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  • il y a 5 heures
C’est une scène surréaliste qui s’est produite dans la nuit du vendredi 23 au samedi 24 octobre, à l’accueil des urgences adultes du CHU de Guadeloupe. Muni d’une arme à feu, un jeune homme de 19 ans s’est présenté à l’accueil du service et a menacé les agents présents pour obtenir la prise en charge d’un ami blessé par balle, et exiger son installation sur un brancard. Ce lundi 27 octobre, l’affaire était appelée à être jugée devant le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre. Son avocat Maître Gérald Coralie demande le renvoi, aux fins de réaliser une expertise psychiatrique, « pour savoir si mon client était doté de tout son discernement au moment des faits. Après en avoir délibéré, le tribunal a fait droit au renvoi à la date du 13 novembre prochain. Mais a rejeté la demande d’expertise psychiatrique, estimant que le prévenu n’a pas de passif justifié. Le prévenu a été placé sous contrôle judiciaire, avec deux pointages par semaine auprès de la Police, une interdiction de paraître au CHU et une interdiction de contact avec les victimes, ainsi qu’une interdiction de sortie du territoire. Reportage de -Richard GARNIER-

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Transcription
00:07Maître Bredan, tout le monde est vraiment conscient que le personnel médical qui était présent au CHU
00:14lorsque ça s'est fait a été vraiment sous choc.
00:16Oui, il l'est encore, hélas, parce qu'effectivement à l'hôpital on est un droit de s'attendre quand
00:22même
00:22à être plutôt vu de manière bienveillante parce qu'on vient à l'hôpital pour être soigné
00:30et donc le personnel soignant généralement il est bien vu, en l'outurant ce n'est pas été le cas
00:37puisque le personnel soignant a été pratiquement pris à partie et a dû réagir
00:42parce qu'effectivement il était sous la menace d'une arme, donc ce sont des violences avec arme
00:47qui sont reprochés à M. Ténard et donc ce personnel effectivement est vraiment sous le choc.
00:53Ceux qui vont à l'urgence savent bien que le personnel porte manœuvre comme on dit
00:59et se met en quatre pour pouvoir accueillir, en quatre pour pouvoir soigner, en tout cas orienter vers le bon
01:05service
01:06pour que justement la vie soit soif, la vie de ceux qui arrivent, encore plus pour une blessure par balle.
01:12Donc c'est donc à la fois le sentiment d'être en insécurité qui prévaut aujourd'hui
01:18et aussi le sentiment d'avoir été traité de manière tout à fait injuste par les gens qui arrivaient
01:26pour qu'on leur prête secours, pour qu'on leur porte secours.
01:30Donc c'est ça qui prévaut au niveau du personnel qui a été agressé
01:34et qui est encore agré psychologiquement, fortement, d'ailleurs ce sont des blessures psychologiques
01:40que l'on va mettre en avant, puisque les blessures corporelles.
01:45Donc il faut que ça puisse interpeller aussi, à mon avis, la société,
01:50que l'on en revienne à beaucoup plus de paix, plus de raisons
01:55et que l'on comprenne que, au fond, ce personnel d'exécurité fonctionne dans des conditions difficiles
02:02parce qu'ils travaillent de jour ou de nuit, ils sont en permanence, ces agents, sous la pression,
02:09même indépendamment de toute l'agression.
02:11Et donc il faut que chacun le comprenne.
02:14Et donc c'est une affaire qui interpelle quand même la société guanopéenne dans son ensemble,
02:17au-delà du personnel du centre hospitalier.
02:19Ce n'est pas la première fois, effectivement, il y a les faits d'ailleurs qui sont passés en octobre
02:242025
02:25où des individus avaient fait éruption à la chambre mortuaire, exigeant que l'on leur présente
02:32le cadavre de leurs parents et comme on ne répondait pas à leurs dénonctions,
02:39eh bien ils se sont fait également menaçants, ça a donné lieu à une affaire
02:43traitée par le tribunal judiciaire de Pointe-à-Pitre
02:45et de plein d'autres cas encore où le personnel se voit,
02:50il voit sa vie et être mis en danger, bien sûr sur le plan physique ou psychologique.
