demeurent.
00:10:1265 ans se passent.
00:10:20Les Arméniens ont peu à peu dû quitter le Nakitshevan,
00:10:24où ils ne sont plus que 1% de la population.
00:10:27Au Karabakh, les Azéries sont aussi passés de 5% à 25%.
00:10:33Dans les premiers jours de février,
00:10:35des provocations racistes déclenchent en Arménie et au Karabakh
00:10:39un vaste mouvement de protestation.
00:10:42On écrit à Gorbatchev.
00:10:44Contre la pollution, pour la défense de la langue,
00:10:46le droit à l'autodétermination
00:10:48et le rattachement du Karabakh à l'Arménie.
00:10:52On croit à la perestroïka
00:10:54et on suit l'exemple des premières manifestations dans les pays baltes.
00:11:00Moscou s'inquiète.
00:11:02Envoie sur place 2 membres du politbureau
00:11:05pour calmer les esprits.
00:11:20Sans succès.
00:11:22Le renvoi de dirigeants locaux n'y fait rien.
00:11:24L'agitation continue le lendemain et les jours suivants.
00:11:31Ils sont 500 000 sur la place de l'Opéra à Erevan
00:11:34le 25 février 1988.
00:11:38Un million le lendemain,
00:11:40le quart de la population de toute la République
00:11:42qui proclame que le rattachement du Karabakh
00:11:45sera le test de la perestroïka.
00:11:49Bien sûr, ni à Moscou ni ailleurs dans l'Union soviétique,
00:11:52encore moins à l'étranger,
00:11:54on ne montre ces images qui inquiètent Gorbatchev.
00:11:58Une note confidentielle des experts du comité central
00:12:01lui déconseille leur attachement.
00:12:03Il faudra peut-être sacrifier quelques dirigeants locaux,
00:12:06mais surtout détourner l'attention par des violences
00:12:08dont on rendra coupables les Arméniens.
00:12:14Le même jour,
00:12:16la milice cerne les villes du Karabakh
00:12:18et les menaces commencent.
00:12:26Les dirigeants azériis agitent la menace d'un massacre
00:12:29et sur les routes du Karabakh,
00:12:32les Arméniens montent la garde.
00:12:58qui se sont en train de se faire.
00:13:01Les arméniens sont en train de se faire.
00:13:02Les arméniens sont en train d'un massacre.
00:13:20Les incidents se précipitent, des bandes armées s'attaquent aux arméniens.
00:13:49Le drame se produit deux jours plus tard, en Azerbaïdjan, à Soumgait, dans la banlieue industrielle de Baku, où vit
00:13:57encore une importante communauté arménienne.
00:14:01Ici, au moment même où les manifestations se déroulent en Arménie et au Karabakh, des meetings anti-arméniens sont organisés
00:14:08par le parti et le soviet local.
00:14:12Des camions distribuent de la vodka et des stupéfiants à une foule déjà surexcitée.
00:14:17Le soir du deuxième meeting, les pogroms et les violences commencent.
00:14:23Pillages et massacres durent trois jours.
00:14:26Trois jours pendant lesquels l'armée forte de 10 000 hommes ne bouge pas, ils n'ont pas d'ordre.
00:14:31Comme en 1905, la police tsariste.
00:14:40Les noms des Arméniens sur les panneaux à l'entrée des immeubles ont été rayés.
00:14:44Les lignes téléphoniques, coupées.
00:14:49Curieusement, il n'y a que ces quelques et mauvaises images du pogrom de Soumgait, presque anodines.
00:15:00Fenêtres brisées et débris.
00:15:07Des images qui ne disent pas l'horreur des viols, des tortures et des mutilations rituelles.
00:15:13L'horreur des corps brûlés vifs. 26 morts, chiffre officiel.
00:15:22Lorsqu'enfin l'armée reçoit l'ordre de mettre fin aux violences, trois jours et trois nuits horribles se sont
00:15:27déroulées.
00:15:30Les Arméniens fuient la ville.
00:15:42On arrête 80 suspects, des hommes entre 20 et 30 ans, des ouvriers sans instruction et des chômeurs.
00:15:48L'Université des Aquiles.
00:15:51L'Université des Aserbaïdjan...
00:15:54L'Université des Aserbaïdjanis...
00:16:18Moskau wünscht sich, durch blutige Zusammenstöße zwischen Armenien und Aserbaidschanern,
00:16:23unser Volk von seinen existentiellen Problemen abzulenken,
00:16:27z.B. von dem bereits im Gang gesetzten ökologischen Genozid.
