Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 1 jour
« On veut casser la révolte populaire. » Samedi 24 octobre, le mouvement social protéiforme qui secoue la France depuis un mois organisait un deuxième acte de mobilisation réunissant des lycéens, des étudiants, des travailleurs, des syndicats et des gilets jaunes dans les rues de Paris et de plusieurs villes de France.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Moi j'ai peur, je suis fière de l'héritage de la France, de l'héritage républicain,
00:03et ça me fait mal au cœur de le voir partir en fumée comme ça aujourd'hui.
00:06On est en train de glisser. Ces manifestations ne sont plus un choix,
00:10c'est un devoir citoyen, c'est inscrit dans notre Constitution.
00:13Une semaine après le choc du 17 octobre, le mouvement social protéiforme
00:16qui secoue la France depuis un mois redescend dans la rue à l'occasion d'un acte 2,
00:21et ce malgré des interdictions de manifestations et un dispositif de police XXL.
00:26J'ai suivi les manifestations une fois de plus dans la capitale, dans un Paris.
00:30barricadé et sous très très haute sécurité.
00:33Il y a des interdictions de manifestations aujourd'hui à Paris et dans plusieurs villes en France.
00:37Là je suis Place de la Bastille où une manifestation avait été déclarée et autorisée par la préfecture.
00:43Et là, hier soir, la préfecture est revenue sur sa décision et a proposé plutôt un cortège
00:47sur les pourtours de la capitale, ce qui ne plaît pas du tout aux organisateurs, notamment les syndicats.
00:52Donc là il y a des contrôles de police ici, ceux qui bravent,
00:54cette interdiction de manifestation risque une amende de 135 euros.
00:57C'est un peu hasardeux, on est à peine arrivé sur la place qu'il y a une présomption du
01:03fait qu'on manifeste,
01:04alors qu'on s'est juste rendu voir ce qui se passait, du coup il y a une verbalisation qui
01:07tombe directement.
01:08Vous êtes venu manifester ou pas ?
01:09Moi, oui, je compte manifester plus tard, mais du coup au départ de la porte d'Italie,
01:14mais là on venait voir ce qui se passait à Bastille tranquillement.
01:18Et je vous dis, ça faisait même pas une minute qu'on était sur la place, qu'ils ont contrôlé
01:21tout le monde.
01:23Aujourd'hui, 70 000 policiers et gendarmes sont mobilisés partout en France,
01:27c'est 10 000 de plus que samedi dernier.
01:29Il faut dire qu'au lendemain des pillages et des affrontements du 17 octobre,
01:32le ministre de l'Intérieur lui-même a reconnu une perte de contrôle.
01:36L'État a donc mis le paquet aujourd'hui avec des canons à eau, des drones, des hélicoptères
01:40et ces fameux blindés centaures comme celui-ci devant l'Assemblée.
01:44Des unités d'élite davantage habituées au grand banditisme et au terrorisme
01:48comme la BRI, le RAID ou le GIGN sont également mobilisés.
01:57Nous, on est là au concret, pendant qu'ils sont là dans leur ministère.
02:01Normalement, on avait rendez-vous à Bastille.
02:03Le préfet de police nous a prévenu en dernière minute que la manifestation aura lieu ici, à Port d'Italie.
02:10Donc on essaye de nous invisibiliser et de nous désorganiser.
02:13Donc moi, je trouve ça assez aberrant.
02:15Qu'est-ce que vous pensez de ce changement de lieu de manifestation, là ?
02:18Je pense que ça fait partie d'un ensemble de mesures qui visent quand même à casser la révolte populaire,
02:26je pense.
02:27Moi, ça m'inquiète pas mal parce qu'il y a tout un ensemble de mesures qui montrent un espèce
02:33de tournant un peu autoritaire, quand même, dans le pouvoir, là.
02:41Il y a deux jours, Emmanuel Macron a préconisé qu'il n'y ait pas de manifestation de manière générale
02:45dans les jours à venir en France,
02:47sauf peut-être celle organisée par des syndicats.
02:49C'est une déclaration très particulière pour un président de la République, déclaration critiquée par certains juristes dans la presse.
02:55Il faut savoir qu'en France, il ne peut pas y avoir vraiment d'interdiction générale de manifestation.
02:59Le droit de manifester est un droit constitutionnel.
03:02Ces interdictions doivent se faire au cas par cas, selon le risque de trouble à l'ordre public.
03:07Or, ces dix dernières années, ces interdictions se sont multipliées, souvent justifiées par le contexte terroriste.
03:12On s'est donc habitués à quelque chose qui devrait rester une exception.
03:15Ça devient compliqué de manifester, là.
03:18Je ne sais pas si vous avez entendu Emmanuel Macron qui disait qu'il ne voulait pas de manifestation dans
03:21les prochains jours.
03:22Qu'est-ce que vous en pensez ?
03:23Bah, que c'est illégal, déjà, d'une part, et que c'est un droit,
03:27et que c'est honteux que dans le pays qui se définit comme étant le pays des droits de l
03:31'homme
03:32et de la liberté et de l'égalité, on ne puisse pas manifester ni faire valoir nos droits.
03:37Moi, j'ai interdit à ma fille de venir parce que j'ai peur.
03:40C'est plus dur de manifester aujourd'hui.
03:42C'est plus violent.
03:42Je pense que là, on a lâché des chiens qui répondent aux coups de laisse
03:47et ils sont incapables de réflexion, en fait.
03:51Ils sont incapables de voir de l'humain en face d'eux, ils voient de la masse.
03:54Là, on est sur des armes, des armes qui blessent.
03:57Ils se sont eux-mêmes blessés avec, donc ils le savent.
04:06Là, ça se passe bien.
04:07Aujourd'hui, j'ai l'impression qu'il y a une bonne ambiance et que tout le monde est bien
04:10sage
04:11et que ça fait plaisir.
04:12Après, évidemment, on n'a toujours pas de bonne répercussion, j'ai l'impression.
04:17On n'a pas eu de message comme quoi ça avait servi à quelque chose,
04:19mais on sera là tous les samedis s'il faut.
04:36Pourquoi ils bloquent la rue, en fait ?
04:38Ça s'est très bien passé pendant toute la manifestation et là, ils sont là et ça pète.
04:43Donc, en fait, c'est le dénominateur commun, c'est eux, pas nous.
04:45Moi, j'ai peur, je suis fière de l'héritage de la France, de l'héritage républicain
04:48et ça me fait mal au cœur de le voir partir en fumée comme ça aujourd'hui.
04:52Voilà, aujourd'hui, j'ai peur et je trouve que les gens ont peur.
04:54Les gens ont peur en France.
04:56On est tombés, on est en train de glisser.
04:58Et ça, si les gens n'en prennent pas conscience et si les gens ne font rien,
05:02aujourd'hui, je considère que la manifestation d'aujourd'hui est celle qui va suivre
05:05parce qu'il y en aura d'autres.
05:07Que le président Macron le veuille ou non, il y en aura d'autres.
05:10Ces manifestations ne sont plus un choix, c'est un devoir citoyen.
05:13C'est inscrit dans notre constitution et on doit se manifester,
05:17on doit se battre pour notre liberté.
05:19Liberté, égalité, fraternité, ça n'est pas juste un dicton.
05:22C'est une manière de voir les choses, c'est une manière de conceptualiser un État, une société.
05:27Et aujourd'hui, l'État, il est autoritaire, il est policier.
05:44C'est une manière de prendre du temps, c'est une manière d'avoir une petite petite route.
05:52Sous-titrage FR ?

Recommandations