00:07Maître Bredan, tout le monde est vraiment conscient que le personnel médical qui était présent au CHU
00:14lorsque ça s'est fait a été vraiment sous choc.
00:16Oui, il l'est encore, hélas, parce qu'effectivement à l'hôpital on est un droit de s'attendre quand
00:22même
00:22à être plutôt vu de manière bienveillante parce qu'on vient à l'hôpital pour être soigné
00:30et donc le personnel soignant généralement il est bien vu, en l'outurant ce n'est pas été le cas
00:37puisque le personnel soignant a été pratiquement pris à partie et a dû réagir
00:42parce qu'effectivement il était sous la menace d'une arme, donc ce sont des violences avec arme
00:47qui sont reprochés à M. Ténard et donc ce personnel effectivement est vraiment sous le choc.
00:53Ceux qui vont à l'urgence savent bien que le personnel porte manœuvre comme on dit
00:59et se met en quatre pour pouvoir accueillir, en quatre pour pouvoir soigner, en tout cas orienter vers le bon
01:05service
01:06pour que justement la vie soit soif, la vie de ceux qui arrivent, encore plus pour une blessure par balle.
01:12Donc c'est donc à la fois le sentiment d'être en insécurité qui prévaut aujourd'hui
01:18et aussi le sentiment d'avoir été traité de manière tout à fait injuste par les gens qui arrivaient
01:26pour qu'on leur prête secours, pour qu'on leur porte secours.
01:30Donc c'est ça qui prévaut au niveau du personnel qui a été agressé
01:34et qui est encore agré psychologiquement, fortement, d'ailleurs ce sont des blessures psychologiques
01:40que l'on va mettre en avant, puisque les blessures corporelles.
01:45Donc il faut que ça puisse interpeller aussi, à mon avis, la société,
01:50que l'on en revienne à beaucoup plus de paix, plus de raisons
01:55et que l'on comprenne que, au fond, ce personnel d'exécurité fonctionne dans des conditions difficiles
02:02parce qu'ils travaillent de jour ou de nuit, ils sont en permanence, ces agents, sous la pression,
02:09même indépendamment de toute l'agression.
02:11Et donc il faut que chacun le comprenne.
02:14Et donc c'est une affaire qui interpelle quand même la société guanopéenne dans son ensemble,
02:17au-delà du personnel du centre hospitalier.
02:19Ce n'est pas la première fois, effectivement, il y a les faits d'ailleurs qui sont passés en octobre
02:242025
02:25où des individus avaient fait éruption à la chambre mortuaire, exigeant que l'on leur présente
02:32le cadavre de leurs parents et comme on ne répondait pas à leurs dénonctions,
02:39eh bien ils se sont fait également menaçants, ça a donné lieu à une affaire
02:43traitée par le tribunal judiciaire de Pointe-à-Pitre
02:45et de plein d'autres cas encore où le personnel se voit,
02:50il voit sa vie et être mis en danger, bien sûr sur le plan physique ou psychologique.
02:56Et c'est pourquoi il est normal que le personnel exige aujourd'hui
02:59d'avoir, de pouvoir exercer son métier dans des conditions plus sécurisantes.
03:05Et la question justement des nouvelles conditions de travail dans le nouveau CHU
03:11devrait aborder cette question-là, cet aspect des choses,
03:16parce que pour tous, autant que nous sommes,
03:19qui sommes appelés un jour ou un autre à être accueillis à l'hôpital,
03:23eh bien nous espérons aussi nous-mêmes nous retrouver dans un contexte apaisé
03:29et recevoir des soins dans les bonnes conditions par un personnel
03:33qui lui serait lui-même au maximum de ses capacités intellectuelles et physiques.
03:41Maître, dans cette affaire vous avez demandé un renvoi,
03:44ça c'est une première chose, mais demandé une expertise psychiatrique
03:48qui n'a pas été acceptée par le tribunal.
03:50Pourquoi vous faites cette demande ?
03:53Écoutez, la question s'est posée à trois reprises
03:56lors des auditions devant les officiers de police judiciaire,
03:59lors du défermement devant madame le procureur,
04:01ainsi que lors du débat devant le juge de liberté de la détention,
04:05à savoir si mon client avait un certain discernement au moment des faits.
04:11Et donc s'il pouvait répondre pleinement d'une sanction pénale
04:15qui pourrait être celle du jugement au fond.
04:18Je l'ai demandé pour aussi une raison qui paraît évidente à tout le monde,
04:26dans d'autres affaires qui concernent l'actualité en ce moment,
04:29nous voyons, à Trappes ou ailleurs,
04:33qu'une expertise psychiatrique pouvait être accordée
04:36à quelqu'un qui a certains éléments constitutifs
04:41qui caractérisent le crime d'ordre raciste.
04:45Et cela a été accordé sans coup férir au client.
04:48Pour ma part, ce jeune homme, au moment où il rentre dans les urgences,
04:52il a une situation de panique dans la voiture
04:55dans laquelle il vient de s'extirper
04:56où un de ses camarades est en train d'agoniser,
05:00ayant reçu un projectile dans le cou,
05:04et il commet les événements que vous avez pu rapporter
05:09par ailleurs depuis ce week-end.
05:10Ils étaient en train de fuir une soirée où, comme on dit vulgairement,
05:15des balles ont pété.
05:16Et en partant, cet ami a été blessé par une balle collatérale.
05:23Oui, une balle perdue, comme on dit.
05:25Aujourd'hui, son pronostic vital est toujours engagé.
05:29Et surtout, notre client, qui a déjà connu ces situations dans le passé,
05:35finalement, a littéralement paniqué.
05:39Sur la détention d'armes, effectivement, il la reconnaît.
05:42Donc ensuite, ce jeune homme, une fois sorti de l'hôpital,
05:44monte dans une autre voiture,
05:47accompagné par deux de ses camarades qui lui disent
05:49qu'il fait n'importe quoi, qu'il fait n'importe quoi, il faut partir.
05:52Il part et il jette l'arme.
05:54Il jette l'arme.
05:54Il se débarrasse de l'arme, qu'on n'aura pas retrouvé, c'est vrai.
05:58Puis, à l'aide de sa famille,
06:00il va parler de ce qui s'est passé.
06:04Il va, au bout d'une heure, se rendre au commissariat,
06:08amené en cela par sa famille devant les portes du commissariat,
06:10et finalement se rendre.
06:12Et donc, je dois dire qu'il est dans un état d'esprit de responsabilité
06:17depuis le moment où il s'est rendu, c'est-à-dire le 25 octobre,
06:20et encore aujourd'hui, face à ces événements graves
06:23qui ont déjà marqué sa vie.