00:16:36Die blutigen Massaker, scheinbar durch das Karabakh-Problem ausgelöst,
00:16:40lenken unser Volk von dieser ständigen Gefahr ab.
00:16:43Ich spreche nicht davon, dass die armenische Frage weiterhin ungelöst ist.
00:16:51Es muss vor allem die Frage nach der Wiederherstellung der nationalen Staatlichkeit gestellt werden.
00:16:57Durch die Metzeleien in Karabakh will man uns schwächen.
00:17:00Sie reißen unser Volk in diese Tragödie, damit wir an nichts anderes mehr denken können.
00:17:09Es ist schwer, vorauszusagen, womit das Ganze enden wird.
00:17:14Parourir a Eric Ian, Leader Nationalist.
00:17:17Récemment libärer du Gulag, à l'âge de 40 ans, il en a déjà passé 17 en prison.
00:17:23Deux semaines après cette interview, il est à nouveau arrêté,
00:17:26accusé de trafic d'armes et finalement expulsé du RSS.
00:17:3050 000 soldats et 15 000 policiers sont envoyés en renfort à Erevan.
00:17:35Mais à Erevan, c'est le printemps et rien ne diminue la pression populaire.
00:17:41Ils sont maintenant des centaines de milliers au rendez-vous, tous les jours.
00:17:45Place de l'Opéra ou place du Matenadaran.
00:17:49De meeting en meeting, des leaders se dégagent qui se constituent en comité.
00:17:5511 intellectuels originaires du Karabakh ou d'Anatolie.
00:17:59Plusieurs ont eu des parents massacrés par les Turcs ou persécutés sous Staline.
00:18:04Face au pouvoir légal, un pouvoir légitime.
00:18:08Attentifs aux messages adressés par la base.
00:18:11Attentifs aux gestes de la démocratie directe.
00:18:15Un véritable parlement dans la rue.
00:18:18Les mois de mai et de juin se passent ainsi.
00:18:26Levon Ter Petrosyan, un orientaliste de l'université d'Erevan, préside le comité.
00:18:36Les images du printemps d'Erevan sèment partout en Union soviétique
00:18:40le doux parfum de l'indépendance et de la démocratie.
00:18:43Les images du printemps ne le jude pas avec une grandeur.
00:18:54Merci.
00:18:57Merci.
00:18:59Merci.
00:19:00Merci.
00:19:01Les images du printemps ne l'aie pas à connaître pour cultures,
00:19:06besant les images qu'il se recevront avec des études français communes.
00:19:12qui a été fait pour l'instant,
00:19:16il y a eu les deux jours,
00:19:17et je vous le dis,
00:19:20il y a pas à dire,
00:19:23il y a eu,
00:19:23il y a eu,
00:19:23qui a eu,
00:19:24il y a eu,
00:19:26il y a eu,
00:19:27il y a eu,
00:19:28il y a eu,
00:19:28il y a eu,
00:19:33il y a eu,
00:19:35il y a eu,
00:19:36il y a eu,
00:19:37il y a eu,
00:19:38il y a eu,
00:19:39il y a eu,
00:19:41il y a eu,
00:19:41ça nous essênciae,
00:19:42c'est du кошme,
00:19:42il y a eu,
00:19:45mais qui,
00:20:03nous y,
00:20:09Préoccupé de renforcer son propre pouvoir, Gorbachev ne voit pas que c'est l'éclatement de l'URSS qui vient
00:20:15de commencer.
00:20:17Entre un monde islamique en plein essor et des Arméniens isolés, il a déjà choisi.
00:20:22Devant le Soviet suprême, il répond aux députés arméniens.
00:20:34...c'est paré, c'est l'arrivée d'un coup de fer, c'est l'arrivée d'un coup, là,
00:20:38c'est l'arrivée?
00:20:38...potser l'arrivée du député, il a duré, c'est l'arrivée.
00:20:49Il a tout fait partie de l'arrivée en quelques heures.
00:20:53...c'est-à-dire, c'est de l'arrivée du monde, qui sont tous, qui sont les des députés?
00:21:03...
00:21:04est-ce que c'est une politique qui s'appelait à l'économie de l'économie de l'économie ?
00:21:10Pourquoi vous avez-vous dit ce problème quand vous êtes comme banditeurs et vous voulez
00:21:14vous préparez à l'économie d'Azébarjans ou je ne sais pas ?
00:21:18Je ne vous préparez pas.
00:21:20Je vous remercie.
00:21:21Je vous remercie.
00:21:21Je vous remercie.
00:21:22Je vous remercie.
00:21:23Je vous remercie.
00:21:23Je vous remercie.
00:21:24Je vous remercie.