02:56Et c'est pourquoi il est normal que le personnel exige aujourd'hui
02:59d'avoir, de pouvoir exercer son métier dans des conditions plus sécurisantes.
03:05Et la question justement des nouvelles conditions de travail dans le nouveau CHU
03:11devrait aborder cette question-là, cet aspect des choses,
03:16parce que pour tous, autant que nous sommes,
03:19qui sommes appelés un jour ou un autre à être accueillis à l'hôpital,
03:23eh bien nous espérons aussi nous-mêmes nous retrouver dans un contexte apaisé
03:29et recevoir des soins dans les bonnes conditions par un personnel
03:33qui lui serait lui-même au maximum de ses capacités intellectuelles et physiques.
03:41Maître, dans cette affaire vous avez demandé un renvoi,
03:44ça c'est une première chose, mais demandé une expertise psychiatrique
03:48qui n'a pas été acceptée par le tribunal.
03:50Pourquoi vous faites cette demande ?
03:53Écoutez, la question s'est posée à trois reprises
03:56lors des auditions devant les officiers de police judiciaire,
03:59lors du défermement devant madame le procureur,
04:01ainsi que lors du débat devant le juge de liberté de la détention,
04:05à savoir si mon client avait un certain discernement au moment des faits.
04:11Et donc s'il pouvait répondre pleinement d'une sanction pénale
04:15qui pourrait être celle du jugement au fond.
04:18Je l'ai demandé pour aussi une raison qui paraît évidente à tout le monde,
04:26dans d'autres affaires qui concernent l'actualité en ce moment,
04:29nous voyons, à Trappes ou ailleurs,
04:33qu'une expertise psychiatrique pouvait être accordée
04:36à quelqu'un qui a certains éléments constitutifs
04:41qui caractérisent le crime d'ordre raciste.
04:45Et cela a été accordé sans coup férir au client.
04:48Pour ma part, ce jeune homme, au moment où il rentre dans les urgences,
04:52il a une situation de panique dans la voiture
04:55dans laquelle il vient de s'extirper
04:56où un de ses camarades est en train d'agoniser,
05:00ayant reçu un projectile dans le cou,
05:04et il commet les événements que vous avez pu rapporter
05:09par ailleurs depuis ce week-end.
05:10Ils étaient en train de fuir une soirée où, comme on dit vulgairement,
05:15des balles ont pété.
05:16Et en partant, cet ami a été blessé par une balle collatérale.
05:23Oui, une balle perdue, comme on dit.
05:25Aujourd'hui, son pronostic vital est toujours engagé.
05:29Et surtout, notre client, qui a déjà connu ces situations dans le passé,
05:35finalement, a littéralement paniqué.
05:39Sur la détention d'armes, effectivement, il la reconnaît.
05:42Donc ensuite, ce jeune homme, une fois sorti de l'hôpital,
05:44monte dans une autre voiture,
05:47accompagné par deux de ses camarades qui lui disent
05:49qu'il fait n'importe quoi, qu'il fait n'importe quoi, il faut partir.
05:52Il part et il jette l'arme.
05:54Il jette l'arme.
05:54Il se débarrasse de l'arme, qu'on n'aura pas retrouvé, c'est vrai.
05:58Puis, à l'aide de sa famille,
06:00il va parler de ce qui s'est passé.
06:04Il va, au bout d'une heure, se rendre au commissariat,
06:08amené en cela par sa famille devant les portes du commissariat,
06:10et finalement se rendre.
06:12Et donc, je dois dire qu'il est dans un état d'esprit de responsabilité
06:17depuis le moment où il s'est rendu, c'est-à-dire le 25 octobre,
06:20et encore aujourd'hui, face à ces événements graves
06:23qui ont déjà marqué sa vie.

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