00:21:25Je vous remercie.
00:21:27Je vous remercie.
00:21:30Gorbatchev a décidé de laisser pourrir.
00:21:32On ne touchera pas aux frontières de Staline.
00:21:36Et Tafik Ismailov, membre du Présidium du Soviet Suprême du RSS, donne à la télévision d'Azerbaïdjan la ligne officielle.
00:21:44Donc, crône n'éloignez.
00:21:46Elle doit être придумé.
00:21:48Elle придумait.
00:21:50Elle создали,
00:21:52убив 2-х аzébarjans en spécifique.
00:21:56Rassurant,
00:21:56que sur ce sujet,
00:21:58on a fait une réaction.
00:22:00Donc,
00:22:01ils придумали сумgaï.
00:22:03Je veux que vous vous en souvenez,
00:22:05que la politique de la décision de Sumgaïa
00:22:08ne vous remercie,
00:22:08parce que le même круг
00:22:16Les membres du comité Karabakh sont donc les coupables désignés, provocateurs et séparatistes.
00:22:25A la fin de l'été, Erevan est placé sous état d'urgence.
00:22:38A Baku, on recherche les coupables de Soumgaït et la télévision diffuse longuement le portrait
00:22:47d'un des meneurs, comme par hasard, un Arménien.
00:23:00Il n'y aura finalement que trois coupables, trois jeunes azéries, jugés à Moscou, car
00:23:05on craint des émeutes à Baku après le verdict, condamnés à mort, sous les applaudissements
00:23:23des Arméniens présents dans la salle.
00:23:25Trois coupables pour 150 blessés et 26 morts recensés.
00:23:31Dès le lendemain, l'agitation a repris en Azerbaïdjan.
00:23:35Quatre jours plus tard, ils sont 500 000 sur la place du Parlement à Baku qui crie que
00:23:40Russes et Arméniens, c'est pareil.
00:23:43À mort les Arméniens.
00:23:49Personne ne le connaît.
00:23:51Il a surgi de nulle part.
00:23:53Il plaît à la foule.
00:23:56Pour certains, un agitateur manipulé par des leaders brezhneviens évincés du pouvoir
00:24:01par Gorbatchev.
00:24:04Les observateurs de Moscou parlent d'un complot contre la perestroïka et d'exploitation
00:24:09des passions nationalistes.
00:24:17Drapos islamique, slogan pour l'unité de tous les azéries.
00:24:22À Baku, le pouvoir est à prendre.
00:24:28L'éclatement continue.
00:24:31Aboul Fazeliev.
00:24:33Il va bientôt changer de nom pour s'appeler El-Tchibe.
00:24:36Dans quatre ans, il sera élu président de la République.
00:24:39Avec onze intellectuels azéries, il vient de créer un Front National Populaire contre
00:24:43les communistes en place.
00:24:59Mais eux non plus ne veulent pas abandoner le Carabac.
00:25:16Deux jours plus tard, la violence gagne Kirovabad.
00:25:20La deuxième ville d'Azerbaïdjan où vit une grande communauté d'Arméniens.
00:25:25Ici, comme à Baku et comme 75 ans plus tôt, un massacre d'Arméniens.
00:25:29Un massacre dont, pendant quelques jours, on ne sait rien, censure.
00:25:37Une semaine plus tard, voici ce que découvre une équipe de la télévision arménienne.
00:26:05La panique et la peur.
00:26:19Chiffre officiel, 28 morts.
00:26:21Mais comme à Sumgait, on ne sait pas exactement le nombre des victimes.
00:26:32Ailleurs, dans d'autres villages, les mêmes scènes.
00:26:43Les femmes et les enfants d'abord.
00:26:52Jolent, on ne sait pas, on ne sait pas, on ne sait pas.
00:27:05Mais sonre, les hommes et les enfants ont des Worcets, les enfants ont deshoussies.
00:27:13Les femmes et les enfants ont deshousies.
00:27:14Les femmes et les enfants ont deshousies.
00:27:14La panique et la peur des massacres vident l'Azerbaïdjan de sa population arménienne.
00:27:247000 réfugiés en une seule journée.
00:27:50L'Exode vers Erevan, vers l'Ukraine, vers Moscou.
00:28:16Maintenant, les Arméniens résistent et chassent les Azeris d'Arménie.
00:28:20La télévision de Bakou montre les images d'Azeri, victime de représailles arméniennes.
00:28:30Et qui fuit aussi, ce réfugié à Bakou.
00:28:34Les enfants de l'Azerbaïdjan de sa partage.
00:29:07100 000 réfugiés en un an.
00:29:10En Arménie et en Azerbaïdjan,
00:29:14ce n'est plus qu'un vaste chassé-croisé de population.
00:29:20Et c'est alors, le 7 décembre un peu avant midi,
00:29:26que la terre tremble et que les murs s'effondrent en Arménie.
00:29:48On parle de 55 000 morts.
00:29:56Et 500 000 sans-abri.
00:30:04La panique, l'obsession du génocide est telle
00:30:07que des rumeurs folles parlent d'une explosion atomique souterraine
00:30:10provoquée par les Azéries ou par Moscou.
00:30:17La pâtillère
00:30:18La pâtillère
00:30:46Gordachev cumule maintenant tous les pouvoirs.
00:30:48Le parti et l'État. Il promet l'aide nécessaire, il faut avoir confiance. Mais le soir à l'aéroport,
00:30:55avec la fatigue, les masques tombent.
00:31:48Le parti de l'aéroport, avec l'aéroport, l'aéroport, l'aéroport, l'aéroport, l'aéroport.
00:32:06Le parti de l'aéroport, l'aéroport, l'aéroport, l'aéroport.
00:32:26Le parti de l'aéroport, l'aéroport, l'aéroport, l'aéroport, l'aéroport.
00:32:53Les masques règnent sur les décombres de l'Arménie.
00:32:58Pendant ce temps, les musulmans d'Abkhazie, une république autonome de la Géorgie, demandent aussi plus d'indépendance.
00:33:06Ils ne sont plus maintenant que 17% de leur territoire et ils ont peur des mouvements nationalistes qui ont
00:33:11commencé en Géorgie.
00:33:17Caratbilissi, manifestant et gréviste de la faim, campe en permanence sur les marches du Parlement.
00:33:23Pour le rétablissement des valeurs traditionnelles et pour l'indépendance nationale.
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00:44:46Bakou, à nouveau la grève générale.
00:44:49Les discours populistes parlent d'islam et de nationalisme,
00:44:53d'unité avec les Azeris d'Iran et avec les Turcs,
00:44:56contre l'ennemi arménien et le colonisateur soviétique.
00:45:14Le 13 janvier au soir,
00:45:16pendant que les grévistes de la fin campent sur place,
00:45:19les pogroms recommencent.
00:45:21L'armée n'intervient pas.
00:45:29Ils vont durer cinq jours.
00:45:39Recueillis dans les pays voisins,
00:45:40les derniers Arméniens furent les massacres.
00:45:47En un an, 250 000 Arméniens ont déjà fuit les violences
00:45:52en Azerbaïdjan et au Karabakh.
00:46:10À Bakou, cinq jours plus tard,
00:46:12les chars et les troupes arrêtés dans les foubours de la ville
00:46:14ne sont toujours pas intervenus.
00:46:21Korbatchev hésite encore
00:46:22et envoie un dernier ultimatum.
00:46:26Il dénonce ces criminels et ces extrémistes
00:46:28qui appellent à la sécession.
00:46:49Les frontières ont été fermées.
00:47:07Dans la soirée du 19,
00:47:09on attend.
00:47:13Comme à Tbilisi,
00:47:15un an plus tôt.
00:47:37La situation est confuse.
00:47:40Les Azeris résistent.
00:47:43Les combats meurtriers durent toute la nuit.
00:47:46La rumeur parle de 500 morts.
00:47:50Radio Moscou en reconnaît 83.
00:47:52Les hôpitaux en comptent 150.
00:47:56L'opposition démocratique est détruite.
00:48:16Comme à Budapest,
00:48:18à Prague, à Tbilisi.
00:48:20Maintenant, Bakou.
00:48:22L'armée soviétique défend le communisme et l'empire.
00:48:34Washington approuve le recours à la force.
00:48:39Chez Varnazé,
00:48:40ministre des Affaires étrangères,
00:48:42déclare qu'il faut éliminer
00:48:43la structure criminelle et rebelle
00:48:45du Front National Populaire.
00:48:55Et voici ce que diffuse la télévision soviétique à Moscou
00:48:59et dans toute l'Union.
00:49:01Des larmes de sang.
00:49:15Trois jours plus tard,
00:49:17Bakou enterre ses morts.
00:49:18c'est la force.
00:49:31C'est la force.
00:49:37Il est en train.
00:49:42Au fond,
00:49:44c'est la force.
00:49:44Il est en train.
00:49:47Lees en train,
00:49:47c'est la force en fuerza.
00:49:48Sous-titrage,
00:50:15Sous-titrage MFP.
00:50:18...
00:50:54Ce jour-là, Aliyev, l'homme qui régnait sur l'Azerbaïdjan sous Brezhnev,
00:51:00évincé par Gorbatchev, proclame l'indépendance du Nakitshevan.
00:51:06Ici, la guerre est vraiment commencée.
00:51:09Dans ce village arménien, juste à la frontière, sous les collines du Nakitshevan.
00:51:23En face, des Azéries essaient de s'infiltrer.
00:51:52Fusil de chasse.
00:51:53Kalachnikov, chars, c'est l'escalade.
00:52:06Alors, on bricole.
00:52:08Des canons à fusée anti-neige, pour impressionner ceux d'en face, ceux qui ont des vrais missiles, les grades,
00:52:16les orques de Staline.
00:52:32Le 27 mai, à Erevan, dix hommes en civil, armés de Kalachnikov, sont abattus par une patrouille soviétique.
00:52:39On y voit la main du KGB et de la mafia pour créer la panique et enrayer le mouvement de
00:52:44libération.
00:52:45Menaces et provocations, encore.
00:52:514 août, séance nocturne au Parlement d'Erevan, pour l'élection du président du Parlement.
00:53:05Dehors, la foule plébiscite Lévon, terre Pétrosion.
00:53:10Lévon, Lévon, Lévon, Lévon, Lévon, Lévon, Lévon, Lévon, Lévon, Lévon, Lévon, Lévon.
00:53:27Dans un an, Lévon, Lévon, Lévon, Lévon, Lévon sera élu président de la République au suffrage universel.
00:53:34Élu par le peuple, béni le lendemain par l'Église.
00:53:41Un nouveau gouvernement démocratique dans l'Union soviétique de plus en plus ébranlé.
00:54:01Ces premières mesures, prudentes, légalistes, mais radicales, sont pour désarmer les milices,
00:54:08distribuer les terres et voter des lois sur les libertés civiques et la confiscation des biens du Parti communiste.
00:54:23Six mois plus tard, Lénine tombe pour la première fois ici, à Erevan.
00:54:33En même temps, l'Arménie, la Géorgie, la Moldavie et les trois républiques baltes
00:54:41refusent le nouveau traité de l'Union, proposé par Gorbatchev.
00:54:45L'Arménie va bientôt suivre la Lituanie sur les voies de l'indépendance.
00:54:49Dans six mois, ce sera le putsch de Moscou et la fin de l'Union soviétique.
00:54:54C'est aussi le retrait de l'armée soviétique dans le Caucase
00:54:56et dans le vide ainsi créé, à quoi s'ajoute le pillage et le trafic des stocks d'armement,
00:55:01l'escalade de tous les conflits.
00:55:08Au Karabakh, l'attaque des Azéries est violente.
00:55:12Les Arméniens résistent, puis reprennent une à une les villes et les villages perdus
00:55:15quelques mois plus tôt.
00:55:17Ils brisent l'encerclement et ouvrent une jonction avec l'Arménie.
00:55:28L'Iran et la Turquie sont inquiets.
00:55:37Dans les ruines d'une église reprise aux musulmans,
00:55:41les chants de la reconsécration.
00:55:52La douleur et les larmes.
00:56:01Huit jours plus tard, devant les membres du Parlement d'Ankara,
00:56:05le ministre turc des Affaires étrangères.
00:56:24Adipülte.
00:56:26Adipülte.
00:56:53Le conflit est maintenant international.
00:56:58Les russes, la communauté européenne et l'ONU s'inquiètent et les médiations se multiplient.
00:57:05Le chef de l'armée soviétique agite la menace d'une troisième guerre mondiale.
00:57:13Les américains qui craignent l'expansion des fondamentalistes musulmans soutiennent la Turquie et mettent l'embargo sur toutes les informations
00:57:20venant d'Arménie, soumises au blocus et au bombardement.
00:57:25Les autres conflits du Caucase accentuent l'encerclement de l'Arménie. L'eau, le gaz, l'essence, l'électricité, l
00:57:32'alimentation n'arrive plus.
00:57:38Près des frontières, les habitants et plus de 300 000 réfugiés vivent dans les caves.
00:58:04La guerre en Yougoslavie attire tous les regards. Celle-ci est oubliée.
00:58:35Le Carabar se vide.
00:58:40C'est la guerre.
00:58:44Et c'est encore la vie.
00:58:48On se bat et on se marie.
00:59:03Il faut survivre.
00:59:06Mais qui se souvient de nous ?
00:59:09Le Carabar.
00:59:11Le Carabar.
00:59:19C'est parti.
00:59:53C'est parti.
01:00:16C'est parti.